Gilchrist Olympio a mal au dos fatigué de la politique ?

Il y a toujours une part de comique et de tragique dans les élections présidentielles au Togo. Il semble que celle du 28 février prochain ne va pas déroger à la règle. Ceux qui attendent le comique sont déjà servis. C’est la pantalonnade. Le principal candidat de l’opposition, Gilchrist Olympio ne pourra pas se présenter. Un mal de dos le retient dans un hôpital américain où il lui est fortement déconseillé de voyager. Le leader de l’Union des forces du changement et fils du père de l’indépendance n’est plus un fringant bonhomme. Agé de 74 ans, il est assez vieux et physiquement éprouvé par un parcours politique de plus quatre décennies. Il a failli perdre la vie dans un attentat en mai 1992 dans le Nord-Togo. C’est tout à fait normal qu’il soit un peu fatigué.

Souhaitons-lui un prompt rétablissement. L’ennui, ça ne pourra pas l’aider à se présenter à l’élection. La dérogation qu’il a demandée ne lui sera pas accordée. La clôture officielle des candidatures est pour ce vendredi à minuit. Et la présidentielle, sauf cas de force majeure, ne sera reportée.

Il est improbable que dans un sursaut patriotique, M. Olympio demande à son parti de soutenir Me Yawovi Agboyibo, le candidat du CAR, avec lequel son parti est en coalition, ou Kofi Yamgnane, le candidat de Sursaut-Togo. Car pour Gil, si « je ne peux pas y aller, que le p’tit, il reste là-bas ». Maintenant qu’il ne peut pas y aller….

Reste à savoir qui sera le candidat à la place de Gil. Sa gestion du parti est si autoritaire qu’on a cru pendant longtemps qu’on ne pourrait se passer de lui qu’après sa mort. Maintenant va-t-on faire sans lui ou avec en désignant encore son candidat, comme il l’a fait en 2005 pour le vieux Bob Akitani investi candidat unique de l’opposition?

Ce n’est pas du monde qui manque dans son camp mais tous ne sont présidentiables.  Il y a tout d’abord le secrétaire général du parti, le très bouillant Jean-Pierre Fabre. Depuis qu’il a été élu député de Lomé, l’homme est devenu plutôt sage et commence à prendre de la bouteille. Ces derniers temps, il est le seul à s’opposer aux dérapages du vieux leader.

Ensuite, Patrick Lawson, le premier vice-président. Les analystes mettent en doute ses capacités de gouvernement quoique Faure Gnassingbé eût l’intention en 2006 de le nommer comme premier ministre.On peut compter également sur Me Djovi Gally, cet avocat adepte de la transhumance et du marranisme politique et devenu ces temps-ci plus royaliste que le roi. Mais on peut être sûr que Gil aura peur de le choisir, il pourrait passer au RPT, on ne sait jamais!

Enfin Isabelle Ameganvi, la femme député du Kloto. Mais cette jeune femme, ironie de l’histoire, n’était même pas informée de la maladie de son leader.

Gageons que Gilchrist Olympio, un incontrôlable et un gaffeur de premier ordre, sortira de son chapeau cet inconnu : Eric Armerding, fils ou petit fils d’un commerçant allemand qui exerça le rôle de maire de la ville de Lomé pendant la colonisation allemande.

Gil est déjà out pour la compétition électorale. Mais son parti, lui est-il toujours dans le coup ?A suivre.

8 Responses à “Gilchrist Olympio a mal au dos fatigué de la politique ?”

  1. Kodjovi Says:

    En tout cas, c’est à mon avis l’occasion pour Gil de se montrer un homme d’Etat; malheureusement, je ne le crois pas capable de ce sursaut.
    A mon avis, c’est surtout l’occasion pour tous les partis qui se réclament de l’opposition de se concerter et sortir l’oiseau rare dont ils rêvent tous et qui pourra faire l’affaire des Togolais.
    Une vraie gageure !!!

  2. Yawovi Says:

    Vous savez, moi je suis tenté de croire la rumeur qui dit que Gilchrist a dit qu’il ne veut voir personne autre président du Togo si ce n’est pas lui. Et, on peut penser que le gars, sachant que les élections ne seront pas claires et qu’il ne pourra pas gagner, préfère passer la main. Sinon, il connaissait certainement le calendrier électoral avant de partir se faire soigner aux USA.
    Vivement qu’il soit guéri mais qu’il comprenne qu’il a fait son temps et que le Togo lui en saura gré de nous laisser avancer

  3. Siam Says:

    Gilchrist est effectivement fini. Ce sera encore plus grave s’il disparaît maintenant. Le parti ne lui survivra pas. Les gens racontent qu’il a vendu les élections à Faure Gnassingbé à 3 milliards cfa, est-ce vrai, Tony, dites-nous?
    Bon maintenant, il nous restera à construire l’opposition. 20 ans de lutte pour rien. Quelle histoire!

