Travaux pratiques(1): qui doit financer la culture en Afrique?

octobre 26th, 2006

Aplogan_0.jpgEn septembre 2006, je préparais, avec l’aide de mon ami Gaétan Noussouglo, un dossier pour l’ex-Premier Ministre du Togo, M. Edem KODJO, lorsqu’en pleine concentration Gaétan m’a posé une question qui m’a fait me tasser sur ma chaise: « Au fond, « man », on fait tout ça, c’est bien. Mais que gagne un Etat en investissant dans la culture ? Si j’étais le PM, voilà la seule question que je t’aurais posée. Tu m’aurais répondu quoi? » Méfiez-vous des amis qui réfléchissent trop ! Je mentirais si je disais que ma réponse a coulé de source. Au contraire, il m’a fallu bafouiller, puiser dans mes réserves intellectuelles et taire mes rancoeurs d’artiste incompris pour tenter de répondre froidement à la question. Dans le mémorandum pour une refondation du Théâtre National au Togo que nous avions alors concocté figurent les tentatives de réponse à cette question piège mais tellement sensée. On reproche souvent aux politiques d’être incapables de penser la chose culturelle, mais est-ce pour autant que les principaux intéressés savent argumenter et justifier l’importance du financement d’Etat d’une politique culturelle ? Que la culture ne soit pas une priorité dans la plupart des pays africains est une lapalissade, mais son existence et son dynamisme, malgré la rareté des subsides d’Etat, ne devrait-il pas nous conduire à réfléchir à comment faire, localement, du culturel avec les faibles moyens publics ?
Vaste question ! J’y réfléchissais encore ce mercredi 25 Octobre, à 3h du matin, insomniaque dans le salon de mon ami le comédien Tola Koukoui, au quartier Akpakpa, Cotonou, lorsque je suis tombé, au hasard de mes lectures, sur cette réflexion du plasticien béninois Ludovic Fadaïro :
« On ne devrait pas, dit l’artiste, confier la gestion de la culture aux hommes politiques. Il faudrait constituer une commission de gestion culturelle nationale, une entité autonome, une Haute autorité – une entreprise voire une ONG, si je puis dire qui, grâce à des membres capables de réflexion, s’occupent réellement de la gestion de la culture et en rendent compte à l’Etat. Mais la politisation de la culture, c’est une erreur grave. Les politiciens ne connaissent rien à ce domaine, ils ne l’envisagent que sous l’angle du budget qu’ils ont à défendre. Nous, (…) les artistes, faisons qu’on entend la voix du pays (…) L’Etat devrait voter un budget pour encourager ces choses-là, envoyer des artistes (hors du pays (c’est moi qui rajoute, K.A.), des culturels, nos danseurs traditionnels et les défrayer correctement. » Cette réaction de Fadaïro, je l’ai lu dans le beau livre intitulé Ludovic Fadaïro, par Idelphonse Affogbolo, éditions Maisonneuve et Larose, collection Esprit Libre, Paris, 2006.
Vers la fin, la pensée de l’artiste béninois s’embrouille un peu, car il ne précise pas, par exemple, les cadres du « défraiement » des artistes, condition sine qua non  pour éviter la récupération et le « griotisme ». Néanmoins je suis d’accord avec lui sur un point au moins : il est impossible aujourd’hui, en Afrique, de gérer le secteur de la culture, sans mettre en concert les voix des artistes eux-mêmes. Le Burkina l’a fait, quand il s’est agi de mettre sur pied une Mutuelle des Artistes pour venir en aide aux artistes et hommes de culture en cas de coup dur, médicalement bien sûr. C’est la seule façon, je crois, de tordre le cou aux clichés sure le fatalisme, la pauvreté ou le désespoir. Les artistes ne forment pas une corporation virtuelle, ils existent, ils créent, souffrent et meurent parmi nous, il faut donc les interroger constamment pour un recadrage de l’action culturelle d’Etat. Personnellement, la seule question qui me ronge aujourd’hui est celle de la volonté politique. Car il en faut, un minimum, pour déclencher la vraie gestion concertée. Malheureusement je ne sais comment les artistes peuvent s’y prendre pour la susciter, cette volonté politique, sans quoi rien de solide ne se fera culturellement. Pourtant, il me semble qu’il y en a eu dans certains pays que je connais bien, au Ghana de Rawlings (création de la National Comission of Culture), au Burkina Faso de Lamizana, de Sakanra et de Compaoré (du Fespaco au Siao, continuité dans l’action malgré les difficultés), AU Mali et au Sénégal aussi disent certains… bref, à la question de l’ami Gaétan, j’ai rajouté une autre qui m’empêchera encore de dormir dans les années à venir : à qui revient, réellement, le financement de la culture en Afrique ?
 

