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Les picture discs disques colores de collection

Les picture discs disques colores de collection

Le 78 tours autorisa toutes formes de fantaisie, du disque en couleur au disque imagé (picture disc).

Le disque fut inventé en 1877. Longtemps il resta tristement noir. Et puis en 1918, une firme américaine, Vocalion, eut l’idée d’ajouter des couleurs à la cire noire qu’elle utilisait pour ses disques; le résultat en est le premier disque tacheté multicolore. Ce fut le début d’une série de disques aujourd’hui fort recherchés par les collectionneurs les plus pointus… les plus pointus, car le collectionneur « de base » ignore parfois jusqu’à l’existence de ces tirages limités.

Naissance du picture disc

Les collectionneurs emploient les termes anglais, non pas par snobisme, mais parce que ces merveilleux objets sont nés aux Etats-Unis. Il fallut de longues, très longues années avant qu’on commence à en voir en France… à en fabriquer en France… et à en parler en France. Entre-temps, les termes anglais avaient été adoptés (on constate le même phénomène en radio : on utilisa le terme « speaker » bien des années avant « animateur »).

Picture disc : disque-image, disque imagé ou photo-disque

En 1920, aux Etats-Unis, une équipe de techniciens parvint à insérer une feuille de papier métallisé illustrée entre le support-disque et la fine pellicule où est gravé le sillon. En 1928, la firme R.C.A. Victor achète le brevet de cette curieuse invention, à l’initiative de son directeur du département technique, David Sarnoff, radioamateur devenu célèbre pour avoir capté le S.O.S. du Titanic en 1912. Il va encore s’écouler cinq années avant que la firme ne produise ses premiers picture discs

Les tout premiers disques illustrés, d’un diamètre d’une quinzaine de centimètres, étaient ornés des portraits des vedettes du cinéma muet; pour cette raison, ils furent communément appelés Talk O’Photos, c’est-à-dire “Photos qui Parlent”. Il ne s’agit pas à proprement parler de véritables picture discs car ils ne sont gravés que sur une seule face, et l’illustration ne figure pas sur le côté sonore. L’idée est, néanmoins, suffisamment marquante pour inspirer une chanson populaire de 1929: If I Had A Talking Picture Of You (“Si j’avais une photo parlante de toi”).

Le vrai picture disc est un disque dont toute la surface sonore est illustrée

La difficulté réside, justement, dans le fait de pouvoir proposer, à la fois, illustration visuelle et illustration sonore. Les véritables premiers picture discs furent des cartes postales sonores allemandes fabriquées par la firme Musika PostKarte Co (environ vers 1925). La carte postale sonore sera fabriquée sporadiquement dans presque tous les pays jusqu’à la seconde moitié du 20è siècle.

Dans les années 60, on continuera d’exploiter le procédé, le plus souvent comme souvenir touristique, mais aussi… clandestinement: le rock’n’roll ayant été totalement proscrit dans les pays de l’Est, la carte-postale sonore est le support qui sera choisi par les jeunes fervents de pop music pour véhiculer cette forme d’expression interdite.

Recherche esthétique

Tandis qu’en France, dans les années 1920, on continue de chercher à améliorer la technique du phonographe dans ses moindres détails, dans les pays anglo-saxons on se penche plutôt sur le cas du disque lui-même : le rendre plus attractif, lui donner une apparence ou un usage apte à le faire entrer dans un plus grand nombre de foyers. C’est ainsi que la firme britannique Goodson expérimente avec succès une série de 78 tours d’un diamètre de 25cm en matière plastique dont les particularités sont d’être flexibles, de couleur brune ou blanche, ininflammables, et ornés d’une illustration discrète. La publicité, qui repose sur le slogan featherweight, pliable, unbreakable (poids plume, pliable et incassable) est peut-être excessive: elle représente un disque Goodson presque totalement enroulé, et tenant entre deux doigts! Encore plus étonnant: il est recommandé d’utiliser une aiguille usée plutôt que neuve pour obtenir les sonorités les plus pures! En tous cas, l’idée d’un disque incassable fait son chemin, puisqu’on trouve bientôt en France des disques identiques (matière, dimensions, couleurs, poids) sur les labels M.P. et Discolux.

A la fin des années 20, plusieurs disques illustrés ont déjà vu le jour

Saluons l’esprit d’entreprise des firmes Ultraphone en France, Trusound et Goodson en Grande-Bretagne qui toutes utilisent un matériau bien pratique, le carton, qui constitue le support, “l’âme” du disque, et qui est ensuite recouvert (ou, mieux, immergé, pour lui assurer une planéité parfaite) dans un enduit d’acétate de cellulose qui reçoit l’empreinte musicale. L’acétate de cellulose étant transparent, il laisse apparaître l’illustration portée par le carton.

On en est encore, dans chaque pays, à rechercher quelle matière est la mieux adaptée au disque. La cire, le carton, le plastique… La firme allemande Longophon teste un disque d’aluminium recouvert d’une pellicule de matière plastique. Une firme berlinoise, Mirola, publie quant à elle une délicieuse série de petits 78 tours d’un diamètre de 20cm. Tout va ensuite s’accélérer lorsqu’en 1945 on va découvrir le vinyl…

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