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Levolution de la semaine de classe Les horaires des ecoliers ont beaucoup change depuis Jules Ferry

Levolution de la semaine de classe Les horaires des ecoliers ont beaucoup change depuis Jules Ferry

Depuis que l’école est devenue obligatoire en 1882, le déroulement de la semaine de classe n’a cessé de se modifier et alimente toujours les débats.

À ce jour, la France n’a pas encore adopté un système d’emploi du temps scolaire qui lui donne entière satisfaction. Entre ministres, enseignants, médecins et parents, les points de vue s’opposent, les arguments changent selon les époques, et en attendant, nos petits écoliers expérimentent les différents aménagements proposés.

Historique de l’évolution des rythmes scolaires

  • De 1882 à 1964 : les grandes lignes du système scolaire sont tracées ; l’école devient obligatoire, le jeudi est désigné jour de repos, et les élèves reçoivent 30 heures hebdomadaires d’enseignement, dispensées sur 5 jours complets. La notion de calendrier scolaire prend forme avec 3 trimestres équilibrés, 15 semaines de vacances et le partage du territoire en plusieurs zones.
  • 1969 : réduction du nombre d’heures de cours à 27.
  • 1972 : le jeudi devient un jour de classe, et les élèves se reposent le mercredi.
  • 1989 : nouvelle diminution d’une heure de la durée d’enseignement, soit 26 heures.
  • 1991 : l’évolution vers la semaine de 4 jours fait son apparition. Un décret de Lionel Jospin autorise les écoles à opter pour cette formule, à condition que le volume annuel de 936 heures de cours soit respecté.
  • 2008 : les samedis sont officiellement libérés, et les élèves en difficulté bénéficient de 2 heures de soutien.
  • 2010 : peut-être la fin du mercredi libre ? Les autorités invitent les écoles primaires à reconsidérer leur fonctionnement, en les encourageant à faire classe le mercredi matin.

État des lieux et nouvelle orientation

En moyenne, les écoliers européens vont à l’école 190 jours par an en Angleterre, 188 en Allemagne et en Finlande. Leurs journées sont allégées, mais la semaine de classe se déroule sur au moins 5 jours. En France, on comptabilise 144 jours de présence et des cours concentrés sur 4 jours (95 % des écoles ont adopté la suppression du samedi matin en 2008), ce qui conduit à la réalité suivante : les journées sont longues pour les enfants.

Un récent rapport établi par Yvan Touitou, chronobiologiste, avec la collaboration de Pierre Bégué, pédiatre, fait la synthèse de toutes les recherches et résultats scientifiques concernant les rythmes biologiques des élèves. La conclusion des experts est claire : la semaine de 4 jours ne respecte pas les rythmes biologiques des enfants, et c’est pourquoi il est maintenant question de faire classe le mercredi matin.

Cette nouvelle organisation concerne la rentrée prochaine, mais elle n’est, pour l’instant, que suggérée. Les conseils d’école, composés du directeur, du maire de la commune, des maîtres et des représentants des parents, seront donc libres d’adhérer ou pas à ce projet, mais ils sont invités à rester “attentifs à la gestion des rythmes scolaires […] En visant avant tout l’intérêt de l’enfant, ils étudieront les formules les plus adaptées aux besoins de l’élève. L’organisation de la semaine en neuf demi-journées est encouragée chaque fois qu’elle rencontre l’adhésion”, comme le stipule le texte publié dans le Bulletin officiel de l’Éducation nationale.

Ce qu’ils en pensent

  • L’académie de médecine base ses recommandations sur des constats mettant en avant le fait que les habitudes de coucher tardif et la semaine de 4 jours ne permettent pas aux élèves de se reposer correctement. Les chronobiologistes reconnaissent que l’alternance de 7 semaines de cours et 2 semaines de repos est bien fondée, mais il faudrait en contrepartie raccourcir les vacances d’été, trop longues, qui obligent les enfants à assimiler davantage d’enseignement sur une plus courte durée.
  • Les principales fédérations de parents d’élèves et d’enseignants se disent satisfaites par cette initiative, tout en regrettant un flou persistant, et elles aimeraient qu’un vrai débat soit engagé. De même, le président de l’Association des maires de France, Jacques Pélissard (UMP), émet des réserves quant au nombre d’établissements scolaires qui adapteront ce dispositif dès la rentrée prochaine.
  • Dans chaque foyer, le problème va se poser différemment. Pour les mamans qui ont adapté leur temps de travail pour se libérer le mercredi (notamment depuis l’instauration des 35 heures), c’est toute leur organisation domestique qui est remise en cause : instants privilégiés avec les enfants, rendez-vous chez les professionnels de santé… Et pour les mercredis chez papy et mamie, ce seront les trajets, par exemple, qui poseront problème, surtout lorsque leur domicile est éloigné de l’établissement scolaire.
  • Les centres aérés et les associations gérant les activités extrascolaires vont eux-aussi influencer les décisions des conseils d’école. Qu’ils soient privés ou sous l’intendance des collectivités locales, ces intervenants jouent un rôle économique important qui pèsera dans la balance.

Quant aux principaux intéressés, leur avis ne fait l’objet d’aucune étude officielle. Les petits écoliers ont très bien accepté la suppression du samedi matin, on peut les comprendre, mais leur demander de repartir à l’école le mercredi matin risque de ne pas déclencher un enthousiasme débordant ! Ce qui peut également se comprendre, toutes les habitudes (bonnes ou mauvaises) ne se changent pas radicalement d’un jour à l’autre, et trente années de mercredis libres restent, jusqu’à ce jour, une habitude bien ancrée dans tous les esprits !

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