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Les femmes de Sacha Guitry Yvonne Printemps En 2eme noce M Moa epouse le Rossignol une star de loperette

Les femmes de Sacha Guitry Yvonne Printemps En 2eme noce M Moa epouse le Rossignol une star de loperette

Pour jouer dans son “Jean de La Fontaine”, Sacha Guitry avait besoin d’une belle fille parlant, jouant et -surtout- chantant bien… Ce fut Yvonne Printemps (1894-1977) !

Sur les recommandations de sa femme Charlotte Lysès, “Monsieur Moâ” se rendit un soir de 1917 au Palais Royal pour voir jouer, dans Le Poilu, une jeune chanteuse fort séduisante, Yvonne Printemps (née Wigniolle). Cette “graine de star” le subjugua immédiatement…

Une voix exquise

Sacrée par Colette “meilleure actrice d’opérette de son temps”, l’ancienne compagne de Georges Guynemer avait un succès fou ! “Elle est ravissante, disait d’elle Anna de Noailles, et, en plus, elle a avalé des oiseaux !”

Il est vrai que la voix d’Yvonne était exquise. A l’époque… de l’opérette !

En lui offrant de beaux rôles dans ses pièces, Sacha Guitry en fera également une comédienne accomplie.

Un tourbillon de talent

Marié en avril 1919 en présence de quatre témoins exceptionnels (Feydeau, Sarah Bernhard, Lucien Guitry et Tristan Bernard), Sacha et Yvonne Guitry formèrent pendant plus de dix ans l’un des couples les plus enviés de Paris.

C’était, écrit Fernande Choisel, la secrétaire du Maître, “un tourbillon de grâce et de talent. Une association de caractères faits pour symboliser l’Optimisme et le Bonheur”.

Le plus étonnant est qu’avant de connaître Sacha, Yvonne l’avait détesté en jouant, pour s’en moquer, son personnage prétentieux de “Monsieur Moâ” dans une revue des Folies-Bergères. Elle avait une dizaine d’années et faisait déjà montre d’un grand talent scénique.

Vie de star

Sacha l’appelait “Von” et veillait à ce qu’elle vécût dans un luxe incroyable.

Avec hôtel particulier (aujourd’hui détruit) au champs de Mars, avenue Elisée-Reclus et villa au Cap d’Ail dont le mât affichait, quand les Guitry y séjournaient, un drapeau blanc bordé de leurs initiales…

Madame Choisel (encore elle !) assure que “Von” aurait pu se passer de la Cadillac avec chauffeur et de tous les cadeaux que Sacha lui offrait car ce qu’elle préférait, la pétillante Yvonne, c’était de vivre librement…

Or Sacha était un mari de l’espèce tyrannique, qui surveillait tout au sein de son foyer à commencer par les faits et gestes de sa femme. C’était un jaloux du type maladif…

Jaloux maladif

Il avait du reste écrit une pièce sur le sujet en 1915, La Jalousie, et souffrait “de voir les yeux des autres hommes sur la femme qu’on aime…”

Quand ils jouaient ensemble, leurs deux loges étaient voisines, et le rideau qui permettait de communiquer entre elles, toujours ouvert…

De l’humour

Pleine de gaieté et d’entrain, Yvonne avait, elle aussi, des formules dignes de son époux.

Exemple : “Les femmes préfèrent être belles plutôt qu’intelligentes parce que, chez les hommes, il y a plus d’idiots que d’aveugles !”

Autre tirade qui prouve que Sacha ne contentait peut-être pas sa chère “Von” : un jour qu’ils se promenaient dans un cimetière, il dit à sa femme : “On écrira sur ta tombe : Ci-gît Yvonne Printemps, enfin froide.” Réponse de l’intéressée : “Et sur la tienne : Ci-gît Sacha Guitry, enfin raide !”

Pierre Fresnay

Flattée d’être l’épouse d’un homme si brillant, Yvonne supporta longtemps de vivre sans avoir le droit de pouvoir flâner toute seule sur les boulevards pour s’offrir une partie de lèche-vitrines comme n’importe quelle midinette…

Mais en 1931, lors de la reprise de Nono, Guitry recrute un jeune acteur qui vient chez le Maître pour y prendre des conseils avisés.

C’est Pierre Fresnay…

Il joue si bien que Sacha le réserve pour sa prochaine pièce, Franz Hals…Le jeune homme y interprétera l’amant de Madame Hals alias Yvonne Printemps, laquelle, à la ville, en consomme un grand nombre qu’elle voit les jours où elle dit à son mari qu’elle part faire les courses aux Galeries Lafayette…

Jacqueline Delubac

Parallèlement, Sacha fait la rencontre d’une jeune et très jolie lyonnaise montée à Paris pour réussir dans le théâtre : Jacqueline Delubac…

En mars 1932, il crée Françoise avec Yvonne.

Dans cette pièce, il joue un mari qui perd sa femme car elle aime un autre homme…

Tout Paris est ainsi au courant qu’une séparation est imminente entre les deux “monstres sacrés” du théâtre français…

Le Vuillard au grenier

Elle intervient en juillet de cette même année quand Yvonne quitte Sacha pour Fresnay, avec lequel elle vivra en concubinage jusqu’à la mort de ce dernier en 1975…

Avenue-Elisées-Reclus, le portrait que Vuillard a fait de “Von” monte illico au grenier. Mais Sacha est touché au coeur. Violemment. Même si un chansonnier lui écrira les mots suivants :”Elle est à plaindre : Vous, vous ne perdez qu’Yvonne/ C’est elle qui perd le Printemps…”

Livres (délicieux) à consulter : Les deux Guitry, Henri Gidel ; Sacha Guitry intime, Fernande Choisel ; Sacha Guitry et les femmes, Hercé Lauwick

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