Quand la diaspora africaine déprime…aïe!
octobre 22nd, 2006
Précision importante: je ne suis pas l’auteur du texte que vous allez lire. Il est signé d’un certain Kabiona-Kaseke, congolais de la diaspora. Il m’a été envoyé par un ami Belge, Didier de Lannoy, qui trouve que notre ami déprime un peu, philosophe devenant tristounet. Mais il se trouve que certains accents de sincérité dans ce texte m’ont touché. Une fois au moins dans sa vie d’exilé ou d’immigré, qui ne s’est pas posé ces genres de question? Bonne lecture!
“Diaspora, on a échoué dans nos rêves !
Rêve de réussir dans notre pays natal après nos études en Occident !
Rêve d’être ministre, occuper des postes de PDG, frimer en BO au pays !
Diaspora par ici, « diassa-diassa » là-bas.
Diaspora en Occident, « diaspouri » en Afrique.
Bardés des diplômes, nous croupissons en rupture de ban dans notre majorité en occupant des emplois de survie.
Je me le demande toujours pourquoi ! Peut être en raison du manque de réalisme. Manque de bon sens, l’africain étant toujours en retard.
Diaspora, on a échoué dans notre vie de couple.
Échec de mener une vie équilibrée d’homme à l’africaine. Les épouses humilient leurs maris devant les enfants. Ces maris en jeûne affectif forcé, sous embargo matrimonial et relégués au rôle de mendiants sous la couette, alors que nos congénères collectionnent les aventures des « bureaux » en Afrique. Certains rêvent de rattraper cette privation affective lors de la retraite. (Bonjour les divorces après 65 ans, bienvenues les FIOTI FIOTI).
Diaspora, on a démissionné devant les assistantes sociales, on s’est déchiré pour des minables allocations familiales.
On continue à se bagarrer pour gérer les WESTERN UNION qui nous spolient en sponsorisant nos familles respectives restées au pays.
Des maris diplômés mais démissionnaires devant leurs devoirs de parents dans un rêve d’un avenir meilleur au pays.
Diaspora, on a échoué dans l’éducation de nos enfants.
Ces enfants rois sans aucune ambition, sans objectif depuis leurs berceaux.
Ces enfants rois font tout ce qu’ils veulent : les parents se les arrachent dans une compétition de docilité acharnée.
Si tu veux un divorce avantageux, dorlote et chouchoute ta progéniture.
En cas de divorce, l’enfant ROI choisira le plus « gentil », le plus caressant.
Enfin, Diaspora, on va échouer dans notre retraite si nous rêvons toujours de passer notre vie de senior au pays.
On continue à rêver : « Nous ne vieillirons pas en Occident ». Or, la réalité va nous rattraper. A l’instar des romains, il y a lieu d’être épicurien et savoir profiter du moment présent «ubi bene, ubi patria» : «On est chez soi là ou on se sent bien» au lieu de persévérer dans des illusions.
Nous serons malheureusement tous enterrés ici en Occident.
Sauf évidemment ceux qui s’acharnent à rêver encore.
A méditer”.
Par Denis Kabiona-Kaseke
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1. Petit sucre | octobre 22nd, 2006 at 19:42
une vie équilibrée d’homme à l’africaine… ça ressemble à quoi? la seule phrase qui m’a fait rire.
2. K.A. | octobre 23rd, 2006 at 7:48
Salut Petit Sucre, si tu avais lu Place des Fêtes de Sami Tchak, tu aurais eu la réponse à cette question… ah, le décalage entre la vie rêvée et la vie réelle des couples qui veulent reproduire en Europe les rapports de force entre homme et femme tels que ces couples se l’imaginent, à croire qu’en Afrique elle-même ces rapports n’évoluent pas. Tiens, il nous faudrait l’ironie de Francis bebey chantant LA CONDITION MASCULINE pour nous moquer de ces soi disant “pertes de valeurs”! Enfin…
3. Blaise KIBONZI | octobre 23rd, 2006 at 12:44
D’où les brillantes solutions proposées par Gaston KELMAN dans “Je suis noir et je n’aime pas le manioc”, que certains africains ont considéré comme un complexé. Gaston KELMAN est en avance sur son temps. Il est celui qui le premier a livré une meilleure analyse de cette question et donné les meilleurs perspectives (à l’exception de son apologie pour le metissage de peau). Applique le Gaston KELMAN mon frère Kabiona-Kaseke et tu sortira de ta dépression. La voie KELMAN c’est la seule voie qui nous reste pour sortir de ce mythe de l’immigré dans lequel nous sommes enfermés.
