COMMENT RATER UN CAFE LITTERAIRE ?
mars 8th, 2006

Il n’y a rien de plus frustrant pour des écrivains que l’ignorance affichée à l’endroit de leur œuvre par un critique bien intentionné mais mal préparé qui, au lieu de centrer ses interrogations sur le contenu des livres préfère s’en tenir à des thématiques annexes complètement éloignées des préoccupations des auteurs. Le 16 Février 2006, j’ai vécu ce calvaire au Centre Culturel Français de Lomé lors d’un café littéraire en compagnie de 
l’écrivain togolais Edem Kodjo, dont le roman, Au commencement était le glaive,
a paru en 2004 aux Editions de la Table Ronde à Paris. Vieux routier de la politique dans son pays, excellent essayiste (Et demain l’Afrique, Stock 1985) et romancier sur le tard, l’actuel Premier Ministre du Togo avait tombé la veste pour une chemise décontractée, s’attendant certainement, comme moi, à un duo littéraire où chacun tombe bas les masques. Tout était prêt pour un café littéraire de rêve, aucun garde du corps sur la scène comme j’en ai souffert une fois au Bénin avec les barbouzes de l’ancien Président Soglo, ostensiblement postés entre cour et jardin, voire sur le plateau, pendant une représentation théâtrale ! J’avais même exigé le tutoiement entre nous dès le début, pour enlever tout caractère protocolaire à la soirée, après tout il m’était difficile de cacher que Edem Kodjo et moi nous connaissions déjà , même s’il préside actuellement aux destinées gouvernementales du Togo ! Mais dès les premières questions du modérateur, le ciel s’est abattu sur nos têtes ! Je le connaissais pourtant le modérateur, même promotion Licence de Lettres à l’Université du Bénin au Togo (actuelle université de Lomé), garçon brillant au demeurant, quand il se donne la peine. Mais là , j’aurais même préféré qu’on discutât politique (matière sur laquelle je me serais allé à dire des banalités qui font rire l’auditoire), au lieu de devoir répondre à ces questions oiseuses qui finirent par endormir la salle et plonger les écrivains que nous étions dans une perplexité polie ! Au fond, à quoi sert-il d’avoir écrit des œuvres de fiction, si c’est pour disserter
sur les vertus et les défauts de la collection Adoras des Nouvelles Editions Ivoiriennes, ou se torturer les méninges comme une caricature d’universitaire pour répondre à cette question métaphysique : « pourquoi sur 90% de romans togolais de la période 1980, les personnages féminins meurent-ils tous de mort violente ? » J’ai séché, devant le trou noir de la question trop pointue pour mon cerveau lambda. J’ai vu blêmir mon collègue Kodjo, mais le modérateur n’eut pas pitié de nous, qui nous annonça, insoutenable et léger que, si nous étions incapables de répondre à une question si importante, nous n’avons qu’à patienter pour lire la thèse d’une certaine Mme Z., laquelle utilise les subsides de l’Etat Togolais pour pondre un galimatias académique nommé THESE, sur le sujet. MON DIEU, et dire qu’on était venus là , AVEC PLAISIR, pour parler de nos minuscules univers littéraires ! La colère étant un péché capital, j’ai tout fait pour cacher la mienne devant tant d’outrecuidance. Tout ce qui se conçoit clairement s’énonce aisément… et les mots pour le dire manquent quand on cède à la paresse intellectuelle ! Au fond, il n’y a pas à s’interroger longuement sur les frustrations du public à la sortie d’un café littéraire. Une critique qui fuit le cœur solide des œuvres des écrivains pour divaguer ne peut que produire réticence et dégoût pour la littérature, et donner une fausse