Fin de mandat pour Sembène Ousmane
juin 10th, 2007
J’apprends à l’instant la mort du cinéaste et romancier sénégalais Sembène Ousmane. Avec émotion, car il fut le premier écrivain africain classique que j’ai vu en chair et en os, alors que j’étais encore au lycée. Je ne sais même plus quelle année s’est faite notre rencontre, au lycée de Tokoin. Il était de passage au Togo, sur invitation du centre Culturel Français de Lomé, et je venais de lire sa monumentale saga sur la geste héroïque des syndicats africains, Les bouts de bois de Dieu. Je lisais les grands noms de la littérature africaine dans mon manuel de littérature, dans les années 80, et j’imaginais tous ces auteurs décédés. Quel choc ce fut donc de voir l’homme à la pipe dans la salle de permanence du Lytoko. J’en suis encore tout retourné. La vie, plus tard, a fait de moi un écrivain, et je pense à Sembène chaque fois que je rencontre des élèves qui me disent : « on ne savait pas qu’on pouvait vous rencontrer, M. Alem. » Que la fumée de sa pipe le précède au paradis des croyants !
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Death of the writer and film-maker Sembène Ousmane
Dakar, June 9 (APS) - the writer-film-maker Sembène Ousmane is deceased Saturday evening in his residence at Yoff at the 84 years age, announced his assistant Clarence Delgado to APS. Sembène Ousmane was sick these last times, specified Mr. Delgado,joint at the time when the skin of the film-maker was conveyed to the mortuary of the Hôpital Principal. Born in Ziguinchor, Sembène Ousmane which was an autodidact started with writing by publishing novels like “Le Docker noir”, “Les Bouts de bois de Dieu”, ‘”L’Harmattan” et ‘”Le Mandat”.. The majority of its writings such “Le Mandat” will be screened by Sembène Ousmane itself considered in this field as one of the pioneers of the African cinema. Thus, he realized its first short film ‘Borom Saret’” in 1963, followed one year later by “Niaye”. In 1966, he carried out “La Noire de …”, its first full-length film which gains, the same year, the gold Tanit to the Festival of Carthage. This film will also be worth to him in 1966 the price of the best African film-maker to the world Festival of negro arts in Dakar. Prolix, he then turns in 1968 “Le Mandat”, ‘”Emitai” in 1971, ‘”Xala” in 1974, ‘”Ceddo” in 1977, ”Camp de Thiaroye” in 1988, ”Guelewar” in 1992, ”Faat Kiné” in 2000 et ”Molaadé” in 2004.
CTN”
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18 Comments Add your own
1. Potomitan | juin 10th, 2007 at 22:38
un auteur à qui j’ai consacré mon mémoire de maîtrise, gardé un excellent de lui lors d’une rencontre à Dakar, et vu son dernier film, “Mooladé”.
2. Amédé | juin 11th, 2007 at 1:39
Merci Kangni pour l’info et l’hommage. Le site “senegalaisement” nous fait connaitre un peu plus SEMBENE Ousmane:
Ousmane SEMBENE
Casamançais de coeur et de naissance Ousmane SEMBENE est né à Ziguinchor en 1923. Avant de devenir un des deux plus grands cinéastes du Sénégal, il a été militaire pendant la guerre (mobilisé en 1942). Après un bref retour au Sénégal, il retourne en France juste après la guerre et pratique plusieurs petits boulots : mécano, docker, maçon, ouvrier, etc…). Dès le milieu des années 50, il commence à écrire des romans, sa première passion. A la grande époque des Indépendances, il part en Russie faire des études de cinéma. Dès son retour commence sa grande carrière cinématographique qui fera de lui un des premiers et des plus grands cinéastes du continent.
Ousmane Sembène primé aux USA : Le doyen des cinéastes sénégalais, Ousmane Sembène, a reçu le 5 mai 2001 le Prix Harvard Film Archive de l’Université Harvard de Boston. C’est en marge du Festival de films africains du Lincoln Center de New York. Au cours de cet événement, un hommage a été rendu à Sembène dont le dernier long-métrage “Faat Kiné” était sorti au mois de mai. Au cours du festival, une rétrospective de toute l’Å“uvre cinématographique du réalisateur a été également organisée..
