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Le surrealisme ne des provocations du mouvement Dada

Le surrealisme ne des provocations du mouvement Dada

Issu du symbolisme et de l’expressionnisme mâtinés de psychanalyse, le Surréalisme convoque l’imaginaire, l’absurde, le bizarre, l’érotisme et l’angoisse.

Le modèle intérieur autobiographique, subjectif, singulier et libre agrémenté par le goût pour le merveilleux, l’hypnose, la télépathie et les sommeils médiumniques instaurent ” le droit de passage de l’inconscient sans contrôle de la raison, de l’esthétique ou de la morale. Le rêve et les désirs obscurs sont les maîtres de la cité “. Dali définit le surréalisme par les associations et les interprétations qui mènent à la production d’images délirantes, stupéfiantes et révélatrices d’obsessions et de fantasmes personnels.

Que voit on par la fenêtre ? Un miroir qui s’ouvre sur l’imaginaire

André Breton écrit dans Le Surréalisme et la peinture : ” Il m’est impossible de considérer un tableau autrement que comme une fenêtre, dont mon premier souci est de savoir sur quoi elle donne…L’œuvre surréaliste n’est donc pas une représentation du réel mais une prise sur le réel, une façon de saisir le réel…en opposition avec les artistes réalistes qui rejoignent la réalité en doublant les objets perçus de leur inutile image “.

Les expressionnistes d’avant l’abstraction ont déjà essayer de transmettre l’émotionnel et l’affectif jaillis des profondeurs, en déformant la réalité et en exagérant les effets. V.Gogh exalte le pouvoir symbolique des couleurs; Munch gonfle les attitudes qu’il capte jusqu’au Cri ; Die Brücke, groupe expressionniste allemand, les colore de violence ; Soutine les enflamme d’une fièvre ardente. L’image renvoyée appartient au souvenir, à l’imaginaire, à chaque mythologie personnelle..

L’autre monde

Permettant la représentation consciente d’une réalité inconsciente, la notion de sublimation pose la question de la forme. L’autre monde qui tourmentait déjà l’artiste expressionniste va justifier et légitimer la production surréaliste. Les surréalistes ont d’abord nié la réalité extérieure, associés, pour certains, au mouvement dadaïste acteur d’une remise en cause radicale, puis ils ont souhaité la transformer et enfin la réinterpréter. Ils ont interrogé le monde, questionné le geste, puis interpellé la matière picturale et choisi “le modèle purement intérieur” en l’absence de tout contrôle de la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale.

Cette représentation de l’inconscient se manifeste dans un foisonnement plastique et une iconographie différents pour chacun : la mise en scène des rêves pour Chirico et son Champ d’amour métaphysique ; les apparitions monstrueuses de La Tentation de Saint Antoine pour Ernst ; la fécondité des Femmes au bord du lac à la surface irisée par le passage d’un cygne pour Miro qui fait croître et se multiplier ses “animalcules” et ses constellations.

La paranoïa de Dali invente des techniques nouvelles, l’expression plastique du visqueux qu’illustre la Persistance de la mémoire et met en cause nos habitudes logiques. Le dessin automatique de La terre (1939) où Masson s’abandonne à la dictée de l’autre monde comme Michaux, qui, sous mescaline, retranscrit les effets hallucinatoires de la drogue. Tanguy nous mène au fond de l’eau où nous allons étouffer dans une sorte de fin du monde vouée au silence.

La réponse de Breton donne aux artistes la possibilité d’utiliser toutes les expressions débridées possibles de «l’intuition poétique» et permet l’utilisation de toutes les formes connues ou la combinaison, à la façon du collage, de nouveaux éléments. Les poètes ont toujours su habiller d’une forme sensible un concept abstrait : ” Les forêts de symboles ” de Baudelaire ou ” Les meutes de mes songes ” de Maeterlinck rendent plus visible l’image poétique.

Conjuguer le quotidien et l’exceptionnel dans l’Art de la conversation selon Magritte

Magritte ne pratique pas uniquement le système des associations fortuites ou des hasards; il croise la juxtaposition consciente, et la superposition, d’éléments puisés dans le réel, détournés de leur fonction habituelle. Les éléments ainsi élus ne perdent rien de leur réalité foncière et individuelle mais créent par leur réunion inattendue une réalité autre, volontairement transcrite par l’artiste.

L’apport de Magritte au surréalisme est d’une originalité et d’une importance qui doivent être soulignées. L’œuvre n’est en rien gratuite, aucun langage symbolique ne l’accompagne. Les jeux optiques et les moqueries de nos perceptions sont plus proches d’un humour de l’absurde que de révélations métaphysiques.

Le combat est perpétuel entre la réalité, les représentations de son apparence et l’étrange, l’illogique. Le Surréalisme contient des ferments actifs car ” l’énorme fleuve obscur qui roule inlassablement au fond de nous mêmes rompt toute digue et déborde soudain en pleine lumière “. La postérité artistique retiendra la leçon du modèle intérieur, qui autorise l’expression de l’angoisse, un érotisme sombre, une espèce de refoulement qui oscille entre l’instinct de vie et l’instinct de mort que Giacometti a su si bien marier dans son œuvre.

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