image de celle-ci. Aucun auteur au monde n’est spécialiste de questions autres que celles qui touchent à la genèse de ses livres, aux tourments de l’écriture. Pis encore, à ne pas s’attaquer à ce qui fait la quintessence des livres des écrivains, on risque de les faire paraître pour des songe-creux adeptes du babillage et de la masturbation intellectuelle. Exactement l’image que nous avions, Kodjo et moi, à cette soirée du 16 février 2006 au Centre Culturel Français de Lomé. La moindre des choses était de le dire, pour ne pas donner l’impression que nous étions complices d’une mascarade littéraire. Le jour où les critiques apprendront à lire vraiment les écrivains, le vrai dialogue pourrait commencer. Au total, même si je n’ai pas pu placer un mot sur mon actualité littéraire en évoquant Le Huitième Péché, un recueil de nouvelles

que je viens de coordonner sur le thème des péchés capitaux, j’ai quand même réussi à poser à Edem Kodjo la question qui me taraudait l’esprit depuis la lecture de Au commencement était le glaive: dans son roman, le personnage qui répète à tout bout de champ « ça veut dire quôa, ça veut dire quôa ? » aurait-il quelque chose à voir avec un ancien président du Togo, croqué par Ahmadou Kourouma dans En attendant le vote des bêtes sauvages, et adepte de ce tic mémorable ? Réponse d’Edem Kodjo : « c’est ainsi que parle mon personnage ! » Pirouette de politicien ou vérité de romancier, le champ reste ouvert !
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31 Comments Add your own
1. soeur marie-claude | mars 8th, 2006 at 16:02
Ah, Alem, le démarrage est rude! Ce pauvre modérateur. Cette soirée n’était pas aussi catastrophique que cela, même si, c’est exact, notre ami (je ne dis pas son nom, puisque tu l’as voulu), a posé des questions bizarres les trois quarts du temps.
2. théo | mars 8th, 2006 at 17:47
Un peu de compliment (sincère), pour te consoler, Kangni. Ton sens de l’humour exigeait la création de ce blog. Je sais désormais où aller quand je suis un peu triste.
Cela dit, j’ignorais un peu, je dois l’avouer, qu’un écrivain « gouvernait » actuellement notre Togo… Ses mémoires ! Ses mémoires ! Voilà ce qu’il lui faut écrire ! De vrais et sincères mémoires ! Mais pour le faire, il faut quitter la politique…
théo
3. Simon Ameg | mars 8th, 2006 at 18:36
Félicitations, Lavito, pour cet espace de discussion que tu viens de créer.Pour ce qui concerne le fameux café littéraire,bôf ! Il faut un peu de tout pour faire un café littéraire sinon ce n’en serait pas un.
4. B. | mars 8th, 2006 at 18:49
Cher Alem, c’est avec plaisir que je retrouve celui qui a toujours dit haut ce que les autres pensent tout bas…….. amicalement
B.
5. Sami | mars 8th, 2006 at 20:39
Tant pis pour le modérateur, c’est su de tout le monde maintenant! Mais, le connaissant, si brillant, crois-moi, Kangni, il va se racheter la prochaine fois!!!!
6. Sarah | mars 8th, 2006 at 21:09
Félicitations pour ce blog !
7. Tony | mars 9th, 2006 at 9:00
Kangni, j’ose croire que la prochaine fois que tu foutras ta bouille à Lomé, on ne risque pas de retrouver ton corps dans la lagune de Bè, affreusement strangulé comme le cadavre d’un Chiite irakien torturé par les islamistes sunnites, si tu te mets à massacrer si affablement les critiques de la place.
Néanmoins, ton blog a le mérite de poser publiquement une question que personne n’ose soulever ici: la critique littéraire telle qu’elle est pratiquée actuellement à Lomé dans les cafés littéraires et au Centre culturel français, est-elle sérieuse?
