KIVU, AU COEUR DE LA VIOLENCE

janvier 13th, 2007

couv-kivuws.jpgLe Kivu, cette région au coeur de la République Démocratique du Congo, fait partie de ces noms qui reviennent souvent dans l’actualité politique africaine, sans qu’on sache réellement ce qui s’y trame… Un écrivain vivant dans cette région, Floribert Mugaruka, vient d’écrire un livre de témoignages sur les drames voire les génocides qui secouent le Kivu. L’occasion d’en savoir un peu plus sur le « mystère Kivu »…

Présentation du livre, à paraître aux Editions Ndzé (collection Témoins)

Kivu au coeur de la violence,

par Floribert Mugaruka Mukaniré, parution: mars 2007, 14,50 €

masque_kivu.jpgUn livre de référence sur le Kivu. Il comprend trois composantes:

Des témoignages sur les atrocités commises au cours des dix dernières années dans le cadre de l’holocauste le plus meurtrier que l’Afrique ait jamais connu. En particulier la relation des sévices subis par l’auteur.

Des récits historiques sur les relations chaotiques entre le Rwanda et le Kivu depuis le XIIIème siècle.

Des informations sur les divers intervenants du conflit, miliciens, armées officielles et officieuses, dirigeants, partis.

Pour en savoir plus ou commander le livre… http://www.ndze.com/

Entry Filed under: RES PUBLICA

32 Comments Add your own

  • 1. Zik  |  janvier 13th, 2007 at 23:19

    Après avoir lu le témoignage de l’auteur, on reste totalement abasourdi par l’extrême atrocité des tueries, viols et tortures. On a l’impression que ces actes avaient pour but d’engendrer une telle terreur chez les populations, que l’idée même de révolte ne leurs viennent pas à l’esprit. Les bandes armées du Kivu n’ont pas cessés de détourner de ces territoires conquis, toutes les activités commerciales à leurs profit. L’extorsion de tributs et le recouvrement des taxes,ainsi que le transfert régulier systématique des richesses vers leurs bases arrières dans les pays voisins. Mais bon, je vois déjà venir les excuses sur mesure, quand on parle de nos atrocités. Dans le cas présent: « c’est la faute aux Belges »…

  • 2. K.A.  |  janvier 14th, 2007 at 0:40

    Un extrait (attention, lecture difficile)

    Extrait du témoignage de Gisèle, habitant à Kaniola, à quelques kilomètres de Walungu, où réside Floribert Mugaruka Mukaniré

