
Esclaves
Esclaves, le roman qui va donner lieu à toutes les polémiques, est finalement sorti en librairie le 06 mai dernier. Le roman réactualise la question de l’esclavage. Par une espèce de scotomisation et un vrai oubli volontaire, les Africains se refusent à dire comment ça s’est passé.
Kangni Alem revient donc sur le sujet dans un très bon roman à qui, je crois, est promis un très bel avenir. Il y parle de comment ça s’est passé, la traite atlantique et de comment les Noirs y ont participé.
Il y a notamment Chacha De Souza, l’ancêtre de tous les De Souza du Togo et du Bénin, un aventurier sans scrupule, vendeur hors pairs d’esclaves en tous genres. Comme le dit l’auteur, cette racaille a vendu tout le monde, mères et fils. E plé vi é plé no.
La fin est succulente : il y a notamment Francisco Olympio, le père de Sylvanus Olympio, lui aussi s’est enrichi dans le commerce des esclaves.
Je suis sûr d’une chose, on va faire un procès à Kangni Alem avec ce roman qui nous lâche la vérité en pleine bouille. J’espère au moins que son procès sera encore plus retentissant que celui de Kpatcha Gnassingbé !
Je vous donne un petit extrait avant-goût de la note de lecture que vous lirez sur www.togocultures.com dans une semaine.
J’invite tout le monde à lire ce roman. Il y a une édition africaine avec un prix Afrique à paraître en juin prochain.
Kangni Alem, Esclaves, Editions JC Lattès, mai 2009, 18 euros
Esclaves
….Dans tout le Danhomé, plusieurs rumeurs, ces temps-ci, disaient le maître du royaume en colère contre la malice de Chacha et ses frères de race, lesquels avaient promis depuis bientôt trois saisons lunaires qu’ils arrêteraient d’encourager la rafle et la vente des êtres humains dans le royaume, mais s’y adonnaient toujours frénétiquement grâce à l’entregent des rabatteurs Egba et Mahi, ennemis jurés des Danhomenou.
La traite et l’inimitié entre tribus allaient de pair, créant une situation d’insécurité profitable au commerce. Du lointain territoire des Ashanti à celui des Yoruba d’Oyo, en passant par les enclaves éwé, baoulé, mina et fon, le fléau de l’esclavage avait détruit les liens de respect et d’amitié entre les populations côtières autrefois vendeurs des peuples à l’intérieur des terres. Désormais, plus personne n’était à l’abri de la vindicte de son voisin, puisque même la mémoire de celui qui fut le premier à vendre l’autre s’était dissipée, laissant place à un jeu dangereux de vengeances croisées.
Les Mahi se souvenaient ainsi qu’ils avaient été vendus par les Danhomenou, les Danhomenou par les gens d’Oyo, ceux d’Oyo par les Egba, et les Egba par les Danhomenou…Rien, personne, homme ou dieu disait-on, n’était en mesure d’arrêter la curée ; personne, sauf peut-être le roi, le seul à s’être élevé contre la vente des humains, le seul à oser réunir les blancs pour leur dire de mettre fin à cette pratique qui mettait en danger les relations entre les nations.
Est ce que l’esclavage peut etre reconnue comme crime contre l’humanité ?
Svp j’ai besoin d’une réponse
La traite atlantique (il ne faut pas oublier que la traite arabe a été beaucoup plus longue) est bien un crime contre l’humanité et reconnu comme tel.