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41 Comments Add your own

  • 1. Sami  |  octobre 26th, 2006 at 16:33

    On voit que tu ne dors pas là-bas! Tu te permets même de poster des sujets casse-c…, ho, pas si vite, enfoiré! Je voulais juste dire Casse-cou. Tu sais, toutes les réflexions sur la culture dans les pays africains pêchent d’abord par le flou sur la définition même de culture. Assez généralement, on la réduit à un aspect mineur de la culture, c’est-à-dire à la littérature, à la musique, à l’art, au théâtre. Mais la culture dans ses multiples formes est inscrite dans le quotidien des groupes et des nations. En général, elles n’ont pas besoin de financements pour vivre puisqu’elles sont fonctionnelles. Les réflexions sérieuses commencent à partir du moment où on s’interroge sur leur valorisation, et cette valorisation est à la fois idélogique et économique. Sous cet angle-là, la culture, sous bien de ses aspects, suit le destin de la nation dont elle fait partie, son expression et son expansion sont le reflet de l’expression et l’expansion de cette nation. Au Burkina, le FESPACO est une merveilleuse invention. Sauf qu’avant chaque FESPACO, le ministre de la culture et sa délégation viennent à Paris pour exposer le programme, puisque Paris finance en grande partie les coûts de cet événement mondial. La culture aujourd’hui tient son dynamisme dans sa capacité à s’exporter, dans certaines cas elle est un ogre, elle détruit ailleurs bien des choses pour mieux s’installer en reine. Ainsi en est aujourd’hui de la culture dite américaine. La culture se finance, mais ne peut avoir une réelle expansion quand elle ne parvient pas à s’autofinancer et même à devenir un des nerfs de l’économie. Qui doit financer la culture en Afrique? Ben, dans quel pays et quels aspects de la culture? L’État d’abord, oui, c’est l’un des ses rôles au moins dans un premier temps, mais aussi des entrepreneurs culturels. Car la culture, pour son expansion, se formate aussi, eh oui! Hollywood est là pour nous le rappeler. Mais n’impose pas ses formatages qui veut. Oh ça, non!

  • 2. Blaise KIBONZI  |  octobre 26th, 2006 at 17:27

    Ah ! Ah ce Sami : « Mais la culture dans ses multiples formes est inscrite dans le quotidien des groupes et des nations. En général, elles n’ont pas besoin de financements pour vivre puisqu’elles sont fonctionnelles ».

    Je ne sais pas pourquoi mais en lisant le texte de KA j’y ai aussitôt pensé mais je ne savais pas comment l’exprimer ou le formuler.

    Cette phrase de Sami, peut paraître à priori choquante. Elle est pourtant tellement vraie. Il m’est arrivé d’en vouloir aux politiciens congolais de s’etre occupés de la culture au CONGO. Tant qu’ils s’en occupaient pas, ça marchait.

    Blaise

  • 3. SE.MINA  |  octobre 26th, 2006 at 17:57

    “Mais la culture dans ses multiples formes est inscrite dans le quotidien des groupes et des nations. En général, elles n’ont pas besoin de financements pour vivre puisqu’elles sont fonctionnelles”.
    Dans le quotidien de nos « groupes » africains il serait plus juste aujourd’hui de parler de TORPEUR.
    Quand nos « politiciens » décident de s’en occuper ça donne le FOLKLORE.
    Et la torpeur et le folklore travaillent contre la CULTURE.

    La culture n’a pas besoin de financement mais d’un DISCOURS SUR LA CULTURE.

  • 4. Sami  |  octobre 26th, 2006 at 18:46

    SE.MINA, même la torpeur n’entre dans les cultures que comme un élément, elle ne peut les empêcher de fonctionner, puisque les sociétés fonctionnent selon leurs codes culturels qu’elles adaptent et réadaptent aux circonstances. Même des éléments de violence leur servent de dynamiques nouvelles, elles s’en nourrissent et peuvent ainsi parfois devenir plus inventives. Jamais les cultures urbaines ivoiriennes n’ont été aussi dynamiques qu’au cours des années de crise. « Investir contre la galère » a libéré des inventivités individuelles et collectives. Cela s’est vu au moins dans le domaine musical. C’est seulement quand on identifie la culture à quelques éléments de la création qu’on peut croire qu’un Etat peut la folkloriser. Elle peut offrir une de ses parts à la folklorisation officielle, mais la politique ne peut l’épuiser ni n’a besoin de toutes ses diversités. N’oublions pas qu’on paysan dans son champ n’est pas seulement en activité économique mais en pleine culture, car sa lecture du sol, ses rapports avec l’environnement, tous les rituels qu’il observe pour une bonne récolte en plus du nécessaire investissement en travail appartiennent aux codes culturels de sa société que parfois même les propres fils urbanisés de son village ne comprennent plus ou dont ils se moquent. Car, pour une frange importante de la population urbaine, « occidentalisée » – je n’aime pas ce mot -, bien des aspects culturels sont vus comme de la sauvagerie, de la barbarie, de l’arriération. Je ne discute pas ces jugements de valeur, je les énumère pour montrer que parfois nous raisonnons comme si la culture avait été un élément consensuel et non le lieu des perceptions les plus contrastées, voire polémiques. Quand on prend la culture dans son sens tota (ensemble des comprtements acquis au sein d’une société, ensemble des connaissances acquises, développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices intellectuels appropriés, etc., comme on peut le lire dans les dictionnaires sans aller dans la complexité des théories socio-anthropologiques et philosophiques sur cette question), quand on prend donc la culture dans son sens total, on verra que le politique lui-même, tout en étant un fort facteur de mutation culturelle, n’est qu’un aspect de la CULTURE d’une société. Pour s’en convaincre, qu’on se réfère aux sociétés où la religion se situe au-dessus de tout, dans les pays par exemple où l’islam est la source de tous les codes politiques. On verra alors que dans ces pays la politique n’est qu’un aspect de la civilisation arabo-musulmane. La toute-puissance du politique, sa prééminence sur tout n’a l’apparence de crédibilité de nos jours que dans les pays faibles et pauvres. L’analyse qu’on pourrait faire à ce sujet sur le Togo par exemple ne peut tenir la route lorsqu’on parle des USA ou de l’Italie, car dans les pays forts et riches, les instances de décisions et de réorientations culturelles sont multiples et influent largement sur les pratiques politiques. Rien ne peut donc travailler contre la culture, puisque la culture n’est pas une donnée abstraite, mais une réalité vivante qui englobe aussi « nos politiciens et leur folklore ».

