Le pays, ses airs de réconciliation…

février 7th, 2007

Adebayor_KaderDancing.jpg1. Ce soir, 7 février 2006, match amical entre le Togo et le Cameroun, sous la conduite de Stephen Keshie, autrefois viré par Rock Gnassingbe, lequel vient d’être viré lui-même pour laisser sa place au milliardaire Tata Avlessi.  On dit le Togo sur la voie de la réconciliation. Un match de foot suffirait-il à éprouver le concept ? Il est vrai que la chute de Rock Gnassingbe a redonné du baume au cœur aux supporters togolais, lesquels voient le retour du technicien Nigerian comme le signe d’une bénédiction et la revanche contre un système décrié. On verra si Keshie survivra à la trop grande admiration de ses supporters.
2.       En attendant, hier 6 février, le plasticien togolais Sokey Edorh avait décidé de mettre le discours sur la réconciliation à l’épreuve. L’homme a de la suite dans les idées. Le 4 Octobre 2002, à la veille de la célébration de la date du 5 Octobre 1990, anniversaire du premier soulèvement contre la dictature de feu Gnassingbe Eyadema, Sokey (dont le prénom signifie réconciliation et pardon !) avait sculpté une statue de jeune lanceur de pierres, un de ces « Ekpémog » qui ont donné leur vie lors du soulèvement, et l’avait installé sur le plus grand boulevard de Lomé, en fac du commissariat central. Sa performanc attira du monde, badauds et flics compris. Trois jours plus tard, la police arrêtait le lanceur de pierres et le mettait en cellule, au propre. Quatre ans plus tard, à l’heure où l’on dit le peuple et l’armée réconciliés, Sokey a décidé d’aller faire une demande de libération et de restitution du lanceur de pierres. La veille, il nous avait prévenus par sms de l’heure et du lieu de sa nouvelle performance. Quand j’arrivai sur les lieux, la première phase de sa performance artistique et politique avait commencé. Il exécutait une danse rituelle : un sac en bandoulière frappé du drapeau togolais, dans les mains un drapeau français et un autre de l’UE, il se promenait sur le terre-plain en face du night club « Sunset Boulevard ». Salut militaire à un camion de gendarmes qui passe, les hommes en armes s’étonnent visiblement de cette danse sous le soleil, en pleine rue. Sa danse terminée, il nous invite à l’accompagner à la direction de la Sûreté Nationale pour la deuxième phase, la demande de restitution.

sokeyportrait_01.jpgSur place, les flics ont l’air tout étonnés d’une telle demande, et nous expliquent l’histoire de l’arrestation de la sculpture. Des riverains apeurés auraient fait appel à la police pour qu’elle enlève l’objet. Seulement, nous disent-ils, eux ne peuvent prendre la décision de rendre l’objet d’art, il faudrait que nous retournions au Commissariat Central parler à leur patron. Au moment de repartir vers cette nouvelle destination, un flic nous met en garde contre l’homme à qui nous allons faire la demande, il serait un impulsif, et pourrait mal interpréter notre démarche. Nous le remercions et démarrons vers le commissariat cebntral. Manque de pot ou subterfuge, quand nous avons demandé à rencontrer le commissaire, il nous fut expliqué qu’il était absent, et que nous devrions revenir à 15 heures. Sokey décida alors que la performance était finie, et qu’il reviendrait seul plus tard. Nous nous sommes retrouvés plus tard autour d’un pot, et discuté autour de la notion de courage et de responsabilité. « Il n’y a pas d’intelligence sans courage », disait Sokey citant Kant.
3.      Ce matin, surprise, nouveau sms de Sokey. J’avais oublié de dire qu’en face du Sunset, il avait également déposé une autre sculpture pou une performance intitulée « Togo à vendre », avec son numéro de portable marqué dessus pour discuter du prix de la vente d’un pays qu’il dit bradé aux puissances étrangères ! Eh bien les flics l’ont appelé ce matin. « J’ai eu la visite des forces de l’ordre à l’exposition du boulevard au passage du Président Faure, disait son sms. Il a tourné la tête pour regarder son Togo à vendre. J’ai été convoqué par téléphone, je me suis rendu sur les lieux, à suivre… » J’ai appelé Sokey de suite, il rigolait au téléphone, il ira les voir plus tard. Peut-être le lanceur de pierres sera-t-il enfin libéré et la vraie réconciliation mise en branle au Togo. L’art est le meilleur révélateur selon Sokey de l’état mental d’un pays qui se cherche. Affaire à suivre…
     