    Je suis couchée avec, à mes côtés, mon mari et mon fils cadet, âgé de 4 mois. Il est 22 heures quand un violent coup de botte fait voler la porte de la case en éclats.
    Mon mari met pied à terre, sur des débris de bois, quand une lumière violente illumine la pièce. Les trois autres enfants qui dormaient sur un lit de l’autre côté se réveillent.
    « Debout ! » ordonne en kinyarwanda l’homme à la torche tandis que la case se remplit de miliciens armés. En entendant cette langue, je comprends avec terreur à qui j’ai affaire : ce sont des Inters !
    On assoit de force mon mari près du foyer, adossé au poteau qui soutient la toiture et on lui ligote les mains dans le dos. Je suis ligotée à mon tour, à l’aide d’un pagne, sous l’œil de mes enfants assis sur leur lit. Un des agresseurs remonte le pan du maillot de mon mari sur son visage, pour lui cacher les yeux. Il lui assène un premier coup de couteau dans le dos, entre les côtes.
    « Soutiens-moi, Gisèle ! » crie-t-il dans un râle, avant qu’un autre milicien lui enfonce son poignard jusqu’au manche dans la poitrine. Un troisième l’achève d’un coup de couteau qui lui déchire le ventre jusqu’au nombril. Ses intestins se répandent sur son bas-ventre.
    Les miliciens me poussent vers la sortie, pillent tout ce qui peut s’emporter dans notre modeste case, et y mettent le feu, sans s’occuper des enfants, ni du cadavre de leur père.
    Ils s’attaquent ensuite à la case voisine, où le même scénario se répète.
    Je vois des dizaines de maisons en flammes, car les agresseurs sont nombreux. Les miens me saisissent pour m’emmener avec eux, ainsi que deux autres femmes et trois hommes chargés de transporter le butin du pillage. À quelques mètres derrière nous, deux de mes enfants âgés de 6 et 4 ans, et qui ont réussi à échapper aux flammes, nous suivent dans ce sentier éclairé par la lune.
    Aux premières lueurs de la matinée, notre troupe est déjà profondément enfoncée dans la forêt.
    Soudain, les Inters s’énervent. Ils saisissent Birhanga, un de leurs captifs et attachent ses jambes à une branche avec des pagnes. A-t-il laissé tomber quelque chose ? S’est-il senti mal ? A-t-il eu un geste hostile ? Je n’ai rien vu. Le malheureux a beau se démener, hurler, seul l’écho de sa voix lui parvient de la jungle. Les jambes écartées, les mains liées dans le dos, son sort semble scellé. Trois des Inters lui maintiennent la tête et le tronc tandis qu’un quatrième découpe son caleçon au couteau, et lui en enfonce les lambeaux dans la bouche pour le faire taire. Avec un sourire aux lèvres et un regard amusé, il découpe la chair de Birhanga, du ventre jusqu’au rectum, laissant de côté les organes génitaux. Le bourreau élargit l’anus et tente de séparer les fesses. Ce qui l’amuse le plus, c’est d’enfoncer ses mains dans le bas ventre de l’homme, et de jeter des brassées d’intestin à l’extérieur. Puis il plonge les bras dans le ventre ouvert, arrache les chairs et Birhanga meurt. Les quatre miliciens sont couverts de sang, ce qui semble les exciter joyeusement.
    « Bon ! Vous les femmes-là ! Couchez-vous ! Vite ! À terre ! »
    Les hommes s’activent sur moi, j’en dénombrerai sept, qui pataugent dans le sperme les uns des autres. Je suis dans un état second, par-delà la douleur, et ne ressens rapidement que des crampes qui envahissent mon corps. Les deux autres femmes subissent les mêmes atrocités, mais elles ne pourront en témoigner : aujourd’hui, elles ne sont plus.
    Assis en retrait, dans l’épaisseur du taillis, mes enfants n’ont rien perdu du spectacle. (…)

  • 3. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 9:09

    Pour moi, ce ne serait pas seulement difficile à lire, c’est que cela n’en vaut plus la peine. Si le spectacle est ainsi décrit, je ne vois pas ce que m’apporterait la lecture de ce livre. Ce sont des choses qui se passent partout dans des situations de ce genre, dans certains pays on découpe à la tronçonneuse, on pend les mères aux arbres et leurs bébés à leurs pieds, dans d’autres on les jette dans les fleuves, partout on les viole, le sperme et le sang excitent. Peut-être que la littérature devrait prendre en charge une telle folie, comme c’est déjà le cas sous beaucoup de plumes. Le souci esthétique viendrait alors atténuer la crudité du spectacle finalement ordinaire de la bête humaine. Ou, mieux, prendre en charge de tels événements pour les mettre en perspective par des concepts, des pensées solides, au-delà du témoignage… Mais il faut dans ce cas un Valentin Mudimbé, capable de donner au témoignage sa dimension humaine par la réflexion, à la manière d’un Primo Levi avec Et si c’était un homme. Beaucoup de sujets de réflexions sont laissés en friches ou abandonnés. En tout cas, pour moi, le passage choisi n’entraîne qu’une conclusion: ce n’est pas un livre que je lirai, les Nazis, les Kmers rouges, etc., etc., m’en ont déjà donné.