Je ne compte plus le nombre d’occasions où l’on est passé chaque fois à côté du sujet, laissant les questions au centre du livre pour des sujets peu évidents qui ont peu de chose en commun avec la littérature. Les débats restent à peine ouverts dans un milieu où l’on aime bien s’ébrouer et chahuter. A mon avis, la critique littéraire a foutu le camp entre 1992-1993; les étudiants et les professeurs qui l’ont fait naître entre 1989 et 1991, menacés dans leur vie, se sont exilés. Il n’ y a pas eu de passation. Ceux qui ont pris le relais manquent de couille.
Dans ton cas, je fus frustré durant tout le débat. Tu n’as pas tout dit, car ce qui est étonnant c’est que notre modérateur semble n’avoir pas lu le roman d’Edem Kodjo, une Å“uvre dont on a fait une publicité tapageuse et oublié d’en dire l’essentiel.
Deux questions dérangeaient ma minuscule comprenette: le penchant littéraire du Premier ministre et la banalisation des massacres dans Au commencement était le glaive. Pourquoi Edem Kodjo a-t-il fait le choix d’ennuyer son lecteur sur plus de dix pages avec un vocabulaire si recherché, si académique, si moyenâgeux? Un ami m’avait parlé de sa peine à recourir à tout un attirail de dictionnaire pour comprendre Edem Kodjo. L’actualité politique togolaise m’amène à m’interroger sur la banalisation du génocide dans le livre. Est-ce parce que le crime est devenu tellement banal que Edem Kodjo a opté pour travailler avec des gens que l’on considère les commanditaires des massacres d’Avril 2005?
8. Hortense | mars 9th, 2006 at 9:18
Alem, bien vu et pensé pour ce blog ! c’est le souvenir que tu gardes de ce café (très fort) littéraire.
Un mot à l’endroit de notre moderateur, il doit comprendre que les littéraires mieux les artistes sont avant tout des critiques. Tous les domaines artistiques sont relatifs au quotidien, de ce fait les questions ne doivent souffrir d’aucun propos académique qui surnagent les préoccupations de tous.
La leçon: « Un artiste déçu, équivaut à de la matière à produire « comme ce blog.
Alors attention à vous les critiques, les artistes veillent au grain !
9. Mayombe82 | mars 9th, 2006 at 11:22
Salut Kangni et merci à toi et à Alain MABANCKOU par qui je suis arrivé ici.
Ton texte me rappelle l’humour de Cola Cola Jazz. De la même veine. Je me suis demandé : ce critique littéraire est-il paresseux ou n’a-t-il rien compris aux œuvres de ses invités ? Je n’ai jamais eu confiance dans la critique littéraire pour choisir un livre ou aller regarder un film, avec ce que tu as écrit, ce n’est pas après-demain la veille que cela va commencer. @+, M82
10. Venance Konan | mars 9th, 2006 at 18:18
Pauvre Alem! j’ai été le témoin impuissant et muet de ton calvaire ce jour-là au CCF de Lomé. Souviens-toi, c’est ce jour que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Je me suis aussi demandé à quoi rimait cette histoire, lorsque Edem Kodjo a demandé à notre brillant critique quelle femme était morte dans son livre. Te souviens-tu aussi du type dans le public qui t’a félicité parce que tu parlais bien le français? Mais si ça peut te consoler Alem, moi j’ai été interviewé deux fois à la radio et la la télé ivoiriennes par des journalistes qui n’avaient pas lu une seule ligne de mon livre. Imagine un peu les questions: » Alors, venance Konan, vous venez de publier un recueil de nouvelles. de quoi parlez-vous dedans? » « Pourquoi ce titre? », « Combien de nouvelles contient votre livre? » « C’est qui votre éditeur? » « Pourquoi six nouvelles? » Je te jure qu’ils m’ont posé toutes ces questions. A chaque fois c’était en direct, donc impossibilité de dire au mec d’aller se faire foutre.
Cela dit, de quoi te plains-tu là , à propos de ton blog? je le trouve très bien. la preuve, je suis en train d’y perdre mon temps. Salut à tout le monde.
