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La solitude concerne plus de 4 millions de Francais

La solitude concerne plus de 4 millions de Francais

Un sentiment d’abandon, d’exclusion, d’inutilité. C’est ce que ressent une personne isolée, sans aucune vie sociale. Cela s’appelle la solitude.

«Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle», il est agréable de serrer quelqu’un dans ses bras, de l’embrasser, de lui sourire, de le toucher, de lui parler, de l’écouter. Faut-il encore avoir quelqu’un qui soit sur la même longueur d’ondes? Certains n’ont pas cette chance et doivent endurer la solitude.

Les différentes solitudes

La solitude est la situation d’une personne qui est coupée des réseaux sociaux. En clair, il s’agit de personnes qui n’ont ni relations familiales, ni relations professionnelles, ni relations amicales ou amoureuses, ni relations de voisinage.

Selon une étude réalisée par la Fondation de France en janvier 2010, ce sont plus de 4 000 000 de Français qui sont objectivement isolés.

Par ailleurs, près d’un Français sur dix avoue se sentir soit exclu, soit abandonné, soit inutile.

La solitude choisie procure un sentiment de liberté, de détachement et de sérénité. Elle est généralement adoptée par les religieux, les sages, les mystiques ou certains artistes. Elle ne concerne qu’une très faible minorité.

La solitude subie est source de mélancolie, mais parfois d’anxiété ou d’angoisse. Elle se traduit par un mal-être indéfinissable, et elle touche une forte proportion d’individus.

On oublie trop souvent que la solitude concerne aussi les jeunes. Ils n’ont jamais eu dans l’histoire autant d’outils de communication, mais ces outils ont plutôt tendance à les abrutir ou à les aliéner. Ils donnent l’impression de bien communiquer, car ils pianotent souvent sur leur portable, mais leurs messages se réduisent souvent à: «T où? Tu fé quoi?» En fait, malgré les apparences, ils sont souvent solitaires, et ils ne se sentent pas très bien dans leur peau.

Quelles sont les causes de la solitude?

L’isolement est associé à une rupture familiale dans 56% des cas (décès, divorce, séparation ou départ des enfants du cocon familial). Ce résultat est en partie logique en ce sens que la famille reste souvent le dernier réseau sur lequel on peut compter.

Le chômage et la perte d’emploi peuvent également induire une dissolution des réseaux amicaux ou familiaux ou des comportements d’auto-exclusion de la vie sociale. La probabilité d’être isolé croît avec le chômage de longue durée et la précarité de l’emploi.

On dit souvent que la ville est productrice d’isolement. On dit aussi que la communauté rurale est plus solidaire. Il s’agit d’une idée fausse. On n’observe, en ce qui concerne les relations amicales, professionnelles ou associatives, aucune différence significative entre les zones rurales et les zones urbaines, y compris les relations de voisinage. Au final, la part des personnes en situation d’isolement objectif est identique entre zones rurales et urbaines.

Le fait d’être en couple ne protège pas nécessairement de l’isolement. Entre 40 et 60 ans, parmi les femmes vivant en couple, nombreuses sont celles qui n’ont d’autres relations sociales que celles qu’elles entretiennent avec leur conjoint. Or certains problèmes qui se manifestent parfois dans le couple (addictions, violences conjugales physiques ou psychologiques ) peuvent conduire des individus à vivre à côté «les uns des autres» dans des situations de grande souffrance et totalement coupés du monde.

La maladie et le handicap: le repli du couple sur lui-même et l’incapacité à nouer des relations sociales peuvent également être liés à la maladie du conjoint. La pathologie (en particulier celle d’Alzheimer) peut totalement couper la communication au sein du couple et entraîner une prise de distance des enfants ou des petits-enfants. La maladie contamine alors toute la vie sociale jusqu’à la réduire à sa plus simple expression.

Les remèdes pour rompre l’isolement

Le meilleur moyen de se défaire de la solitude, c’est de tomber amoureux. C’est possible à tous les âges! À deux, la solitude est nettement plus légère.

En attendant le jour de la rencontre et pour rompre l’isolement, il est nécessaire d’intégrer des réseaux sociaux. De quelle façon?

Il existe partout des clubs, des associations sportives, culturelles, ludiques, caritatives. Ou bien des organisations syndicales, politiques, religieuses. Ou bien encore, des clubs de rencontres. L’objectif est d’entrer en contact avec d’autres personnes. Cela demande, au départ, un minimum d’envie et de volonté, mais les bénéfices peuvent être considérables.

Pour les personnes esseulées qui n’ont pas les moyens d’intégrer un club, il existe les réseaux virtuels: les forums de discussions, les chats, les blogs ou les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Faut-il encore être équipé et maîtriser un peu l’ordinateur… Mais Internet ne peut pas remplacer les contacts directs.

Il existe aussi des substituts auxquels on ne pense pas toujours. Par exemple, un poisson rouge, un chat ou un chien. Les personnes qui n’aiment pas être contrariées peuvent choisir le poisson rouge. Résultat garanti: il parle, mais on ne l’entend pas. Celles qui aiment la liberté peuvent opter pour le chat, qui lui-même aime l’indépendance. Celles, enfin, qui désirent un compagnon fidèle, qui comprend tout sans qu’il soit besoin de lui expliquer, préfèreront le chien. Tous les matins, elles seront assurées d’un bonjour joyeux et sincère de leur compagnon à quatre pattes.

Et puis enfin, dans les cas extrêmes, il reste la prière (qui permet de communiquer avec Dieu) ou la méditation (qui permet d’abord de s’accepter tel quel et de bien communiquer… avec soi-même).

L’idéal est quand même d’intégrer plusieurs réseaux sociaux simultanément. Si l’un d’entre eux se rompt, il reste les autres.

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