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Apres la tele le yaourt realite Comment devenir celebre grace au rayon frais du supermarche

Apres la tele le yaourt realite Comment devenir celebre grace au rayon frais du supermarche

Une grande marque française de desserts lactés utilise les portraits de 490 de ses consommateurs sur le packaging d’une gamme de produits.

Dans l’univers du lacté frais, si on s’attachait autrefois à l’image d’une certaine « Mamie » figurant sur les pots de yaourts, on remarquera maintenant Melissa, Luigi, André et d’autres… des consommateurs lambdas, en photo sur les packs de crèmes desserts d’un des leaders du marché. A l’occasion du 40ème anniversaire de son produit-phare, une grande marque propose aux consommateurs d’une fameuse crème sucrée l’envoi d’une photographie associée à son parfum choisi dans la gamme afin qu’elle puisse figurer, après tirage au sort, dans le linéaire du rayon frais, sur son pack dessert préféré. Mais qu’est ce qui peut bien motiver les adeptes du yaourt réalité ?

Mieux que Facebook

Etre reconnu, tout d’abord, par la famille, les amis, les amis des amis, bref, tout l’entourage… « Ah tiens, tu as vu, c’est Roger ! ». Pourquoi pas ensuite, penser qu’on va être connu, et là, encore, reconnu par ceux qui nous sont étrangers. Bref, devenir une star. Autrefois, le journal local offrait cet ersatz de célébrité, aussi éphémère que les infos quotidiennes publiées. On se délectait au mieux régionalement d’un cliché de notre connaissance sur l’un des seuls médias « accessible » au Français moyen, mais certes, au bon vouloir du reporter. Or, aujourd’hui, à l’heure des réseaux Internet, chacun a moyen de publier son image sur la toile, de créer son blog, de diffuser ce qu’il souhaite le concernant au monde entier. Alors, lorsqu’on espère délibérément de voir sa frimousse vampiriser un petit pot de crème dessert au rayon frais du supermarché, est-ce parce que Facebook ne suffit plus et que trop peu ont la « chance » d’accéder à la télé réalité ?

Un yaourt à son effigie

Il se produit là un phénomène des plus basiques utilisés en marketing : l’identification. Dans le cas présent, celle-ci fonctionne à merveille : le portrait n’est pas celui ni d’une star inaccessible (registre du rêve idéalisé) ni celui d’une grand-maman qui n’existe plus maintenant que dans les livres (les seniors font plutôt la fête que des crèmes desserts). Age, type de cheveu, teint, dentition, forme des yeux, expression, bref, tous les attributs du visage sont passés au crible en quelques secondes. Il/elle me ressemble quelque part, et en plus, il/elle adore le parfum chocolat. Le déclencheur d’achat fonctionne. Ce visage, c’est un peu le nôtre, sur ce produit qui se démarquera, au moins jusqu’au prochain anniversaire du flan caramélisé industriel. Et là, aucun frais de casting, shooting, droits d’image pour la marque…

Grande distribution, grande diffusion

A trop vouloir être en proximité avec le consommateur, et peut-être aussi à cours d’idées novatrices pour booster les ventes, le marketing grande consommation d’aujourd’hui emprunte à la télé réalité parce qu’il répond aussi à un désir de nombre d’individus, pour qui la valorisation passe par la diffusion en masse de leur propre image. Aspirer à devenir une icône nationale avec pour seul talent dévoilé un goût prononcé pour une crème dessert en particulier peut amener à une totale confusion des genres et à des dérapages dangereux. Laissons donc la place aux artistes, utilisons ce qui est à notre portée pour faire parler de nous, et gardons nous bien de nous laisser absorber par ce que nous ne pouvons maîtriser.

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