  • 4. Monofila  |  janvier 14th, 2007 at 9:32

    Tout à fait d’accord avec toi, Sami: le souci esthétique aurait dû voler au secours de la crudité dans ce livre, afin d’ en rendre la lecture aisée de la première à la dernière phrase. Mais je partage aussi la voie suivie par l’auteur du livre que j’aimerais découvrir, peut-être qu’au-delà des préoccupations esthétiques, il a tenu plonger le lecteur  »au coeur de la violence », afin de restituer cette part d’inhumanité vécue par ces populations. On se souviendra de Waberi avec Moisson de crânes où le témoignage quelque fois l’emportait sur l’esthétique: dans ce cas-ci, qu’est-ce qui captive l’attention du lecteur: le témoignage lui-même ou la manière de rendre ce témoignage? Il me semble que certains livres, surtout quand il ne s’agit pas de romans ou de nouvelles, privilégient la première voie, car le but étant simplement de témoigner.

    Personnellement j’ai été l’auteur d’un recueil de nouvelles dont le choix du genre m’obligeait à procéder comme tu le dis si bien Sami: retravailler la langue au point de rendre esthétique les atrocités vécues. Miano devrait servir d’exemple avec Contours du jour qui vient, pour plusieurs d’entre nous…

  • 5. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 10:32

    Pour le Rwanda, Monofila, c’est pourquoi le livre le plus fort que « Ecrire par devoir » nous ait donné c’est L’aîné des orphelins de Thierno Monenembo. La faiblesse du témoignage c’est de faire de nous des voyeurs doublés de la prétention de juger le mal, alors que toute horreur humaine devrait nous mettre en face de nous-mêmes. Et si c’était un homme de Primo Levi est aussi un témoignage, mais il y a témoignagne et témoignage. Il est clair qu’un témoignage de Valentin Yves Mudimbe nous conduirait forcément ailleurs. Forcément. Le drame de cette dernière décennie pour nous, c’est que la plupart des tragédies que nous avons connues aient donné plus lieu à des témoignages immédiats, pas encore, ou pas encore assez, de prise en charge de ces phénomènes par des gens capables de témoigner en réfléchissant à l’Homme en même temps. Pas encore des penseurs nés ou révélés par ces tragédies. La Shoa a révélé Hannah Arendt. Il nous en faut, pour que nous dépassions l’instantané, ce qui sollicite plus notre indignation que notre devoir de revoir même nos propres valeurs, d’avoir une méfiance constante à l’égard de nos propres démons. Si le bourreau est présenté de façon à me sembler absolument différent de moi, l’Autre incarnant le mal, alors je peux tomber dans l’erreur de me mettre dans le camp du bien. Or ce qu’il me faut, c’est de réfléchir à l’homme en situation. Le Rwanda en est le meilleur exemple: des intellectuels, des prêtres, des gens éclairés ont été non seulement l’esprit mais parfois la main des horreurs. Comment comprendre cela pour mieux se méfier de soi-même? Le témoignage, quand il n’est pas soutenu par des réflexions solides ne m’aide pas dans ce sens.

  • 6. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 10:47

    Monofila, le titre de ton recueil de nouvelles stp!

  • 7. Abbé urbain  |  janvier 14th, 2007 at 10:54

    Mais pourquoi essayez-vous de discréditer un livre que vous n’avez même pas lu? Un seul extrait suffit à juger un livre? Bizarre.

  • 8. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 10:58

    Tu as raison, Abbé urbain. Hélas, les extraits, comme les 4e de couverture, peuvent susciter des réactions épidermiques, que la lecture du livre peut atténuer ou confirmer, voire exacerber. Un extrait est censé donner l’esprit du livre, or ce n’est pas toujours vrai, donc, oui, est-ce la peine de discuter d’un livre dont on n’a qu’un extrait, de le juger à partir d’un petit extrait? Tu as raison.