  • 5. SE.MINA  |  octobre 26th, 2006 at 19:13

    Je ne parle pas de culture au sens « total ». Je parle de culture au sens pratique, au sens où l’individu cultivant (c’est le cas, nous sommes d’accord, de tous les individus)… se sent, se sait en culture et oeuvre à cultiver cette sensation, à partager ce savoir, à donner une direction particulière à son état (c’est à dire cet état de cultivant se sentant en culture).
    Ce que je voulais dire c’est que la torpeur et le folklore ne peuvent prendre en charge cet état.

    Dès lors que l’individu travaille cet état, il est en esthétique. Il soumet la culture (touche à sa structure) et n’est plus esclave de ses formes comme en torpeur ou en folklore.

  • 6. Sami  |  octobre 26th, 2006 at 19:35

    Et même à ce niveau, SE.MINA, ce n’est pas un absolu que la torpeur et le folklore rendent la culture esclave. Quand on fait le tour historique des créations culturelles importantes (littérature, musique, art, cinéma, etc.), on se rend compte que nombre d’elles n’auraient jamais été possibles sans les contextes de torpeur qui les ont inspirées. La culture a tellement de ressources que souvent elle offre de ces évolutions rapides et surprenantes qui mettent les politiques dans tous leurs états, ils se jettent contre elle, dents en avant, mais ils se les cassent souvent, même s’il leur arrive de mettre à mort l’auteur de la subvertion.

  • 7. Kitmien  |  octobre 26th, 2006 at 19:42

    Bien dit Sami, j’ai jamais compris pourquoi on parle de financer la culture de façon particulière alors qu’il s’agit de l’entité englobante d’un peuple dans toutes ses déclinaisons.
    Mais tu le dis si bien et de façon tellement claire…

  • 8. Kitmien  |  octobre 26th, 2006 at 19:52

    J’ajoute qu’elle est toujours financée (rires).

  • 9. Timba Bema  |  octobre 27th, 2006 at 9:38

    les amis… il me semble plus juste de remplacer le terme culture par art qui peut être envisagé comme étant la production intellectuelle de substrats culturels c’est-à-dire la manifestation de la volonté d’inscrire l’esprit dans l’objet en le détournant de sa finalité immédiate… et aussi remplacer le terme financement de la culture par financement de la circulation de l’art…

    l’art hérite de la culture la contrainte du temps ou mieux de la continuité dans le temps et donc dans l’histoire… ainsi on peut dire que les substrats culturels assurent dans une certaine mesure la continuité de ce qui peut être appréhendé comme relevant de l’esprit même d’une culture…

    dans ce sens l’art peut être perçu comme le summum du génie d’une culture… cela nous permet donc de reposer le problème en ces termes: comment assurer la continuité dans le temps du génie d’une culture ou mieux comment peut-on créer de la mémoire donc de l’histoire à partir de substrats culturels….

    on se retrouve donc à se poser une question d’ordre pratique dont l’un des aspects est le financement… mais là aussi il faut déterminer la nature de ce financement et de là donc on pourra déduire le niveau d’implication des parties prenantes…

    le financement à pour but – comme je l’ai indiqué plus haut – de créer l’histoire à partir de substrats culturels… or l’un des handicaps de plusieurs pays africains est le caractère récent de leur constitution… dans ce sens l’état qui est l’institution symbolisant l’ être collectif se doit de financer la circulation de l’art puisqu’elle fabrique une histoire bénéfique à la continuité même de l’état…

    cependant on peut aussi remarquer que cette contrainte du temps s’exerce de la même manière dans les pays industrialisés dont les états financent également la circulation de l’art puisqu’ils ont perçu que cet aspect là de leur génie est un élément central de leur volonté de puissance donc de survie…

    le financement de la circulation de l’art est donc une question de survie: survie des institutions par la création d’une histoire commune à partir de substrats culturels et encore survie d’un peuple en assurant la continuité de son histoire…

  • 10. Sami  |  octobre 27th, 2006 at 10:38

    Timba, je suis d’accord avec toi. Je tentais aussi d’exprimer la même chose dans mon premier post où je disais: « Les réflexions sérieuses commencent à partir du moment où on s’interroge sur leur valorisation (valorisation des cultures), et cette valorisation est à la fois idélogique et économique. Sous cet angle-là, la culture, sous bien de ses aspects, suit le destin de la nation dont elle fait partie, son expression et son expansion sont le reflet de l’expression et l’expansion de cette nation. » En clair, généralement, ce sont les questions qui sont mal posées. Elles restent vagues quand on se contente de dire culture sans extraire de ce concept englobant de véritables problématiques par la précision des aspects de la culture dont on parle. Quand on parle de l’ART, sous toutes ses formes, alors on extrait de la culture des manifestations élevées de l’esprit qui sont, elles, le fait de quelques individus, les plus inspirés dans leur domaine, qui, à partir de leur nom et de leurs oeuvres, inscrivent une nation dans la durée au-delà de ses impératifs matériels immédiats comme loger, nourrir, éduquer les masses ou gérer les ressources du sous-sol et toutes ces autres priorités qu’on connaît. Parler du financement de l’ART, de ses circulations et consommations, c’est un débat recadrer en effet.

