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les positions sexuelles font un tabac sur les sites du Nouvel Obs

les positions sexuelles font un tabac sur les sites du Nouvel Obs

“Positions sexuelles : la pénétration sinon rien !”, avec ce titre sur le site en ligne du Nouvelo Observateur, Gaëlle-Marie Zimmermann crève l’audimat

A la faveur d’un été toride, Gaëlle-Marie Zimmermann, chroniqueuse sexo/société dans le Nouvel Observateur lance “La dictature du vagin a encore frappé : les positions sexuelles qui font jouir les femmes se résument apparemment à la pénétration vaginale. Dommage…..”.

Relayant aussi les courriers des lectrices, G.-M. Zimmermann décortique les positions et pratiques sexuelles de ses lectrices en ces mots, “En effet, mes amies et moi-même nous trouvons plongées dans le désarroi et la perplexité depuis que nous avons lu votre analyse d’un sondage concernant les pratiques sexuelles des Français sur le site de “L’Express”……

“Je pourrais prétendre, pour soigner mon entrée en matière, que j’ai le plus grand respect pour les experts en foufounes et quéquettes que vous êtes (ou prétendez être, c’est selon) ; mais ce serait mentir, alors dispensons-nous des politesses d’usage.Pardon, à vous écouter, je ne devrais pas aimer la levrette…

“Monsieur Brenot, Madame Brune, le problème est simple : si mes amies et moi-même suivons votre raisonnement, nous allons être dans l’obligation d’abandonner la pratique de la levrette. Drame qui, vous en conviendrez, serait fortement pénalisant pour l’harmonie et l’épanouissement de notre vie sexuelle (oh, ai-je précisé que nous adorons la levrette ? Eh bien voilà, c’est chose faite : nous adorons la levrette)…..”.

L’été est sensuel et chaud avec G.-M. Zimmermann

Avec “La pipe du magazine “Elle”, ciment de la soumission” ou “La levrette, position des femmes soumises et pauvres ? Merci “L’Express” !”, la chroniqueuse décortique aussi tout ce qui concerne le sexe de la femme dans les magazines et avoue : “je me délecte encore de la savoureuse analyse de Slate sur la femme moderne victime de la presse féminine, j’attaque comme chaque mois l’épluchage consciencieux des articles sexo de ladite presse. C’est ma punition mensuelle, mais je ne m’y soustrais jamais : on ne peut combattre que ce qu’on connaît et remettre en cause des diktats impose de savoir exactement de quoi on parle. Paie ton dévouement, petite pigiste.

“Armée d’un Stabilo et d’une bonne dose de patience préventive, j’ouvre donc Cosmo et je me penche sur l’article “Ma position préférée”. A première vue, c’est, euh, joli : il y a même des petits croquis pour illustrer. Mode d’emploi et témoignages : 23 façons d’être pénétrée Sous chaque croquis, on peut lire une description de la positon et le témoignage d’une femme qui explique pourquoi elle adore. Sans surprise, on est là dans une configuration exclusivement vaginale du plaisir féminin. Faire l’amour, et prendre son pied, c’est être pénétrée, et l’article se résume à ça. Et vous avez intérêt à ce que ça marche ! Le sous-titre de l’article est d’ailleurs très clair à ce sujet : “Elles, ça leur réussit ! Et vous ?”….”.

Pour la chroniqueuse du Nouvel Observateur, “La lectrice se voit d’emblée comparée à ces filles à qui la pénétration réussit si bien. Sexualité. Challenge. Réussite. A peine lit-on la première ligne qu’on se sent déjà coupable. Il n’est pas question ici de contester le plaisir qui peut découler de la pénétration vaginale : ce que je remets en question, c’est la conception totalement réductrice de la notion de “position sexuelle”. En effet, il apparaît dans cet article et dans tous les articles du même genre consacrés aux positions (celles qui rendent belle, celles qui assurent une pénétration profonde, celles qui sont supposées titiller le Point G, celles qui font lave-vaisselle, micro-ondes et rechargent l’iPhone) qu’une position sexuelle est une position de pénétration. Variations sur un seul thème : quelle pistes de réflexion ?…..”

“La dictature du vagin” fustigée sur un site qui affiche 200 000 consultations en quelques jours

Les françaises aiment le sexe, aiment lire les articles consacrés au sexe, aiment parler du sexe, c’est ce qui ressort de ces chroniques en ligne, qui se veulent engagées. En effet, G.-M. Zimmermann fustige la dictature du vagin qui a, selon elle, “encore de beaux jours devant elle. Et combattre cette valeur sûre est assez casse-gueule : insister sur les autres options et sur l’anatomie du plaisir féminin expose à des réactions assez vives, notamment celle qui consiste à dire que lutter contre une norme pour la remplacer par une autre n’est pas une solution. Contester la hiérarchie des pratiques sexuelles en tentant de détrôner la pénétration vaginale est donc un défi de taille.

