Ras-le-bol de la comédie électorale de mars 2010!
Mardi, mars 23rd, 2010J’ai préféré garder silence en ce qui concerne la présidentielle togolaise ces derniers mois pour une simple raison : mon dégoût de la classe politique tant du pouvoir que de l’opposition- notamment en ce qui concerne mes amis sociaux-démocrates desquels je me sens plus proche- est tellement immense que j’étais tombé malade et risquais beaucoup de péter les plombs ou de devenir cardiaque. Il faut en convenir que cette classe dirigeante est la plus difficultueuse que le Togo ait connue depuis l’indépendance.
Du côté de l’opposition, on constate aucune intelligence des échecs passés, aucune leçon apprise, des ego surdimensionnés, des politiciens carriéristes occupés par leurs intérêts personnels. Dans ce cas-ci, la politique politicienne a pris le pas sur le jeu politique, sur l’art même.
Du côté du pouvoir, je crois que Faure Gnassingbé ferait mieux de ne pas exhiber sa gloriole en faisant profil bas. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Vu les sommes stratosphériques englouties pour s’assurer sa victoire, le simple observateur que je suis commence à se poser des questions sur l’enjeu réel de cette compétition électorale si tous les concurrents ont pour objectif capital le développement économique et social de ce pays, qui a trop souffert de nos maladresses, bêtises et turpitudes depuis 50 ans. Si seules les différences d’idéologie séparent les candidats, pourquoi alors avoir fait une mise aussi disproportionné pour battre un adversaire politique ? Cette présidentielle que nous avons voulue démocratique n’a été qu’une scabreuse parodie dont nous ne finirons pas de payer les conséquences les jours et les mois à venir.
Certes, en politique il n’y a pas de morale mais il est dommageable de faire de la politique sans morale. Le spectacle auquel on a assisté, montre à tous égards nos limites pour sortir ce pays de l’abîme dans lequel il se trouve, notamment en ce qui concerne notre capacité à relever un peuple aussi arriéré que le nôtre. Le spectacle est d’autant plus lamentable que nous allons célébrer le 27 avril prochain le cinquantenaire de notre indépendance.
J’ai fait une tournée à l’intérieur du pays pendant la campagne et après l’annonce des résultats. C’est à peine croyable mais les éléments basiques constituent les préoccupations majeures de notre peuple : le ventre, ripailles, beuveries. Les gens ont littéralement faim. Quand le physique l’emporte sur l’esprit, c’est le présent, le hic et nunc, qui l’emporte sur l’avenir. On perd facilement sa dignité.
La grande comédie électorale partiellement terminée, je m’en veux finalement d’avoir tassé ma voix. Mais je m’en voudrais encore plus de ne pas pouvoir intervenir dans le débat qui fait place. Raison pour laquelle, il est indispensable que comme tout Togolais je puisse faire usage de la chose la plus précieuse au monde à part la santé physique, ma liberté d’expression.
A suivre !