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Seleucos Ier et la naissance du royaume seleucide

Seleucos Ier et la naissance du royaume seleucide

Histoire d’un compagnon d’Alexandre le Grand devenu roi d’un nouvel empire oriental similaire à celui construit par le célèbre conquérant macédonien.

Selon l’historien Arrien (Anabase, VII, 22, 5), « c’est Séleucos qui fut le plus grand roi, qui eut l’esprit le plus vraiment royal et qui, après Alexandre, régna sur le plus vaste territoire ».

Du compagnon d’Alexandre au roi

D’origine macédonienne, ce commandant d’infanterie de l’armée d’Alexandre le Grand ne réalisa aucune action d’éclat pendant la conquête de l’empire perse de Darius. A la mort du conquérant macédonien, lorsque son empire fut, pour la première fois, partagé entre ses généraux (partage de Babylone, en 323), il n’était pas présent.

Un second partage eu lieu à Triparadeisos, en 321 avant notre ère, à la suite de la mort de Perdiccas, le régent de l’empire d’Alexandre. A cette occasion, Séleucos reçu la Babylonie, au coeur de l’Irak actuel. Cependant, il fut rapidement chassé de sa satrapie (division administrative de l’empire) par Antigone le Borgne. Il récupéra son pouvoir grâce à Ptolémée, le satrape d’Egypte.

Agrandissement de son royaume

Séleucos se lança alors dans des conquêtes en Médie, au nord-ouest de l’Iran actuel, et en Susiane (la région iranienne de Suse). En 308 avant J.-C., il entra en conflit avec le souverain de l’empire maurya, Tchandragoupta, qui ne s’acheva que lorsqu’un traité établissant une paix durable sur la frontière orientale de la Babylonie fut signé.

De retour d’Orient, les généraux de Séleucos se coalisèrent contre Antigone le Borgne, qui était devenu trop puissant. Au terme de cette guerre, Séleucos devint le maître du nord de la Syrie et de la Cilicie, en Turquie actuelle. C’est à cette époque qu’il prit le titre de roi.

A la fin de son règne, son empire s’étendait donc du détroit du Bosphore, à l’ouest, jusqu’à l’Indus, à l’est. Il devint ainsi l’héritier d’Alexandre dont le royaume était le plus étendu, puisqu’il régnait alors sur la plus grande partie de l’empire du jeune conquérant macédonien.

Ses capitales et autres fondations de villes

Séleucos fonda une tétrapole dont les cités étaient Antioche sur l’Oronte, Apamée de Syrie, Laodicée sur Mer et Séleucie de Piérie. Cependant, Antioche grandit plus rapidement et joua un rôle prépondérant. Ces villes sont aujourd’hui situées à la frontière de la Turquie et de la Syrie.

Il installa aussi une autre capitale à Séleucie du Tigre, à proximité de Bagdad, dans l’Irak actuel.

Strabon nous décrit la tétrapole (Géographie, XVI, 2, 4-5) : « La Seleukis n’est pas seulement la meilleure des régions de Syrie mentionnées plus haut, mais elle est aussi appelée et est effectivement une tétrapole en raison des cités qu’elle contient, et elles sont nombreuses. Mais les plus grandes sont au nombre de quatre : Antioche près de Daphné, Séleucie de Piérie, Apamée et Laodicée. Ces cités, toutes fondées par Séleucos Nicator, sont habituellement nommées “sœurs” en raison de la bonne entente qui règne entre elles. La plus grande de ces cités était nommée d’après le nom de son père [Antioche sur l’Oronte] et la plus solidement fortifiée par la nature d’après lui-même [Séleucie de Piérie], l’une des deux autres, Apamée, d’après sa femme Apama, et l’autre, Laodicée, d’après sa mère […]. Ainsi donc Antioche est la métropole de la Syrie ; ici était établie la résidence royale des maîtres du pays ; elle ne le cède pas de beaucoup, en puissance comme en taille, à Séleucie du Tigre et à Alexandrie d’Égypte ».

Il fonda aussi de nombreuses autres villes à travers son empire, comme en témoigne Appien (Le livre syriaque, LVII, 295-296) : « D’un bout à l’autre de son empire, il fonda seize Antioche en l’honneur de son père, cinq Laodicée en l’honneur de sa mère, neuf cités tirant leur nom du sien, et quatre en l’honneur de ses femmes : trois Apamée et une Stratonicée. Les plus célèbres, encore de nos jours, sont Séleucie sur mer et Séleucie du Tigre, Laodicée de Phénicie et Antioche au pied du mont Liban, ainsi qu’Apamée de Syrie ».

Sa famille et sa succession

Lors du mariage d’Alexandre et de Roxane à Babylone, le jeune conquérant obligea tous ses généraux à épouser des femmes de la haute noblesse perse. Après la mort d’Alexandre, Séleucos fut le seul à conserver son épouse orientale. Elle se nommait Apamée. Il fonda plusieurs villes qui portèrent son nom, en son honneur.

Son successeur sur le trône séleucide fut son fils Antiochos Ier, qui était donc à la fois macédonien et perse. Cette ascendance lui facilita sans doute sa prise de pouvoir, car il était reconnu par la population de l’empire perse, comme un souverain légitime. Il représentait la synthèse des deux cultures, qu’avait espéré Alexandre.

CONT 9

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