  • 9. Monofila  |  janvier 14th, 2007 at 12:52

    Etant donné que cela reste un inédit, tu m’excuseras, malheureusement, de ne pouvoir te communiquer le titre qui n’est que provisoire, Sami. Tout au juste il traite de l’Afrique contemporaine, des problèmes auxquels fait face le continent et des travers des discours politiques, dans un humour décapant mais aussi un mélange de genres et de styles hilarant. Deux plumes ont commis ce recueil que vous aurez peut-être la chance de découvrir, s’il venait à paraître, car pour l’instant je suis en quête d’éditeur…

    Mais Sami, est-ce toujours vrai qu’  »un extrait est censé donner l’esprit du livre ». J’en lis le plus souvent où je constate que le court texte incite plutôt à lire le livre, l’acheter pour expliciter un mystère. La plupart du temps les  »extraits »-4è de Couv.- des romans et recueils de textes qui me sont consultés et lus, ont cette particularité de créer un suspense, d’inciter à en savoir davantage, d’exciter l’appetit du lecteur et l’emmener à acheter le livre…L’impression que j’aie c’est qu’un quatrième de couverture qui dit tout du livre, en donne l’esprit, explique les moindres détails, décourage souvent le lecteur non professionnel qui se dit avoir une idée du livre: il pourra se suffire à cette impression et se dire pourquoi acheter le livre si tout y est déjà expliquer. Hélas c’est une errreur mais dans la réalité les lecteurs préfèrent ne rien savoir d’une histoire à l’avance, et découvrir au fur et à mesure: ça leur excite les sens, n’est-ce pas!!!! Une image très simple: tu as rendez-vous avec ta dulcinée, tu viens la trouver nue dans ta chambre, que vas-tu faire? Cependant si après un moment de dialogue, elle commences à te faire un petit streap tease, se déplume petit à petit, n’est-ce pas bien que la tension va monter tes veines …hein Sami? Plutôt que si elle te disait à l’avance: »on va manger la pomme; ça va durer trois quart d’heure et à la fin je te ferai un petit câlin »!!!!!!!!!!! Te connaissant, tu seras déçu Sami.

  • 10. Petit sucre  |  janvier 14th, 2007 at 14:03

    ce qui s’apelle aller vite en besogne, ce livre dit-on comprendd trois parties, le jugement esthétique de Sami et Moniofila touche laquelle des parties? ou c’est l’ensemble qui est pas assez esthétique à leur goût? Prend garde, ami Monofila, qu’on n’assassine ton livre avant même l’avoir lu….

  • 11. mirabelle  |  janvier 14th, 2007 at 14:11

    Et si on revenait au Kivu?
    Que se passe-t-il vraiment là-bas? Les choses ont évolué depuis les élections en RDC ou pas? Questions de novice, excusez-moi.

  • 12. franck  |  janvier 14th, 2007 at 14:38

    Abdon, Kin n’est pas Fizi ou Uvira mais tu pourrais nous éclairer peut-être?

  • 13. Amba TILL  |  janvier 14th, 2007 at 15:20

    Là, je trouve que vous dépassez les bornes et la pudeur. TOUS!

  • 14. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 15:57

    Je suis d’accord avec toi, Amba Till. J’en suis un peu responsable, par ma réaction à partir de l’extrait très choc.

  • 15. Zik  |  janvier 14th, 2007 at 16:55

    Sami et Monofila,

    Si le livre en question était un bouquin témoignage souvent raconté à la première personne, pour rester fidèle à ces témoignages, l’auteur doit-il habiller les faits? Je pense à Soljenitsine dans L’Archipel Du Goulag, qui vous fait revivre la repression soviétique, comme si vous y étiez. Il y a des choses difficiles et cruelles que certains commettent ou subissent. Parfois, seul un témoignage franc rend justice aux évènements. Après tout, le livre ici n’est pas une fiction, mais un évènement vécu.

  • 16. Sami  |  janvier 14th, 2007 at 17:29

    Zik, l’erreur, comme cela a déjà été souligné, c’est d’avoir réagi avant lecture du livre. Sinon, j’ai cité Si c’était un homme de Primo Levi, c’est un témoignage, pas une oeuvre de fiction. L’archipel du goulag, monument incroyable sur le système carcéral soviétique de ces années si sombres, qui reste cependant une oeuvre littéraire, un essai d’investigation littéraire selon les termes de l’auteur lui-même. Il nous reste à lire ce livre-ci pour savoir au moins de quoi nous parlons.

