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Les ShangriLas et le chef du gang de motards

Les ShangriLas et le chef du gang de motards

L’histoire de la pop retiendra des Shangri La’s deux succès majeurs ” Remenber (Walkin’ in the sand)” et ” Leader of The Pack”

Curieuse histoire que celle des Shangri La’s un quatuor féminin formé de deux paires de sœurs : Mary Weiss (chanteuse solo) et Elizabeth « Betty » Weiss et les jumelles Marguerite et Mary Ann Ganser. Le groupe est souvent considéré comme un trio dans la mesure où Betty Weiss n’ s’est pas produite sur scène avant la fin 1965.

Elles commencent à se produire dans les bals d’écoles, des concours. Elles sont remarquées par Artie Ripp qui leur procure un contrat avec Kama Sutra, label sur lequel paraît leur 1er enregistrement. Au départ, les filles n’ont pas trouvé de nom pour leur groupe mais comme il faut bien en avoir un pour sortir leur disque, elles choisissent de se nommer The Shangri-las d’après un restaurant du Queens à New York d’où elles sont originaires.

En avril 1964 alors qu’elles sont encore mineures (Mary avait 15 ans, Betty 17, les jumelles Ganser 16 ans) leurs parents signent un contrat avec Red Bird Records. C’est là qu’elles font la connaissance du producteur George « Shadow » Morton. Celui-ci est ami avec les compositeurs à succès Ellie Greenwich et Jeff Barry ce qui sera bien utile pour la suite. Morton est aussi un imitateur du génie de la production, Phil Spector. A l’époque la concurrence est rude dans le domaine de la Pop féminine : les Supremes, les Marvelettes, The Ronettes, The Crystals tiennent le haut du pavé. Ces deux derniers groupes sont les créatures de Spector qui leur fait atteindre les cimes du hit-parade avec des mini-symphonies pop où il empile violons, voix, maracas,clochettes, le célèbre mur du son spectorien.

Rappelle-toi du chef du gang

Morton et les Shangri-Las obtiennent leur 1er succès en 1964 avec « Remenber (Walkin in the sand), mini-opéra pour quatre voix et amour d’été. Les Shangri-Las se distinguent des autres groupes de chanteuses pour teen-agers par leur image de « filles à la redresse ». Elles sont issues du Queens, un quartier de New York pas vraiment huppé, et les thèmes de leur chansons montrent une fascination pour les petits voyous, les motards. De plus, elles semblent moins naïves et sentimentales que les autres groupes féminins de l’époque. Cela se confirment avec leur deuxième gros succès « Leader of the Pack » (1964) qui mêle bruits de moteurs de moto, bris de glace, amour pour le chef d’un gang de motard, mort. C’est ce que l’on nomme à l’époque un « disque de la mort » comme « Tell Laura I Love Her » de Ray Peterson ou le « Dead Man’s Curve » de Jean and Dean.

Fin 1964, le groupe est reconnu, il joue en première partie des Beatles, des Drifters, de James Brown, de Dusty Springfield, des Zombies. Les Shangri-Las alternent ces premières parties avec leurs propres tournées accompagnées par des groupes comme les Sonics (si, si) ou les Iguanas dont le batteur n’est autre qu’un jeune Iggy Pop.

Donne lui un bon gros baiser

Outre les deux tubes précités, les Shangri-Las se feront aussi les interprètes de chansons sur l’aliénation adolescente, la solitude, l’abandon et la mort comme « Give Him a Great Big Kiss », « Out in the Streets », « Heaven Only Knows », « Dressed in Black ». Citons un extrait de « Give Him a Great Big Kiss » qui montre que ces chansons ne sont pas si innocentes « Quand je dis que je suis amoureuse, tu ferais mieux de le croire » et « Bon, j’ai entendu dire qu’il était mauvais. (…) Hmm, il est bon et mauvais mais ce n’est pas le diable ».

Jusqu’à la fin 1966, tout va bien : le groupe enchaine les shows télévisés et les tubes mais deux des trois derniers singles du groupe ne se classent pas dans le top 50. Marge Ganser quitte le groupe début 1967. Red Bird Record fait faillite et même si le groupe signe avec Mercury, Morton a d’autres poulains comme Janis Ian et Vanilla Fudge. 1968, c’est la fin.

Il y aura bien des tentatives de re-formation comme en 1977, un disque fut même enregistré mais le groupe refusa qu’il paraisse. Les Shangri-Las jouèrent un moment avec l’idée de signer avec un autre label mais les producteurs voulaient leur faire enregistrer du disco alors qu’elles voulaient plutôt s’orienter vers une musique à la Patti Smith. Alors…

Les Shangri-Las ont influencé de nombreux groupes de rock comme les New York Dolls (« Great Big Kiss », « Out in the Street »), Blondie, Aerosmith (« Remenber (Walkin in the Sand »), les Go-Go’s, les Replacements, Joe Jackson qui a recyclé le début de « Leader of the Pack » : « Is she really going out with him ? » . Si vous aimez « L’homme à la moto » d’Edith Pial, « Motorcycle Irene » de Moby Grape, alors les Shangri-Las sont pour vous, que dire de plus ?

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