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29 Comments Add your own

  • 1. Nouveau venu  |  février 7th, 2007 at 17:44

    Donc il y a encore des gens à couilles dans le pays des Gnassingbe? Felicitations pour toutes ces bones nouvelles, il en fauit du courage pour rebâtir le pays.

  • 2. sami  |  février 7th, 2007 at 17:44

    Là, tu jongles, KA! Entre les prestations et les provocations légitimes de l’artiste et la réconciliation, où veux-tu trouver le moindre rapport? Réconciliation, ce serait quoi? Tu penses vraiment que ce que tu racontes a le moindre rapport avec les malaises profonds de ce pays? A moins que tu surévalues l’importance de l’art et de l’artiste!

  • 3. franck  |  février 7th, 2007 at 18:19

    Si mes souvenirs sont bons, on s’est réconcilié plusieurs fois déjà au Togo. Pourquoi continue t-on de le faire ? On est réconcilié ou on ne l’est pas.

  • 4. sami  |  février 7th, 2007 at 18:27

    Franck, pour moi, l’autre question c’est réconciliation de qui avec qui? Juste entre les élites politiques? Entre des groupes de populations qui s’étaient affrontés? Un nouveau projet de société où tout le monde, du moins la plus large diversité de gens, se reconnaîtrait? Peut-être réconciliation des gens avec une pus grande possibilité de subvenir à leurs besoins primaires? C’est un mot que j’ai toujours eu du mal à comprendre. Que veut dire au juste chaque personne qui le prononce ou le proclame?

  • 5. Richard  |  février 7th, 2007 at 18:42

    Sokey qui est un garcon intelligent est certainement conscient de l’inanité de son geste. C’est l’artiste qui manie l’art comme ironie pour montrer les limites du discours officiel sur la réconciliation. Effectivement, réconciliation avec qui? Ceux qui tuent n’ont jamais demandé pardon à leurs victimes. Sami a déjà posé toutes les questions que soulève la notion de réconciliation. Mais la performance sur le « Togo à vendre », c’est quand-meme une provocation marrante, mais qui a un sens profond sur ce qu’est devenu ce pays. Sami, je suis sur que ca a du t’arracher un petit sourire, meme si…

  • 6. franck  |  février 7th, 2007 at 18:48

    C’est un de ces mots qui, à vouloir tout dire, ne signifie plus grand-chose. Il est mis à toutes les sauces politiques de ces dernières années dans nos pays comme s’il eût suffi de le dire pour que tout aille mieux. Un gouvernement d’union nationale en est l’expression le plus achevée. On met les adversaires politiques ensemble, il se partage le gâteau et chacun est supposé content. En fait quand on parle de réconciliation dans nos pays on demande au gens de passer l’éponge. Passer l’éponge et vivre dans le présent. Comment construire, construire l’avenir, si seul le présent compte –et quel présent ?- et le passé est oublié. Il y a des sociétés ou l’on parle du devoir de mémoire. Pas dans les nôtres apparemment.

  • 7. sami  |  février 7th, 2007 at 19:46

    Oh que si, Richard, j’ai ri plutôt. Et là, l’artiste est dans son monde, avec l’aisance à ironiser, à faire rire tout en suscitant la réflexion. Mais la façon dont l’enfoiré pose le problème est un peu vicieux. Tu crois que si « on » avait pris cela avec humour, cela aurait signifié réconciliation? Diversion plutôt. Puisque peu de personnes auront vu la provocation matérialisée, l’ironie sur support. Et les questions comme celles de Franck restent là, intactes. Sinon, devant une pancarte « Togo à vendre », on peut pisser de rire. Sauf que, hum! Soyons sérieux et humbles: il n’y aura pas tant que ça de clients!!! Si, peut-être les Chinois!