Filmographie
Borom Sarett (1962) / Court Métrage
La misère de “l’après-indépendance” à travers le portrait d’un artisan charretier aux prises avec les problèmes administratifs, financiers et traditionnels. (22 mn, Prix de la première oeuvre au Festival de Tours)
L’empire Shonghay (1963) / Non commercialisé
Niaye (1964) / Court métrage
La société traditionnelle sénégalaise avec ses problèmes vue par un griot : inceste, meutre et spoliation des pouvoirs traditionnels dépeignent un Sénégal dont on ne rêve pas (35 mn)
La Noire de… (1966) / Long Métrage
C’est le premier long métrage africain. L’histoire est celle d’un couple de coopérants qui ramènent en France la bonne qu’ils avaient durant leur séjour au Sénégal. En France, la vie de cette femme n’est pas celle dont elle avait rêvée. Loin de ses habitudes, de ses traditions, de sa famille, elle regrette vite d’être venue. Critique d’une période post-coloniale où l’attitude des européens envers leurs employés africains tenant encore du dominant-dominé même avec les bon traitement prodigués par le couple. Le film a obtenu le Prix Jean VIGO. (65 mn)
Mandabi (le Mandat) (1968) / Long Métrage
C’est un des chefs-d’oeuvre de Sembene. Il traduit bien la société familiale sénégalaise. Un homme respectable reçoit dans son village un mandat de son frère parti travailler à l’étranger. Mais pour toucher ce mandat, il faut un carte d’identité. Pour avoir une carte d’identité, il faut avoir un extrait de naissance, Pour avoir un extrait de naissance …. Bref les contraintes administratives sèment la zizanie dans la vie de cet homme tranquille. Mais c’était sans compter sur les arnaque et l’avidité des griots, arnaqueurs et lointain parents qui ont besoin d’argent. 500CFA par ci, 1500CFA par là , l’argent est vite dépensé avant de l’avoir vu. Et encore, si cet argent appartenait au pauvre Ibrahima Dieng….Ce film a reçu le Prix de la Critique Internationale au Festival de Venise. Il a été tourné en version française et en version wolof.
Polygamie (1969) / documentaire
Problème de l’Emploi (1969) / documentaire
Taw (Pluie) (1970) / Court Métrage
Emitaï (1971) / Long Métrage
Un retour aux sources pour le Casamançais SEMBENE. Emitaï est un génie Diola, génie du tonnerre et de la foudre. Pour le Diola, combattant intégre, résistant et fier depuis toujours, la vie c’est le riz. On supporte donc les Français (le film se déroule durant la période coloniale), tant qu’ils ne touchent pas au riz. Mais la guerre fait rage en Europe, et le Gouverneur du Sénégal demande au Colonel Armand commandant de la région Casamance de réquisitionner le riz pour nourrir les troupes. Cette fois c’en est trop. Bigolo, chef des Diola organise donc l’attaque de l’armée française. Le chef Bigolo trouve la mort dans cette bataille que les diola perdront. Le colonel refuse qu’on enterre le chef (condition sine-qua non pour élmire un nouveau chef dans la tradition diola) tant que le riz n’est pas livré. Les discussions de villages, la fin de la guerre et la chute de Pétain ne changeront pas grand-chose à part le départ du Colonel. Mais son remplaçant aura affaire aux génies de la forêt.
Emitaï est un grand film. Excellent pour comprendre mieux la Casamance. Dix ans avant le début des troubles en Casamance, on saisit le problème de ces Casamançais si originaux, si intègres qu’ils n’ont rien avoir avec les Nordiques, qu’ils soient Français ou Wolof.
