UFC :Quand le professeur Gu-Konu vole au secours de Gilchrist Olympio
Sur la confusion actuelle à l’Union des forces du changement (UFC), parti dominant au sein de l’opposition et courant majoritaire en ce qui concerne la conduite à tenir face au Rassemblement du peuple togolais (RPT), aucun leader ni parti politique partenaire au sein de l’opposition ne s’est prononcé sur le sujet. Les raisons d’un tel silence peuvent être doubles : il pourrait s’agir d’une attitude de prudence, par crainte de parler au milieu de la cohue et de ne pas se faire entendre, au risque d’ajouter la confusion à la confusion ; il pourrait s’agir également d’une attitude cynique (mais ô combien légitime !) de jouissance intérieure devant le malheur d’un adversaire redoutable, voire d’un ennemi. Qui n’a pas ri sous cape devant l’incendie de la maison de son voisin !?
A mon humble avis, l’attitude jouissive est la raison fondamentale de ce silence. Ceci est très simple : le caractère dominant de l’UFC depuis 1998, la démagogie électoraliste de ses dirigeants, ont littéralement ruiné de nombreux leaders d’opposition ainsi que leurs partis. Zarifou Ayeva, Edem Kodjo, Léopold Gnininvi et Yawovi Agboyibo peuvent en témoigner, eux qui sont réduits aujourd’hui à compter leurs militants. Personne donc n’a aucun intérêt à vouloir aider à arrêter la guerre hémorragique qui saigne l’UFC, surtout que le mythique Gilchrist Olympio est voué aux gémonies par la populace, la même qui, il y a encore quelques mois, le portait au pinacle. Soit dit en passant, les behaviouristes apprécieront cet aspect ludique du comportement du peuple togolais qui consiste à porter aux nues un homme politique et à le laisser échoir brutalement comme dieu yoruba déchu.
Le professeur Emmanuel Gu-Konu, l’inamovible dirigeant de la CDPA-BT, est le premier dirigeant d’un parti d’opposition à faire un coming-out à propos des bisbilles qui divisent les héritiers du CUT (peut-être de Sylvanus Olympio aussi). Son intervention est animée d’une très bonne intention : « En tant qu’opposants au régime d’Eyadema, il faut savoir que tout ce qui affaiblit un parti d’opposition affaiblit forcément l’opposition toute entière », écrit-il. C’est dire que ce crypto-communiste socialisant est imbu de générosité ; l’idée généreuse serait, dit-on, l’apanage des gens de gauche, est de sauver un parti qui constitue quand même un grand rempart à la dictature rptiste.
Dans une tribune libre à la langue savoureuse sur togocity, Pr Gu-Konu dépèce l’actualité de l’UFC à travers une analyse assez cohérente dans laquelle il part de la genèse du conflit, qui remonte à la candidature de Jean-Pierre, selon lui, en passant par la constitution du FRAC, pour aboutir à l’extrême confusion actuelle où on a deux UFC sans savoir lequel de ces deux courants est l’UFC véritable. Pour le Professeur, Jean-Pierre Fabre et les «opportunistes » et autres « arrivistes » du genre de François Boko, auteur du FRAC, et Kofi Yamgnane, par exemple, portent la lourde responsabilité de l’instabilité actuelle qui fait son lit à l’UFC. Pour lui, Jean-Pierre Fabre est un dangereux putschiste doublé d’un démagogue dont la candidature de recours « n’a pas fait l’objet d’une procédure transparente ». Et ayant affiché un tel mépris de la démocratie au sein du parti, ayant goût pour l’aventure et l’ambition personnelle, Jean-Pierre Fabre constituerait un danger pour la démocratie au niveau national, du moment où l’impétrant prétend à la magistrature suprême. On ne va tout de même pas remplacer un dictateur par un démoncrate !
Le professeur prend alors fait et cause pour Gilchrist Olympio, seul candidat désigné par le Congrès de l’UFC en 2008. Il manquerait seulement qu’il demande le retour au statu quo ante, c’est-à -dire le retour de M. Olympio à la tête de l’UFC ! Toute cette tribune libre d’une éloquence brillante n’est destinée qu’à prouver voire susciter le retour de Gilchrist Olympio et diaboliser les dirigeants de l’autre courant de l’UFC que soutiennent des dizaines de milliers de personne dans la rue chaque samedi.
Très fécond et très prolixe, le professeur GU-Konu dont l’influence intellectuelle et politique ne se limite qu’à la toile, ferait mieux de la fermer un peu au lieu de nous ennuyer avec sa logomachie d’intello ringard.
En bon cryptocommuniste, le professeur a tout oublié de noter la chronologie des faits. Tout bon historien sait que quand on cite un événement, il faut bien donner une date. Or, aucune date ne se retrouve dans la fameuse tribune du professeur pour situer les faits. Amnésie ?
Non. Car, en datant les faits, on saurait très vite que ce n’est pas « un coup d’Etat » qui a été fait au père Gil. Ce n’est tout de même pas Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson qui se sont ligués pour pousser le vieux père dans les escaliers à Washington en décembre! Sur quoi a-t-il glissé d’ailleurs ou plus proprement qu’a-t-il mangé pour tomber si dangereusement dans les escaliers ?
Seul Emmanuel Gu-Konu ne comprend pas la crise à l’UFC. Pourtant ce qu’il s’y passe est assez clair : dans sa logique inepte de « moi ou personne » ou le chaos, Gilchrist Olympio a choisi de diviser son parti pour pouvoir régner. Car à 74 ans, lui qui veut diriger le Togo comme Abdoulaye Wade à 82 ans, ne pense pas à prendre sa retraite aux termes d’un parcours politique jalonné d’échecs en tous genres. Mal lui en a pris, la génération montante ne lui pas laissé le temps l’a exclu rapidement pour mettre fin non seulement à ses errements politiques mais surtout à un leadership archaïque et anachronique.
Pourquoi le vieux professeur s’acharne-t-il à sauver la mise à Gil ? Il s’agit tout simplement d’une solidarité de classe sinon d’âge. En bon marxiste, le professeur en a marre des jeunes loups qui la ramènent trop pour bouter les vieux hors du théâtre politique. Tout comme Gilchrist Olympio, il a peur du changement. Point barre !
Le professeur Gu-Konu n’a pas que peur du changement, il n’a rien appris de l’histoire. Il y a près d’une vingtaine d’année, un certain Léopold Messan Gnininvi, dégoûté des stratégies de quatre sous de Gu-Konu, l’avait littéralement vidé de sa substance en refondant sans lui la Convention démocratique des peuples africains (CDPA).
Pour ceux qui n’ont pas lu la tribune du professeur, cliquer sur ce lien:http://www.togocity.com/article.php3?id_article=5593
juin 16th, 2010 at 18:12
Tu y es allé fort contre le vieux, mon frère! Je suis certain que le débat ne vient que de commencer. J’avoue que je n’avais pas compris de quoi il voulait se mêler dans cette affaire. Il me semble qu’il est entré dans une mare à croco d’où il sortira en y laissant une bonne partie de sa peau. J’admire beaucoup le Pr Gu-Konu, surtout la suite qu’il a dans les idées; Mais je crois que cette fois, il a pris le mauvais parti!
En tout cas, sûr qu’il te répondra !