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Injection letale ou chaise electrique Lexecution de la peine capitale divise les EtatsUnis

Injection letale ou chaise electrique Lexecution de la peine capitale divise les EtatsUnis

Après la disparition de la guillotine, de nombreux Etats civilisés ont recherché “la façon la plus rapide et la plus humaine de tuer un être humain”.

Les Américains avaient même pensé à la chambre à gaz, dont D.A. Turner, major du service de santé de l’armée US responsable du projet, disait avec fierté, lors de sa première utilisation en 1924, qu’il s’agissait de “la façon la plus rapide et la plus humaine de tuer un être humain”. 1924 ! La phrase n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd, mais dans celle d’un nazi.

La guillotine disparaît progressivement

En France, selon les villes, les dernières exécutions publiques remontent à 1920, 1930… voire 1939 (le 17 juin) pour Paris. Elle fut néanmoins utilisée jusqu’à 1977, comme on peut le constater… au cinéma (« Monsieur Verdoux », « Deux Hommes dans la ville ») sans oublier l’affaire du « pull over rouge » qui conduisit au guillotinage de Christian Ranucci en 1976.

Albert Fish, un serial killer survolté

Aux Etats-Unis le condamné souffrait le martyre sur d’antiques chaises électriques. Leur entretien coûtant une véritable fortune, quel intérêt d’en prendre soin ? Albert Fish restera dans l’histoire du crime comme l’exemple-type du “mauvais conducteur” : s’étant enfoncé dans le corps une trentaine d’aiguilles de marin, la masse métallique provoqua un court-circuit durant son passage sur la chaise électrique.

L’injection a été adoptée par 28 Etats ; les autres (ceux qui n’ont pas encore aboli la peine capitale) disposent de quatre méthodes de mise à mort différentes : la chaise électrique, la pendaison, le peloton d’exécution et la chambre à gaz.

L’exécution par injection létale

C’est l’introduction d’une (petite) dose d’humanité dans l’accomplissement de la peine capitale. Certains Américains suggèrent que la mort par injection est un trop doux châtiment pour les criminels. Une mort propre, carrée, aseptisée ; le “patient” est allongé sur un chariot. Une fois l’injection pratiquée, il donnera l’impression de s’endormir, sans la moindre souffrance préalable :

“Le cerveau survit un temps après que le coeur a cessé de battre. Des visions de paix et de plénitude pourraient venir d’un manque d’irrigation sanguine. Comme si la nature avait mis en place un ultime mécanisme pour faciliter le passage des individus vers l’extinction totale, pour éviter l’angoisse que provoquerait la conscience de sa propre mort : l’hallucination finale comme sédatif, comme la morphine qu’injecte le vétérinaire au chien avant de lui faire une piqûre létale” (Ruth Swanson).

Ca ne marche pas toujours !

10 mai 1994… c’est “en direct” que l’Amérique vécut les derniers instants de John Wayne Gacy, le pire criminel qu’elle ait, jusqu’alors, porté sur son territoire : la chaîne CNN rendait compte en permanence des ultimes manoeuvres des avocats destinées à surseoir à l’échéance fatale. A 23 heures, nul ne savait encore à quel moment exact aurait lieu l’exécution (si elle n’était pas, une fois encore, reportée).

Déroulement des évènements

Une fois sanglé, le condamné se voit d’abord injecter en intraveineuse une double dose de penthotal de sodium pour le détendre et l’endormir ; à cet instant, il a fermé les yeux et ne remue plus. Une minute plus tard intervient la seconde injection, une dose mortelle de bromide de pancuronium (un paralysant destiné à stopper la respiration) mélangée à une dose de chloride de potassium qui a pour effet d’arrêter le cœur (c’est donc ce troisième produit qui est véritablement toxique, et qui tue le patient). L’effet n’est pas immédiat : encore une minute, et l’on constate que la respiration du condamné n’a plus rien de naturel ; c’est celle, poussive, d’un agonisant.

En règle générale, l’opération dure, au grand maximum, huit minutes

A la neuvième, l’homme est mort, presque paisiblement, pourrait-on dire, après un dernier et court moment de sommeil. Mais par un ultime coup du destin, John Wayne Gacy, l’un des plus célèbres tueurs en série américains fit une dernière fois trembler les Américains : la machine à tuer refusa, quelques instants, d’accomplir son œuvre destructrice, et il fallut s’y reprendre à deux fois : l’administration avait fourni un cathéter défectueux. John Wayne Gacy était passé de vie à trépas en dix-huit minutes. Ce fut son dernier record.

Depuis, d’autres cas de ce genre ont été recensés. En 2006 un condamné mit 34 minutes avant de rendre son dernier souffle.

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