JO de Munich / Documentaire
Xala (1974) /Long Métrage
Ceddo (1977) / Long Métrage
Camp de Thiaroye (1988) / Long Métrage
Guelwaar (1992) / Long Métrage
Guelwaar est mort ! Mais ses problèmes ne viennent que de commencer. Après une erreur administrative son corps disparaît et le corp du valeureux catholique est enterré dans le cimetierre musulman. Les autorités arriveront-elles à calmer les familles et à résoudre le problème ?
Faat Kiné (2000) / Long-métrage
Faat Kiné, le dernier long-metrage de Ousmane Sembène, est un hommage à la femme. À la femme seule, mère, célibataire, trahie par deux hommes sans scrupule dont l’un refuse de reconnaître son enfant. Ce film est la deuxième partie d’une trilogie intitulée “Héroïsme au quotidien” dont la première (une fiction en vidéo de 13 minutes) a été montrée vendredi soir au Cices juste avant la projection de Faat Kiné. L’Å“uvre qui dure près de deux heures est l’histoire de l’héroïne éponyme, une femme entre deux âges, tombée enceinte, alors qu’elle préparait son bac, des Å“uvres de son prof. Commence alors pour elle, pour ses deux enfants et pour sa mère, une longue traverse du désert. Mais comme dans un conte de fée, il y eut un happy end. La souffre douleur qu’était Faat Kiné (Venus Sèye) devint une super woman, gérant avec une poigne de fer et un caractère de battante une essencerie, “lieu de rencontre, point de départ et endroit sociologiquement intéressant à observer” (Sembène dixit). Ses affaires marchent et lui rapportent de quoi construire une belle villa, entretenir sa mère et assurer la scolarité de Aby et Djib ses deux enfants. Après avoir vu le film, on comprend pourquoi sa grande première a été dédiée aux membres du Conseil sénégalais des femmes (Cosef). Ce long-métrage, s’il sort dans les salles, va peut-être réconcilier les Sénégalais avec le cinéma populaire, celui qui est destiné au grand public et qui n’a d’autre ambition que de faire plaisir. On y rigole beaucoup, on s’y ennuie à peine. Les scènes burlesques y pullulent. Comme celle où l’une des deux amies de Faat Kiné raconte ses démêlés conjugaux avec un mari polygame refusant systématiquement de porter le préservatif qu’elle lu présente au lit. Il y a aussi des scènes fortes et poignantes comme lorsque Djib est confronté à son père Boubacar dit Bob (Pape Faye, superbe dans ce rôle) devenu une loque humaine après un long séjour carcéral. Ce “père indigne” avait trompé et délaissé l’innocente et frêle pompiste qu’était Faat Kiné, refusant de reconnaître son enfant. Il revient, des années plus tard, participer à la fête qu’organise celle-ci pour la réussite de ses enfants au bac. Sous l’Å“il approbateur des membres du club “Utopies et prospectives” que préside Djib (dont le rêve pas du tout secret est de devenir le président de la République fédérative ouest africaine), Bob, et par-delà lui, tous les représentants de sa génération, reçut une véritable leçon de morale de la part de ce panafricaniste en herbe qui veut changer le monde.
Dans ce film, Ousmane Sembène confronte trois générations de femmes : Mamie, la grand-mère soumise qui accepte avec fatalité son destin ; Faat Kiné, jeune fille des années 70 devenue mère quadra des années 90 et Aby qui, à peine franchie la dure étape de l’adolescence, est confrontée aux dures réalités de l’univers des adultes. Trois femmes, trois réalités d’une société sénégalaise en pleine mutation. “”J’ai eu mon bac, je ne suis pas fille-mère et je ne suis plus vierge”, lance d’ailleurs Aby à sa maman furieuse, comme pour lui signifier qu’elle a le droit de disposer comme elle veut de son corps. Et, du coup, lui rappeler que sont révolus les temps où les collégiennes tombaient enceinte sans le vouloir.
