Selon la loi de finances 2010, l’aide de l’Etat à la presse est de 75 millions. En 2009, elle était de 350 millions Cfa. Comment s’explique cet écart abyssal ? En réalité, il n’y a pas de baisse. Le gouvernement n’a fait que reconduire de manière mécanique l’aide de 2009. L’inflation exponentielle qu’on a pu constater l’année passée- on a déjà oublié-, c’est juste la magnanimité du chef de l’Etat. Certes, le Président est toujours magnanime-il est de la nature des chefs africains de l’être à l’égard de leurs sujets-, et il se peut que, très préoccupé par les charges électorales (au diable cette présidentielle !), il ait un petit peu oublié la presse. Mais l’année ne fait que commencer, le 28 février n’est pas loin, réélu, le chef de l’Etat pensera forcément aux siens. La presse pourrait avoir encore 350 millions ou plus. Qui sait ? !

Il y a toujours une part de comique et de tragique dans les élections présidentielles au Togo. Il semble que celle du 28 février prochain ne va pas déroger à la règle. Ceux qui attendent le comique sont déjà servis. C’est la pantalonnade. Le principal candidat de l’opposition, Gilchrist Olympio ne pourra pas se présenter. Un mal de dos le retient dans un hôpital américain où il lui est fortement déconseillé de voyager. Le leader de l’Union des forces du changement et fils du père de l’indépendance n’est plus un fringant bonhomme. Agé de 74 ans, il est assez vieux et physiquement éprouvé par un parcours politique de plus quatre décennies. Il a failli perdre la vie dans un attentat en mai 1992 dans le Nord-Togo. C’est tout à fait normal qu’il soit un peu fatigué.

Un ami (je préfère lui garder l’anonymat) travaillant dans une institution des droits de l’homme de la place, m’a envoyé pour publication une lettre à Faure Gnassingbé. La lettre porte sur le message de vœux du chef de l’Etat à ses concitoyens, le 31 décembre dernier. Le président y a dit beaucoup des choses, de pertinentes d’ailleurs dont quelques-unes ont montré une certaine qualité politique que personnellement je ne voyais pas en lui.
Cet ami, comme beaucoup de Togolais, est très sceptique en ce qui concerne les promesses présidentielles. Je ne vous dis pas mon opinion. Lisez plutôt.

Je suis allé à la mi-journée à l’investiture de la CDPA à la salle de conférence de l’Eglise évangélique presbytérienne du Togo, paroisse de Nyékonakpoè. Je suis juste allé voir, tellement l’annonce de la candidature de Kafui Brigitte Adjamagbo Johnson me paraît comme un subterfuge médiatique de Léopold Gnininvi pour tester l’opinion. Ces coups foireux, dont lui seul a le secret !!

journauxtogolais2J’ai vu ce matin, beaucoup de journaux et de sites internet reprendre le brûlot de Etonam Akakpo-Ahianyo sur l’attitude passive de l’Union des journalistes indépendants et des autres organisations de la presse, en ce qui concerne les nombreuses agressions contre les journalistes et la liberté de la presse. Bizarrement, je n’ai pas lu de commentaires ou d’analyses critiques dans la presse. C’est tout comme le silence continue en dépit de l’agitation que cela devrait créer. Même le Secrétaire général de l’UJIT, M. Credo Tetteh, la première personne concernée n’a pas encore (?) réagi.

arsenalkpatchaUn jugement d’étudiants distributeurs de tracts subversifs contre le régime Eyadema, l’une des dictatures tropicales les plus dures, avait sonné le 05 octobre 1990, le début du processus démocratique au Togo. Dix neuf ans après ces premiers soubresauts démocratiques d’une vaste ampleur, et entre massacres et assassinats politiques en tous genres, élections controversées et tripatouillage de constitution, les Togolais en sont encore à se demander s’ils sont entrés en démocratie ou vont revenir à la dictature. Difficile à dire à l’aube du vingtième anniversaire du 05 octobre si le mouvement fut un échec.

De la stratégie

August 3rd, 2009

journauxtogolais2Sur le site www.mediatogo.org, site de référence d’informations et de dialogue entre les journalistes, des journalistes se sont plaints de l’absence des organisations de la corporation à la marche de protestation contre les violences physiques sur la personne du journaliste Gilles Gbagba. D’aucuns ont même écrit que les patrons de presse et l’UJIT étaient bien plus préoccupés des questions subsidiaires relatives à l’aide de l’Etat à la presse. 350 millions, ce n’est pas rien, n’est-ce pas ?

Kofi Yamgnane

Un ami togolais m’a posé cette question il y a deux semaines : Yamgnane ou Fabre, pour qui votes-tu ? A la hussarde, je lui réponds : Fabre ? Tu veux rire… Agboyibo n’est plus candidat ? Réponds à ma question espèce de salaud, dit-il.

Voici notre dialogue…

Le testament de Bongo

July 16th, 2009

FRANCE-AFRICA-FRAUD-INVESTIGATION-BONGOLa montagne du Parti démocratique gabonais (PDG) d’Omar Bongo Ondimba aura accouché d’une souris. Sans surprise, c’est Ali Bongo qui est sorti «des tractations» au sein du parti, donnant ainsi tort à tous les Cassandre qui prédisaient de chaudes empoignades entre les poids lourds. La désignation du fils d’Omar Bongo a mis brutalement fin à tout suspense du cinéma qui se jouait à Libreville : l’illusion d’une vie démocratique au sein d’un parti rompu aux habitudes de quarante ans de monolithisme, juste après la disparition de Bongo. Et pour mettre fin à toute illusion, la Cour constitutionnelle a décidé, rapidement, de la date des présidentielles qui devront avoir lieu ce 30 août, c’est-à-dire plus vitement que ne le souhaitaient les organisations de la société civile et l’opposition qui tablaient sur six mois d’intérim pour épurer un fichier électoral par trop corrompu. D’indécrottables afro-optimistes ont même pensé que le départ de Bongo allait sonner le glas de son système et remettre le pays sur la voie d’un changement de régime.

journauxtogolais2La presse privée togolaise brûle de l’intérieur et les conflits qui couvent sous sa cendre vont bientôt surgir dehors et carboniser la bouille de pas mal de patrons. La question pour moi est de savoir si ces différents conflits vont entraîner la renaissance ( ?), en tout cas le décollage de la corporation.
La loi du silence qui règne dans la corporation commence à prendre fin et certains journalistes tapent du point sur la table et veulent bien en découdre avec leurs patrons.