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La maladie du vignoble francais le Phylloxera

La maladie du vignoble francais le Phylloxera

Dans les années 1880, la viticulture française est meurtrie. Un insecte envahissant détruit le vignoble français. Tous les cépages sont touchés.

Phylloxéra vastatrix: au premier abord, ce nom est barbare. D’ailleurs, les ravages qu’il va engendrer sont si importants qu’il sera craint par l’ensemble des vignerons français. Il s’agit d’insectes de moins d’un millimètre de long, proches des pucerons et qui sont peu aptes au vol. Pour se nourrir, ils sucent la sève des plantes. Leur nom vient du grec phyllon qui signifie feuille et de xeros qui signifie sec. Le terme de vastatrix a été rajouté par la suite pour symboliser la dévastation qu’il entraîne.

Plusieurs variétés existent en Europe comme le phylloxéra du chêne, courant dans le sud de la France. Néanmoins, la plupart de ces espèces d’insectes vivent outre-Atlantique en Amérique. D’ailleurs, il fut décrit pour la première fois par l’entomologiste new-yorkais Asa Smith qui a démontré que le parasite américain est moins dangereux que son cousin installé en Europe.

Les ravages

Si la crise a lieu dans les années 1880, l’épidémie commence bien plutôt. En 1863, le département du Gard est le premier à être touché par le phylloxéra. Les feuilles de vigne jaunissent les unes après les autres. Les sarments se rabougrissent, tandis que les grappes ne murissent plus. La souche elle-même meurt alors que les autres maladies l’épargnent. C’est l’hécatombe.

Le mal se répand à partir d’un cep malade, voire fait des bonds de quelques kilomètres. Très vite, d’autres régions sont touchées. A cette époque, les vignobles sont présents partout. Il existe déjà des grands crus, mais chacun est libre de récolter le raisin de sa vigne pour faire son vin personnel. Ainsi, en 1869, la vallée du Rhône, le Bordelais ou le Var sont contaminés. La maladie se propage vers le nord-est n’épargnant pas la Bourgogne, ni la Champagne.

Le désastre se fait soudainement ressentir. La pénurie de vin s’annonce. L’économie loc:ale va être directement touchée par cette crise. En 1865, le vignoble français est constitué de 2.600.000 hectares. En 1884, un million de celui-ci est réduit à néant. Soit, l’équivalent d’un carré de cent kilomètres de côté. De plus, 700.000 autres hectares sont menacés. Certains nommeront l’insecte, «l’insecte de la mort».

Les causes diverses

A l’époque, il fut difficile de savoir qu’elle en était la cause. Certains vignerons attribueront cette épidémie à des causes familières comme le ver blanc. D’autres pensent alors qu’il s’agit sans doute d’une conséquence secondaire à la pulvérisation de soufre contre d’autres insectes parasites. Enfin, une grande majorité invoque la possibilité d’une dégénérescence des plants et un épuisement de la terre nourricière. Pourtant, la maladie frappe des vignes en pleine production, quelles qu’en soient la variété, les modes de culture ou l’âge.

Toujours-est-il qu’en 1867, les vignerons provençaux constatent que tout commence par une dégradation des racines. Finalement en 1868, Jules Planchon, directeur de l’école de pharmacie de Montpellier, prouve la présence de larves sur celles-ci. Ces larves piquent les racines, en sucent la sève, les détruisent et empêchent la plante de puiser dans le sol les éléments nécessaires à sa survie.

De plus, il s’avère difficile de les combattre. Ces larves sont enfouies en profondeur. De cette manière, elles sont à l’abri des traitements qui pourraient les détrôner. D’ailleurs, lorsque les premiers symptômes apparaissent en surface, il est trop tard. Les plants meurent inexorablement. Cela s’explique aussi par le fait que les parasites venus d’Outre-Atlantique se développent mieux en France qu’en Amérique.

Ainsi, par le biais d’un terrain plus favorable, les insectes se sont développés. Certes, chaque animal ne pond que quelques œufs mais, comme huit générations peuvent se succéder en un an, le malaise est vite arrivé, puisque que l’on arrive à des millions d’individus en un rien de temps. Beaucoup meurent. Toutefois, les survivants ravagent alors les vignobles. Enfin, même si l’adulte vole mal, sa taille fait qu’il peut être facilement transporté par le vent.

Des remèdes plus ou moins inefficaces

La conclusion de Jules Planchon a des difficultés à entrer dans les mœurs. Il s’en suit alors une multitude de remèdes pour tenter d’éradiquer le fléau. Beaucoup seront sans succès. Parmi eux, certains pensent que l’aspersion d’eau chaude, d’urine, de jus de tabac ou encore de goudron sont nécessaires, tandis que d’autres prônent l’injection de produits. Néanmoins, dans plusieurs de ces cas, le plant meurt avant l’insecte.

L’Etat décide alors d’utiliser la manière forte. Il ordonne d’arracher les plants contaminés, avant de les brûler. De cette manière, l’épidémie est freinée. Toutefois, celle-ci entraîne des conséquences néfastes pour les vignerons. Ils sont de moins en moins nombreux. Beaucoup abandonnent alors leurs terres. Certains considèrent que cela a accéléré leurs ruines.

Deux autres remèdes permettent aussi l’éradication de ces larves. Il s’agit de l’immersion pendant 40 à 50 jours par an du sol. Néanmoins, ce système n’est pas possible pour les coteaux. Dès lors, il ne reste plus que l’injection massive de produits soufrés dans le sol. Ce remède est quant à lui fort couteux.

Une dernière solution

Connue également sous le nom de «solution clinton», il s’agit de greffer à des pieds de vigne américains de la variété clinton, des cépages français. De cette manière, les larves suivront le même chemin que leurs cousines américaines et deviendront moins dévastatrices sur cette mixité de pieds de vigne qui seront alors plus résistants. Cela a été conçu part le Bordelais Léo Laliman. Toutefois, jusqu’en 1942, certains utiliseront le remède du soufre jusqu’à ce que la crise économique qui touche alors le pays leur face changer d’avis.

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