  • 11. Anani A gomez  |  octobre 27th, 2006 at 12:21

    Bien à tous !

    Au point 10 j’ai retrouvé tout Sami. « Mais la culture dans ses multiples formes est inscrite dans le quotidien des groupes et des nations. En général, elles n’ont pas besoin de financements pour vivre puisqu’elles sont fonctionnelles. Les réflexions sérieuses commencent à partir du moment où on s’interroge sur leur valorisation, et cette valorisation est à la fois idélogique et économique » le texte était donc mal coupé, et a été coupé là justement où il repose la plomématique soulevée par Alem. Qu’y gagne l’Etat ? N’a t-il pas tout intérêt à ce que la « culture » soit l’uniformisation des consciences tirées par le bas? La culture chez les politiques c’est l’instruction civique ou le « building » d’une certaine conscience historique. Voilà pourquoi énervé par cette théorie de l’animalisation, les anarchistes proposaient la suppression de l’Etat. En dehors de l’instruction civique, il y a cette histoire de culture démocratique. L’art, la culture en tant que pratique est très compliqué pour l’Etat à moins qu’on simplifie les choses comme demander le financement de Epe etro ou les cultes vodou comme au Benin!

  • 12. Blaise KIBONZI  |  octobre 27th, 2006 at 13:04

    SE.MINA (Sami) pourriez-vous éclairer ma lanterne ? C’est quoi la TORPEUR ? est ce un concept sociologique ? ou s’agit-il simplement de la torpeur au 1er degré du terme.

    Blaise

  • 13. SE.MINA  |  octobre 27th, 2006 at 14:34

    D’accord Timba . A la faveur des nuances de terminologie que tu pointes, je trouve que Sami et moi on se rejoint un peu.
    Je persiste à croire que la culture n’existe vraiment que quand elle est esclave. (Peut être est-il plus juste alors en effet de parler d’ART). Autrement on observe plutôt des manifestations de culture.
    Tout ceci a le mérite en tout cas de nous rappeler que le « fait d’art » en occident même est apparu il n’y a pas si longtemps que ça.
    Il a été le fruit d’une révolution que les africains n’ont pas encore faite.
    Passer de la soumission à la culture … à la soumission de la culture.

    C’est cette soumission à la culture (cette absence de retour sur soi, ce manque de questionnement, cette passivité, cette fixité…) que, Blaise, j’appelle TORPEUR. Et cela nuit autant à la création artistique qu’à la démocratie.

    Bien à tous

  • 14. Mayombe82  |  octobre 27th, 2006 at 15:52

    Les gouvernements financent tellement bien l’inculture que je ne vois pas où ils trouveraient des guinées pour financer la culture… Quand des pouvoirs en place s’acoquinent avec des déliquants notoires comme Koffi Olomidé, Werrason et Cie, le financement de la culture a de beaux jours devant nous…

    Il ne faut certes pas tout copier des autres, mais j’ai toujours été frappé par kle fait que par exemple en France, il y a depuis des années UN ministre en charge de Communication qui englobe avec lui la Culture, les Arts et j’en passe. Chez moi, au Congo de de Brazza, il y a depuis des décennies un ministre de la Culture et des Arts ; un autre de la Communication : tout un département rien que pour communiquer… @+, M82

  • 15. Zik  |  octobre 27th, 2006 at 16:54

    Pour moi, la réponse à la question posée est tellement évidente qu’elle crève les yeux. Je m’explique:
    Que serait Paris sans la tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, le Louvre, l’Opera de Paris, la grande bibliothèque de La Défense, Beaubourg etc…? Que serait New-York sans le Lincoln Center, la statue de La Liberté, Broadway…? Regardez comment l’Espagne a fait de Bilbao et Barcelone, des villes à envergure mondiale en y créant dE grang musée. Si nos gouvernants ne comprennent toujours pas l’importance de l’art dans l’équilibre et l’expension d’une société, c’est vraiment tragique. Peut être qu’ils devraient demander à nos ancêtres les Gaulois, ce que les nombreux centres culturels Français disséminés dans le monde, apportent à la France.

  • 16. th. ananissoh  |  octobre 27th, 2006 at 17:22

    Pourquoi financer la culture ? Mais simplement parce que c’est, « au moins », une industrie !
    Enlever la culture ; il reste quoi ?
    Par ailleurs; non, la gestion pratique de la culture ne doit pas revenir aux artistes, mais aux hommes compétents qui savent ce que sont l’Etat et ses impôts. Regardez autour de vous ; combien de créateurs de culture, d’artistes sont des êtres responsables, au sens bourgeois (pas péjoratif) ou non du terme ? (Cela se passe comment, les trucs organisés par les artistes africains ?)
    Dernière chose ; Kangni, décris un peu le siège de ton éditeur à Gaetan. Ils sont 400 personnes adultes à y travailler, à y faire des projets d’avenir pour leurs enfants, à y trouver les moyens de financer l’achat de leurs logements, de leurs voitures, de leurs vacances, etc.
    On a peut-être déjà exprimé ci-dessus tout ce que je suis en train de dire ; je suis en voyage loin de chez moi et de mon ordinateur (voyage financé justement par les autres), je n’ai pas le temps de tout lire. Et je n’ai plus l’habitude du clavier français.
    Mais question très significative, Kangni. N’est-ce ? Ils sont idiots, les Allemands, de ne pas laisser financer leur culture par les Français. Les Français eux-mêmes sont stupides de ne pas faire financer leur culture par les Japonais, et ceux-ci ainsi de suite…