L’un des mérites de l’Å“uvre de Sembène repose dans la distribution des rôles. Des comédiens professionnels (Awa Sène Sarr, Maire Augustine Diatta, Ismaïla Cissé, Pape Faye…) y côtoient des amateurs (Ibrahima Sané, Eloi Coly, Venus Sèye) dans un bel ensemble. Le directeur de la photographie a également rehaussé… l’image du long-métrage avec de jolies prises de vue. Le scénario que Sembène a mis deux ans à écrire ressemble à celui d’un sitcom qui décrit avec truculence les méandres du quotidien. Tout y est, ou presque : l’insistance sur les gros plans qui mettent en valeur les émotions des personnages ; les scènes de “situation” dans lesquelles les personnages s’échangent des réparties comme dans une partie de ping-pong… Comme le dit le cinéaste lui-même dans une interview accordée à notre confrère Baba Diop dans la revue “Ecrans d’Afrique” (deuxième semestre 1998), le film est un ensemble de “tranches de vies” qu’il essaie “d’enfiler pour bâtir une histoire vraie”.
Faat Kiné est-il un téléfilm sur grand écran ? En tout cas, même si ce film grand public va plaire à ceux qui ne s’embrassent guère d’esthétique et ne vont au cinéma que pour se détendre, il ne fera pas l’unanimité dans le milieu des critiques et des puristes du septième art. On est loin de ce “cinéma-poésie” dans lequel (comme le dit bien la critique Simona Cella), le traitement de l’image est privilégié par rapport à l’action narrative. On est loin aussi de ces super productions telles que “Ceddo” auxquelles nous avait habitué le réalisateur. Et puis Sembène semble bien, dans ce film, emboîter le pas à feu Dibril Diop Mambéty dans son option de montrer le dur vécu des petites gens (des infirmes qui refusent de mendier) ou même sa façon de filmer Dakar et de montrer la capitale sous son vrai visage, avec ses contrastes, ses inégalités sociales, ses cars rapides polluants et ses vaches errant dans les ruelles poussiéreuses. Ce choix esthético-cinématographique avait d’ailleurs fait du réalisateur de “Hyènes” le cinéaste des petites gens. Autre reproche qu’on pourrait faire au doyen Sembène, c’est cette omniprésence de la firme pétrolière Total dans un grand nombre de scènes. Le fait que cette société pétrolière ait subventionné son film ne peut pas expliquer une telle démarche. Dans “Tchao pantin”, long-métrage interprété par Coluche et sponsorisé par la même firme, on n’a pas eu droit à une telle campagne de pub.
Modou Mamoune Faye Le Soleil, 29 mai 2000
Les romans d’Ousmane SEMBENE
& Xala
& Le docker noir
& Littérature et cinéma en Afrique francophone de Sada Niang. Assia Djebar et Ousmane Sembène représentent les deux pôles d’une création littéraire et cinématographique africaine ancrée dans l’histoire et le social et reposant sur l’oralité des peuples du continent. A la hardiesse politique et idéologique d’un Sembène répond l’élaboration méticuleuse de regards, de voix, de sonorités, d’espaces naturels et surtout de mémoire d’une Assia Djebar. Tous deux partagent cependant un même désir de réécrire l’histoire, une conjonction des différentes formes de représentation artistique et une interrogation du statut de la femme. Ecrites pour un colloque tenu à Victoria, Canada, en octobre 1994, les contributions recueillies par Sada Niang tentent de révéler les points de convergence et de divergence entre ces deux artistes à la fois écrivains et cinéastes, ou soulignent leurs choix créatifs. Elles en délimitent les lieux, moments et modalités.
& Ô Pays, mon beau peuple : Dans le petit village de Casamance où Oumar Faye vient d’arriver avec sa jeune épouse blanche, les commérages vont bon train. Sous l’arbre de palabre, on raconte que le père Moussa a chassé son fils, que la vieille ne voulait pas de sa bru, que la Française trouvait ses beaux-parents malpropres… On murmure aussi qu’Oumar et les siens veulent chasser les Blancs et qu’après ils se partageront tout… Ce classique de la littérature africaine évoque le combat d’un homme seul pour arracher son pays à une longue somnolence. A travers ce roman, Ousmane Sembene nous offre l’image d’une Afrique tourmentée, révoltée, qui veut se construire en rejetant une tradition aliénante.