11. Nocky | mars 10th, 2006 at 9:35
Lalé Alem. L’arrivée de ton blog ? Pas surpris du tout. Tu as toujours aimé jouer avec le net. Le blog n’est qu’un maillon…Sur ce Café littéraire, ce qui me tue, ce n’est même pas vos livres, ce n’est même pas la mauvaise volonté du critique, c’est le lieu du Café littéraire lui-même: le Centre Culturel Français! L’Afrique francophone en est toujours là . Du moins la grande majorité de pays. Incapables de concevoir d’autres lieux de rencontres. Et le Premier Ministre qui se déplace à ce CCF sans se demander s’il existe un Centre Culturel Togolais. Je lirai son roman le jour où il construira un Centre Culturel Togolais. En attendant, la « colonisation positive » fait son petit bonhomme de chemin.
Pour te dire au-re-voir, une gala pour la route.
12. Delok | mars 10th, 2006 at 11:05
Mon ami Alem, pauvre de nous amoureux de notre Afrique. Les maux que tu envoies quant au café littéraire amer de ce 16 février me laisse dans un état que je refuse « d’adjectiver ». La honte . Oui c’est bien la honte. Merci pour l’avoir nommé . Et qu’on le dise et qu’on le beugle à ce modérateur et à tous ces pairs qu’ils sont sur une autre planète de médiocrité avancée.Je note par ailleurs que Kodjo Edem est pour moi un machin ( en ce qui concerne l’écriture) et un truc ( en ce qui concerne la politique) je suis désolé. Qu’il se pprésente au CCF de Lomé sans se poser une question sur le developpement culturel de son pays est un acte d’inconscience avancée. Il est comptable de la non-vie constatée au Togo . Et se permettre d’écrire un roman est simplement un acte de violence à l’encontre du peuple. Et Dieu seul sait que j’avais envie de le lire ,son roman, mais j’ai pas pu et pourtant je l’ai eu dans mes mains….
13. Venance Konan | mars 10th, 2006 at 13:23
Salut Noky, comment vas-tu? Merci à Alem grâce à qui je te retrouve. A propos des centres culturels, c’est toujours le grand débat dans nos pays.Les seuls endroits corrects où l’on peut faire de la culture sont malheureusement les centres culturels français. Tu sais que pendant longtemps le mot culture énervait prodigieusement nos dirigeants « éclairés ». Nous, à Abidjan, on a un énorme machin construit par les Chinois, qui est dirigé par un homme de culture, Sidjiri Bakaba, mais il en a fait sa chose personnel qu’il dirige avec sa femme, et les prix pour y accéder sont tellement prohibitifs que les gens de culture avaient menacé de faire la grève de la culture. Il y avait à treichville un charmant centre culturel où nous allions écouter nos idoles de la musique dans les années 70, mais c’est devenu le temple d’une secte. Presque tous les petits espaces qu’il y avait pour la culture sont récupérés par les sectes qui pullulent ici en ce moment. La bibliothèque nationale est en ruine. Elle aussi a failli être occupée par une autre secte qui venait y faire des prières, et il a fallu que le directeur de l’époque, Tiburce Koffi se batte littéralement avec euc pour qu’ils ne récupèrent pas totalement ce lieu. C’est vous dire où en est la culture dans ce payx. Heureusement il nous reste encore des espaces comme le village KI-Yi de Wèrè Wèrè Liking, et un nouvel espace que je viens de découvrir et qui s’appelle Kajazoma. On y a animé une soirée littéraire hier soir. c’était une chouette soirée, au cours de laquelle on a pu parler d’autre chose que de la politique qui est en train de nous pourrir la tête ici. Le centre culturel français a été incendié par nos ‘jeunes patriotes ». Donc à ce niveau il n’y a plus de débat.
Nocky, je t’informe que je serai à Paris du 16 au 31 mars. je serai au salon du livre. J’espère que cette fois-ci nous pourrons nous voir. Bonne jornée à tous.