Mais bien sûr que nous seront enterrés en Occident. Tu te faisais encore des illusions toi ? Vois- tu tes enfants aller toutes les TOUSSAINTS dans le KAISAI OCCIDENTALE affrontés des rebelles armés pour venir fleurir ta tombe ?
La première véritable immigration noire-africaine commence maintenant avec notre génération (les quadra, quinqua d’aujourd’hui).
Les ZIK, Franck sont les exceptions qui confirment la règle.
Et, prions Dieu que des militaires déguisés en civils ne prennent pas le pouvoir au Gabon à la mort de BONGO des suites de la prostate. Je souhaite ne pas voir ZIK obligé de retourner aux Etats Unis avec une simple chemise trouée sur le dos comme le chimiste-écrivain congolais Emmanuel DONGALA, qui pourtant croyait beaucoup en ce continent quand on l’a vu débarqué au Congo avec son Ph D. américain. Un tel exil risque d’être sans espoir de retour.
Blaise
4. Mayombe82 | octobre 23rd, 2006 at 14:26
Texte intéressant et drôle en même temps, qui bien entendu fait réfléchir. Je dis souvent que dans la vie, nous ne venons pas “en gros” mais en “pièces détachées”, ce qui fait que mes réalités ne sont pas forcément identiques à 100% à celles de mon frère avocat Titus qui défend l’octogénaire qui a mis fin aux souffrances de sa fille. Chacun peut lire ce texte et comparer par la suite à son existence pour voir combien de fois il trouve de points communs avec. Il faut ce genre de texte de temps en temps, ça ne fait pas de mal. @+, M82
5. franck | octobre 23rd, 2006 at 17:40
Une question que je me suis toujours posée? Faut-il se résigner face aux impasses ou faut-il faire, tenter quelque chose? Quoi? Je ne sais. Mais se dire qu’il n’y a pas de fatalité et que rien n’est impossible à qui veut vraiment. Juste une réflexion.
6. EB_Toutmosis3 | octobre 23rd, 2006 at 18:39
C’est franchement un texte qui donne à réfléchir. Je suis en partie d’accord avec l’auteur qui pense que la ‘diaspora’ a échoué….mais c’est la faute à qui et pourquoi cette ‘diaspora’ à échoué, le texte ne le dit pas !!!!!! Comment faire pour s’en sortir car effectivement, ce n’est pas du fatalisme comme le dit l’autre intervenant, le texte ne le dit pas non plus. L’auteur semble plus s’appesantir sur la vie des couples dans sa diatribe. Nous ne pouvons pas nier cette réalité, mais que faire ???? That is the question !!!!!!! Je crois que la diaspora a échoué parce que beaucoup, ‘bradés de diplômes’ comme l’affirme le texte, sont incapables d’INNOVATIONS !!!!!!!! Il ne s’agit pas seulement d’affirmer avoir plusieurs DIPLOMES. Il s’agit de savoir utiliser cette connaissance, ce savoir, bref, ses diplômes pour contribuer a l’évolution de nos populations. Il semble que malgré nos tonnes de diplômes, nous n’avons pas de VISION en tant que telle pour nos pays, pour notre continent.
Merci
7. Mayombe82 | octobre 23rd, 2006 at 19:55
Ce qu’il faut, Franck, à mon humble avis, c’est réfléchir par soi-même. C’est un bon début déjà. Humblement. Comme tout le monde, les Nègres doivent avoir le choix entre le destin de, pourquoi pas, Vincent Mac Doom, et celui de Thabo Mbeki qui lui aussi, après un long séjour en Occident, rentra un jour chez lui. Avoir le choix. @+, M82
8. Zik | octobre 23rd, 2006 at 20:14
Personnellement, je pense qu’il faille savoir qualibrer ses ambitions. De toute évidence, nous ne pouvons pas tous être des gens prospères à qui tout réussi, qu’on soit en Afrique ou en occident. Il faut savoir assumer ses décisions. Mes collegues d’université travaillent aujourd’hui pour des grosses boites Americaines; moi je travaille en Afrique. Dois-je me sentir diminué? Non, dans la mesure où il y a d’autres paramètres qui remplacent le confort occidental. Par exemple, ma mère est tombée malade vendredi soir. Le samedi matin, c’est moi qui l’ai conduite dans une clinique de la place, pour les examens, j’ai reglé la facture de ma poche et l’a remené à la maison après que le docteur ait diagnostiqué une simple grippe. Le plus important de l’histoire est que pour la première fois de ma vie, je me suis occupé de ma mère. Voici une activité que l’exil n’aurait pas permis. Quelle est la valeur psychologique d’une activité comme celle ci? Dans toute chose, il y a des compromis. Ceux qui choisissent l’exil, doivent le faire en sachant qu’il leur sera impossible de recréer leur village à Paris. De même, ceux qui rentrent doivent savoir que chez nous, la vie est plus communautaire qu’en occident. Il ne doivent pas rentrer en roulant les mécaniques et en croyant que leur séjour occidental a fait d’eux des privilegiés. Si on garde sa tête froide, et les deux pieds bien plantés sur terre, on a moins de problèmes.
