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A bout de souffle

A bout de souffle

« Si vous n’aimez pas la mer… Si vous n’aimez pas la montagne… Si vous n’aimez pas la ville : allez vous faire foutre ! ”

Interdit au moins de 18 ans lors de sa sortie en salle en 1960, à bout de souffle est le chef d’œuvre de Jean Luc Godard. Il s’agit aussi de sa première réalisation, et reste aujourd’hui considéré comme le film emblématique de la Nouvelle Vague française. Le scénario est écrit par Jean Luc Godard, d’après une idée de son ami François Truffaut. Le film est produit par Georges de Beauregard, producteur majeur de la nouvelle vague (Godard, Demy, Varda, Chabrol, Rivette, Rohmer).

Michel Poiccard (joué par Jean Paul Belmondo), jeune homme violent et marginal, vole une voiture à Marseille pour se rendre à Paris. Lors d’un contrôle, il tue le policier qui le poursuivait. Arrivé à Paris, il retrouve la jeune étudiante américaine, Patricia (jouée par Jean Seberg), avec laquelle il a une liaison amoureuse. Pour se faire un peu d’argent elle vend le journal Herald Tribune sur la plus grande avenue du monde. Ensemble, ils se cachent et attendent.


Nouvelle vague

Mais l’histoire n’est que la toile de fond, un simple prétexte pour Jean Luc Godard qui entend révolutionner le cinéma. Raymond Cauchetier, photographe de plateau, décrit les méthodes du maître sur le tournage : « Avec lui, tout était improvisé ou presque. Godard écrivait ses dialogues sur une table de bistrot, soufflait leur texte aux comédiens pendant les prises, et arrêtait le tournage quand il n’avait plus d’idées. Le délire complet pour les tenants du cinéma classique ! »

Après une carrière de critique aux désormais mythiques Cahiers du cinéma, Jean Luc Godard se lance dans la réalisation. Alors que le cinéma français s’englue dans un académisme bourgeois depuis plusieurs années, il représente la nouvelle génération et entend casser toutes les règles qui contraignent le septième art. Il tourne vite, sans moyen, souvent en extérieur, improvise, et brise toutes les conventions (le regard caméra, le dialogue avec le spectateur, les ralentis, le montage éclaté, etc.).

Mais bien plus que de la provocation, Godard insuffle un nouvel air frais dans le cinéma, et continue d’inspirer des générations de réalisateurs partout dans le monde : Quentin Tarantino, John Cassavetes, Abel Ferrara, Bernardo Bertolucci, Jim Jarmush, Brian de Palma, Arthur Penn, Martin Scorsese, James Gray… Et la liste est longue ! Récompensé par le Prix Méliès, le Prix Jean Vigo et le Prix de la mise en scène au festival de Berlin en 1960, à bout de souffle est un film fondateur de la modernité cinématographique en France et dans le monde.

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