14. Edwige | mars 10th, 2006 at 20:30
Première visite sur ton blog. Contente d’y trouver, comme Mayombé, l’humour de Cola Cola Jazz…On essaiera de le faire vivre. Seulement, ne nous fais pas le coup de Zyad Limam, qui parait il, lance un sujet et disparait, ne prenant même pas le temps de répondre aux interpellations. Là , tu as été interpellé deux fois par Venance Konan et toujours rien…Si ça continue, on demandera à Mabanckou de te donner des cours…
Edwige
15. For Edwige from Alem | mars 10th, 2006 at 22:50
Chère Edwige, comme dirait un proverbe douteux de mon invention, on ne se proclame pas danseur pour ensuite évacuer le cercle de danse au premier résonnement des percus. Tu as raison, depuis l’ouverture de mon blog, j’ai fait le mort. Rassure-toi, j’ai une excuse béton : je suis resté coincé dans mes toilettes depuis plusieurs jours, les pompiers viennent seulement de m’en libérer. Mais j’ai eu le temps de réfléchir et d’apprécier ce que Guido Ceronetti dit de ces lieux magiques dans Le silence du corps: « un lieu salvateur, le remède contre les mauvais rêves ». Désormais je suis là , de retour et purgé de toute constipation mentale, de toutes les peurs et de tous les fanatismes. Merci de me ramener à l’ordre. Que la musique commence!
Amicalement, Alem ou kangni c’est selon!
16. For Delok from Alem | mars 10th, 2006 at 22:55
Cher Delok,
dis donc, tu ne vas pas faire comme mon ami le modérateur, toi aussi: faire l’impasse sur la lecture des livres mais oser juger leurs auteurs. Je ne suis pas certain que ton jugement résiste encore quand tu auras lu le roman de Kodjo. Loin de moi l’idée de t’imposer l’amour de l’homme politique, il a le cuir épais, mais le romancier surprend, à toi de voir.
A suivre… toujours!
17. For Venance from Alem | mars 10th, 2006 at 23:14
Ah, Venance,
quelle rencontre fut la nôtre. d’abord par tes livres, un roman qui m’avait laissé de marbre, et un recueil de nouvelles (Robert et les Catapila) qui m’avait secoué les zygomatiques, grave! Et voilà qu’à la sortie de cette soirée, tu t’approches de moi, à la dernière minute, juste au moment où j’allais m’engouffrer dans « ma » voiture (tu parles, on me l’avait prêtée!), et me dis : Je suis Venance Konan, ravi de vous rencontrer! Enfin, un truc dans le genre. Je me suis jeté dans tes bras (à propos, mon haleine, ça allait?), et nous avions ri, de tout le mal que j’avais dit de ton roman, Les prisonniers de la haine, sur le blog de ce bantou problématique d’Alain Mabanckou, mais aussi de tout le bien que je pense de ton recueil de nouvelles. C’est dire qu’à quelque chose malheur est bon. Oui je me souviens de l’erreur de notre ami le modérateur, du silence qui s’était abattu sur la salle quand il eut démontré ainsi qu’il n’avait vraiment pas la maîtrise du roman de Kodjo. C’était pathétique et révélateur de la légèreté de sa démarche. Quant au mec qui me félicitait de bien parler Français, laisse tomber, on voit bien qu’il ne connaît pas un certain Censeur tchadien, émule de Senghor, qui parle mieux la langue de Voltaire que nous tous. Et ma maîtrise du Mina, ça compte pas? Pour le reste, je suis content et flatté que tu viennes perdre un peu de ton temps précieux sur mon blog.
A suivre… toujours!
18. For Nocky from Alem | mars 10th, 2006 at 23:24
Lalé, Nocky, Afé!
