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Le mirage de la Nation arcenciel Ou va lAfrique du Sud 20 ans apres la liberation de Mandela

Le mirage de la Nation arcenciel Ou va lAfrique du Sud 20 ans apres la liberation de Mandela

Il y a 20 ans, le 11 février 1990, Madiba retrouvait la liberté après 27 années de captivité. Un événement qui sonnait le glas de l’apartheid.

Le 2 février 1990, Frederik De Klerk, dernier président blanc d’Afrique du Sud, annonce la libération de Nelson Mandela – Madiba comme l’appellent affectueusement ses partisans – alors que les townships s’embrasent et que l’économie est dévastée.

En 1993, les deux hommes se partagent le prix Nobel de la Paix. Un an plus tard, Nelson Mandela devient le premier président noir d’Afrique du Sud, après 300 ans de domination afrikaaner. Très vite, il comprend que seule une solution pacifique et négociée permettra au pays de ne pas sombrer dans la guerre civile. Mais la réconciliation nationale voulue par Madiba est compliquée. La première puissance économique du continent est confrontée au chômage et à la criminalité.

De l’apartheid à la réconciliation nationale

En 1976, 15 000 étudiants organisent une marche pacifique pour protester contre la décision du gouvernement d’imposer l’afrikaan comme langue officielle du pays. 575 manifestants sont tués dans ce que l’on appellera désormais les événements sanglants de Soweto. La communauté internationale ouvre enfin les yeux et l’ONU vote des sanctions économiques contre le régime de l’apartheid.

Partout dans le monde, manifestations, pétitions et boycotts sont organisés. Mais il faudra encore attendre 17 ans pour voir la fin de la ségrégation raciale. Du fond de sa prison, Nelson Mandela est devenu le symbole de la lutte contre l’oppression. A sa libération, c’est tout naturellement qu’il est considéré comme le représentant légitime du peuple noir face à un gouvernement exsangue.

En acceptant de négocier la réconciliation nationale avec Frederik De Klerk, il démontre que seul un être d’exception était capable de rassembler autour de lui les ennemis d’hier pour construire une nation multiraciale et démocratique. Mais on ne gomme pas si facilement 300 ans d’histoire.

Une économie émergente

L’Afrique du Sud est la première économie du continent africain. Avec un produit intérieur brut (PIB) de 283 milliards de dollars en 2007, selon la Banque mondiale, le pays produit à lui seul un tiers des richesses de l’Afrique subsaharienne. Seule puissance africaine à siéger au G20, l’Afrique du Sud a effectivement tout d’une grande.

Sa croissance économique s’appuie sur une gestion budgétaire rigoureuse, la productivité de sa main d’œuvre, qui profite de l’industrialisation héritée de l’apartheid, et les revenus générés par l’exportation des matières premières: platine, or, titane, manganèse, diamant, charbon, uranium. Le revers de la médaille est une répartition de la richesse jugée comme l’une des plus inégales du monde. Le ministre sud-africain du Travail a récemment qualifié la situation du chômage chez les jeunes de crise nationale, la proportion de jeunes diplômés incapables de se trouver un emploi atteignant 60 %. Pour les personnes peu qualifiées, c’est perdu d’avance.

Les autres fragilités du pays sont les coupures d’électricité qui affectent l’activité, la hausse des prix de l’alimentation et une crise du logement endémique. Tant que le gouvernement ne garantira pas un accès équitable aux ressources économiques, la “Nation arc-en-ciel” restera un beau rêve.

La criminalité, un fléau national

Les inégalités héritées de l’apartheid, que 16 ans d’indépendance n’arrivent toujours pas à balayer, sont aussi à l’origine d’un taux de criminalité parmi les plus élevés du monde. Selon des statistiques officielles, plus de 219 000 attaques et près de 200 000 cambriolages à main armée ainsi que 19 000 meurtres, 52 000 viols et 20 000 tentatives de meurtres ont été enregistré dans ce pays de 48 millions d’habitants en 2006. Alors que le pays accueillera le Mondial de football en juin 2010, le gouvernement se veut toutefois rassurant.

Il n’en reste pas moins vrai que le crime est omniprésent et qu’il n’épargne personne, ni les noirs ni les blancs. Les résidents étrangers des bidonvilles, accusés de tous les maux, sont persécutés, torturés, tués. Des noirs tuent d’autres noirs. Quant aux blancs qualifiés, ils préfèrent quitter le pays pour échapper à la violence. Depuis la fin de l’apartheid, la population blanche s’est ainsi réduite de 16,1%. L’extrême pauvreté, des conditions de vie précaires dans les bidonvilles, un système éducatif déficient mais aussi le mépris des autorités sont aux sources du mal. Tout porte à croire que le rêve d’une nation arc-en-ciel s’éloigne de plus en plus…

Le monde entier voudrait pourtant que celle-ci devienne une réalité afin d’honorer Madiba, l’homme fier de la tribu Xhosa , et donner à chacun l’espoir qu’un monde meilleur est possible.

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