J’ai vu ce matin, beaucoup de journaux et de sites internet reprendre le brûlot de Etonam Akakpo-Ahianyo sur l’attitude passive de l’Union des journalistes indépendants et des autres organisations de la presse, en ce qui concerne les nombreuses agressions contre les journalistes et la liberté de la presse. Bizarrement, je n’ai pas lu de commentaires ou d’analyses critiques dans la presse. C’est tout comme le silence continue en dépit de l’agitation que cela devrait créer. Même le Secrétaire général de l’UJIT, M. Credo Tetteh, la première personne concernée n’a pas encore (?) réagi.
Que dire tout de même à propos de la réaction de Etonam Ahianyo ? Car il s’agit d’une réaction. Au regard des principes, avec l’expérience que l’on a des organisations et de la vie associative, en tant que porte-parole de l’UJIT, Etonam Ahianyo n’avait pas à écrire son brûlot. Il avait juste le droit de dire haut ce que le bureau de l’UJIT veut faire entendre et après il a droit de se taire. Même les échanges de SMS et des emails entre lui et le Secrétaire général de l’UJIT portent-ils le sceau officiel ? Sur ce plan, M. Akakpo-Ahianyo a outrepassé ses prérogatives et la mission à lui dévolue. Il avait donc le droit de se taire, mais il a revendiqué et appliqué son devoir de parler. Il a eu le mérite de poser le débat en ce qui concerne la mission de l’UJIT.
Et c’est justement sur ce point qu’il faut apprécier l’action de cet étrange Etonam. C’est que le porte-parole de l’UJIT n’en peut plus de supporter les incohérences de son bureau et des organisations de la presse, devant ce qu’il convient d’appeler des violations de la liberté de presse, la seule qui reste depuis la conférence nationale. C’est le dégoût non du silence mais de l’innocente passivité des organisations de presse devant la réduction en peau de chagrin des libertés acquises depuis 2005, à l’arrivée de Faure Gnassingbé. Je crois foncièrement que ce porte-parole est un personnage proprement camusien, et ce au sens où il ne peut pas supporter de perdre sa liberté.
Etonam Akakpo-Ahianyo recadre le débat. Il rappelle l’UJIT à sa mission syndicale, celle de défendre les intérêts de la corporation et en premier ceux des journalistes. Il faut réorganiser cette institution, en éjecter les patrons de presse et remettre les vrais journalistes dans le bureau. L’UJIT a le devoir d’accompagner le processus de démocratisation au Togo et non d’être partie de ceux qui le sabotent par leur silence.
Il y a trop de gens qui pensent trop à leur carrière et à leur petite vie. Certes, on peut comprendre que la trentaine aboutie et la quarantaine se rapprochant à grands pas, on a tendance à écorner les principes moraux de la vie. Certes le carriérisme peut nourrir son homme, mais chaque fois que nous agissons il faut penser à une chose : l’héritage que nous devons laisser à la postérité.
Et je vous laisse donc méditer cet extrait du chapitre sur le non-conformisme du philosophe togolais, Huénumadji Afan. « L’individu humain doit comprendre qu’il ne doit son salut qu’à un prix : oser prendre « la décision fondamentale de ne plus penser au quotidien, à sa carrière et au succès comme étant le but ultime de l’existence », oser choisir le parti de refuser de se faire aveugle par solidarité avec les aveugles. Oui, être dans le monde sans être du monde ! Nul lien ne doit demeurer, qui va à l’encontre des liens de liberté et de clairvoyance. En tout état de cause, l’individu humain doit rester en permanence à l’écoute de son propre charisme… ».
Cliquer sur ce lien pour lire la lettre ouverte de Etonam Akakpo-Ahianyo:http://www.mo5-togo.com/actualites/346-violations-de-la-liberte-de-presse-le-porte-parole-de-lujit
Certes, Etonam a été courageux. Mais après cela, le bureau de l’ujit ne peut plus fonctionner comme un bureau. C’est comme à la ftf, il faut reprendre le travail. Dans son courrier, il recommandait au bureau de se ressaisir pour les six mois qui leur reste à faire. Moi je dis qu’ils ne les feront pas, ces six mois. Même s’il n’y a pas de nouvelles élection, c’est un bureau qui sera léthargique, les autres membres notamment le SG, ne vont pas aimé que le linge sale soit envoyé à la place publique pour être lessivé.
C’est dommage pour cette presse qui a, à mon avis, plein d’autres choses à faire que de se perdre dans des considérations aussi basses.
mais comme dirait l’autre, c’est l’air du temps. Un air du temps caractérisé par un manque de culture (oui il faut le dire !!!) en général et plus précisément de culture démocratique que nous réclamons aux leaders politiques et aux gouvernants. Et puis, il semble que le leadership c’est être nommé ou élu chef. S’il vous plait, sortons et surtout apprenons des autres !!!
Mon cher Guy,
Ton commentaire est juste. Il va falloir mettre un terme à cette vie aventureuse que celle de certains confrères qui se prennent pour des stars alors que leur mérite réel sur le terrain reste fort à vérifier. La culture est absente dans notre génération et beaucoup de chefs ne méritent pas cette appellation, d’où d’ailleurs l’absence de leadership véritable.
L’UJIT a besoin d’être réformée, l’en nettoyer au casher pour employer le mot de quelqu’un. Quand on arrive à l’UJIT, on pense aux séminaires de formation qui ne forment pas, aux voyages. Jamais il n’y a aucune idée sur l’avancement de la corporation.
Ce bureau va finir son mandat dans six mois et jusqu’à présent le problème de la convention collective n’est pas réglée. Ce bureau qui n’a pas eu le temps de dénoncer tout au moins les violences physiques contre les journalistes, a néanmoins eu le temps de pondre au nom de la liberté de la presse, a-t-on prétendu, un texte pour dire qu’il autorise Focus Infos à paraître.
Quand dans sa vie, une association arrive à une telle confusion et à perdre de vue sa mission, elle n’a d’autre choix que de rendre le tablier.
Si l’UJIT ne change pas, ne se réorganise pas, il va falloir créer un autre syndicat indépendant.
je suis d’accord avec vous deux et l’analyse de Tony. il est important maintenant de réflechir sur le devenir de l’UJIT. Dazns suix mois, ce bureau s’en ira. Qui aujourd’hui a l’etoffe de prendre la direction des affaires et rendre l’UJIT plus respectueux des prérogatives sont siennes? je crois que c’est en cela que nous devons tous nous attelés dans les mois à venir. Dans le cas contraire, il faut peut-etre trouèver un paliatif et former une autre organisation avec des réels objetifs et une volonté de sortir le journalisme et ses acteurs de ce marasme.
ahh le togo mon beau pays.on dirait que tous nos problèmes ont un dénominateus commun « l’argent et toujours l’argent » ‘autres l’on surnommé ventrologie »
soyons pour une fois, sérieux dans ce pays.