Le choix du CCF a été l’autre aberration de ce café littéraire initialement prévu pour se tenir dans un restaurant de Lomé, où ont lieu souvent des rencontres de ce genre. Ce n’est que trois jours avant la rencontre que j’ai appris que le CCF avait émis des cartons d’invitation. J’ai téléphoné à mon ami le modérateur (j’espère qu’il est toujours mon ami!) pour qu’il m’explique la raison de ce changement, sa réaction a été de me demander si ça me gênait tant que ça. Bon, je suis certainement nul en communication, mais j’avais compris qu’il y avait de la récupération dans l’air. Au même moment, accaparé par les problèmes de mon festival de théâtre (Filbleu), je n’avais plus l’énergie de me battre sur un tel sujet. Voilà . Quant à la nécessité de construire nous-mêmes des centres culturels, tu prêches un converti, qui n’est malheureusement pas Premier Ministre de son pays. Mais je ne désespère pas, un jour, un jour… car comme dit le proverbe de mon invention: « crois en ton fétiche et écrase le piment avec ton sexe! » Aïe!
19. For Mayombe from Alem | mars 10th, 2006 at 23:26
Ah Mayombe,
j’ai réussi à te faire migrer vers mon blog. Bienvenue, camarade! Des critiques et de leurs lectures, on en reparlera toujours.
A suivre…
20. For Tony from Alem | mars 10th, 2006 at 23:38
Ce que tu dis de la critique littéraire au Togo dans les années 90 s’explique par l’aventure de la revue « Propos Scientifiques » dont le slogan célèbre (Battre la campagne pour chasser les mythes) a mobilisé toute une génération d’intellectuels et d’artistes locaux. La critique a besoin d’espace et de matière pour se développer, il faut donc encore des revues d’art et de sciences humaines sur le terrain, ce qui n’est plus la préoccupation des Togolais depuis bientôt 17 ans, empêtrés qu’ils sont dans le ventre mou de la politique clanique des généraux et des Fils d’Untel et d’Untel! Et pourtant, il existe encore des intellectuels à Lomé et Kara, les deux villes universitaires du Togo, à quoi passent-ils leurs journées? Quand j’étais étudiant à la fac à Lomé, on avait coutume de dire que si le Bénin était le Quartier Latin de l’Afrique, les profs de latin se trouvaient malheureusement tous à Lomé. Auraient-ils finalement franchi la frontière pour s’exiler au Bénin? Affaire à suivre…
21. Venance Konan | mars 11th, 2006 at 16:30
Quand je dis à mes amis ici que tu m’as pris dans tes bras et que tu m’as soulevé, ils ne veulent pas le croire, vu que je ne suis pas maigre non plus. J’ai pas remarqué l’haleine. Mais si tu restes bloqué souvent dans tes toilettes, il faudra peut-être chercher l’odeur ailleurs. non , je sais que ce n’est pas très fin. Si tu peux communiquer avec le bantou problématique d’ Alain Mabanckou, transmets lui tout le bien que je pense de son « verre cassé ». je me suis parfois demandé s’il ne parlait pas du maquis de mon quartier où je vais souvent écluser quelques bières, un peu plus que de raisons, je l’avoue, avec quelques amis qui ressemblent aux cllients de l’escargot entêté. Cela dit, je ne partage pas totalement votre avération pour les CCF. Quel mal y a t-il à aller se cultiver dans un centre construit par les français? Il y a aussi parfois des centres culturels américains ou allemands dans nos capitales. Ne faut-il pas aussi les fréquenter? Je crois que le vrai problème est celui de nos gouvernants qui n’accordent aucune importance à la culture. Mon souhait à moi est qu’il y ait des centres culturels français, allemand, américain , espagnol, chinois ou arabe, avec beaucoup de centres de chez nous.Ainsi, si je veux connaître la culture chinoise ou française, ou arabe je peux choisir où aller. Mais il faut surtout que ceux de chez nous et ceux qui viennent chez nous puissent eux aussi aller à la rencontre de notre culture dans des centres construits par nous à cet effet. Bon week end à tous
22. Linda | mars 11th, 2006 at 21:10
Bonjour Alem,
Grand plaisir de vous lire!