& Le Mandat
& Guelwaar : Dans un village, un chrétien est inhumé dans un cimetière musulman. Ce qui ne manque pas d’entraîner des bouleversements et des situations aussi grotesques qu’effrayantes. Ce roman, Guelwaar, s’intéresse à la honte, la servitude, la mendicité, dénonce sous couvert d’un conte la corruption… celle qui fait partie du quotidien de l’Afrique, une difficulté parmi tant d’autres.
& Voltaïque - La Noire de…
& Niiwam (suivi de Taaw) : La nouvelle qui donne son titre au recueil, Niiwam, est un fait divers vrai. Le héros, un paysan étranger à la ville, transporte le cadavre de son nouveau-né dans un bus à l’insu des passagers. La deuxième nouvelle, Taaw, nous plonge dans le monde des bidonvilles. Ce creuset (selon Sembène) où se façonne la nouvelle Afrique.
& Les bouts de bois de Dieu : Ce roman, qui se déroule du Sénégal au Soudan (le Mali d’aujourd’hui), s’inspire de faits réels : la grève des cheminots du “Dakar-Niger”, ces ouvriers noirs qui, entre eux, s’appellent les “Bouts de bois de Dieu”. Ils veulent conserver les traditions, les lois du clan, les coutumes, mais le progrès - implacable - les pousse. Au long de la ligne de chemin de fer, d’innombrables personnages se croisent et se rejoignent : les Africains qui, tant que dure la grève, ont peur, peur du long silence des machines, et, surpris par ce mouvement, les Européens qui s’appliquent à conserver le prestige de la vieille Afrique. Mais au coeur de ces voix discordantes, de ces âmes déchirées, s’élève un amour de l’homme d’autant plus bouleversant qu’il est lucide. Respecter l’homme n’est pas chose aisée…
& Le Dernier de l’Empire
3. th. a. | juin 11th, 2007 at 15:25
Le premier roman africain lu : “Les bouts de bois de Dieu”. Vers 15-16 ans.
Au lycée, avec un ami, Kpakpo Adoté, nous récitions avec des fous rires ces premières phrases de “Mahmoud Fall”, une des nouvelles du recueil poétique intitulé “Voltaique” :
“Mahmoud Fall, le teint bronzé, le nez aquilin, la démarche rapide - mais moins rapide que son regard d’épervier - descendait de la lignée des musulmans sénégalais. Fidèle à la devise de ses ancêtres : “Mon bien est à moi ; le tien rien n’empêche de se le partager”, Mahmoud ne travaillait pas. Plus exactement, il n’aimait pas suer.”
Cela nous amusait. Pourquoi ? Je l’ignore. Dix ans après le lycée, j’ai revu Kpakpo dans un bureau climatisé de Lomé. Je le lui ai rappelé ; il s’en souvenait. La bonne époque.
4. Zik | juin 11th, 2007 at 18:55
C’est dans ces moments de perte que nous nous rendons compte que malgré nos déboires quotidiens, ce continent qui est le nôtre, l’Afrique, produit aussi des géants (même si, comme on dit, parmis nous, ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruits).
Que S. Ousmane puisse reposer en paix.
5. Mayombe82 | juin 12th, 2007 at 9:48
C’est à la radio que j’ai appris le décès du vieil homme à l’éternel pipe.
J’ai eu la chance de lire Les bouts de bois de Dieu lorsque mes fesses chauffaient encore les bancs de l’école congolaise. Que dire de plus sur ce ma-gni-fi-que ouvrage ?
J’ai lu Le docker noir dans mon pays d’exil économique, la France. J’ai été bluffé et sachant que lui-même a été docker, je me suis demandé si ce n’était pas sa propre vie qu’il avait couchée sur papier.
