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Comprendre une liste de fournitures scolaires quebecoise

Comprendre une liste de fournitures scolaires quebecoise

Quand on n’est pas habitué aux termes québécois, la liste de fournitures à la rentrée peut vite tourner au cauchemar. Voici comment s’en sortir dignement !

Un grand cahier 96 pages à petits carreaux sans spirale, un petit cahier grand carreaux 69 pages avec spirale, un classeur rigide rouge, un classeur souple bleu, un pinceau Yr 30-562 avec des poils mous, une pochette plastique cartonnée…

Qui aime les listes de fournitures scolaires ? Déjà pénibles en soi et difficiles à respecter à la lettre, elles peuvent rapidement tourner au cauchemar pour les français immigrés au Québec ! Dans la Belle Province canadienne, les items scolaires ne portent pas toujours les mêmes noms qu’en France.

Savez-vous ce qu’est un duo-tang ? Et un couvre-tout ? Voici un mémo d’initiation pour ceux qui ne veulent pas être perdus dans les rayons papeterie québécois…

Les cahiers Canada ou les cahiers à l’encre

Souvent, dans les listes d’achats scolaires exigés par les enseignants québécois, on lit “cahiers Canada”. Il s’agit tout simplement de cahiers d’une trentaine de pages, perforés à trois trous, avec des feuilles très minces, lignées ou quadrillées. Leur texture est proche de celle du cahier de brouillon (français), un “concept” qui n’a d’ailleurs jamais vu le jour en Amérique du Nord.

Il faut savoir que les traditionnels cahiers de 96 pages, grand format à gros carreaux que connaissent si bien les écoliers français ne sont pas utilisés au Canada. Par ailleurs, ce type de lignes et d’interlignes n’existe pas ; l’on retrouve plutôt des lignes simples (comme du papier à lettres), une ligne simple suivie d’une ligne pointillée ou de petits carreaux.

Autre chose qui vous fera gagner du temps : “cahiers à l’encre” signifie la même chose que “cahiers Canada”.

Cartable et classeur, très différents au Québec

Si vous lisez “cartable rigide vert” sur la liste d’articles nécessaires pour votre enfant, rassurez-vous, cela ne signifie pas que votre petit aura un sac d’école dur et obligatoirement vert sur le dos ! Au Québec, un cartable est un classeur, voilà tout.

Mais comment appelle-t-on alors un cartable ? Un sac d’école, tout simplement. Par ailleurs, il est peu probable qu’un enseignant québécois vous demande d’acheter un classeur puisqu’il s’agit pour lui d’un meuble à tiroirs, destiné à ranger des documents.

Il est possible de tomber sur “cahier à anneaux” ou “reliure à anneaux”. Dans les deux cas, il s’agit d’un classeur (français).

Coffre à crayons, stylos, crayons…

Vous aurez certainement à acheter un “coffre à crayons” ou un “étui à crayon” pour votre enfant. Il s’agit en fait d’une trousse – un terme que les Québécois n’utilisent pas. Parfois, c’est effectivement d’une boîte rigide en bois ou en plastique dont l’enseignant veut parler, mais dans ce cas-là, il précisera.

Concernant les stylos, il faut savoir qu’il y a une différence considérable au niveau de l’écriture entre les écoliers français et québécois : le stylo plume n’existe pas dans les écoles canadiennes. Les Nord-Américains rient d’ailleurs beaucoup de ce principe d’écriture à la plume et à l’encre et trouvent cela particulièrement archaïque. Adieu donc sacro-saint stylo plume, cartouches d’encre et effaceur ! Au Québec, on écrit bien souvent au crayon gris ou au stylo bille. D’ailleurs, vous ne lirez jamais “crayon gris” ou “crayon à papier” comme on a l’habitude de dire en France mais plutôt “crayon de plomb” ou “crayon à mine”.

Curieusement, certains professeurs utilisent le terme “plume” pour désigner le stylo à bille ou le stylo-feutre. Ils préciseront alors – très joliment – “plume-bille”, “plume à bille” ou “plume-feutre”.

Quant aux crayons de cire, l’énigme reste facile à résoudre ; il s’agit de pastels – ou craies grasses.

Duo-tang, une soupe chinoise ? Une nouvelle sorte de sushis ?

Un duo-tang est une pochette cartonnée munie de trois attaches parisiennes et dont les deux rabats possèdent chacun un compartiment. Très convoité au Québec, ce petit frère du classeur (français) est l’article vedette de toutes les listes de fournitures scolaires. Moins gros et encombrant qu’un cartable (québécois), il est en effet très pratique et se décline dans toutes les couleurs. Certains enseignants préférant faire compliqué quand on peut faire simple écriront plutôt “cartable avec petites attaches”, “cartable avec broches” ou encore “reliure à attaches”. Quant à l’origine du mot duo-tang, le mystère reste entier.

Tablette, papier construction

Une tablette est un bloc notes grand format, dont les feuilles sont reliées par le haut. “Tablette à l’encre” désigne la même chose et précise simplement qu’il s’agit de feuilles lignées ou quadrillées et non blanches. La “tablette Alouette” est une tablette de feuilles de couleurs légèrement cartonnées : le “papier construction”.

Tenue de sport

Les Québécois n’emploient ni le terme anglais “baskets”, ni le mot “tennis” pour désigner des chaussures de sport. Ils disent “espadrilles” ou “souliers de course” (terme dérivé de l’anglais running shoes). Parfois, on peut lire “culottes courtes” ; il s’agit d’un short.

Balles de tennis

Il n’est pas impossible que l’on vous demande d’acheter des balles de tennis pour votre enfant. La raison est simple : elles sont ensuite coupées et installées sous les pattes des chaises, afin de réduire le bruit.

Autres termes qu’il semble bon de développer…

Une “efface” est une gomme. Il faut savoir qu’au Québec, une gomme désigne un chewing-gum. Ainsi, on ne trouvera jamais ce terme sur les listes scolaires ; seulement “efface” ou “gomme à effacer”.

Les “renforts” sont les oeillets.

La “brocheuse” désigne l’agrafeuse et les “broches” les agrafes.

Au cas où le doute s’installerait, un “rouleau de papier collant” est un rouleau de scotch.

Un “aiguisoire” ou, plus évident à deviner, un “aiguise-crayons” est un taille-crayons.

Les “séparateurs” ou “diviseurs” désignent les intercalaires.

Le “couvre-tout” est ce vêtement à manches longues muni d’élastiques aux poignets, (fort heureusement) particulièrement utilisé en maternelle.

La “boîte à lunch” ou “boîte à dîner” est… une boîte (ou un petit sac), dans laquelle l’enfant apporte son goûter et/ou son repas de midi. Très à la mode en Amérique du Nord et aussi importante pour les petits québécois que leurs chaussures ou leur sac d’école !

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