  • 8. Richard  |  février 7th, 2007 at 19:53

    Pas seulement les Chinois. Les Libanais n’auraient pas hésité non plus à se l’approprier. Pour une bouchée de pain, en plus! C’est un peu désabusé d’en arriver à de telles conclusions cinglantes sur un pays, mais comment faire autrement?

  • 9. sami  |  février 7th, 2007 at 20:23

    Allez, Richard! un nouveau panneau: Circulez, ce pays ne sera jamais à vendre! Aucun pays de ce continent se sera à vendre, même s’il dépose le bilan. Je me souviens, il y a longtemps, d’un reportage sur le Niger, sur une chaîne française. Une Nigérienne, je ne sais plus de quelle spécialité, décrivait son pays comme une entreprise en faillite et estimait qu’en toute logique il devait déposer le bilan ou chercher un repreneur. Dures paroles, avec mélange de réalisme et de second degré!

  • 10. Aliti  |  février 8th, 2007 at 11:58

    « L’art est le meilleur révélateur selon Sokey de l’état mental d’un pays qui se cherche. » Il a raison. prenez la musique togolaise et vous comprendrez nos soucis, tout le monde chante Dieu, le désespoir. Le pays est une église géante, on a envie de baisser les bras.
    Moi je n’ai pas lu le texte de la même manière que toi, Sami. je ne vois pa où il est dit que le geste de l’artiste cherche la « réconciation » comme disait Eyadema, au contraire je crois qu’il se moque de cela… ce pays et ses réconcialiations artificielles, c’est justement cela le sens de la provocation artistique, non?

  • 11. Ibrahima S.  |  février 8th, 2007 at 11:59

    K.A., vos Eperveirs sont vraiment petits devant les Lions, 2 partout, dommage.

  • 12. Hotep  |  février 8th, 2007 at 12:03

    Sami, merci de relever que notre frère a peur de parler.
    K.A, de quoi avez-vous peur au juste, en vous cachant derrière ces conneries de Sokey, des élucubrations d’artistes comme vous qui ne veulent pas dire la vérité au peuple?

  • 13. Mayombe82  |  février 8th, 2007 at 15:12

    Sami,

    A ce jeu de « vendre le pays », au Congo-Marien, les gens ne sont pas en reste. Et quel est le pays qui a la côte pour qu’on aille lui proposer l’achat ? Le Japon !!! Quelle réputation flatteuse ils ont, ces Japonais… @+, M82

  • 14. Eloi  |  février 8th, 2007 at 16:26

    « VENDRE LE PAYS », ça choque si durement ? Hia ! Hia Hiaaa !!!
    C’est la période des braderies étatiques en Afrique. L’artiste a vu juste: c’est le tour du Togo. Faites donc vos offres !
    4,5 milliards de phosphato-dollars ! Qui dit mieux ?
    - Moi ! Je propose ma sculpture contre le pays .
    - Quoi? Tu te crois Picasso ? Répond le Commissaire… briseur, euh, pardon priseur.
    - Non, je ne suis pas Picasso mais celui qui pique les sots au pouvoir…

    Bref, passons !
    J’ai bien lu HOTEP ? Peur de quoi?
    Le fait même de dire que « notre frère a peur de parler » démontre à suffisance le genre de pays qu’est le Togo.
    Bravo KA et Sokey !!!

    Pauvre Togo bien aimé !

  • 15. A.T.Q Vigilant  |  février 8th, 2007 at 17:00

    Combat de l’ART contre l’ARME ? Non, plutôt de l’ARME contre LARMES !
    Où sont donc les élucubrations d’artistes ?

