Blog

Tintin versus Rodwell Le beau pere du celebre reporter est en train de letrangler

Tintin versus Rodwell Le beau pere du celebre reporter est en train de letrangler

En épousant la veuve d’Hergé, le richissime Nick Rodwell a mis Tintin en prison au pain sec et à l’eau. Steven Spielberg et Peter Jackson parviendront-ils à le délivrer ?

Depuis qu’il a épousé en 1993 la veuve d’Hergé, dix ans après la mort du “père” de Tintin, ce Britannique est le gestionnaire de son héritage sous l’égide de Moulinsart SA.

Reporter avec frontière

Nick Rodwell reproche aux journalistes leurs critiques concernant la gestion de l’héritage artistique du père de Tintin, notamment les mesures de protection très strictes érigées autour de l’œuvre d’Hergé.

Sur le blog de Tintin.com, il s’en prenait de façon plus virulente à Olivier delcroix du Figaro, à Albert Algoud de Canal Plus et et Hugues Dayez de la RTBF, tous deux auteurs d’ouvrages sur Tintin. Le patron de Moulinsart explique avoir “pris le temps de farfouiller dans les vies privées”, “dans l’espoir de trouver la racine de leur haine à son égard”.

Exprimant ses inquiétudes sur le bien fondé du musée Hergé à Louvain-la-Neuve, une journaliste française Sophie Flouquet du Journal des Arts s’est vu notifié par Rodwell son possible “problème d’identité sexuelle” et “un problème avec votre père ?”.

Sapristi !

Devant le scandale et le tollé qu’il a provoqué, Rodwell s’est empressé de faire retirer ses attaques : ” dans un esprit d’apaisement, nous avons décidé de supprimer les textes contestés ainsi que leurs commentaires, trop souvent entachés de haine et de désir de nuire. Une bonne polémique, oui, un lynchage non “. Le site de RTL les a pourtant conservé d’un un soucis de clarté. Rodwell serait-il un Rastapopoulos ou un Müller qui aurait réussi à prendre sa revanche sur le blondinet ? En réponse, des lecteurs de LeSoir de Bruxelles ont proposé d’envoyer à Nick Rodwell des cartes postales reprenant les célèbres insultes du capitaine Haddock.

Des propos qui ont ” profondément heurté l’ensemble des journalistes et collaborateurs de l’entreprise “, a déclaré dans un communiqué la RTBF, qui “( …)se réserve le droit d’envisager les suites à donner à ces écrits d’une époque que l’on croyait révolue.”. ” (…) Nick Rodwell ne supporte pas la critique quand elle n’est pas positive, mais ce n’est pas nouveau (…)” a pour sa part mis en avant sur la RTBF Martine Simonis, secrétaire générale de l’Association des journalistes professionnels de Belgique.

C’est quand même un comble de se mettre la presse sur le dos quand on se réclame protéger les intérêts du plus célèbre reporter du monde.

Mais le mal est fait. En s’acharnant à faire disparaître petit à petit les images de Tintin des produits dérivés, le Britannique s’est aliéné une bonne part des fans à travers le monde. Des collectionneurs, des artistes, ont dénoncé cette mainmise sur l’empire Hergé, tandis que des journalistes passionnés ont critiqué le piètre sens de la communication de cet homme. les tintinophiles ne sont pas épargnés

Le retour de Müller

Pour exemple, le festival de Chabreuil était depuis 2003 le rendez-vous des tintinophiles. A cette occasion l’association érige une magnifique fusée avec un “damier rouge”…Le 21 Aôut 2008, Moulinsart SA demande au maire Pascal Pertusa sa destruction arguant du fait que la fusée “(..) est une reproduction non autorisée de l’oeuvre d’Hergé” . Il n’est également plus question d’organiser ni le festival ni le cortège.

L’ex-organisateur François Merle déclare: “La crainte de Moulinsart, ce sont les faux objets, souvent en provenance du Maghreb. Chez nous, personne n’en vend. Il n’y a que des produits homologués”. les 27 et 28 septembre 2008 marque le fin du festival. Un festival qui faisait de l’ombre au très officiel et lucratif lieu touristique du château de Cheverny qui a inspiré le Moulinsart de Hergé.

Une constatation s’impose: Hergé a fait de Tintin, malgré les critiques colonialistes et racistes des premiers temps, un personnage mythique.Ce que Rodwell conteste. Mais il confond culture populaire et droits d’auteurs que personne du reste ne remet en cause. Une œuvre qui échappe à son auteur pour devenir un mythe appartient à tous car c’est tout ce monde qui la dessine et la définie.

La revanche des tintinophiles : Spielberg et Jackson ?

Après avoir rejeté Claude Berry, Moulinsart SA a vendu les droits cinématographiques de Tintin à Steven Spielberg et Peter Jackson pour 17 millions de dollars, un record.

On pourrait croire que Rodwell a choisi le plus offrant mais il risque de se faire prendre à son propre jeu. En effet, il ne faut pas oublier que depuis ses débuts Spielberg n’a jamais caché son amour fanatique pour Tintin. Avec les innovations du motion capture et en s’alliant les compétences de ILM et de l’équipe Weta Workshop, c’est tout une flopée de tintinophiles qui vont pouvoir enfin donner vie à leur héros d’enfance et… se le ré-approprier.

Car il ne serait pas étonnant que Spielberg et Jackson ne soient encore plus malin qu’il ne le sont déjà. Si Rodwell ne pensent qu’aux royalties en dollars des produits dérivés de la future trilogie des deux réalisateurs (le Premier sera le Secret de la Licorne) , il devrait se souvenir que Spielberg est un wonder boy et qu’il a beaucoup appris avec son pote Georges Lucas en matière de droits d’exploitation.

Spielberg et Jackson seraient-ils les derniers espoirs pour libérer tintin prisonnier de la dictature Rodwell ? Franchement on est nombreux à l’espérer. En attendant il nous reste quelques chefs d’œuvre de la ligne claire : Lefranc et Alix de Jacques Martin, Blake et Mortimer de Edgard P. Jacob. Enfin, pour l’instant.

Related Articles

Close