Toujours avec sa pipe, je retiendrai en outre l’éternelle modestie et simplicité de ce très grand homme : « Je gagne assez pour payer ma secrétaire, mes factures et me nourrir. Ça me suffit ! » Quel homme d’art peut en dire autant ? « Quand je suis invité à un festival de cinéma, je paie toujours ma chambre d’hôtel. Je ne veux pas être influencé » Je me souviens que sur ce blog-même, l’histoire des « perdiems » a été abordée, en rapport avec les sous que le crâne rasé le plus célèbre su Sénégal aurait offert à un journaliste français.
Adieu doyen Sembène, tu as tant donné à l’Afrique. @+, M82
6. Serge Poliart | juin 12th, 2007 at 10:07
Un des rares artistes africains à avaoir gardé son indépendance jusqu’au bout. Fait suffisamment rare pour être signalé. Mais la grabde keçon de Sembène a été le passage de la littérature au cinéma. Média plus facile pour toucher les masses (?) Je reste admiratif de son dernier film, “Mooladé”, et merci à Théo de cette belle citation et de ses souvenirs, on diraut que tous les élèves africains que vous étiez aviez lu les Bouts de bois de Dieu. je m’en vais donc chercher ce roman aussi, que je n’ai jalmais lu, mais j’ai vu tous les films de Sembène, et je peux dire que cet autodidacte du cinéma a ouvert la voie à tous ses pairs. Clap de fin.
7. Serge Poliart | juin 12th, 2007 at 10:09
Oh la la LES FAUTES DE SAISIE, ou je suis mal réveillé ce matin, ou c’est habitude des claviers anglais, sorry.
8. Mayombe82 | juin 12th, 2007 at 11:44
Serge Pollart, lé phôte, sa peu arivez a tou le monde.
Sur ce lien, http://rfi.fr/francais/actu/articles/090/article_52701.asp, C.O. Sissoko, cinéaste malien et ministre de laCulture explique pourquoi à son avis, l’Aîné des Anciens était passé de la littérature au cinéma. @+, M82
9. soumbala | juin 12th, 2007 at 22:19
OUSMANE SEMBENE (1923-2007)
Grand écrivain sénégalais et cinéaste majeur
L’OFFRE DE SOUMBALA: CATALOGUE OUSMANE SEMBENE
Le mandat précédé de Véhi Ciosane ou Blanche-Genèse
Le Mandat nous conte avec un parfait dépouillement la mésaventure d’Ibrahim Dieng, chef de famille dans le besoin qui reçoit un providentiel mandat envoyé depuis Paris et qui va tenter de le toucher. Véhi Ciosane traite du difficile sujet de l’inceste dans un petit village sénégalais..
Présence Africaine - Paris - 1976
Niiwam suivi de Taaw
Deux nouvelles à l’écriture incisive. Niiwam retrace un fait divers: la traversée de Dakar, en bus, d’un homme, étranger à la ville, qui transporte le cadavre de son enfant nouveau-né. Taaw nous plonge dans le monde des bidonvilles, creuset où se façonne selon l’auteur une nouvelle Afrique.
Présence Africaine - Paris - 2001
Voltaïque, La noire de ..
Des textes courts, très forts, publiés pour la première fois en 1962 et où le regard incisif du cinéaste se découvrait déjà sous la sensibilité de l’écrivain.
Présence Africaine - Paris - 1971
Ô pays, mon beau peuple !
Ouvre publiée pour la première fois en 1957. Le retour de France d’un Casamançais (qui a certains points communs avec l’auteur) à la veille des Indépendances. Accompagné de son épouse blanche, il va tenter d’insuffler dans le pays de ses origines un vent d’innovation et de progrès bien opposé aux objectifs de l’administration coloniale mais aussi aux intérêts de bon nombre de ses compatriotes…. Press Pocket - Paris - 1975
Le dernier de l’Empire
Roman de politique-fiction: un coup d’état institutionnel est organisé par le Président de la République du Sénégal lui-même. Une occasion pour l’auteur de souligner l’antagonisme qui se développe entre les partisans d’une Afrique francophone, confrontés à leur échec, et les tenants d’un nationalisme plus dur, deuxième génération de l’Indépendance assoiffée de pouvoir.
