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Voyage au Canada sur la route de leau Balade en canoe et vie de pionnier dans le parc Algonquin

Voyage au Canada sur la route de leau Balade en canoe et vie de pionnier dans le parc Algonquin

Le parc provincial Algonquin, situé au Nord Ouest de l’Ontario, demeure le paradis du canoë, de la randonnée et du camping sauvage.

Quitter l’autoroute 17, pour vivre à la « Robinson Crusoé »… Il faut parcourir bon nombre de kilomètres pour atteindre les portes du parc provincial d’Algonquin, de ses animaux sauvages, de ses lacs et de ses forêts. Ici, la voiture est bannie, le canot est de rigueur. Avec ses 2100 km de voies navigables, ce parc est un lieu à part. Celui des grands arbres et des lacs d’eau claire. Dès l’arrivée dans le parc d’Algonquin, on sait que le voyage sera tout sauf banal.

Opter pour un forfait

Pour ne pas se soucier de l’organisation, il faut prendre un forfait comprenant les différents repas, le matériel de camping et, bien sûr, le canot. La boutique Brent Store, située au Nord du parc propose ce type de service. Sean, le responsable du magasin prépare le matériel. Il recommande aux aventuriers, un itinéraire et les emplacements où ils peuvent dormir. Le voyage peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines. Avant de partir, Sean montre comment porter le canot quand toute navigation devient impossible. Il appelle cela le portage. Le choix s’est porté sur une boucle de 43 kilomètres où il faudra pagayer.

La route qui mène au lac Kioshkowki, le point de départ du périple, s’avère fort cahoteuse et ressemble plus à un chemin forestier qu’à un chemin asphalté. On s’enfonce rapidement dans une forêt reculée. Ici, on se sent déjà l’âme d’un pionnier, comme ont pu l’être, à l’époque de Champlain, les explorateurs et les commerçants qui transportaient les fourrures en canot. On les surnommait alors les voyageurs.

Port du canot obligatoire

Justement, le canot attend ses voyageurs. C’est le moment de se jeter à l’eau. Ou plutôt, de se lancer sur l’eau. Le courant emporte rapidement les voyageurs. Les eaux sont claires comme du cristal. Il suffit de se pencher pour voir le fond du lac avec ses galets colorés, ses roches sculptées et ses black Bass ou achigans (NDE: deux espèces de poisson).

Après 1 h 30 de canot dans une eau calme et limpide, on doit franchir le premier portage pour se rendre à Little Mink. Là, les difficultés commencent. On doit gravir 730 mètres avec le canot sur la tête. Il faut se souvenir de ce que nous a enseigné Sean ce matin. Mais le premier essai n’est guère concluant. Quelques minutes plus tard, on lâche prise. Des gouttelettes coulent alors sur le front. Il fait chaud. Le sac à dos devient vite trop lourd. Le chemin est boueux et glissant. Des pierres roulent sous les pieds. On reprend à ce moment là son courage à deux mains et la deuxième tentative sera la bonne. Mais le voyageur n’est pas au bout de ses peines. Quatre autres portages le guettent avant de parvenir à Club Lake, où il campera cette nuit.

Nuit sous la tente

Le jour décline. Il faut aller chercher du bois mort aux abords de la rive pour le repas de ce soir. Après avoir monté la tente, on apprécie un moment au coin du feu. La nuit est souvent étoilée. Le corps se remplit des bruits de la forêt, des odeurs de la nourriture et des rires…

On ne sait pas quelle heure il est lorsqu’on se lève. La nature s’éveille doucement, elle aussi. Les couleurs de l’aurore se reflètent déjà dans le lac encore embrumé. On laisse son esprit vagabonder au gré du vent et des chants d’oiseaux. On prend alors un café avant de poursuivre le périple. Aujourd’hui, il faut parcourir environ 13 km et franchir pas moins de quatre portages.

Une nature sauvage

Les premiers coups de pagaies laissent un sentiment d’intense liberté. Le paysage est grandiose: de l’eau à perte de vue et des forêts majestueuses nous entourent. Parfois, un poisson jaillit hors de l’eau. On arrive sur Mouse Lake. Le portage s’avère difficile : on doit encore marcher environ un kilomètre et demi avec le canot. A cet instant, on a l’impression que cela dure une éternité. Mais les efforts sont récompensés. Lorsqu’on parvient à Mink Creek, on découvre un barrage de castors. Le regard est attiré par des ronds dans l’eau. Puis, une tête surgit, un castor nage avec un branchage dans sa bouche. Il ne prête aucune attention au voyageur et se dirige vers sa cabane. Le voyageur n’a plus qu’à poursuivre son chemin. Direction Erables Lake où l’on s’arrête pour la dernière nuit.

Comme par magie, le ciel se teinte d’une couleur orangée. Un des plus beaux couchers de soleil. On dirait que le lac prend feu. La nuit vient de tomber, mais comme souvent on a dû mal à s’endormir. On entend, au loin, le hululement envoûtant du huard. On se remémore la journée, même si les portages sont parfois difficiles. C’est l’occasion de découvrir la forêt : tantôt humide, tantôt boueuse, toujours très belle. Les orignaux (NDE: nom donné à aux élans en Amérique du Nord) ne sont jamais loin, comme en témoignent les traces toutes fraîches de ce matin !

Voir le lac pleurer

La fraîcheur du matin surprend et réveille le voyageur. Parfois, le ciel est menaçant. Après un petit déjeuner rapide, il faut donc vite lever le camp et profiter de la dernière journée.

On progresse en silence. Après quelques heures de pagaie, on approche de Maple Lake. A la grande surprise des voyageurs; ils distinguent, au loin, un orignal paître des herbes aquatiques. Malheureusement en voyant le canot, il s’enfuit. Cet instant fugace restera cependant gravé longtemps dans leur mémoire. Leur ultime étape s’appelle Maple Creek. La pluie commence à tomber. L’eau du lac se trouble et son reflet apparaît pour la dernière fois. Dans le fond de ses yeux, il peut voir le lac pleurer…

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