  • 16. Zik  |  février 8th, 2007 at 17:27

    Sami post 9,

    En référence à la reflexion de cette Nigérienne demandant à son pays de simplement mettre la clé sous le paillasson, il y a un pays qui a déclaré faillite il n’y a pas longtemps: L’Argentine. L’Argentine s’était retrouvé avec un taux de chomage de 30%, une dette extérieure de 145 milliards de dollars. L’économie s’écroula et le pays fut prononcé en cessation de paiement. C’est le FMI qui prendra en main le pays et exigera la démission du président et de ses acolytes. Ce qui est spectaculaire dans cette affaire est qu’en 1950, l’Argentine était parmi les 10 pays les plus dévéloppés du monde. Peut être que devant l’echec, les pays Africains devraient avoir le courage de déposer leur bilan.

  • 17. Blaise KIBONZI  |  février 8th, 2007 at 18:43

    Comme ça KESHI est de retour chez les éperviers ?

    Moi je dis un grand BRAVO au peuple togolais !!!!! A l’heure où les 9/10 des sélections de football africaine frncophones ont à leur tête des entraineurs français.

    Ce re-geste du TOGO a pour moi la même signification que celle des anglais ayant porté un suédois à la tête de leur sélection de football. Dans ce monde de brut qu’est parfois l’univers du football (il faut le dire), ce geste est la marque de la tolérance et de la grandeur d’un peuple.

    Peuple togolais si vous êtes capable de faire ça, je ne doute même pas une seconde sur votre capacité à vous réconcilier durablement dans le futur.

    Pour ma part je peux dire sans aucun risque de me tromper que c’est pas demain qu’on verra un gabonais à la tête des Diables Rouges du Congo. Mais par contre le Yougoslave et le français seront les bienvenues. Ceux là même qu’on a pris l’habitude d’appeler des « sorciers blancs », parce qu’ils arrivent à qualifier une équipe Africaine dans des éliminatoires entre africains …pour une Coupe du monde

    Blaise (de retour)

  • 18. sami  |  février 8th, 2007 at 20:52

    Vendre le pays c’est une idée que des artistes ont déjà utilisée avec beaucoup de bonheur. Dans L’automne du patriarche, 1975 pour la traduction française, Garcia Marquez fait vendre au héros dictature son île quelque part dans les Caraïbes. Belle scène où les Américains qui ont acheté le pays viennent le découper en morceaux, la mer comprise, pour l’emporter à bord des avions. Ailleurs, les gens sont déjà allés plus loin, bien plus loin. Ah oui, le spectaculaire écroulement de l’Argentine, comme un château de cartes, Zik! Mais je crois qu’ils se sont déjà remis sur les deux pieds, ces gens-là. Ils ont quand même des bases pour rebondir. Ailleurs, le pire, c’est qu’il n’y a même pas de base. Et au-delà des mots ce ne serait simple pour personne de mettre debout ce qui ne l’a jamais été.

  • 19. Zik  |  février 8th, 2007 at 22:04

    Sami,

    Et comment, l’Argentine s’est remise sur pieds grâce à des remèdes de cheval:
    -Démission du président et de toute son équipe.
    -Prise en main des affaires par les technocrates que compte le pays.
    -Réduction du train de vie de l’état.
    -Réduction du chomage en investissant massivement dans le secteur privé.

    Pas sorcier ces méthodes. Mais en Afrique, qui va les appliquer? Regardez comment le Botswana et l’Ile Maurice dament le pion au reste des pays d’Afrique. Le Botswana ayant à peut près la même population que le Gabon, a un revenu par habitant de 11000 dollars, le Gabon lui a 7200 dollars par habitant. L’Ile Maurice, qui a la même population que les deux ci dessus, a un revenu par habitant sans appel de 13500 dollars.

    Blaise, dans les années 80, un Congolais fut entraineur du Gabon. Si ma mémoire est bonne, son nom était Lipopo Filan… quelque chose. J’étais trop jeune pour vraiment m’en souvenir. Je ne sais pas si c’était un Congolais du Congo, ou un Congolais du Zaïre (comme on dit à LBV).

  • 20. Mayombe82  |  février 9th, 2007 at 9:04

    Zik et Sami, Le cas de l’Argentine est des plus intéressants. En effet, ils avaient des bases les Argentins.

    Zik, ce n’est pas au Botswana que tu verras des éléphants blancs tels que le Transgabonais ou le Palais du bord d emer.

