Les 45 ans du Collège Notre Dame…
février 12th, 2007
Le 1er février 2007, visite à Atakpamé (région centrale du pays) pour assister à la conférence de mon ami Cyriaque Noussouglo, professeur de philosophie, dans l’enceinte du Collège Notre Dame du Togo, sur le thème « Diversité culturelle et dialogue des cultures ». La conférence s’inscrit dans le cadre des festivités pour les noces de saphir de la vénérable institution qui a formé une grande partie de l’élite du pays.
Dans la salle, les élèves semblent ne rien piger aux explications détaillées du « choc des civilisations ». Conférence difficile, les gamins sont un peu largués, car les concepts ainsi que le niveau de langage ne sont pas forcément adaptés à leur niveau réel. Je m’amuse à demander à mon voisin le sens du mot « antagonisme », il n’en sait rien. Aïe ! L’élite de demain n’aurait-elle pas la bosse des conflits ? Soudain, Cyriaque perd la voix, le micro ne marche plus : délestage ! Mais l’institution catholique n’a pas 45 ans pour rien, en moins de cinq minutes le groupe électrogène a pris le relais, et Cyriaque a retrouvé sa voix, à temps pour la séance des questions/réponses. Un jeune homme, outré pour je ne sais quelles raisons, s’en prend à la paresse des Africains et affirme, péremptoire : « même notre langue, l’éwé, ce sont les Allemands qui l’ont écrit et développé. Et nous même, on fait quoi ? » Je suis resté perplexe. Les Allemands au Togo ont bel et bien œuvré à la promotion de la langue éwé, avais-je envie de lui répondre, mais quels étaient leurs objectifs ? Parce que, juste au moment où il parlait, je me suis souvenu de cette phrase de Jesko von Puttkamer, capitaine de colonie : « La langue éwé est et reste un dialecte nègre sauvage, extrêmement primitif, qu’il est utile d’apprendre… pour pouvoir se comprendre avec ses travailleurs. Toutefois, la langue d’un peuple civilisé est bien supérieure aux balbutiements de tous les Nègres, à mi-chemin entre la langue des hommes et celle des singes. » Ceci montre à suffisance jusqu’à quel niveau l’éwé écrit a été « développé », et à quelles fins réelles. Avons-nous fini de découvrir tous les mobiles de la générosité du colon ?

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1. Mayombe82 | février 13th, 2007 at 11:16
K.A., ton propos appelle à la réflexion. Je ne sais pas si tu as lu Ama Mazama au sujet de l’Afrocentricité (éditions Menaibuc). On peut ne pas être d’accord avec elle (elle est très virulente et sans concessions. C’est l’une des rares panafricaines qui le courage de ne pas tout gober de C.A. Diop, je ne te parle même pas de Senghor avec sa négritude et surtout avec sa femme blanche). Elle évoque dans ce livre des choses évidentes que toi et moi devons évoquer dans notre quotidien avec nos contemporains :
- Le fait de porter un prénom hérité de la colonisation ;
- Le fait de pratiquer une religion héritée des mêmes conditions ;
- … ;
Tu cites : « La langue éwé est et reste un dialecte nègre sauvage, extrêmement primitif, qu’il est utile d’apprendre… pour pouvoir se comprendre avec ses travailleurs. Toutefois, la langue d’un peuple civilisé est bien supérieure aux balbutiements de tous les Nègres, à mi-chemin entre la langue des hommes et celle des singes. ». Beaucoup de choses sont dites là -dedans, dans la lignée des Balandier, Gobineau, Voltaire, de Tocqueville et j’en passe. L’éternel débat sur le bien-fondé de la colonisation n’en finit pas de faire couler de l’encre et de la salive. Sans parler des doigts et des claviers que cela use. @+, M82
2. Zik | février 13th, 2007 at 16:51
M82,
Sur les 3 points que tu abordes:
1- Le fait de porter un prénom hérité de la colonisation.
