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Les systemes dechange locaux ou SEL En temps de crise le troc refait son apparition

Les systemes dechange locaux ou SEL En temps de crise le troc refait son apparition

Dans un contexte économique morose, certaines initiatives, comme les SEL, se démarquent par leur singularité, leur originalité et leur utilité.

Les temps sont difficiles et, dans un tel contexte, le repli sur soi tend à dominer comportements et pratiques quotidiennes. Mais tout le monde ne se laisse pas aller à la facilité et certains citoyens ressentent le besoin de mettre en place de nouveaux types d’interactions afin de surmonter la crise.

Qu’est-ce qu’un SEL?

Un système d’échange local (ou SEL) est un système d’échange de produits ou de services qui se construit de manière parallèle au système monétaire classique. Ce système appartient à l’économie sociale et solidaire et s’appuie sur les mêmes bases que celles de l’économie de marché.

Les SEL sont des associations à but non lucratif qui permettent à leurs membres de procéder à des échanges de biens, de services et de savoirs, sans avoir recours à la monnaie en cours dans le pays dans lequel elles se mettent en place.

Un peu d’histoire

Les premiers systèmes d’échange locaux ont vu le jour il y a près de 30 ans, dans un Canada alors frappé de plein fouet par la crise. Un Ecossais, Michael Linton, dépité par le gâchis des savoirs et savoir-faire, eut alors l’idée de remettre au goût du jour un troc qui, jadis, constituait la base du système économique mondial. Le concept de ce nouveau type de troc est simple : une heure de travail équivaut à une certaine valeur et ce, quelque soit le domaine d’activité.

Ce petit réseau se développe alors rapidement au Canada, en Australie, aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne. Ce n’est qu’en 1994 que les premiers SEL apparaissent en France, en Ariège. La France compte actuellement plus de 350 SEL.

Quelles valeurs idéologiques sous-tendent les SEL?

Les SEL cherchent avant tout à favoriser la création de biens et de services et permettre leur échange au sein d’un groupe qui, en s’agrandissant, peut se comparer à un groupe d’entraide géant.

On admet que les promoteurs des SEL appartiennent souvent à la mouvance anti-libérale car ils cherchent à construire un modèle économique plus satisfaisant et plus juste que le système monétaire actuel. Les SEL permettraient de contrecarrer les problèmes liés, par exemple, à un défaut de valorisation du temps dont disposent les chômeurs, ou encore de réduire les inégalités sociales, le poids de la mondialisation…

Néanmoins, les similitudes entre le fonctionnement des SEL et l’économie de marché (indépendance par rapport à l’Etat, établissement de règles sociales indépendantes, monnaie privée, notion de propriété privée, etc.) vient les placer dans un modèle économique à tonalité plutôt libérale.

Comment fonctionnent les échanges économiques?

L’objectif des SEL est de parvenir à dynamiser une conception objective de la valeur travail, qui s’apparente aux définitions d’Adam Smith ou de Karl Marx. Tous les SEL ne fonctionnent pas de la même manière et les différences dans le calcul des valeurs dépendent de l’aspect qui est mis en avant par la structure locale : lien social, solidarité, etc.

Certains SEL détermineront par exemple qu’une heure de travail vaut une heure de travail, qu’il s’agisse de ménage, de bricolage, de garde d’enfants ou de cours de mathématiques.

La monnaie des SEL est une unité de mesure permettant l’échange de services et ne fait pas l’objet de spéculations. Pour que le système puisse fonctionner, créances et dettes se traduisent par des bons d’échange en trois parties (emprunteur, association gestionnaire et créancier). Internet permet de plus en plus d’automatiser ce processus de comptabilité.

Pour en savoir plus sur les SEL

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