Blog

Anjou des chatelains aux petits soins avec leurs jardins

Anjou des chatelains aux petits soins avec leurs jardins

À l’ombre de châteaux, se cachent des écrins de verdure mis en lumière par la passion de leurs propriétaires.

La campagne angevine regorge de petits châteaux. Leurs propriétaires ne s’appellent ni Mansard, ni Lenôtre. Ils ont redonné à ces lieux leur âme d’antan. « Rome ne s’est pas faite en un jour » : telle pourrait être la devise de ces passionnés qui n’ont compté ni les heures, ni les années pour remettre en état ce patrimoine végétal.

Le château de Chambiers, rendez-vous de chasse du XVIIIe

À l’orée de la forêt de Chambiers, près de Durtal, cette demeure du XVIIIe siècle servait de rendez-vous de chasse à la famille de La Rochefoucauld. Aujourd’hui, c’est une propriété familiale depuis près d’un siècle. Elie et Anne Crouan ont repris les rênes, il y a 30 ans : “Nous souhaitions recréer l’esprit rendez-vous de chasse, retrouver les allées cavalières, les perspectives, replanter un jardin à la Française.

Aujourd’hui, le couple s’emploie à lui redonner son âme du XIXe siècle : “À cette époque, il était de bon ton de faire venir des essences de contrée lointaines : des tulipiers de Virginie, des cèdres, des magnolias. C’était la naissance des jardins à l’Anglaise.” De mai à juin, la roseraie exhale généreusement le parfum des quelque soixante rosiers anciens. Ce jardin, Anne et Elie l’ont voulu en osmose avec leur demeure. Mais il y a parfois des déconvenues… comme les chevreuils qui viennent dévorer goulûment les pommiers d’ornement !

Ce parc de 4 hectares s’offre au visiteur entre minéral et végétal, entre ombres et lumières. Membres de l’Association des parcs et jardins d’Anjou, ces amoureux de leur jardin reçoivent tout au long de l’année visiteurs et autres passionnés.

Niché dans un écrin de verdure, le château de Plessis-Blutière

Nous étions à la recherche d’une propriété pour nous y installer, ne rien faire et profiter de la vie” : sage précepte des priopriétaires.

Au gré de leurs recherches, le hasard présente à Jacques Cauvin et Yannick Prioux le château de Plessis-Blutière à Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance : “Côté jardin, il n’y avait absolument rien. Cette demeure avait appartenu à un riche ecclésiastique au XVIIIe siècle. À sa mort, tous les biens ont été vendus aux enchères sur la place d’Angers, dont des plantes exotiques, ce qui laissait supposer que notre homme avait le goût du raffinement. En achetant ce château, nous voulions lui redonner son lustre d’antan.” À force de lectures, de recherches, de tonnes de terre extraites, les jardins se sont recomposés : “Nous avons planté 600 arbres.”

Aujourd’hui, le résultat est là : un tableau impressionniste foisonnant de couleurs et de parfums. Des sculptures antiques, un bassin avec un petit jet d’eau, des fontaines, des cyprès, symbole d’hospitalité en Provence. Il souffle sur ces jardins un air venu de Toscane. Sous la pergola en bois de châtaigner, une treille de muscat italien offre chaque année de généreuses grappes. La promenade se poursuit au gré d’une enfilade de quatre jardins Renaissance… Plus loin, la roseraie et ses 150 variétés de roses anciennes. À côté de l’exubérance, le caractère plus sage des topiaires.

En quittant ces lieux, vous n’oublierez ni la magie des lieux, ni ce petit joyau d’architecture : une magnifique chapelle baroque dont la cloche égrène les heures qui passent.

Montriou, un château de famille depuis plus de 300 ans, des jardins superbes et étonnants


Situé à Feneu, à 15 km d’Angers, le château de Montriou date du XVe siècle. Depuis plusieurs années, Nicole et Régis de Loture se sont attachés à remettre en état le parc et le potager, leur ajoutant d’autres jardins remarquables par leur originalité. C’est au potager que tout a commencé : “Nous voulions recréer le potager tel qu’il avait été dessiné par mon arrière grand-père au XIXe siècle.” C’est ici que Madame démarre sa collection de cucurbitacées. En 1997, le jardin potager reprend son aspect originel : des allées en herbe bordées de buis, des légumes, des fleurs, tout cela dans une superbe harmonie de parfums et de couleurs.

Les cucurbitacées étant des hôtes quelque peu envahissants, il fallut leur trouver un autre endroit. Régis réhabilite alors un ancien verger et y installe une grande tonnelle. Dans ce jardin dit de la « Princesse », les courges pansues suspendues au bout de leur vrille rougissent de plaisir au milieu de carrés de fruits et de légumes, de pivoines sous l’œil attentif de deux angelots. Le long du mur, les clématites s’acoquinent avec la vigne. Quant aux cucurbitacées décidément fort volubiles… : “Nous avons du aménager un troisième jardin pour y accueillir notre collection.” À chaque jardin, son âme, sa couleur, comme le « Jardin italien » et la « Volière de Monseigneur » offerte par l’Évêque d’Angers.

Ici, callopsis et autres oiseaux multicolores s’en donnent à gorge déployée. Nicole et Régis de Loture peuvent être fiers de leurs jardins qui feraient rougir d’envie feu Lenôtre !

Related Articles

Close