J’ai un prénom hérité de la coloniale, j’ai aussi mon nom (celui de mon grand père), et mon prénom (le nom de mon père) hérités de la tradition Fang. Sans être spécialiste, je pense de moins en mois que la symbolique du nom, nous fasse autant de mal que ça. On a vu les limites des programmes d’authenticités en Afrique. Je ne pense pas que Mobutu Sese Seko…Wazabanga eut été plus Africain que “Oliver” Tambo ou “Nelson” Mandela. Quand on est bien dans sa peau et dans sa tête, on accorde moins d’omportance à la symbolique, poir s’attaquer aux problèmes fondamentaux.
2- Le fait de pratiquer une religion héritée des mêmes conditions.
Toutes les religions se sont propagées à la pointe du sabre. Les Romains du temps de Jules César, étaient “païens”. Et oui, le pays qui abrite le vatican aujourd’hui, fut converti au Christianisme, par l’épée. Souvenez vous que les Romains appelaient les Chrétiens “barbares”. Aujourd’hui, le Christianisme est une des grandes religions. Pareil pour l’Islam, le Boudhisme etc… Tout le monde a été converti à un moment donné. La religion authentique n’existe pas. Regardez le protestantisme qui est né d’une séparation avec les Catholiques. Et les Anglicans?
3-Tu cites : « La langue éwé est et reste un dialecte nègre sauvage, extrêmement primitif, qu’il est utile d’apprendre… pour pouvoir se comprendre avec ses travailleurs.»
Les paroles d’Européens ne doivent pas nous empecher d’appréhender proprement nos langues. Ayons la peau dur, et ne faisons pas cas des insultes. Comme on dit chez nous: “ossou” (de l’avant).
3. amba TILL | février 14th, 2007 at 15:08
Chers amis,
Je suis heureuse de vous présenter la couverture de mon troisième roman “LONELY”.
Ouvrez mon blog dans le Monde:
http://ambatill.blog.lemonde.fr/
et venez me retrouver au salon du Livre en mars.
Je vous embrasse.
4. Zik | février 14th, 2007 at 19:20
Qui est cette courageuse Mangoro Dja?
http://www.kewego.fr/video/iLyROoaft81K.html
5. Ada | février 14th, 2007 at 20:35
Nous qui sommes de Lille allons nous régaler ce vendredi au café
L’écart avec le poète tékè, Okoundji. C’est à 20H, et ce sera une belle
soirée de poètes, tant il y en a dans la région.
Merci, Alem, pour ce plaisir de lire. Toi même là …
6. Bruno | février 16th, 2007 at 18:54
Les cathos, ah les cathos, le dernier rempart contre la médiocrité dans l’enseignement en Afrique, le coup du groupe éléctronège montre leur discipline et leur sens de l’organisation. A méditer.
7. franck | février 16th, 2007 at 21:31
Et si on devenait tous cathos? On pourrauit sauver l’Afrique.
8. Zik | février 17th, 2007 at 16:04
Yayi Boni a cannes:
http://www.france24.com/france24Public/fr/archives/debats/2007/Fevrier/Talk-de-Paris-FRANCE-24.html
Bongo a cannes:
http://www.france24.com/france24Public/fr/debats/Talk-de-Paris-FRANCE-24.html
9. Edjidjimo bina wa Bonguma | novembre 30th, 2007 at 18:10
C’est dommage que certains africains se fassent aujourd’hui les défenseurs ardents du colon-blanc-esclavagiste-colonisateur. Quand vous épousez les dires de sieur Jefko lorsqu’il dit que la langue Ewe est une langue de sauvages illustre à quel point le blanc a bien fait son travail pour que nous mêmes Nègres arrivions au point de rejeter ce que nous possedons. En quoi la langue EWe serait elle sauvage? Lorsque deux personnes d’ethnie Ewe se communiquent ils arrivent à se faire comprendre et à transmettre leurs idées. Ce n’est parce que l’homme blanc n’arrive pas à parler cette langue que ladite langue est sauvage. Le problème du Nègre est qu’il veut être la copie coforme de l’homme blanc. Le colon blanc colonisateur-esclavagite est entré en contact avec l’homme noir Africain depuis plus de cinq siècles , dites moi combien de blancs portent ils des noms Africains. Est ce que vous connaissez un français qui s’appellent par exemple Kofi Morin ou un belge qui s’appelle Kalala Van Impe.ou encore un allemand qui s’appelle Mensa Kohler? Vous allez retorquer que le fait de porter un prénom d’oririge occidentale n’enlève rien à votre Africanité. D’accord , mais pourquoi l’homme blanc ne porte jamais un tel jugement? Pourquoi un blanc ne porterait -il pas un nom africain , puisque au fait un nom aficain ne lui enleverait pas son identité caucasienne? Pourquoi ce raisonnement est seulement tenu par le Nègre?