  • 17. Anani A. G.  |  octobre 27th, 2006 at 18:06

    Donc il s’agit de financer la culture dans ses manifestations extérieures ? l’ Architechture au Togo ou au Bénin ..mais de quel style ? la reconstruction des cases KONKOMBA ou la construction des bibliothèques et autres mediathèques pour revaloriser le déhanchements licencieux à la zaïroise ou pour faire mentir nos « vieillards » à tête encyclopédique ? Bon ce discours c’est pour la forme. Au fait, il s’agit d’identifier les valeurs et les promouvoir – peut- on échapper là au financement ? l’Etat peut-il financer des « valeurs » qui nient l’Etat ou la soumettent ? Comment identifier les valeurs d’une manière ahistorique.
    On peut quand même avancer : les ministère de la culture peuvent financer les centres de culture, créer des espaces où les talents artistiques s’expriment etc J’ai peur seulement que le resultat ne soit ce que Apedo Amah nommait bizarremant le génocide culturel. Et puis qu’y gagne l’Etat ?

  • 18. Zik  |  octobre 27th, 2006 at 18:27

    Anani,

    Les Americains disent: « build it and they would come ». C’est à dire que si on mettait des structures en place, leur contenu se remplirait de lui même. On n’investi pas dans l’architecture avec une idée préconçue de ce que devrait créer l’architecte. Mais plutôt pour permettre à l’architecte de laisser exploser son talent et de nous surprendre par l’originalité de ses formes. C’est Lincoln qui avait dit: « Si vous pensez que l’éducation coûte chere, essayer donc l’ignorance… » Investissons dans la culture, et nos artistes nous surprendront.

  • 19. Richard  |  octobre 27th, 2006 at 19:14

    Ce que gagne l’Etat en financant la culture? (je dis bien la culture, pas sa portion congrue dénommée folklore que l’on montre à satiété à la télé et qui ne génère rien. remarquez, meme celle là pourrait générer quelque chose si on la traitait différemment) Énormément. Théo l’a dit, la culture est une énorme industrie qui rapporte beaucoup d’argent aux créateurs de biens culturels, mais aussi beaucoup de moyens à l’Etat pour financer des projets dans l’éducation. Imaginer qu’une assocation de sociétés de gestion collective des droits d’auteur comme le Gesac brasse par an plus de 3 milliards d’euros. Qui oserait-donc dire que ce n’est pas une industrie?

    Pourquoi diable la Commission européenne fait-elle tout pour harmoniser les lois sur les biens culturels (en imposant par exemple une licence unique européenne pour la musique en ligne?) et ou diable ces gens trouvent-ils l’argent pour financer des résidences d’auteur à nos écrivains africains, pour financer leur tranquilité d’esprit afin que puisse naitre des chefs d’oeuvre que nous admirons? ou diable trouvent-ils l’argent pour financer des voyages à Theo (pardon pour l’exemple)?

    C’est là qu’intervient le problème de la gestion des ressources généres par la culture: ce n’est ni à l’Etat, ni à l’artiste de le faire (ce dernier ne peut de toutes les facons pas gérer individuellement ses droits). Il y a des structures et des gens sérieux et dévoués pour le faire. C’est à l’Etat de jeter les bases de l’industrie culturelle dans nos pays (par des lois, par des financements concrets – la France finance bien ses cinéastes ). Après, tout est question de gestion des biens générés par cet investissement. Si le directeur de la Fespaco continue de venir chercher le financement de cet événement à Paris, c’est qu’il y a doublement, voire triplement problème!

  • 20. Anani A G  |  octobre 28th, 2006 at 11:02

    D’accord avec Zik et Richard : Il est possible de concevoir et de gérer une politique culturelle. on ne demanderait à l’Etat que de financer le cadre puisqu’il trouvera aussi son compte en investissant dans cette industrie. Mais en Afrique, nos rois ne s’interressent qu’au rendement immédiat eux qui sont assis sur des trônes à tout moment éjectables ! C’est bien de réfléchir sur ces choses là.

  • 21. Timba Bema  |  octobre 29th, 2006 at 16:19

    Nina simone (Four Women)

    My skin is black

    My arms are long

    My hair is wooly

    My back is strong

    Strong enough to take the pain

    Its been inflicted again and again

    What do they call me

    My name is aunt sarah

    My name is aunt sarah

    My skin is yellow

    My hair is long

    Between two worlds

    I do belong

    My father was rich and white

    He forced my mother late one night

    What do they call me

    My name is siffronia

    My name is siffronia

    My skin is tan

    My hairs alright, its fine

    My hips invite you

    And my lips are like wine

    Whose little girl am i?

    Well yours if you have some money to buy

    What do they call me

    My name is sweet thing

    My name is sweet thing

    My skin is brown

    And my manner is tough

    Ill kill the first mother I see

    Cos my life has been too rough

    Im awfully bitter these days

    Because my parents were slaves

    What do they call me

    My

    Name

    Is

    Peaches

  • 22. Zik  |  octobre 29th, 2006 at 18:12

    Les USA financent leurs arts par le truchement d’une agence fédérale au nom de « The National Endowment for the Arts ». Chaque année, cette agence distribue l’équivalent de 200 millions de dollars en bourses aux artistes.