L’Harmattan - Paris - 1981
L’Harmattan - Référendum
Le début d’une grande fresque (dont la suite ne sera pas publiée) devant décrire un siècle de la vie d’une famille sénégalaise. Première époque: référendum qui nous plonge au cour de la mobilisation en brousse pour voter non au Référendum de 1958.
Présence Africaine - Paris - 1984
Arlette CHEMAIN-DEGRANGE
Emancipation féminine et roman africain
Avec un chapitre intitulé: Prise de conscience féminine dans l’ouvre de Sembène Ousmane.
Nouvelles Editions Africaines - Dakar - Abidjan - Lomé - 1980
Quelques repères
Janvier 1923: Naissance à Ziguinchor en Casamance. Sembène Ousmane fréquente l’école coranique et l’école française qui l’abandonnera (ou qu’il abandonnera..) à 13 ans. Mobilisé en 1942, il sert pendant la deuxième guerre mondiale comme tirailleur sénégalais. Il retourne en France après la guerre et y travaille, en particulier comme docker sur le port de Marseille; il s’implique alors dans l’action sociale et politique. Engagement social et révolte contre l’injustice se retrouvent tout au long de sa vie: Ainsi son premier livre publié en 1956 (Le Docker noir) est directement issu de son expérience marseillaise et, en 1960, le roman Les Bouts de bois de Dieu nous rappelle la lutte que menèrent en 1947-48 les cheminots du Dakar-Niger pour obtenir les même droits que les employés français.
En 1960 il rentre au Sénégal ayant déjà écrit 3 romans et se tourne vers l’expression cinématographique (formation technique à Moscou). Son premier film (court métrage) sera Borom Saret, superbe randonnée à travers Dakar d’un charrette à cheval déjà condamnée par le progrès. Il obtient en 1966 le prix Jean Vigo pour La noire de.., critique acerbe de la condition faite en France aux immigrés, puis réalise Le Mandat (1968) prix de la Critique internationale au Festival de Venise.
Il n’hésitera pas à s’élever contre le Catholicisme et l’Islam qu’il considère tous deux comme destructeurs des structures traditionnelles; Ceddo (1978) sera, de ce fait, interdit au Sénégal. Le Camp de Thiaroye, (1988) hommage aux tirailleurs Sénégalais et dénonciation d’un épisode particulièrement accablant pour la puissance coloniale obtiendra le prix spécial du Jury au Festival de Venise.
Ses dernières oeuvres, Faat Kiné (2000), et Mooladé (2003) abordent de front la situation de la femme africaine et en particulier le scandale de l’excision.
Malgré la reconnaissance générale qui lui était acquise au Sud comme au Nord Sembène Ousmane ne perdra jamais sa fibre militante et sa capacité d’indignation qui caractérisent l’ensemble de son oeuvre.
Sembène Ousmane nous a quitté le 10 Juin 2007. Son oeuvre, écrite et filmée, nous accompagnera longtemps.
Pour vous procurer les films de SEMBENE OUSMANE Soumbala vous invite à découvrir:
La Médiathèque des trois mondes
Quelques sites consacrés à SEMBENE OUSMANE:
Ousmane Sembene : Sénégal
Site de Mount Holyoke College
VOIR TOUT NOTRE CATALOGUE OUSMANE SEMBENE
Les bouts de bois de Dieu
Roman écrit en 1959. Le 10 octobre 1947, les cheminots de la ligne Dakar-Niger entament un mouvement de revendication qui va durer jusqu’en mars 1948; ce fait réel sert de base à cet ouvrage extrêmement fort de Sembène Ousmane.
Press Pocket - Paris - 1976
Xala
La nouvelle bourgeoisie sénégalaise étale son argent et son pouvoir; pour ces hommes d’affaires arrogants tout est permis et tout s’achète. Mais quand un sort implacable (le Xala), châtiment d’une faute ancienne, vient frapper d’impuissance sexuelle El Hadj Abdou Kader Beye au soir de ses troisièmes noces, cela suffit pour que les artifices s’effacent…
Présence Africaine - Paris - 1976
Guelwaar
L’inhumation d’un chrétien dans un cimetière musulman et ce qui s’en suivra. L’occasion pour Sembène Ousmane de dénoncer le chaos moral, religieux et administratif de l’Afrique d’aujourd’hui.