23. Edwige | mars 12th, 2006 at 18:37
Si tu as pu t’en sortir, Alhamdoulillah, comme on le dit ici, dans mon pays adoptif, le sénégal.
Ceci étant, j’attends impatiemment ton receuil de proverbes…
Edwige H.
24. For Venance from Alem | mars 13th, 2006 at 22:45
Personnnellement, je n’ai pas d’aversion pour les CCF, je trouve leur présence utile, mais prône aussi la multiplication de centres nationaux de la culture. Vaste débat, je sais, et l’exemple que tu donnes de la personnalisation d’un centre national par une célébrité artistique locale peut faire croire que c’est la pire chose qui puisse arrriver dans la gestion de lieux pareils. S. B. n’a jamais été changé à la tête du machin?
25. Nocky | mars 14th, 2006 at 1:39
Salut Venance, content d’avoir de tes nvles, il fait tard, je reviendrai sur le débat ccf;
26. Alain Ricard | mars 14th, 2006 at 12:58
Personnellement, retrouver le ccf au centre de la vie lomeenne me rejouit. Il y a un memoire de ce lieu; sony y a parle et tant d’autres. Merci pour ce blog et a bientot.
27. Dalin, le Vigilant | mars 14th, 2006 at 14:55
« Retrouver le ccf au centre de la vie lomeenne me réjouit »; dixit Alain Ricard. Quoi de plus logico-logique.
Seulement, j’aimerais également me « réjouir de retrouver un cct (centre culturel togolais) au centre de la vie parisienne. Et demain ne semble pas être la veille pour les politicards togolaids, pardon, euh…Togolais. N’est-ce pas Edem Kodjo?
Bravo Alem pour ce blog. Comment va Ti-Brava? Toujours malade de ses dirichiants, Euuhh, dirigeants? Déja, « Au commencement était le GRAVE » cocorico. Bye et à bientôt.
Dalin, le Vigilant.
28. To Dalin, le Vigilant from Alem | mars 20th, 2006 at 16:21
Cher Dalin, je comprends ta vigilance, et je pense avec Alain et Venance que les centres culturels etrangers sont un plus pour la vie culturelle locale. Moi aussi mes premiers pas dans la vie artistique et intellectuelle du Togo se sont faits au CCF de Lome, alors je ne cracherai pas dans la soupe mais reclamerais autre chose.
Amicalement
P.S. Ecrivant sur un clavier anglais depuis Lusaka, difficile de ne pas ommettre les accents.
29. Hubert | juin 28th, 2006 at 16:54
ça fait plaisir de savoir qu’il y en a encore dans ce Togo « Terre de nos aieux » qui ne baissent pas les bras pour ce qui concerne la culture malgré le « ventrisme » de nos…
Bravo pour le blog en espérant que beaucoup le liront même tard comme moi.
30. franck b | juillet 22nd, 2006 at 21:32
un petit bonjour, un raccourci m’a fait attérir à ce carrefour, je sors de chez kajazoma, je cherche si jeanine à un site et j’arrive sur lomé où je croise venance dans ce village numérique, à propos d’un café littéraire, avec comme trait d’union cher frère, à l’actualité, ton actualité : edem et jeanine…rigolo non
-
je te dit à mardi, bonsoir à tous et désolé pour cette intrusion et le private joke, je voulais vous faire apprécier le côté hasard des chemin aui mène tous au blog. franck
31. Elvis Dodji Koblavi | juillet 24th, 2006 at 21:33
Cher Alem,
Quel plaisir de t’avoir rencontré,
Tes écrits me permettent de me jauger, de remettre bien de choses en questions …
T’es bon et garde toujours le même cap.
On se parle +tard
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