    Pas le temps de développer aujourd’hui! Inch’Allah, j’y reviendrai. @+, M82

  • 21. Blaise KIBONZI  |  février 9th, 2007 at 10:47

    ZIK, LIPOPO est en effet un ancien célèbre défenseur zaïrois (pardon) congolais RDC.

    Cher ZIK, sans être mauvaise langue, qu’un congolais de Brazzaville se retrouve à la tête d’une équipe ou sélection gabonaise ne m’étonnerait pas. Mais c’est l’inverse qui me semble impossible dans le Congo (Brazzaville) d’aujourd’hui. Et c’est ce que je ne cesse de reprocher à mes frères et soeurs congolais.

    Je leur répète inlassablement que la force de ce petit pays qu’est le Congo résidait dans son ouverture sur les autres pays africains d’abord, puis sur le reste du monde. Malheureusement ce pays et ce peuple sont allés s’enfermer dans une espèce de nombrilisme et d’autosuffisance qui l’a coulé aujourd’hui. Après il s’étonne que nous soyons la lanterne rouge de l’Afrique. Pardon on vient de remporter le Coupe d’Afrique Junior de foot ce qui a donné droit à un jour férié au Congo.

    La nommination du Nigerian KESHI à la tête de la sélection togolaise c’est quelque chose qui m’a toujours ému et continue de m’émouvoir. ça me fait penser au Congo d’antan. Celui que j’ai tant aimé !

    Tiens ZIK, sur mon blog, en parlant de mes années de LYCEE au CONGO, je me suis rappelé que ma prof de Biologie en Terminale (année 1981) fut Mme MINKO, une gabonaise !!!

    Finalement j’ai eu beaucoup d’enseignants gabonais au Congo. J’avais déjà parlé ici de Monsieur BOUMA qui m’enseigna la « Géologie minière » en Maîtrise de Géologie au Congo. Il faisait des aller-retours Libreville/Brazza juste pour venir nous enseigner.

    Mme MINKO quant à elle était implantée au Congo. On disait qu’elle était épouse d’un diplomate gabonais.

    Mais quelle beauté !!!!

    Une tête bien faite dans un corps bien fait. Elle aurait remporté haut la main le concours de Miss Gabon et de Miss Afrique Centrale. Pour Miss Afrique ça aurait été un peu difficile vu les canons de l’Afrique de l’Ouest. Enfin bref, là n’est pas le sujet !

    De Mme MINKO je garderai la folle ambiance qui règnait dans la classe lorsqu’on aborda le chapitre sur la REPRODUCTION chez L’HOMME. Elle était très gentille Mme MINKO, elle avait pris la question depuis la base. En nous disant (avec son bel accent gabonais) que « vous ne savez rien sur ce sujet. Je vais tout vous expliquer ». Jamais cours n’a été aussi passionnant. Tout le monde avait tout compris sur la Reproduction chez l’homme. Les questions fusaient de tous les cotés. Et elle répondait à tout. Des enseignants comme ça. On en réclame ! On le lui rendit bien par un taux de réussite exceptionnel au BAC.

    Merci Mme MINKO.

    Blaise

  • 22. Zik  |  février 9th, 2007 at 16:43

    M82,

    Notre inenarrable leader vient de refaire son palais du bord de mer. Cout? D’après la lettre du continent: 125 milliards cfa! L’originalité de ce palais? La nuit, les murs passent du vert au jaune puis au bleu, en boucle, les couleurs nationales. Non content de cette frivolité, il vient de s’offrir un airbus dernier cri, tout neuf. Lui qui a déjà 4 falcons présidentiels, 2 hélicoptères Puma présidentiels (un pour lui et un pour madame). Ah, il y a des gens qui vivent bien…

    Blaise, un de mes oncles aujourd’hui décédé, Mr Nkoghé, un inspecteur de l’éducation national et patron pendant longtemps du mouvement scout au Gabon, fit une longue carrière dans l’enseignement au Congo. Il parlait d’ailleurs très bien une langue qu’il appelait le monukutuba (désolé si j’ecorche l’orthographe). Mais en bon Africain, mon oncle est revenu au Gabon polygamme, une Gabonaise et une Congolaise. J’étais hors du pays à sa mort, mais quand je suis rentré, on m’a dit que sa femme Congolaise avait été déposédée des biens par la coutume qui veuille que la première femme reçoive la part du lion. Elle est donc rentré au Congo. Mais ses enfants sont encore au Gabon et deux sont au Canada.