Por continuer ave ce complexe que les Nègres ont d’emprunter des noms étrangers ,je n’arrive pas comprendre comment une femme Noire, Nègresse qui après une grossesse de neuf mois et un accouchement laborieux décident de commun accord avec son mari de donner à sa progéniture un nom d’origine occidentale pour faire honneur au colon-blanc-esclavagiste-colonisateur? Esct qu’une femme juive serait fière de donner un nom Allemand à son enfant? Ou encore une palestiteienne serait fière de donner un nom juive à son nouveau-né?
Quand à la religion, les Noirs africains son devenu des fous de dieu. Plus chrétien qu’un Africain tu meurs. Moi je défini la religion come le façon dont un peuple établi des relations avec des entités spirituelles qui seon lui infuencent sa vie . Ainsi la religion chretienne que beaucoup de Négres embrassent aujourd’hui est une religion d’emprunt inspirée de la mythologie sacrée Israelienne. Lorsque l’on parle de dieu d’Abraham et de Moise par exemple on fait référence au dieu des ancêtres des Israéliens. Alors, moi en tant que Nègre je ne me retrouve pas là dedans. Tout comme quand dans un EWE évoque Hebiesso, Dan ou Egou un Israelien ou un un Français ne se trouve pas concerné. Ce n’est pas pour rien que dans chaque langue , je dis bien sans exception dans chaque langue, il y a un nom pour nommer le createur. Ainsi je ne vois pas pourquoi nous noirs devrions nous embrasser les dieux d’autrui. Nos ancêtres avaient tout de même pensé et réfléchi pour arriver à la conclusion que dieu et des esprits influencent la vie de l’humain. Leur conclusion ne sont ni plus ni moins valable que la conclusion des adeptes de Jesus, de Boudha, de l’islam ou des indous . Alors quand j’entends certains de frères et soeurs prétendre que nos ancêtres ne connaissaient pas dieu ou encore priaient mal je ne peux que dire un tel raisonnement ne peut provenir que de la part d’un individu castré mentalement
Le problème de nous Nègres est que nous avons perdu nos repères spirituelles et mentales et que nous utilisions des repères qui ne sont pas les notres. C’est pourquoi nous n’arrivons pas a concevoir un système politique pour organiser nos socités, C’est dommage qu’aujourd’hui que nos institutions politiques, nos institutions judiciaires, nos institutions scolaires, nos instituions religieuses, nos institutions sociales, nos institutions administrative, nos institutionsé communiqués ne sont que des copies des institutions de l’occident-colonialiste-esclavagiste. L’homme Noir s’oriente avec des repères qui ne sont pas les siennes. Alors, pourquoi s’étonner que le peuple Noir en Afrique tout comme partout ailleurs continue à louvoyer? L’homme Noir est seul peuple au monde qui porte le nom de son oppresseur-colonialiste-esclavagiste. L’Homme noir est le seul peuple qui a rejeté la façon dont ses ancêtres conçevaient leur relation avec le créateur, l’être supreme.
Pour conclure l’homme noir a besoin d’une reprogrammation mentale pour sortir du cadre mentale que le colon-blanc-esclavagiste-colonisateur le maintien pour redevenir lui-même.
Le Nègre authentique,
Edjidjimo Bina Wa Bonguma Nkumu N’kolo M’pifo
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