Il y a 18 ans mourrait Tavio Amorin, haut-conseiller de la République, parlement de la Transition, régime sorti de la conférence nationale chargé de mettre le Togo sur la voie de la démocratie. Pour moi, c’était l’espoir d’une jeunesse corrompue par le parti unique.
Gilchrist Olympio fait encore des siennes. Dans une lettre circulaire à toutes les fédérations, il vient de dissoudre puis de recomposer le Bureau national. Soit dit en passant, l’ex-président national de l’UFC est considéré comme « exclu temporairement » du parti avant de prendre une décision. A quel titre le prend-il alors cette décision ?
Sur la confusion actuelle à l’Union des forces du changement (UFC), parti dominant au sein de l’opposition et courant majoritaire en ce qui concerne la conduite à tenir face au Rassemblement du peuple togolais (RPT), aucun leader ni parti politique partenaire au sein de l’opposition ne s’est prononcé sur le sujet. Les raisons d’un tel silence peuvent être doubles : il pourrait s’agir d’une attitude de prudence, par crainte de parler au milieu de la cohue et de ne pas se faire entendre, au risque d’ajouter la confusion à la confusion ; il pourrait s’agir également d’une attitude cynique (mais ô combien légitime !) de jouissance intérieure devant le malheur d’un adversaire redoutable, voire d’un ennemi. Qui n’a pas ri sous cape devant l’incendie de la maison de son voisin !?
J’ai préféré garder silence en ce qui concerne la présidentielle togolaise ces derniers mois pour une simple raison : mon dégoût de la classe politique tant du pouvoir que de l’opposition- notamment en ce qui concerne mes amis sociaux-démocrates desquels je me sens plus proche- est tellement immense que j’étais tombé malade et risquais beaucoup de péter les plombs ou de devenir cardiaque. Il faut en convenir que cette classe dirigeante est la plus difficultueuse que le Togo ait connue depuis l’indépendance.
Le comique sera dominant pendant la présidentielle togolaise. C’est tant mieux pour les paisibles populations, au moins la classe politique leur aura évité de mourir par balles achetées par l’argent du contribuable. A l’allure où vont les choses, il se pourrait qu’il n’y ait plus d’élection du tout et que Faure Gnassingbé soit bien obligé de s’autoproclamer président élu faute de concurrents !
Selon la loi de finances 2010, l’aide de l’Etat à la presse est de 75 millions. En 2009, elle était de 350 millions Cfa. Comment s’explique cet écart abyssal ? En réalité, il n’y a pas de baisse. Le gouvernement n’a fait que reconduire de manière mécanique l’aide de 2009. L’inflation exponentielle qu’on a pu constater l’année passée- on a déjà oublié-, c’est juste la magnanimité du chef de l’Etat. Certes, le Président est toujours magnanime-il est de la nature des chefs africains de l’être à l’égard de leurs sujets-, et il se peut que, très préoccupé par les charges électorales (au diable cette présidentielle !), il ait un petit peu oublié la presse. Mais l’année ne fait que commencer, le 28 février n’est pas loin, réélu, le chef de l’Etat pensera forcément aux siens. La presse pourrait avoir encore 350 millions ou plus. Qui sait ? !
Il y a toujours une part de comique et de tragique dans les élections présidentielles au Togo. Il semble que celle du 28 février prochain ne va pas déroger à la règle. Ceux qui attendent le comique sont déjà servis. C’est la pantalonnade. Le principal candidat de l’opposition, Gilchrist Olympio ne pourra pas se présenter. Un mal de dos le retient dans un hôpital américain où il lui est fortement déconseillé de voyager. Le leader de l’Union des forces du changement et fils du père de l’indépendance n’est plus un fringant bonhomme. Agé de 74 ans, il est assez vieux et physiquement éprouvé par un parcours politique de plus quatre décennies. Il a failli perdre la vie dans un attentat en mai 1992 dans le Nord-Togo. C’est tout à fait normal qu’il soit un peu fatigué.
Un ami (je préfère lui garder l’anonymat) travaillant dans une institution des droits de l’homme de la place, m’a envoyé pour publication une lettre à Faure Gnassingbé. La lettre porte sur le message de vœux du chef de l’Etat à ses concitoyens, le 31 décembre dernier. Le président y a dit beaucoup des choses, de pertinentes d’ailleurs dont quelques-unes ont montré une certaine qualité politique que personnellement je ne voyais pas en lui.
Cet ami, comme beaucoup de Togolais, est très sceptique en ce qui concerne les promesses présidentielles. Je ne vous dis pas mon opinion. Lisez plutôt.
Je suis allé à la mi-journée à l’investiture de la CDPA à la salle de conférence de l’Eglise évangélique presbytérienne du Togo, paroisse de Nyékonakpoè. Je suis juste allé voir, tellement l’annonce de la candidature de Kafui Brigitte Adjamagbo Johnson me paraît comme un subterfuge médiatique de Léopold Gnininvi pour tester l’opinion. Ces coups foireux, dont lui seul a le secret !!
J’ai vu ce matin, beaucoup de journaux et de sites internet reprendre le brûlot de Etonam Akakpo-Ahianyo sur l’attitude passive de l’Union des journalistes indépendants et des autres organisations de la presse, en ce qui concerne les nombreuses agressions contre les journalistes et la liberté de la presse. Bizarrement, je n’ai pas lu de commentaires ou d’analyses critiques dans la presse. C’est tout comme le silence continue en dépit de l’agitation que cela devrait créer. Même le Secrétaire général de l’UJIT, M. Credo Tetteh, la première personne concernée n’a pas encore (?) réagi.