Présence Africaine - Paris - 1996
Catherine RUELLE (ss. la dir.)
Afriques 50. Singularités d’un cinéma pluriel
Cet ouvrage vous propose une histoire en fragments de cette période; un retour en arrière pour montrer combien les regards singuliers apportés par le cinéma d’Afrique constituent un apport décisif pour le cinéma mondial.
L’Harmattan - Paris - 2005
Ismaïla DIAGNE
Les sociétés africaines au miroir de Sembène Ousmane
Cette étude prend en compte l’ensemble de l’oeuvre littéraire de Sembène Ousmane et s’articule autour de trois axes : l’inventaire des facteurs de conflits, la spécification de leur nature et l’analyse de leurs conséquences.
L’Harmattan - Paris - 2004
Notre Librairie - 149
Cinémas d’Afrique
Avec plusieurs contributions se rapportant à Sembène Ousmane.
ADPF - Paris - 2002
Sada NIANG (ss.dir.),
Littérature et cinéma en Afrique francophone: Ousmane Sembène et Assia Djebar
Contributions faites lors d’un Colloque tenu à Victoria au Canada en Octobre 1994.
L’Harmattan - Paris - 1997
NOTRE CATALOGUE CINEMA AFRICAIN
Notre engagement: Vous apporter dans le monde entier, grâce à internet, service, écoute et conseil comme le ferait votre libraire de quartier… mieux vous connaître et parfois vous rencontrer…
Merci de nous informer de toute manifestation ou publication africanistes susceptibles d’être annoncées ou proposées sur notre site. Nous sommes également intéressés par les ouvrages anciens ou modernes sur l’Afrique dont vous souhaiteriez vous défaire.
Nous contacter: Alix Daufresne-Mignot - tel: (33) 04 67 59 85 90 / fax: (33) 04 67 59 85 91 / mel: contact@soumbala.com
Sur rendez-vous uniquement: Librairie SOUMBALA - ZAE Les Baronnes - 34730 Prades Le Lez
10. Peul | juin 12th, 2007 at 22:39
Un artiste révolutionnaire, qui n’avait rien à foutre des esthétiques de salon! Avec des films qui ont toujours été d’immenses succès chez lui.
11. Wade | juin 14th, 2007 at 18:19
Encore un communiste qui disparaît… ah la la!
12. Mayombe82 | juin 21st, 2007 at 13:34
Peut-être le plus bel hommage que j’aie lu à ce jour au sujet du Vieux Ousmane: http://www.mwinda.org/article/sembene.html.
Le doyen E. B-Dongala n’a rien perdu de sa verve. @+, M82
13. chris | octobre 3rd, 2007 at 21:06
tellement juste et realiste les livres de sembene. un homme d’une grande ouverture d’esprit. un tres grand homme !
14. kadre | avril 4th, 2008 at 13:43
je recherche les thèmes d loeuvre la mandat d sembème ousman et l’espace ;le temps
15. CHIOMA UZOHO | septembre 11th, 2008 at 22:58
Vraiment l’ Afrique vient de perdre une des plus grandes figures de sa litterature. Sembene Ousmane est mort, mais je crois que ses oeuvres vivront pour toujours.
16. agbeti magloire kodjo | septembre 18th, 2008 at 11:38
je voudrais dire que le roman mandat me fit un bon arrivé en 3-e. je vous salue
17. Eric Asare | juin 1st, 2009 at 12:33
Je voudrais suggerer qu’une étude est faite sur; l’espace, le schéma actanciel, etc du roman Le Mandat
18. Eric Asare | juin 1st, 2009 at 12:37
Je voudrais suggerer qu’une étude est faite sur; l’espace, le schéma actanciel, les personnages, etc
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