  • 17. Transmettre et Témoigner  |  janvier 14th, 2007 at 17:44

    http://www.primolevi.asso.fr/web/fr/file_pdf/PL-plaquette-colloque-2007.pdf

  • 18. Zik  |  janvier 14th, 2007 at 19:22

    J’aimerais bien voir ce genre d’initiative culturelle et intellectuelle (et non politique), dans les espaces de l’enseignement en Afrique.

  • 19. Transmettre et Témoigner  |  janvier 15th, 2007 at 7:44

    La question de la transmission aux générations futures concerne tout individu, communauté, société, victimes de violations des droits humains. Le trauma lié à la violence politique et à la torture ne peut être mis sous silence, il appelle à être nommé afin de pouvoir se dire, s’inscrire et ainsi se transmettre dans la filiation générationnelle.

  • 20. ABDON  |  janvier 15th, 2007 at 11:10

    Franck,
    quand je suis arrivé à Kin, le premier livre que m’a prêté ma collègue Olga, s’appelle MOURIR AU KIVU: Du génocide Tutsi aux massacres dans l’Est du Congo-RDC, par Ambroise Bulambo Katambu. depuis, je n’ai plus rien lu sur le Kivu, à part les rapports des ONG, des N.U., de MSF (souvent très détaillés), et des courriers des autorités religieuses du coin prévenant de la situation les N.U. C’est te dire que je suis content d’apprendre qu’un écrivin du coin a écrit un livre sur le sujet, et n’en déplaise à Sami, je dirai que de tels livres sont absolument nécessaires. Juste pour faire comme les littérateurs, je me souviens d’un vieux bouquin lu à la fac au Togo, Si par une nuit d’hiver le voyageur, d’un italien dans lequel il disait à peu près ceci, il existe aussi des livres faits pour d’autres usages que la lecture, et moi j’ai besoin de ces livres là.
    Ce qui s’est passé au Kivu a laissé des traces, et depuis les élections, on ne parle plus de massacres, mais la vraie question est de savoir ce que le Kivu va devenir. N’oubliez pas que le drame du Kivu est aussi lié à celui du rwanda, donc il y a le risque que ctte région continue d’être sous les tirs de Kigali, des milices qui ont fui le rWANDA; le kivu est un drame humain, mais c’est surtout un cas de drame géopolitique. Je n’y ai pas encore mis les pieds, mais peut-être qu’un jour je le ferai, mais des collègues qui y étaient pendant les élections m’ont raconté que les habitants ont voté massivement, comme si de ces élections dépendaient leur avenir. Espérons ça.

  • 21. Sami  |  janvier 15th, 2007 at 11:23

    Si par une nuit d’hiver, un voyageur… d’Italo Calvino, un des écrivains qui se souciaient très peu de la matérialité des faits, puisque tous ses écrits, ou presque, sont basés sur une logique presque mathématique, dans la plus grande abstraction. On aurait pu s’attendre à du baroque chez lui, quelqu’un né à Cuba, qui a du cubain dans sa culture. Abdon, je n’ai pas dit que ce genre de livres n’étaient pas nécessaires, j’en ai lu des tonnes sur le Rwanda, sur la Colombie, sur le Brésil, sur le Guatemala, sur l’Ouganda. Il y en a des tonnes avec des atrocités qui se recoupent, se répètent. La question c’est: qu’est-ce que nous en faisons par la suite? Combien nous en faudrait-il pour que nous devenions actifs contre la barberie? Nous savons, nous savons depuis longtemps que ça existe. On nous en informe tout le temps. Maintenant, que faisons-nous?