9. Zik | octobre 23rd, 2006 at 21:44
J’ai fait une faute enorme. j’ai écrit “qualibrer” au lieu de “calibrer”.
Désolé.
10. Bendjin | octobre 23rd, 2006 at 21:51
Moi j’estime tout simplement que l’homme est un éternel insatisfait, et que nos situations ne sont que des compromis compte tenu des moyens et des objectifs.
J’ai beaucoup d’amis qui me disent tous les jours qu’ils ne pourraient jamais rentrer travailler à Lome, Lome étant pour eux l’endroit idéal pour aller passer des vacances princières. Pourtant ils se plaignent tous les jours de la pénibilité de leurs petits boulots ici. Paradoxe? Non, chacun estime se choisir le moindre mal.
Mais pour etre plus réaliste, autant la question des retraites se pose un peu partout en Europe concernant les baby boomers, autant je suis persuadé qu’elle se posera dans une trentaine d’années avec la grosse vague d’immigrés de ces dernières années qui se sera installée en Occident. Et croyez-moi, ces immigrés ne seront pas traités avec autant de précaution et de faveur que les baby boomers. Avis à tous ceux qui ont les moyens de préparer leurs retraites chez eux…
Bendjin
11. K.A. | octobre 23rd, 2006 at 23:54
blaise? une réponse pour toi dans le post sur de BRAZZA, d’un certain Serge.
12. Kitmien | octobre 24th, 2006 at 0:51
Quelle sagesse ici sur cette question ? Je pense aussi que c’est à chacun de se choisir son lieu de vie en acceptant les indiscutables compromis.
Mais avis à ceux qui veulent tenter l’aventure du retour… il y a vraiment de quoi essayer de se piquer…
J’en ai jamais douté dès mes premiers pas en occident jusqu’à mon retour au bercail malgré des catastrophes vécues par la faute de nos prédateurs que vous connaissez bien.
Bon courage… et si vous pouvez, choisissez en connaissance de cause car ce texte fait bien l’échec d’une dispora … colorée… (rires) en attendant peut être celui d’un retour raté.
13. Petit sucre | octobre 24th, 2006 at 6:42
A quoi resseùble un retour raté?
14. Mayombe82 | octobre 24th, 2006 at 11:27
Petit Sucre: très bonne question. Qu’est ce qu’une vie réussie? @+, M82
15. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 12:26
Merci beaucoup K.A.
J’ai été lire la remarquable contribution de l’ami Serge suite à mes imprécisions sur les dates des débaptisations des villes de la RDC. Je lui ai répondu là-bas.
Il me dit de relire mes “livres d’histoires”. J’attends qu’il me donne les références des dits livres d’histoire où cela est ECRIT ! On tournera longtemps en rond comme ça nous négro-africains.
Ceci dit, c’est bien lui qui a raison sur les dates.
Je le remercie infiniment pour ces dates d’autant plus que ce sont des précisions que je recherchais pour pouvoir les coucher …..dans un livre. Si K.A et Sami veulent bien me servir de reviewers un jour.
Blaise
16. Timba Bema | octobre 24th, 2006 at 13:03
enfin décidé blaise… du courage…
17. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 14:04
Oui TIMBA BEMA, décidé. Je vais me jeter à l’eau.
Ce que j’ai écrit sur la débaptisation des villes de la RDC est quelque chose que j’ai restitué de ma mémoire de lorsque j’avais moins de 8 ans.
C’est vrai que je ne savais plus si c’est MOBUTU ou son prédescesseur KASA VUBU qui avait débaptisé la capitale LEOPOLDVILLE en KINSHASA. Je suivais tout cela sur l’autre rive du “majestueux” fleuve CONGO (2ème fleuve au monde par sa longueur - après le NIL en Egypte - et par son débit après l’Amazone au Brésil).
