Blog

Console Nec PCFX chronique dun echec annonce La 32 bits blanche promettait beaucoup Mais elle etait mortnee

Console Nec PCFX chronique dun echec annonce La 32 bits blanche promettait beaucoup Mais elle etait mortnee

En 1987, Nec Corporation lance la PC-Engine, console qui va connaître un grand succès. Noël 1994 : la PC-FX sort dans l’indifférence générale. Récit d’un sabordage.

Lorsque Nec commence à travailler sur son projet de console 32 bits, d’abord nommé Tetsujin(« l’homme d’acier »), sa gamme de console PC-Engine affiche une forme insolente au Japon. C’est encore le cas lorsqu’un premier prototype, avant-gardiste, est présenté en 1992. Comment la montagne a-t-elle pu accoucher d’une souris ?

Nec, un constructeur bien installé sur le marché ludique japonais

On l’oublie souvent, l’histoire d’amour de Nec et des jeux vidéo n’est pas née en 1987 avec la sortie de la première PC-Engine. Il faut remonter jusqu’en 1981 pour assister à la naissance du PC-88, un ordinateur bâti autour du processeur Z80 de Zylog qui propose des capacités graphiques et sonores fort intéressantes, ce qui va favoriser le développement rapide de nombreux jeux. Le PC-88 s’est très bien vendu au Japon et a été le premier d’une longue série de machines à succès.

Ainsi, si en Occident Nec est perçu comme un constructeur de matériel informatique « sérieux », au côté d’un IBM par exemple, il est très tôt adopté par les Japonais comme un acteur incontournable du jeu vidéo.

La PC-Engine, un passé prestigieux… et encore très présent

Dans ces conditions, pourquoi la présentation du premier prototype 32 bits en 1992 ne soulève-t-elle pas l’enthousiasme ? La raison en est simple : la PC-Engine est à son apogée et machines et jeux se vendent mieux que jamais ! Le constructeur décide alors d’interrompre ses travaux et de se recentrer sur sa gamme 8-16 bits. De nouvelles améliorations verront ainsi le jour jusqu’en 1994, date de sortie de l’Arcade Card, qui permet notamment des conversions de grande qualité de titres Neo-Geo.

1994, justement… À cette date, Sony a depuis longtemps annoncé sa PlayStation et Sega sa Saturn – sans oublier les machines plus confidentielles telles que la 3DO. Nec se retrouve alors avec une machine obsolète dans ses cartons, et ce avant même sa sortie, faute d’avoir poursuivi son développement. Pire encore : la PC-FX s’offre le luxe de sortir quelques semaines après ses rivales ! Une mise sur le marché anticipée de quelques semaines n’aurait certainement pas sauvé la machine d’un destin funeste, mais gageons qu’un marché de niche aurait pu se créer.

Quid de l’Occident ?

Au Japon, nous l’avons vu, la PC-FX aurait pu trouver son public. Aux États-Unis en revanche, la PC-Engine, connue sous le nom de TurboGrafx-16, se trouve irrémédiablement distancée dès 1991, ceci principalement en raison de l’absence de soutien des éditeurs tiers et d’un marketing trop ciblé sur les grandes métropoles.

En Europe la situation est encore plus simple : pas d’importation officielle, uniquement des initiatives locales comme celle de la société française Sodipeng (pour « Société distributrice de la PC-Engine ») qui permet à de nombreux petits Français de s’adonner à d’excellents jeux non traduits, à la condition expresse de posséder un téléviseur acceptant un signal en 60Hz.

Dans ces conditions, assurer le succès d’une console 32 bits sur les marchés occidentaux était de l’ordre de l’impossible et Nec, l’ayant bien compris, ne s’y risqua pas.

SuperGrafx-PC-FX, même combat ?

Revenons au Japon… Dès 1989 un témoin averti aurait pu deviner la suite des événements : cette année-là, en effet, Nec met sur le marché la SuperGrafx, une évolution de la PC-Engine qui lui permet de tenir la dragée haute à la nouvelle 16 bits lancée par Sega, la Megadrive. Mais le succès n’est pas au rendez-vous : sans positionnement clair, peu soutenue, la console n’accueillera en tout et pour tout que cinq jeux exploitant ses capacités. Durant des années, les fans de la marque ont cru à une sortie hypothétique d’une version du mythique Strider, qui renverrait celle de Sega à ses chères études. L’attente fut vaine.

Espoirs déçus acte 2, 1994 : la sortie annoncée d’un « Lords of Thunder FX » développé par Nec HE (Nec Home Entertainment), suite du magnifique shoot’em up sorti sur PC-Engine en CD-Rom, suscite l’espoir chez de nombreux fans de la marque. Mais chat échaudé craint l’eau froide et c’est sans regret que, ne voyant rien venir – d’autres jeux annoncés en grande pompe connaîtront le même sort –, les joueurs japonais tournent vite le dos à la machine blanche.

Vision et stratégie, un luxe pour Nec

Sortie trop tard, sans stratégie réelle de lancement, la PC-FX ne pouvait qu’échouer. Moins de 100 000 machines trouveront preneur, pour un des plus grands fiascos de l’histoire.

La division jeu vidéo n’a, tout compte fait, jamais eu le soutien qu’elle méritait au sein du groupe Nec, qui n’a plus tenté par la suite de commercialiser une console sous son propre nom. Il est plus qu’improbable désormais qu’une nouvelle console Nec apparaisse un jour et la PC-FX laissera à jamais, chez bon nombre de joueurs, le goût d’un immense gâchis.

Related Articles

Close