  • 22. ABDON  |  janvier 15th, 2007 at 11:41

    Sami, je sais ce que tu veux dire. L’UTILISATION DU VIOL COMME ARME DE GUERRE est une réalité universelle. Mais, tu sais, quand les médias ont dfini d’en parler, souvent il ne reste que la rumeur. les témoignages écrits, bien ou mal écrits, parfois on les recherche pour l’action en justice, on ne les trouve pas, je ne peux en dire davantage, puisque je suppose que tu as une idée de mon job. Il faut des témoignages de tous ordres pour l’action future, et crois-moi parfois c’est bien après qu’il y a tentative de rendre justice, même si on n’a pas pu empêcher le drame. merci pour le titre exact du livre, ah sa lecture a été un choc pour moi, je me souviens que j’ai essayé de suivre à la lettre les consignes données au lecteur qui veut lire le ivre avant d’éclater de rire et d’abandonner les règles pour lire tout simplement.

  • 23. Petit sucre  |  janvier 15th, 2007 at 12:52

    Vous avez lu Le making off du recueil sur le site de Ndze? Très intéressant.

  • 24. Blaise KIBONZI  |  janvier 15th, 2007 at 15:46

    Chers amis, je suis très frustré de ne pas pouvoir (pour des raisons indépendantes de ma volonté) participer à tous ces sujets aussi interessants que grave.

    L’émission « Envoyé spécial » (ANTENNE 2 – France) avait consacré un reportage sur ces viols dans la région de KIVU en s’appuyant sur le combat courageux d’une jeune femme métisse congolaise qui se bat presque seule aux cotés de ces femmes victimes des soldats en guerre.

    C’est complètement insensé, l’utilisation du viol comme arme de guerre. Elle s’est aussi beaucoup pratiquée durant les guerres du Congo-Brazzaville également. Même si les gens en parle peu. (Difficile de parler d’un tel sujet). Mais je crois que vu son ampleur, il faut en parler. J’avais trouvé pathétique le témoignage de ce jeune congolais (de Brazzaville) dans le journal français LIBERATION, on l’avait contraint à violer sa propre mère. C’était une nouvelle » trouvaille », des milices de guerre congolaises. Voilà comment certains Président de l’UA (Unité Africaine) ont été porté au pouvoir dans leur pays. Et après on vous envoie 3 casques bleus serbes et 2 médecins sans frontières pour venir réparer les dégats.

    Tous ces maux, il faudra bien un jour que nous les combattions par la racine.

    Merci pour tes éclairages Abdon.

    Blaise

  • 25. Zik  |  janvier 15th, 2007 at 16:57

    Mais Blaise, y a eu pire que ça. J’ai ma cousine qui étudie à Sherbrooke, au Canada, qui a des amis du Congo Brazza. Lors de mon dernier séjour là-bas, nous parlions de ces choses. Ce ne sont pas seulement les femmes qui furent violées, mais les hommes aussi, des pères de famille. Cela se passait parfois en plein air, en plein milieu de la journée, pour mieux traumatiser les gens. On alignait toute la famille, 2 ou 3 miliciens enfourchaient le papa, le même nombre s’occupait de la maman, avand de passer les enfants aussi à la casserole… C’est vrai, ces témoignages dérangent et choquent. Mais les passer sous silence serait la pire des injustices.

  • 26. Sami  |  janvier 15th, 2007 at 17:45

    Zik, il n’y a pas comparaison possible de ces tragédies-là, mais si on devait oser, je ne serais pas d’accord avec ton échelle. Tu trouves pire de violer un père? C’est le viol d’un homme et c’est aussi courant. Moi j’aurais dit qu’obliger un jeune homme à violer sa propre mère c’est vraiment monter de plusieurs crans dans la jouissance liée à la perversité. Mais tous ces faits sont révoltants, très révoltants… Hélas, on a beau savoir qu’ils se sont produits, ils se reproduiraient dès que les circonstances le favorisaient. Je pense que c’est parce que dans tous les coins du monde, quoi qu’on dise, l’impunité est garantie pour le gros des acteurs de ces tragédies. Elles se font souvent au nom de la nation, de la patrie. Il y a toujours une noble cause derrière des choses aussi ignobles, derrière des choses qui montrent dans sa nudité la plus laide la bête en l’homme.