  • 23. Blaise KIBONZI  |  octobre 30th, 2006 at 12:26

    Bonjour les amis,
    Permettez moi de poster ici ce petit mot en relation avec l’actualité.

    J’avais même oublié qu’il y restait encore un second tour des élections présidentiels en RDC !!!!!!!!

    Difficile apprentissage de la Démocratie (comme dirait l’autre).

    Surtout que personne ne me dise que la RDC est un vaste pays de 50 millions habitants, qui a connu la dictature militaire de MOBUTU, etc, etc….(On connait désormais le refrain par coeur).

    Le Brésil lui de son coté avec des conditions presque similaires s’est déjà remis au travail avec LULA !

    Nous on en est encore à se poser les questions dans tous les domaines. Dur, dur d’être noir-africain.

    Timba Bema, je t’ai envoyé l’email de Gaston KELMAN.

    Blaise

  • 24. Timba Bema  |  octobre 30th, 2006 at 20:04

    thank you mister BK…

  • 25. Mayombe82  |  octobre 31st, 2006 at 15:54

    Ignak & Sami, vous êtes de faux frères!

    Ingnak, au lieu d’aller dans les salons du livre où on t’empêche de boire (rires !), pourquoi n’étais-tu pas présent à l’UNESCO le 28/10 dernier? (rires!) Il n’y avait que ta photo qui trônait chez Ndzé et ce jeune homme qui ne cessait de me répéter: « Vous avez raison, Monsieur, c’est un sacré personnage! Un sacré personnage je vous le dis ! » Quant à Sami, il devait encore en traion de traîner dans un faubourg latino-américain en train de nous concocter le sujet de son prochain roman : Place des non-Fêtes ! @+, M82

  • 26. Timba Bema  |  octobre 31st, 2006 at 16:16

    m 82… qui a remporté le premier prix du concours jeunes auteurs d’afrique…

  • 27. K.A  |  octobre 31st, 2006 at 17:59

    Ah, les salons se suivent et ne se ressemblent pas, paraît-il… Faux frère, comment pouvais-je être à Paris, puisque je suis à Lomé au moment où je t’écris… mais raconte-nous le salon. je serais donc un personnage… en quête d’auteur, ou de lectueur, va savoir. Amitiés loméennes!

  • 28. sami  |  novembre 1st, 2006 at 18:58

    M82, au même moment, j’étais à Fesafrica avec Wabéri, Kuwahulé, Alain Mabanckou, Monique Ilboudo, Tahar Bekri, A. Djemaï… On se serait fait un verre à l’unesco!!!

  • 29. Blaise KIBONZI  |  novembre 2nd, 2006 at 16:04

    Les amis, j’ai le blues.

    Les nations unies ont adopté la résolution écrite par la FRANCE pour sortir la crise en Cote d’Ivoire.

    Seul bémol, les nations Unies ont rejété les points de cette résolution française visant à neutraliser GBAGBO en donnant au 1er Ministre le droit de signer des décrets et de procéder à des nominations au plus haut niveau de l’Etat sans en référer au président GBAGBO.

    Je me demande parfois si les rapports entre la France et l’Afrique francophone ne sont pas pires aujourd’hui qu’à l’époque coloniale. Nous sommes vraiment des grands enfants en Afrique francophone. Acceptons le seulement.

    Finalement, ce sont les jeunes comoriens qui manifestaient en 1988 dans leur pays qui avaient raison. On pouvait lire sur leur banderoles la phrase suivante : « NOUS VOULONS ETRE RECOLONISES PAR LA FRANCE ! »

    Au moins ça avait le mérite d’être clair. ça nous éviterait de telle humiliation pour des Etats qui se disent indépendants, et des peuples qui se disent affranchis.

    Blaise

  • 30. Blaise KIBONZI  |  novembre 2nd, 2006 at 16:07

    Excusez-moi chers amis; mais l’histoire du mausolée de DE BRAZZA à Brazzaville et la question de la crise en Cote d’Ivoire ce sont vraiment 2 sujets qui m’énervent au plus haut point.

    Blaise

  • 31. Abdon  |  novembre 2nd, 2006 at 16:19

    Tu as raison, Blaise, la résolution sur la Côte-d’Ivoire est une résolution piège. Mais en même temps, que faire de Gbagbo, qui n’a absolument pas envie d’aller aux élections? Oui, que faire de lui, au-delà du fait qu’il a raison de s’opposer aux diktats francais et africains, cs derniers venant surtout de supports de la politique africaine de la France? Moi, Gbabgbo me pose problème, pas à toi, Blaise?

  • 32. Richard  |  novembre 2nd, 2006 at 16:21

    J’ai toujours pensé que les pays d’Afrique noire ont raté l’occasion de se décoloniser vraiment en 1958, lorsqu’ils ont accepté ce soit-disant plan de décolonisation en douceur concocté par la France, plan qui lui permettait de préparer ses hommes de mains africains à mettre à la tete de nos pays. Il aurait fallu faire une véritable guerre, comme en Algérie avec ce pays qui n’a jamais voulu le développement de l’Afrique noire. Ce n’est que mon opinion, ca n’engage que moi. Mais je crois que si Chirac, cet incorrigible colon d’un autre temps et raciste en plus, continue sur sa lancée francafricaine en C-I, il finira par avoir sa guerre de décolonisation en Afrique noire.

    Et j’ajoute que, quelque soit le texte voté par les Nations-unies, le vrai pouvoir reste à Gbagbo. J’aimerais bien voir, avec quoi Banny va contraindre les chefs militaires ivoiriens à lui obéir. La réalité du pouvoir, il n’y a que ca qui compte en Afrique.