  • 23. Zik  |  février 9th, 2007 at 17:17

    Blaise,

    Au Gabon, s’il fallait compter sur la main d’oeuvre locale, les établissements scolaires fermeraient. D’après les statistiques du ministère de l’éducation, près de 40% des enseignants sont de nationalité non Gabonaise. Quand j’étais au lycée, j’ai eu des profs des 2 Congo,du Burundi, de la RCA, du Tchad, du Maroc, du Senegal, du Mali, de le Guinée conakry, du Niger, de la Cote d’Ivoire, du Benin et de Haiti. Mais le prof dont je garde un souvenir « hormonal » fut mon prof d’Anglais de seconde, une Senegalaise mariée à un Gabonais. Elle, c’était une « brick-house ». Quand j’étais en seconde, au lieu d’étudier mes verbes irréguliers (to begin-began-begun), je rêvais de me perdre dans son magma… Bon j’arrête car on va encore m’accuser de poluer le blog de vulgarité.

  • 24. sami  |  février 9th, 2007 at 17:24

    Zik, c’est une bonne chose, ce palais. Souhaitons plutôt qu’après sa mort, il n’y ait de Gabonais idiots pour le détruire. C’est grâce à de telles folies que des monuments sont nés dans toutes les grandes nations qui attirent aujourd’hui des millions de visiteurs par an. Le château de Versailles en est un exemple. Ce qu’on peut reprocher à beaucoup de dirigeants africains, c’est de ne pas utiliser leur argent pour de telles oeuvres. Peut-être parce qu’ils savent que c’est plus facile de léguer du fric en banque à leurs enfants que de telles réalisations qui finissent un jour ou l’autre par revenir au pays. De telles oeuvres restent. Dans cent ans on aura déjà oublié comment sont morts les Gabonais, mais on pourra retrouver ce château comme la marque d’une époque. En tout cas, c’est un bien meilleur investissement que s’il avait utiliser cette somme pour soulager la misère de quelques personnes. Car, reconnaissons-le, toutes les nations que nous admirons et opposons favorablement aux nôtres ne se seraient pas ainsi construites si elles n’avaient pas compris qu’un projet de nation ne repose pas sur les moyens de donner à manger dans l’immédiat à tout le monde. Sur ce point, je me désolidarise de toi et je dis bravo à Bongo. Quand ce château deviendra dans un siècle l’un des plus grands musées ou centres médicaux africains, on saura qu’un bout d’homme avait eu à une époque une bonne idée. C’est ce qui a manqué à nos rois et empereurs. Aucune trace valable aujourd’hui de leurs gloire et folies. Ils ont laissé pour la plupart d’entre eux des siècles de vide. Pas une ville, pas une pyramide… Je suis un fervent admirateur de la Basilique du Vieux ivoirien. Les Napoléon sont aujourd’hui purgés de leur part de sang versé pour n’être plus que de grands symboles dont on ne cite que les réalisations autour desquelles des identités continuent de se construire.

  • 25. Zik  |  février 9th, 2007 at 18:00

    Sami, ce que tu dis est historiquement vrai. Mais j’aurais aimé que Bongo pense aussi à nous doter de la plus imposante université de l’univers. Pourquoi ces folies restent elles seulement pour des palais?

  • 26. sami  |  février 9th, 2007 at 18:16

    Parce qu’on peut transformer le palais en ce qu’on veut plus tard. On peut plus facilement mettre la main sur un palais que sur des comptes en Suisse. Certaines universités célèbres d’aujourd’hui étaient des palais ou des locaux de riches institutions religieuses. Une oeuvre durable est convertible. Ce palais pourra devenir un jour l’une des plus prstigieuses universités du monde, à condition que le Gabon soit un jour capable d’abriter l’une des plus prestigieuses universités du monde. Si on peut implanter un château dans le vide, la plus prestigieuse ou imposante université ne peut exister que dans un contexte culturel, social, etc., global. C’est pour ça qu’il est plus facile de construire des châteaux dans certains contextes.