ATTENTION ! contrairement à ce que je lis sur de nombreux forums congolais (de Brazzaville), le Congo-Brazzaville est situé RIVE DROITE du fleuve Congo (et non pas rive gauche comme beaucoup l’écrivent). le fleuve prenant sa source au nord du Congo, nous sommes bien RIVE DROITE !!!!
Revenons aux débaptisations en RDC. Ce dont j’étais parfaitement sûr, c’est que MOBUTU avait également rebaptisé le fleuve Congo en fleuve ZAÏRE !!!!
Heureusement que la communauté internationale, à commencer par les éditeurs des ATLAS ne l’avaient pas suivi. Aussi tout le monde appellait fleuve Congo par fleuve Congo sauf les zaïrois qui l’appellaient fleuve ZAÏRE.
C’était les fameux 3 Z de MOBUTU :
- “Z” comme Zaïre notre pays
- “”Z” comme Zaïre notre monnaie
- “Z” comme Zaïre notre fleuve !
C’est de ça que j’aimerais parler dans un de mes livres. MOBUTU vu par un petit congolais de 8 ans de l’autre coté du fleuve.
Et cette fameuse rencontre entre MOBUTU et NGOUABI au milieu du fleuve CONGO pour signer la fin de la guerre froide entre les 2 pays.
Mais BON SANG écrivez nous ça quelque part écrivain et historiens congolais. C’était en quelle année déjà ? En tout cas j’avais moins de 10 ans.
C’était les années où gamin, le ZAÏRE me faisait rêver. Et pas que moi d’ailleurs. De nombreux congolais de Brazza rêvaient d’habiter à KINSHASA. Je comprends d’autant mieux la déprime de l’ami KABIONA-KASEKE.
Blaise
18. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 14:11
ps : La conséquence de la débaptisation du Fleuve CONGO en Fleuve ZAÏRE par MOBUTU, c’est que ma chanson préférée de toute la discographie mondiale s’est retrouvée avec le titre de “Ebale ya ZAÏRE” (le fleuve ZAÏRE), plutôt que “Ebale ya CONGO” (le fleuve Congo).
Une composition bien sûr du poète congolais RDC (LUTUMBA SIMARO) interprétée par le plus congolais des angolais (Sam MANGWANA) au sein de l’indétrônable orchestre OK JAZZ du Grand Maître MAKIADI François devenu LUAMBO MAKIADI LOKANGA LUDJU PENE suite à l’appel de MOBUTU SESE SEKO demandant à son peuple de se débarasser des noms des colons et de reprendre des noms authentiquement zaïrois. De Joseph Désiré MOBUTU, lui-même deviendra MOBUTU SESE SEKO KUKU NGUENDU WA ZABANGA.
Blaise
19. Kitmien | octobre 24th, 2006 at 14:32
Petit sucre et Mayombe, pour un retour raté, je voulais simplement résumer ce qu’a connu notre compat Dongala par exemple !
Venir au bercail, être en difficulté pour retourner en occident…
Mais j’ai bien compris vos allusions. merci.
20. Timba Bema | octobre 24th, 2006 at 15:04
blaise tu as choisis là un gros morceau… bon appétit
21. Sami | octobre 24th, 2006 at 15:05
Blaise, quand tu voudras comme tu voudras. Ce sera avec plaisir, surtout que depuis le blog d’Alain, je t’ai toujours dit qu’il faut que tu l’écrives….
22. Timba Bema | octobre 24th, 2006 at 15:08
blaise avant que je n’oublie… concernant le fleuve congo ne voulais-tu pas écrire le deuxième grand d’afrique au lieu de dieuxème grand fleuve du monde…
23. Timba Bema | octobre 24th, 2006 at 15:09
ah monsieur sami… votre ombre rode dans les parages…
24. Zik | octobre 24th, 2006 at 15:16
Qu’est ce qu’un retour raté?
Ca dépend des circonstances. Le cas de Dongala est un cas très spécial, dans la mesure où il rentrait dans un pays en guerre. Si je comprends bien les circonstances de sa mésaventure, on ne peut pas parler de retour raté, car c’est tout le pays qui a sombré dans la violence. Un retour raté est, pour moi, celui de quelqu’un qui passe à côté de la plaque, alors que les circonstances lui offraient des possibilites de réussite. Dans le cas Dongala, il n’y avait pas d’alternative. Dire que Dongala a raté son retour revient à le rendre responsible de cet echec, ce qui est un abus de langage, à mon avis.