  • 33. Richard  |  novembre 2nd, 2006 at 16:25

    Je ne suis absolument pas d’accord avec toi, Abdon. Gbagbo est une partie du problème, mais il n’est pas le problème. Je suis quand-meme étonné de l’acharnement de la France contre ce président, alors que les rebelles au nord du pays, qui refusent de désarmer, ne sont pas montré du doigt. Et puis, moi je le dis sans ambages: le seul fait que Chirac soit contre un chef d’Etat d’Afrique noire est la preuve que ce dernier veut servir son pays et non les intérets de la France. Tu l’auras compris, Chirac est un personnage que je ne peux pas blairer. Le jour ou ce vieux con mourra je boirai un verre à sa disparition.

  • 34. Blaise KIBONZI  |  novembre 2nd, 2006 at 18:09

    Abdon, je suis plutôt proche de l’opinion de Richard.

    La situation en Cote d’Ivoire est analogue à celle du Congo-Brazzaville en 1997. On avait beau reprocher tout ce que l’on veut à Pascal LISSOUBA (et je n’ai jamais été partisan de LISSOUBA ni de GBAGBO). JE SUIS DU COTE DE LA LEGITIMITE. On avait là des Présidents élus qu’on ne devait faire partir que par des moyens démocratiques.

    A qui veut t’on faire croire que GBAGBO ne veut pas aller aux élections ? C’est le même discours qu’on nous a tenu au Congo pour justifier la prise des armes par SASSOU NGUESSO avec l’aide de la FRANCE pour boutter LISSOUBA dehors.

    Pourquoi aujourd’hui SASSOU maintient t’il LISSOUBA en exil ? car même atteint de l’ALZHEIMER (comme il l’est aujourd’hui) LISSOUBA bat SASSOU aux élections, et ce dès LE 1er TOUR !!!!!

    La FRANCE le sait, CHIRAC le savait d’où la solution des armes. D’ailleurs, n’importe quel candidat battrait SASSOU aux élections au Congo.

    Grâce à la vigilance des valeureux (et je pèse mes mots) « patriotes » ivoiriens la solution militaire n’a pas marché en Cote d’Ivoire. Alors la FRANCE se cherche d’autres moyens pour faire partir GBAGBO, tout comme elle a fait partir LISSOUBA.

    CHIRAC a osé publiquement traiter le régime de GBAGBO de xénophobe et de « dérive fasciste » (ce sont les propres termes de CHIRAC). Et pendant ce temps il va embrasser SASSOU à la bouche. Et pourtant aller donner un billet d’avion aux nombreux jeunes congolais qui vivent à Abidjan ILS REFUSERONT PUREMENT ET SIMPLEMENT DE RENTRER AU CONGO. Trouvez l’erreur !

    Ce qui est le plus triste c’est que CHIRAC trouve des africains (et pas seulement nos dictateurs) qui lui apportent de l’eau au moulin pour abattre GBAGBO. CHIRAC n’a t’il pas déclaré publiquement, je le cite (que) :  » la FRANCE intervient en Cote d’Ivoire à la demande de l’ensemble des africains » ?

    Quel intellectuel africain pour lui répondre ? Personne (si ! quelques intellectuels sénégalais, mais ils sont trop peu nombreux).

    Nous porterons tous cette lourde responsabilité historique de n’avoir pas soutenu GBAGBO que je compare volontiers à ALLENDE au CHILI face à PINOCHET soutenu par la CIA. Avec les « Patriotes » ivoiriens sont dans le rôle des étudiants chiliens qui pistolet à la main tentaient de défendre le palais de la MONEDA face aux avions de combats de PINOCHET.

    Quand je pense qu’à l’âge de 11 ans j’étais mobilisé au Congo aux cotés de nombreux ‘autres congolais pour soutenir le président élu Salvador ALLENDE, et que là GBAGBO est cruellement seul dans ce combat pour le DROIT, la DEMOCRATIE et la LIBERTE des peuples. ça me rend vraiment triste.

    Blaise

  • 35. senghor Joel  |  novembre 2nd, 2006 at 19:59

    L,interèt porté soi_disant sur la politique dans nos pays détourne
    les dirigeants des valeurs culturelles. Ces dirigeants ignorent
    l, authenticité culturelle ,qui , à mon humble avis ,est soubassement
    de toute société. Je me sens souvent offusqué , car dans mon
    pays le mouvement culturel est relégué au bas de l,échelle au profit d ,une politique dont on connait les résultats néfastes voire atroces que positifs .
    J,invite les amatuers des festivals culturels à procéder par la
    voie de la REVOLUTION à la manière de KARL MARX sinon notre culture serait inexistante.

    Joel

  • 36. senghor Joel  |  novembre 2nd, 2006 at 20:14

    Le financement de la culture notamment africaine doit ètre l;oeuvre
    sans doute des dirigeants. si cela est faux pourquoi nomme_t_on
    alors le ministre de la culture?
    Sinon pour simple raison de remplir leurs comptes financires?
    Joel form LOME_TOGO.