  • 27. Blaise KIBONZI  |  février 10th, 2007 at 20:02

    ZIK, en parlant des enseignants africains, au Congo, il y en a un qui a laissé une trace indélébile c’est le Guinéen SEKOU, qui fut longtemps prof de Mathématique à l’Université de Brazzaville. Tout étudiant congolais le connaissais de renommée. On disait de lui qu’il s’était exilé de la Guinée Conakry à cause de l’autre SEKOU qui aurait exterminé toute sa famille et lui, avait réussi à s’enfuir pour se réfugier au CONGO-BRAZZAVILLE, qui fût d’ailleurs pendant longtemps une terre d’accueil pour les intellectuels aficains menacés dans leur pays par des dictatures (paradoxe car le Congo était aussi une petite dictature). Un prof d’Université en DROIT de nationalité centrafricaine (dont le nom m’échappe) était aussi de ceux-là. Ils étaient au Congo comme chez eux.

    C’est ce Congo là, que j’aimais et que j’ai aimé. Je doute malheureusement aujourd’hui que nous puissions un jour retrouver ce Congo où même ses propres fils et filles sont obligés de le fuir.

    Mais comme dirait un sage « gardons espoir ».

    Blaise

  • 28. Mayombe82  |  février 12th, 2007 at 13:23

    Ce qui me fait le plus rire ou peur avec ces palis que nous disons ne pas apprécier, c’est d’entendre les gens dire « dès que ce con meurt, on va casser tel machin, ou tel palais » alors que l’on peut très bien préserver tout cela pour en faire autre chose.

    Zik, moi aussi je préférerais que Albert Bernard bongo devenu Omar Bongo Ondimba construise même un IUT ou un IUP (ou des équivalents, peu importent les abréviations !) dans chaque région. Mais je me console en me disant que peut-être qu’un jour un autre, un peu plus sérieux transformera ces palais en musées de l’Unité nationale, en mausolée de je ne sais quoi avec ce qu’il faut justement pour attirer tous types de touristes. Feu le baron Georges Eugène Haussmann pourrait rire aujourd’hui s’il voyait la ville de Paris et surtout s’il entendait tout ce que certains peuvent dire de cette ville, dite ville-lumière. Après avoir été sous-préfet et préfet ailleurs, en juin 183 il est nommé préfet de la Seine, jusqu’en janvier 1970. Il a mis en place un vaste plan de rénovation de Paris, dont on dit qu’il a transformé la ville fut transformé à 60ù, en bien. Après avoir espéré intégrer le gouvernement, il fut viré par le nouveau pouvoir d’Emile Ollivier pour « gaspillage » Aujourd’hui, j’entends les gens vanter ces quartiers et ces bâtiments très « haussmanniens ». @+, M82

  • 29. kekeli  |  février 14th, 2007 at 18:01

    Cela me fait plaisir de tomber sur le blog de Kangni dont mon prof de littérature qui était aussi le sien à l’université, je crois (M. Togoata Apedoh-Amah) ne cessait de m’en barder les oreilles, ensuite de voir qu’il ya des gens conscients en Afrique, conscients des problèmes que la jeunesse rencontre chaque jour et d’avoir le courage d’en rire un peu, histoire de se mettre du baume au coeur. Envers et contre tout, j’aime mon pays le Togo, c’est pourquoi j’y habite encore malgré que j’y vivotes ayant qd même eu les moyens de le quitter, même si certains disent qu’il est déjà tout entier privatisé avec tous ses habitants !! Bien à vous ! mia dogo lé internet dzi !! (et puis il faudrait dire au web master de changer la couleur des cases de nom, e-mail, … cela fait hyper mal aux yeux et moi qui ai des problèmes de vision, j’ai un sacré mal à les remplir!!!!

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