  4. Yawovi Says:

    Oui, on a l’impression que ce sont 20 ans perdus. Sauf que je ne pense pas que ce soit vrai ment perdu. Il y a eu des hauts et des bas. Une chose est certaine, c’est que les choses ne seront plus jamais comme avant. Le peuple togolais a des acquis qu’on ne lui prendre plus jamais.
    Ce qui nous manque c’est juste comment faire pour en prendre plus, comment avancer.
    Nous finiront pas trouver si nous ne démissionnons pas. Comme dirait l’autre, sept fois on tombe, sept fois il faut se relever.
    Le peuple doit rester battant. Certes, il y a une opposition à reconstruire et elle est en cours de construction, à mon avis. Il faut juste faire garder au peuple la foi en ses propres capacités, et ça ira !!!

  5. Adjé Says:

    Tony, ton analyse est un peu… disons, courte. Et si Gil avait été écarté de la course? Interroge la maladie!

  6. tonyfeda Says:

    Mon cher Adjé, vous voyez déjà dans la maladie de Gil la main noire de quelqu’un? Non, je ne crois pas. Ce complot, s’il existe, serait imaginaire. Je sais que nous autres Togolais sommes plutôt hantés par le complot permanent du régime RPT, régime tout à fait détestable et détesté d’ailleurs, mais ce serait grave si on continue à voir le complot partout. Ca me rappelle le récent attentat contre les Eperviers:des journalistes et non des moindres y voient les retombées des politiques néfastes d’Eyadema dans son soutien à l’UNITA de Savimbi. Courtes vues.
    Gil est effectivement malade de sa vraie maladie. Seulement, ce leader imprévisible et imprévoyant n’a pas pris les précautions qu’il fallait. Et puis pourquoi le régime voudrait l’empêcher d’aller à la présidentielle? Ce type ne constitue plus un danger ni pour le RPT ni pour Faure Gnassingbé. La preuve: ils ont facilité accepter de sauter le verrou constitutionnel concernant la double nationalité.
    Ce qui est intéressant dans la maladie de Gil, c’est comment son parti va s’en sortir. Sans lui ou avec lui? Je l’ai déjà écrit dans le post concernant la candidature d’Adjamagbo Johnson, nous sommes en train de tourner une page de notre histoire politique depuis 1990: celle des leaders politiques de ces années-là qui sont en train de quitter la scène. Rien ne me fait rire que le sort de Edem Kodjo: il est mort et pourtant il vit!

  7. Yawovi Says:

    Un complot contre Gil? Comme notre imagination est fertile !!!
    Ce que nous devons savoir, c’est qu’il faut dépasser les raisonnements de bas niveau. Une personne peut tomber malade à tout moment. Et Gil est bien vieux, il peut avoir des bobo à tout moment quel que soit les sous qu’il a pour se soigner.
    S’il vous plait, élevons le débat !!!

  8. David Kpelly Says:

    Hi Tony
    Suis tombé sur votre blog par le lien à partir de celui de Monsieur Alem. Félicitations pour la vivacité de votre langue! J’aime votre manière de dire les choses. J’ai d’ailleurs – sans votre permission, bien sûr – ajouté votre lien sur mon blog. Vous faites vraiment du beau job!
    Affaire Gil. Je pense que le Mathusalem, qui s’est toujours plu à se baptiser leader de l’opposition togolaise, aura tout le temps pour méditer sur ce proverbe de chez nous: » A force de vouloir trop montrer qu’on sait bien danser, on finit par ne plus avoir d’admirateur ». Gilchrist aurait dû, pour préserver le prestige qui l’a toujours entouré au Togo, se retirer de la scène politique togolaise depuis la mort de Gnass Père, son légendaire rival. Mégalo et démagogue qu’il a toujours été, il a fini par faire effriter sa crédibilité. Des yeux avisés ont commencé à découvrir sa vraie face – pas mieux que celle de Gnass Père – , et c’est justement quand sa popularité vient d’amorcer une chute libre qu’il est contraint de rester sur le banc de touche! Pauvre Yovovia! A 74 ans, faut s’asseoir tranquille dans sa chambre et se laisser taquiner par ses petits-enfants, au lieu de vadrouiller comme un chien errant sur une scène politique aussi polluée que celle du Togo. Eh bien, c’est la maladie qui vient de lui donner un carton rouge!Pauvre Yovovia! Que son grand-père vendeur d’esclaves et les ancêtres togolais aient pitié de lui…

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