“Et l’interrogation est pertinente : soutenir qu’une position sexuelle n’inclut pas forcément de pénétration est-il motivé par l’envie d’instaurer une nouvelle dictature du clitoris ? Cherchons-nous à culpabiliser les femmes qui se fichent bien du plaisir clitoridien ? Damien Mascret, sexologue, auteur et journaliste, a réfléchi à la question, et m’a répondu en ces termes : “En fait, je trouve assez acrobatique de parvenir à dénoncer des préjugés… sans les remplacer par d’autres. Par exemple, lorsque je demande de considérer la pénétration comme une variante facultative, n’est-ce pas nier à une femme sur trois, qui s’en trouve très bien ainsi, le droit d’en profiter ?….”.

La chroniqueuse sexe du Nouvel Obs multiplie les questions, relayant les réflexions de ses lectrices : ” N’est-ce pas minimiser le plaisir que l’on peut prendre dans la pénétration même si on n’orgasme pas ainsi ? N’est-ce pas chercher à imposer un script sexuel alors que c’est à chaque couple d’inventer les siens ?… Et dire – ça m’arrive souvent – que la stimulation directe du clitoris est pour beaucoup de femmes le meilleur moyen d’avoir un orgasme, n’est-ce pas une façon de renforcer la “dictature de l’orgasme” en laissant penser que l’acte sexuel doit forcément être “clitoris-orienté” pour être réussi ?

“D’ailleurs faut-il chercher à réussir tous les actes sexuels, au risque d’y perdre fantaisie, légèreté et amusement ? Ce sont des questions complexes”. Une solution assez simple, et peu gourmande en travail supplémentaire pour les journalistes chargé(e)s des articles sexo, ce serait d’ouvrir la voie à des plaisirs plus variés : après tout, qu’est-ce qui empêcherait de faire les mêmes croquis explicatifs sur les différentes façons de caresser son/sa partenaire ? Ou de lui faire un cunnilingus (eh oui, les sensations ne sont pas les mêmes selon la position, et la façon dont la langue stimule le clitoris influe sur le plaisir de chacune, selon sa sensibilité et des préférences). Et dans un souci de parité, on pourrait bien sûr consacrer le même genre d’articles aux multiples façons de faire une fellation, pas de raison que les hommes soient mis de côté. Sexualité phallocentrée et valeurs figées….”.

G.-M. Zimmermann part en guerre contre les “positions de pénétration”

La chroniqueuse refuse les idées toutes faites et lance : “Résumer les “positions sexuelles” à des positions de pénétration vaginale est en définitive une façon de pérenniser la hiérarchie des pratiques sexuelles : la pénétration reste ce qui détermine la “vraie” relation sexuelle. Le reste n’est au final qu’un concentré de préliminaires mais n’a toujours pas sa place dans l’échange érotique. Les hommes considérés comme modernes sont au final les grands perdants de cette vision totalement phallocentrée du sexe et de l’orgasme féminin.

Car si la révolution sexuelle a pu les déstabiliser pendant un temps, ils semblent aujourd’hui tout à fait enclins à prendre en compte d’autres façons de jouir et de partager le plaisir : la pénétration ET le reste sont tout à fait compatibles. Mais cette obstination à phallocentrer les pratiques dessert la qualité globale de la relation sexuelle : continuer à faire croire aux femmes qu’une vraie relation sexuelle impose un orgasme par pénétration vaginale s’avère culpabilisant pour celles qui n’en jouissent pas ou pas systématiquement. La frustration et le sentiment de ne pas être “dans la norme” entérine un malentendu sans issue : entre la réalité (une bonne proportion de femmes n’atteint pas l’orgasme par la pénétration) et le message véhiculé par les articles à la gloire du vagin (hors de la pénétration, point d’épanouissement sexuel digne de ce nom), il y a un gouffre.

“Et ce gouffre se creuse au détriment des hommes comme des femmes : laisser entendre aux gens que l’orgasme féminin passe obligatoirement par le pénis tout-puissant, comme si les femmes que la pénétration ne fait pas grimper aux rideaux étaient des incapables, voilà qui dresse un mur entre les deux sexes. Et les hommes peuvent se sentir remis en question dans leur aptitude à donner du plaisir à leur partenaire. A tort : si le pénis n’est pas la formule magique pour l’orgasme féminin, cela ne signifie pas qu’ils sont incapables de faire jouir leur compagne. La remise en cause de la toute-puissance du pénis (notamment par le rapport Hite) n’a pas signé l’arrêt de mort du plaisir partagé !….”.

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