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Burj Khalifa la nouvelle merveille de Dubai La tour la plus haute du mondeavec vue imprenable sur la crise

Burj Khalifa la nouvelle merveille de Dubai La tour la plus haute du mondeavec vue imprenable sur la crise

Après cinq ans de chantier, la tour Burj Dubaï, rebaptisée Burj Khalifa, est enfin terminée. Un joyau terni par les difficultés financières de l’Emirat.

Dubaï est à la fois une ville et un émirat des Émirats arabes unis. Avec 3 885 km2, c’est le deuxième émirat en termes de superficie après Abu Dhabi. Mais c’est très certainement le plus connu des sept qui composent la fédération. Cette renommée mondiale est notamment due à la médiatisation de projets pharaoniques repoussant sans cesse les limites architecturales.

Ces projets, revendiqués par le gouvernement, sont présentés comme un moyen de devenir d’ici quelques années la première destination mondiale du tourisme de luxe.

Burj Dubaï, la tour de toutes les extravagances

Le 4 janvier 2010, c’est en grande pompe que le cheikh Al-Maktoum a inauguré, la tour la plus haute du monde. Jamais, de mémoire d’homme, on aura construit aussi haut. Visible jusqu’à 95 kilomètres à la ronde, la Burj Dubaï ou tour de Dubaï, rebaptisée Burj khalifa le jour de son inauguration, se dresse entre désert et mer, tel un obélisque de verre et d’acier à plus de 800 mètres de hauteur. Presque trois fois la Tour Eiffel !

Le bâtiment à la base en forme de Y se rétrécit au fur et à mesure vers le haut. Il est prolongé par une structure en acier, qui se termine par une énorme flèche dirigée vers les cieux. George Efstathiou, responsable du cabinet américain Skidmore, Owings and Merrill ayant réalisé le dessin de la tour, soutient que sa base en Y, prend en considération l’effet du vent et assure ainsi la stabilité de la structure.

Une construction qui prend de la hauteur

En février 2003, le promoteur Emaar Properties, groupe contrôlé en partie par le gouvernement, annonce son intention de construire le Burj Dubaï. À l’origine, le gratte-ciel devait mesurer 560 mètres de haut afin de détrôner la Tour taïwanaise de Tapei 101 (du nombre de ses étages) qui détenait le record de la plus haute tour du monde avec ses 509 mètres.

Le 21 septembre 2004, le chantier démarre. Au fil de la construction, le promoteur n’hésite pas à repousser les limites en demandant d’aller encore plus haut. Il restera muet jusqu’au dernier moment sur la hauteur exacte de son gratte-ciel étincelant, se contentant de dire qu’il dépassera les 800 mètres. Les chiffres définitifs n’ont été communiqués au public qu’en octobre 2009, lorsque le gratte-ciel a atteint sa hauteur définitive de 818 mètres.

22 millions d’heures de travail sur fond de polémique

La Burj Dubaï est principalement construite par des ingénieurs et travailleurs immigrés pakistanais, indiens, bangladais, chinois et philippins. Des articles de presse rapportent que des charpentiers qualifiés travaillant sur le site gagnent à peu près 7,60 dollars américains soit 5,50 € par jour et que les ouvriers gagnent 4 dollars américains soit 2,85 €.

Le 21 mars 2006, les ouvriers se révoltent contre le faible niveau de rémunération et les mauvaises conditions de travail en déclenchant des émeutes et en endommageant des voitures, bureaux, ordinateurs et des équipements de construction. Un officiel du ministère de l’intérieur de Dubaï estime le montant des dégâts à près d’un million de dollars soit environ 720 000 €.

Burj Dubaï en quelques chiffres

Le Burj Dubai est l’élément central d’un gigantesque projet de 20 milliards de dollars, le nouveau quartier “Downtown Burj Dubaï”, un peu au sud du centre historique de Dubaï, incluant un lac artificiel, 30 000 appartements et le plus grand centre commercial du monde le Dubaï Mall.

Il représente

  • 230 000 mètres cube de béton armé
  • 39 000 tonnes de poutres en acier
  • 142 000 mètres carré de verre

Avec ses 200 étages dont 160 dédiés au public, le Burj Dubaï a d’abord été conçu comme un immeuble résidentiel : la décision d’affecter les derniers étages à des bureaux a été prise tardivement. Il comporte une salle d’observation au 164e étage, plus de 1000 appartements, 49 étages de bureaux et un luxueux hôtel de la chaîne « Armani hotels » aux étages inférieurs.

Burj Dubaï, image d’une sortie de crise ou simple mirage ?

Accumulant les projets démesurés, l’Emirat, dont les ressources en pétrole ont tari, a été sauvé in extremis de la banqueroute par son voisin d’Abu Dhabi, le 14 décembre 2009. Dubaï se retrouve aujourd’hui selon les estimations, avec une dette publique de plus de 100 milliards de dollars. Les projets s’enlisent. Pour preuve, la réalisation de Nakheel Harbour and Tower, une tour de près de 1 kilomètre, a été mise entre parenthèses. The World, un ensemble de 300 îles artificielles en forme de carte mondiale, n’a pas encore entamé sa construction. Dubaïland, véritable Disneyland dans le désert pour près de 64 milliards de dollars a été retardé, et les trois îles gigantesques créées en forme de palmier ont bien du mal à trouver preneurs.

Dubaï voit aujourd’hui les limites de son extraordinaire expansion. Gare à l’effondrement.

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