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5 de plus au 1er avril la hausse du prix du gaz en 10 questions

5 de plus au 1er avril la hausse du prix du gaz en 10 questions

Éric Besson, le ministre de l’Industrie vient d’annoncer une hausse de 5% du tarif de GDF. Pourtant, les cours du gaz sont à la baisse. Explications.

En inaugurant l’Observatoire de la précarité énergétique le 1er mars, Éric Besson, le ministre de l’Industrie et de l’Énergie a annoncé une hausse du prix du gaz de 5% au 1er avril prochain. Une hausse difficile à comprendre puisque les cours mondiaux du gaz sont à la baisse.

  • Quelle est la hausse des tarifs du gaz sur un an ?

Cela représente une augmentation de 20%, selon l’UFC Que choisir? qui demande au gouvernement de refuser cette augmentation nouvelle. «Pour le ministre, explique challenges.fr, cette hausse de 5% ne génère aucune marge supplémentaire pour le fournisseur: elle permet seulement de couvrir la hausse des coûts d’approvisionnement de notre pays en gaz». L’Agence France-Presse ajoute : «M. Besson a rappelé que le gouvernement avait décidé de ne pas modifier les prix du gaz en octobre 2010 et janvier 2011 et que les tarifs sont restés inchangés pendant tout l’hiver 2010-2011».

  • Qui est concerné?

«Près de 90% des 10,7 millions de foyers raccordés au gaz naturel sont soumis aux tarifs réglementés, qui sont proposés essentiellement par GDF Suez», estime encore challenges.fr.

Le prix du gaz calculé sur les cours… du pétrole!

  • Quelles sont les réactions ?

« L’association de consommateurs CLCV n’est pas convaincue par le dispositif, explique Les Échos. Au lieu d’un « énième observatoire », elle réclame un dispositif global de « solvabilisation » des services essentiels, une modulation des taxes et surtout une tarification progressive de l’énergie».

« Le Parti socialiste a lui aussi dénoncé les «nouvelles hausses inacceptables» du prix du gaz, écrit challenges.fr. «Le gouvernement, après une hausse record des prix de l’énergie en 2010, annonçait un gel des prix. Pour se défausser deux mois après seulement!”, dénonçaient dans un communiqué les secrétaires nationaux PS Aurélie Filippetti (Energie) et Razzy Hammadi (Services publics)».

  • Comment est calculé le prix du gaz ?

Sur le blog Au bout du compte, on peut lire cette explication incroyable : « La question du prix du gaz est purement mathématique, et la hausse en France se détermine à Rotterdam en fonction du prix du fioul, de celui du gaz et sur les marchés financiers en fonction des variations du dollar par rapport au franc». Et le site de donner cette précision: «En France, l’équation de la CRE (Commission de régulation de l’énergie) pour fixer le prix du gaz domestique reprend explicitement le cours de trois produits pétroliers: le prix du fioul domestique, celui du fioul lourd à Rotterdam, et celui du Brent, le pétrole de la mer du Nord».

  • Risque-t-on de manquer de gaz?

Le paradoxe, c’est que contrairement au pétrole, les réserves de gaz sont considérables. Pour l’association Que Choisir ?, «cette augmentation est inacceptable d’un point de vue économique» car, rappelle-t-elle, le cours du gaz sur les marchés de gros, sur lesquels s’approvisionne GDF Suez, a fortement baissé ces dernières années.

  • Ne faut-il pas changer de mode de calcul ?

C’est en cours et la CRE (Commission de régulation de l’énergie) a validé un nouveau mode de calcul avec Gaz de France. Le Gouvernement français a demandé à GDF Suez de renégocier un nouveau mode de calcul avec les producteurs. Le problème, c’est que les contrats sont signés pour… 25 ans. «Pour le ministre, explique cependant l’AFP, la hausse de tarif annoncée aurait été sensiblement supérieure (de l’ordre de 1,7 point) si GDF n’avait pas renégocié en partie ses contrats d’approvisionnement».

  • D’où vient le gaz de la France ?

La France a cessé peu à peu de produire du gaz (elle produisait le tiers de sa consommation il y a 40 ans) et elle en importe aujourd’hui 98% : «32 % viennent de Norvège, 15 % de Russie, 16 % d’Algérie et 16 % des Pays-Bas. Le reste provient de divers pays comme l’Égypte, le Nigeria, le Qatar ou encore… l’Australie», précise le blog Au bout du compte.

6,5 millions de Français ont eu froid cet hiver

  • Pourquoi un Observatoire de la précarité énergétique ?

«Pour mieux identifier et aider les 3,4 millions de ménages qui consacrent plus de 10% de leurs ressources notamment à leur chauffage, écrit rtl.fr . Un Français sur dix, soit 6,5 millions, «a souffert du froid en janvier car mal chauffé», a assuré la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) à l’occasion de l’installation de cet Observatoire.»

  • Quelles aides pour les plus modestes ?

« Un tarif social du gaz naturel (voir ici pour l’obtenir) consiste en une réduction annuelle forfaitaire comprise jusqu’à présent entre 71 et 118 euros pour le chauffage. Eric Besson a indiqué que seuls 300 000 foyers sur les 800 000 qui peuvent y prétendre bénéficiaient de cette réduction», explique lemonde.fr. Manque d’informations, démarches trop compliquées… L’objectif est de rendre cette aide automatique sur la base des fichiers sociaux. Selon les Échos, «l’an dernier, l’Etat a décidé de consacrer 1,25 milliard d’euros à ce sujet, dont 500 millions seront progressivement tirés des ressources du grand emprunt et 750 millions de l’Agence nationale de l’habitat. Cette somme devrait bénéficier à 300 000 ménages d’ici à 2017 (…)

  • Comment réduire notre consommation ?

« Plus inattendu, écrit challenges.fr, le ministre de l’Industrie a indiqué qu’il allait par ailleurs mettre en place, avec GDF Suez, une «prime à la casse» pouvant aller jusqu’à 250 euros pour le remplacement des chaudières anciennes. Une information confirmée dans lexpansion.fr, qui évoque une possibilité de bilan énergétique gratuit.

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