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40 milliardaires font preuve de generosite

40 milliardaires font preuve de generosite

Quand un groupe de 40 millionnaires s’engagent à reverser la moitié de leur fortune à des œuvres de charité.

Vous avez sûrement entendu parler récemment du “club des 40”, constitué de milliardaires – Bill Gates et Warren Buffet étant à l’initiative du projet – qui se sont engagés à reverser la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives, de leur vivant ou de leur mort.

Voilà une action symbolique qui a suscité de nombreuses réactions. Même si certains de ces milliardaires n’ont pas attendu cet appel pour faire preuve de générosité – de la même manière que bon nombre de milliardaires doivent faire régulièrement des dons de façon anonyme – il faut reconnaître que l’impact médiatique est assez fort.

Au-delà de tout ce que cela représente pour les associations qui auront la chance de bénéficier de ces fonds, on peut se poser la question de l’origine de ces élans de générosité. Spontanés ? Sincères ? Calculés ? Repentance ? Effets de mode ? Même si tout cela, au final, reste exceptionnellement bénéfique et positif, il peut être intéressant de tenter d’analyser ces comportements soudains.

Quelles origines à l’altruisme ?

Philippe Kourilsky, dans son dernier livre Le temps de l’altruisme, explique que les personnes ayant connu la misère sont probablement plus altruistes et généreuses. Selon lui, “les expériences et les processus du vécu génèrent des attitudes sentimentales ou raisonnées qui peuvent agir comme des déclencheurs de générosité ou d’altruisme (…). Les expériences difficiles de la vie apportent de la rationalité dans les choix d’existence qui est souvent mobilisatrice d’éthique”. Cette hypothèse ne doit pas faire acte de comportement générique. L’homme n’a normalement pas besoin de souffrir, et donc de connaître des expériences douloureuses, pour comprendre les urgences qui l’entourent.

Dans le cas de nos milliardaires, il faudrait connaître l’environnement familial dans lequel ils ont grandi – peut-être pas si idyllique que l’on peut l’imaginer – et les situations économiques qu’ils ont vécus au début de leurs activités afin de se faire un avis sur ce qui aurait pu être douloureux dans leur existence.

Cependant, les expériences humaines “difficiles” peuvent aussi découler de relations tendues, ambigües, voire violentes entre des individus. La perte d’un être cher, un échec relationnel avec un proche, peuvent être des facteurs déclenchant la prise de recul permettant une écoute dépassant les frontières des bulles individuelles. Tout cela peut éveiller les consciences des hommes et, dans certains cas, être plus porteur d’espoir qu’il n’y paraît. On peut heureusement faire preuve de compréhension ou d’humanisme spontanément et naturellement.

Prendre la peine de tendre une pièce à une personne dans le besoin n’est pas un acte héroïque. Nombreux sont les gens à savoir que l’impuissance – celle des hommes et femmes en marge de nos sociétés – donne naissance à beaucoup de souffrances. Faut-il avoir vécu pour comprendre cela ? Faut-il avoir souffert pour agir même au travers d’un acte isolé, aussi dérisoire puisse-t-il paraître, comme donner une cigarette à celui qui, gare du Nord, vous en réclame une ? Faut-il avoir fait du camping à Quend Plage – désolé pour les amoureux de la côte d’Opale – pour comprendre que la situation des Roms est d’abord une question d’urgence humanitaire et sociale plus qu’un problème d’immigration ?

Solidarité calculée ? Sincérité ? Est-ce vraiment important ?

Concernant le “club des 40”, de mauvaises langues verront sûrement ici un coup médiatique visant éventuellement à contrer la mode du “bling bling”. Une occasion d’aller à l’encontre des tendances actuelles et de se faire remarquer dans un parfait contre-pied. D’autant que l’on peut supposer que malgré le don de la moitié de leur fortune, leur niveau de vie, ainsi que celui de leur descendance, ne devrait vraisemblablement pas en pâtir. D’autres, accuseront certains d’entre eux de se racheter des causes directes ou indirectes que leur politiques entrepreneuriales ont pu avoir. Autour des spéculations boursières de ces dernières années, gravitent inévitablement ces grands noms de la finance, de l’économie, de la technologie..

Peu importe les raisons qui ont poussé ces grosses fortunes à s’engager de manière aussi forte, c’est au-delà du don – qui représente une chance inouïe pour les associations bénéficiaires – un message qui nous est envoyé : le principe même de solidarité est porté haut et fort dans le courant médiatique. C’est une leçon de comportement pour tous les fortunés du monde.

Mme Bettencourt, qu’attendez vous ? D’autant plus que 75 % de vos dons peuvent être défiscalisés…

Liens :

Fondation Bill Gates

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