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Entasseurs compulsifs et syllogomanie La difficulte de faire le tri chez soi

Entasseurs compulsifs et syllogomanie La difficulte de faire le tri chez soi

Faire le tri, se débarrasser des objets encombrants, s’avère plus souvent une corvée qu’une partie de plaisir. Pour certains, jeter relève même d’une mission impossible.

Dans une société soucieuse de préserver son environnement, le recyclage est devenu une nécessité. La mise en place du tri sélectif s’inscrit dans une démarche écologique qui demande une implication des citoyens. Si nous sommes devenus majoritairement éco-responsables, certains sont encore réfractaires et n’ont pas encore adopté ce geste éco-citoyen. En marge de ceux-là, il y a les “rétentionnistes”. Soucieux de tout conserver, ils collectent, entassent, accumulent, empilent toutes choses du passé. Une manie qui peut parfois devenir obsédante.

De la difficulté à jeter à l’obsession de tout garder

À l’inverse des maniaques du rangement, il y a ceux qui peinent à trier, à ranger et se laissent envahir par l’entassement d’objets bien souvent encombrants et inutiles. Heureusement, pour la grande majorité des individus, l’opération de tri ne s’effectue pas dans une douleur insoutenable. Un déménagement, l’arrivée du printemps, le départ d’un enfant qui prend son envol et bien d’autres situations nouvelles nous motivent à vider nos placards, nos tiroirs, nos greniers et nous séparer ainsi des choses du passé pour libérer l’espace et rendre notre intérieur plus agréable à vivre.

Parfois, la tâche se complique, quand une photo, une lettre, un vêtement, une bricole sont chargés de souvenirs. On se retrouve confronté à un choix cornélien, garder ou jeter, que faire ? Bien souvent, on s’allège, on décide de s’en défaire pour laisser place au présent et au futur. Se détacher du passé ne semble pas une évidence pour tout le monde, notamment pour ceux qui ont la manie de tout conserver.

Accumulateur compulsif

On observe plusieurs degrés de rétention. On répertorie l’individu qui fait le choix de conserver sans que cela nuise à son espace vital et à son entourage. Cette propension à collecter fait dans ce cas partie intégrante de sa personnalité. À l’extrême, on observe le conservateur obsessionnel qui souffre de ne pouvoir rien jeter. Pour lui, cette manie devient problématique. Elle révèle un trouble du comportement voire une pathologie.

Le comportement d’amassement devient anormal quand il ne s’agit plus d’un choix de vie mais d’une réaction pathologique. Quand l’individu entasse de manière compulsive et rencontre une réelle résistance à se débarrasser d’objets encombrants qui empiètent sur son espace vital. L’individu souffre alors d’un trouble du comportement appelé syllogomanie ou syndrome de l’écureuil.

Une incapacité à lâcher prise

L’accumulation compulsive est souvent l’expression d’une anxiété liée à la perte, la séparation, la peur du temps. Pour l’entasseur pathologique, il est difficile de lâcher prise. Il a une relation fusionnelle avec les objets du passé. C’est par leur conservation qu’il gère le temps révolu, une façon de maîtriser le temps. En s’accrochant à ces vieilles bricoles, ces vieux magazines, ces tonnes de paperasserie, il cherche à retenir ces moments de vie qui filent inéluctablement. Le syllogomane peine à se détacher du passé. Pour lui, jeter signifie renoncer à une partie de son histoire.

Cette obsession de tout garder témoigne aussi de son manque de confiance en l’avenir. Elle révèle une peur de manquer. En conservant ces objets vieux, encombrants et souvent inutiles, il adopte une stratégie de réassurance. Il est important de signaler que la syllogomanie est aussi une composante du syndrome de Diogène plus fréquent chez le sujet âgé. Ses symptômes se caractérisent par l’extrême négligence de l’hygiène corporelle et l’insalubrité de l’habitat.

Home organiser

Pour l’entasseur non pathologique, il existe des solutions. Idéalement, ce serait de modifier son comportement et ses habitudes pour apprendre à se libérer de tous ces objets qui s’accumulent et qui finissent par envahir les pièces de la maison. La prise de conscience ne suffit pas toujours. Si vous reportez sans cesse au lendemain le tri de vos cartons, de vos placards qui débordent, une aide extérieure peut s’avérer utile. Vous pouvez faire appel à des spécialistes de l’organisation qui vous aideront à y voir plus clair dans votre intérieur. Le home organiser est un nouveau métier qui nous vient des États-Unis, depuis peu il débarque en France. Tel un psy de la maison, ce coach du rangement accompagne les personnes désireuses d’alléger leur espace de vie. Il vise à le rendre plus harmonieux.

Love it or leave it

Pour ceux qui se sentent d’attaque pour alléger eux-mêmes leur intérieur, voici quelques conseils utiles :

  • Se demander si l’objet en question est utile, en bon état et indispensable.
  • Si le doute persiste, mettre l’objet de côté, laisser le temps de la réflexion, s’il ne crée pas de manque, il n’est plus essentiel.
  • Faire un choix, à savoir : je l’aime ou je m’en sépare.

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