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Presocratiques Pythagore et linitiation Mathematiques et philosophie du nombre sacre

Presocratiques Pythagore et linitiation Mathematiques et philosophie du nombre sacre

S’inspirant des philosophes rationnels de Milet et des mystères ésotériques de l’époque, en Italie le philosophe pose le nombre indéterminé à la source de toutes choses

Pythagore naît en -580 dans l’île de Samos, meurt en -497. Son nom, “celui qui a été annoncé par la Pythie”, le charge d’une dimension mystique qui marquera son destin : il se prétendra réincarnation du fils d’Hermès, puis d’Euphorbe héros de la guerre de Troie, et du chaman Hermotime réputé quitter son corps à volonté. Sportif, il remporte à 17 ans les Olympiades de la lutte, s’instruit à Lesbos auprès du sage et magicien Phécércyde qui professe la transmigration. Il est élève de Thalès et d’Anaximandre à Milet. Initié par les prêtresses de Delphes, puis en Crète aux mystères orphiques, il voyage pour rencontrer les sages de Chaldée, de Syrie, d’Egypte où il est initié aux mystères de la résurrection d’Osiris.

Il acquiert des connaissances scientifiques et des savoirs occultes à la source de légendes sur ses capacités à guérir par la musique, commander aux vents, prédire l’avenir. « Pythagore avant tout œuvra durement dans les sciences mathématiques… mais il ne sut renoncer aux pratiques miraculeuses » (Aristote, Sur les Pythagoriciens).

L’école de sagesse

De retour à Samos, il décide d’enseigner, sans grand succès. Il quitte son île dirigée par un tyran, émigre en Grande Grèce, en Italie du Sud, à Crotone où la population l’écoute. Lorsqu’on lui demande qui il est, il sera le premier à se définir comme “philosophe”, un amoureux de la sagese.

Il fonde son Ecole en -532, soutient le régime aristocratique, ses trois cents disciples administrant bientôt la cité.

Il crée neuf autres écoles dans des villes italiennes, sur le modèle de sa communauté qui accepte les femmes et les étrangers. Le mode de vie est végétarien, avec des exercices spirituels, des activités physiques et religieuses.

L’initiation se déroule en quatre étapes. Après avoir été postulant, on est néophyte pendant trois ans et prononce un serment de silence, puis auditeur cinq ans, enfin mathématicien (c’est-à-dire savant) en accédant à une connaissance intérieure secrète enseignée sous forme de symboles. On devient alors Vénérable s’occupant de religion, Politique agissant dans la Cité ou Contemplatif, s’adonnant aux sciences.

Après le massacre de pythagoriciens en -510 à Sybaris, craignant la victoire du parti démocratique à Crotone, Pythagore part dans la communauté de Métaponte où il meurt. Selon une autre version, un noble de Croton qu’il avait jugé indigne de son enseignement étant au pouvoir en profite pour soulever la population contre l’Ecole et brûler la maison où Pythagore se trouvait.

Mathématiques et Astronomie

Il s’intéresse à toutes les sciences : philosophie, physique, arithmétique, musique, géométrie, astronomie, en cherchant à les unifier dans la science des nombres.

En mathématiques, le fameux théorème de Pythagore était connu des Egyptiens. Il en fournit une formulation scientifique, Euclide le démontrant par la suite. Il découvre d’autres théorèmes de géométrie, voire les nombres irrationnels maudits qu’il refuse de divulguer selon son disciple Hyppase car ils remettent en cause le fait que tout s’exprime en nombre.

En astronomie, la Terre est une sphère ne reposant sur rien. Elle n’est pas au centre de l’univers, occupé par un « feu central » autour duquel tournent les cinq planètes, la Terre, la lune, le soleil, la voûte des étoiles fixes et une anti-Terre invisible à l’opposé de notre Terre. Ces dix corps célestes ont des orbites circulaires parfaites, produisant une musique : l’harmonie des sphères.

Philosophie et mystique du nombre

Comme Anaximène et Anaximandre, il pose un principe premier indéterminé qu’il cherche dans les nombres. « Le nombre est principe, à la fois comme matière des êtres et comme constituant leurs modifications et leurs états » (Aristote, Métaphysique, 5).

Le monde vient d’un déploiement géométrique et arithmétique : « Le principe des choses est l’Un, la monade. De la monade est sortie la Dyade indéterminée…(d’elle) les nombres, et des nombres, les points ; des points, les lignes ; des lignes, les surfaces, puis les volumes…. (Des volumes), tous les corps qui tombent sous les sens et qui viennent des 4 éléments : eau, terre, air, feu » (Diels, 133).

La Nature est le résultat du conflit entre ces éléments, « le chaud, froid, sec, humide » régnant à tour de rôle selon les saisons, selon une loi cachée de justice harmonieuse, que reflète entre autres le fameux Nombre d’or. « Les choses produites participent à la nature de la juste proportion et de l’injustice » (Iambique).

Interprétations

En posant la Dyade entre l’Un et la Nature où luttent les opposés, Pythagore reprend le Triangle sacré orphique qui pose à l’origine Hadès chaos originel, puis les forces antagonistes de la vie et de la destruction, enfin le Grand Quaternaire des quatre éléments.

L’Un n’est pas engagé dans le processus de déploiement du monde : il est une cause paradoxale, non agissante comme le dit Aristote qui s’en souviendra en posant un moteur immobile au centre de son système, comme le Purusha ou absolu hindou qui meut le monde sans agir.

Il ouvre ainsi la possibilité des recherches et des discours ultérieurs sur l’Un en soi, que reprendra Parménide.

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