  • 27. Zik  |  janvier 15th, 2007 at 18:01

    Tu as raison Sami, je me suis mal exprimé. Je m’en excuse. Quand je dis il y a eu pire que cela, je voulais surtout faire état des circonstances de ces viols, où souvent le fils violait la mère devant toute la famille. C’est la mise en scène qui en rajoute, si besoin était. Je me souviens d’un reportage en Bosnie qui montrait une jeune fille décrivant comment l’armée Serbe l’avait violée, oblige de coucher avec son frère, fait creuser à son frère sa proper tombe, avant de d’obliger la fille à tire rune balle dans la tête du frère. Pire que la série d’actes, c’est souvent la mise en scène qui est totalement gratuite.

  • 28. Lorca Satterwaithe  |  janvier 15th, 2007 at 18:12

    République Démocratique du Congo (RDC) : Plus de 3,8 millions de morts depuis 1998 (soit environ 1000 morts par jour).
    « L’histoire est tout aussi légère que la vie de l’individu, insoutenablement légère, légère comme un duvet, comme une poussière qui s’envole, comme une chose qui va disparaître demain. » Milan Kundera, dans L’insoutenable légèreté de l’être.

  • 29. Sami  |  janvier 15th, 2007 at 18:28

    Et là, ça résume le passé, l’instant et l’avenir, cette phrase de Kundera.

  • 30. Blaise KIBONZI  |  janvier 16th, 2007 at 14:56

    Chers amis, j’aimerais retrouver le numéro du journal LIBERATION dans lequel était parue l’interview de ce jeune congolais DETRUIT PSHYCHOLOGIQUEMENT mais qui gardait malgré tout une lucidité humlaine très étonnante.

    Il disait qu’il avait des envies de suicide mais, « qui s’occupera de ma mère malade si je donne la mort ?. Elle n’a plus que moi sur cette terre ». Et la mère disait que le plus dur pour elle c’est de regarder son fils dans les yeux. Mais essayer de lui faire comprendre qu’il n’était pour rien.

    Le Congo est un pays qui a fini par me traumatiser. Je ne reconnais plus mes compatriotes. N’importe qui d’entre nous aurait pu être à la place de ce jeune, dont je crois même que la photo figurait sur l’article.

    En parlant de la métisse congolaise de la RDC, je crois qu’elle même aussi a subi. ce qui l’a engagé dans ce combat. Connaissant nos sociétés où l’on préfère guérir le mal en l’enfouissant, que ces victimes là en parlent publiquement c’est que cette souffrance là est insoutenable et inenfouissable. On doit les aider. On doit aider nos sociétés à guérir de cette maladie venue de je ne sais où.

    Au Congo-Brazzaville certains donnaient un sens « mystique » à ces viols. D’après qu’en violant une vieille dame de 70-80 ans et en récupérant les poils de son pubis après l’avoir tuée vous rendait invulnérable. Le viol est devenu systématique dans les zones de guerres en Afrique. Les congolais continue à faire l’autruche sur ce sujet. Mais j’ai toujours dit qu’une autre catastrophe de cette barbarie nous attend, la montée des chiffres du SIDA car ces soldats violeurs ne portaient pas de préservatifs quand ils commettaient leurs méfaits. Dans 20 ans il y aura une hécatombe au Congo, liée au SIDA en relation directe avec ces viols. Elle a déjà commencé d’ailleurs.

    Blaise

  • 31. Vasanta Guerin  |  janvier 16th, 2007 at 16:30

    Ces histoires font peur dans le dos… peut-être qu’en téléphonant à Libé on peut avoir la date du numéro en question… j’essaye de chercher voir

  • 32. azoukou  |  mars 21st, 2007 at 23:33

    les oeuvres literaires se contentent seulement d’incter le lecteur à la revolte

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