  • 37. Mayombe82  |  novembre 3rd, 2006 at 10:56

    Salut Timba, Sami et Ignak, je ne vous ai aps oubliés! Inch’Allah, je penserai à vous ce week-end! @+

  • 38. Mayombe82  |  novembre 5th, 2006 at 16:02

    Sami, en effet, je savais que Alain serait à Lille. Vous avez préféré les moules frites et la bière aux allées de l’UNESCO…
    Quant à Ignak, je ne t’en veux pas d’avoir préféré les charmes de Lomé à celles de l’UNESCO. Pourtant, j’ai envoyé mes espions dans le quartier de l’OCAM, te chercher à la Pirogue : en vain ! Tu n’y étais point !!!

    Je ne sais pas qui a gagné ce prix, Timba Bema. Le salon était censé être ouvert vers 09h30’, et je suis arrivé vers 14h et des bécanes, me précipitant aussitôt vers des stands qui m’intéressaient : éditeurs ou auteurs. Le site de l’UNESCO a pêché sur un point : on n’y trouvait pas les noms des auteurs qui devaient être présents. À la rigueur, j’avais lu le nom du Frère Edem (pas Kodjo évidemment !). Ne voulant pas emmener toute ma bibliothèque, j’ai fait comme d’habitude : du papier tout blanc pour que les auteurs me mettent des dédicaces que je collerais dans mes bouquins ! Je sais que c’est rigolo et étrange, mais c’est comme cela que je procède… J’ai négligé les ateliers. Par contre, j’ai pris le temps de discuter, surtout d’écouter certains éditeurs, certains auteurs. Et c’est comme cela que je tombe sur le stand des éditions Ndzé ! Là, il y a un jeune homme qui gère tout seul, et au dessus de sa tête, la seule photo qui sort du lot est celle de cet Ignak après qui je cours partout pour qu’il me donne ses secrets : de son rire / de son embonpoint / de son humour. On le voit avec une chemise en pagne (c’est comme ça qu’on dit au Congo) rouge et je demande au jeune homme où ce trouve cet individu :
    - Il n’est pas là, et franchement, c’est bien dommage !
    - En effet, c’est bien dommage. C’est un sacré numéro que vous avez là chez Ndzé !
    - Un sacré personnage, Monsieur ! Un sacré personnage, je vous le dis ! Vous le connaissez ?
    - Virtuellement…
    - C’est bien dommage. C’est un sacré personnage. Il ne passe pas inaperçu ! C’est bien dommage qu’il ne soit pas là !
    Chez Gallimard, je rencontre Eugène Ebodé, Boniface Mongo-Mboussa (B. M.-M.) Point de Sami qui a filé en douce chez Mercure de France dont je ne vois pas le stand.
    Serge Bilé est très sympa. Très disponible aussi. Il prend le temps d’écouter, de signer des autographes, de répondre aux questions que je lui pose sur ses 3 livres et on parle de son expérience actuelle aux Antilles, de son prochain livre pour enfants. Tout ça sur le site de Monde Global où Dieudonné Gnamankou aussi se montre dispo, à tel point qu’une jeune homme est obligé de venir l’arracher car il a 10 mn e retard à une conférence à laquelle il doit participer. N’ayant fait qu’acheter des livres et papoter, je me dis que c’est peut-être le moment d’aller assister à une conf. Le Thème est sans ambiguïtés : Pourquoi le livre africain se vend il mal ? N’étant pas un pro du livre, j’apprends au moins cette info.
    Celui qui devait diriger la conf a disparu de la circulation, B. M.-M. est commis d’office pour aller diriger les débats. En fait de débats, on devra se farcir 1 question du public et une semi autre d’une libraire béninoise. La conf ayant commencé en retard (bien fait pour nous !), il a fallu expédier les choses. Denis Pryen (patron de l’Harmattan) installé à l’extrême gauche de B. M.-M. dit que la question est mal posée car il faut spécifier si le livre se vend mal en Afrique ou en Europe. Il pense qu’en Europe, un auteur africain qui présente un livre « présentable » à un éditeur sera non seulement publié, mais en plus, il vendra mieux qu’un « toubab » (c’est son mot). Au moins, les 4 membres du « présidium » et la salle seront d’accord pour dire que si cela se vend si mal en Afrique, tout est prendre en compte : pouvoir d’achat ; réseau de distribution ; l’environnement économique en général…
    Un débat qui m’a laissé sur ma faim car top court.
    Par rapport au programme, je croyais qu’on quittait les lieux à 20h30’ : à 18h30’, on demandait à tout le monde de libérer l’UNESCO.
    Voilà ce que je peux en dire, pour ne pas fatiguer vos augustes yeux ! @+, M82

    PS: Il y avait une sorte de bar. Mais pas de bar

  • 39. Sami  |  novembre 7th, 2006 at 15:02

    M82, tu n’aurais pas pu voir Mercure, dans ces cas-là, le stand de la maison mère (Gallimard) prend tous les auteurs du groupe. Et comme c’était un salon de littérature africaine, Mercure n’a pas encore, à lui seul, suffisamment d’auteurs africains pour faire un stand, sauf si on y associe les Antillais (Mercure a pour le moment un seul africain, beaucoup de maisons ne s’ouvrent que très récemment aux auteurs africains). Ah, on aurait discuté et ri au stand Nzee. Dommage! Mais, mais… Les occasions….

  • 40. Mayombe82  |  novembre 8th, 2006 at 15:23

    Inch’Allah, Sami! En effet, pour Mercure de France, je m’étais un peu documenté. @+, M82

  • 41. Bendjin  |  novembre 13th, 2006 at 21:40

    Complètement dans la même pensée que Richard, rien à retirer, rien à rajouter. Je tenais à le dire.

    Bendjin

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