25. Zik | octobre 24th, 2006 at 15:40
Juste un supplément. Je viens de lire des extraits d’une interview de Dongala. Il était avant de partir, chef du departement de Chimie à l’université de Brazzaville. Il est parti pour sauver sa peau et celle de sa famille, quand la guerre civile devint très meurtrière. C’est Philip Roth qui lui aurait facilité l’entrée aux USA. Dire que Dongala a raté son retour est un peu cruel.
26. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 15:45
Cher Sami, si ça pouvait être un livre collectif ça serait encore mieux. Avec notamment la participation incontournable de nos frères et soeurs congolais RDC.
Ils pourraient nous éclairer sur l’origine du mot “ZAÏRE”. Du haut de mes 8 ans, j’avais entendu dire que MOBUTU croyait ainsi avoir repris l’ancien nom du fleuve Congo avant l’arrivée des colons.
Or il s’avère que le nom ZAÏRE c’est justement les colons qui l’avaient donné. Arrivés sur les bords du fleuve (Congo), ils demandèrent aux autochtones (pour ne pas dire indigènes) le nom de ce fleuve. La population locale répondit en choeur “NZADI”, qui en langue congolaise signifie “fleuve”. Le colon avec sa langue fourchue eut du mal à dire NZADI, il écrivit plutôt “ZAIRE”.
Imaginez que cette histoire soit vraie. C’est une anecdote qui mérite d’être rapportée.
Dans son vaste programme de “recours à l’authenticité”, MOBUTU qui n’était pas à un paradoxe près, décida rayer Monsieur et madame du langage Zaïrois pour les remplacer par “citoyen” et “citoyenne”.
Gamin à Brazzaville, je m’amusais à réciter les noms des personnalités zaïroises :
- Citoyen BOBOLIKO LOKONGA
- Citoyen MADRANDELA TANZI
- Citoyen NGUZA KARL I BOND
- Citoyen MADUNGU BULA NIATI
A l’occasion, MOBUTU et ses linguistes décident de supprimer le “OU” de l’orthographe zaïrois pour le remplacer par le “U”. D’où l’orthographe MOBUTU (prononcez “MOBOUTOU”).
La suite dans le livre. Dites à l’ami KABIONA-KASEKE que s’il souhaite être l’un des co-auteurs ça sera avec plaisir.
IMPORTANT (le meilleur pour la fin) : A la chute de MOBUTU, tous les zaïrois se sont empressés à reprendre leurs prénoms des “colons”. Papa WEMBA (de son vrai nom SHUNGU WEMBADIO sous MOBUTU) est redevenu Jules WEMBADIO comme à l’époque ….des belges.
Blaise
27. Sami | octobre 24th, 2006 at 15:53
Timba, oh oui, je lis, je te lis aussi, ici ou chez Alain. Pour Dongala, oui, Zik a raison, on ne peut parler de retour raté, il vivait chez lui depuis des années avant que la guerre civile ne l’oblige à partir en exil aux Etats-Unis où en effet son installation a été facilitée par son ami Roth, une amitié entre écrivains dont on parle peu. Il me racontait lors d’un séjour littéraire que j’avais passé avec lui en Espagne l’accueil que lui avait réservé Roth, et tout ce qu’il achetait dans un magasin pour lui et sa famille. Il le racontait avec une telle joie d’enfant que celui-là, on sait qu’il souffre d’avoir été obligé de quitter son pays. Blaise, livre collectif? Bon, moi je pars sur l’idée du solo de Blaise! Pour le mot Zaïre, j’ai aussi lu quelque part que ce sont les Portugais qui en sont à l’origine.
28. Zik | octobre 24th, 2006 at 16:10
Merci Sami, pour les confirmations. Blaise, les Zaïrois n’avaient jamais cesser d’avoir des prénons occidentaux. Il ne les utilisaient simplement pas sous Mobutu. Un de mes premiers roomates, aux USA, fut le fils d’un général de l’armée de Mobutu. Sur son passeport il avait un prénom occidental. Pourtant ce passeport fut établi à l’époque où Mobutu était roi.
29. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 16:23
“Blaise! Pour le mot Zaïre, j’ai aussi lu quelque part que ce sont les Portugais qui en sont à l’origine”.
En le disant cher Sami, tu participes déjà au livre et toute personne aussi qui apporterait un avis contraire, argument à l’appui.
Voilà un des plus grands pays africains dont le “guide éclairé” décide du jour au lendemain de changer le nom en ZAÏRE. On doit bien cherché à savoir d’où vient ce nom, non ?
Quant à DONGALA, lors du salon du livre à Paris, je l’ai écouté dans une salle à l’assistance clairsemée, faire part de ses conditions de “retour” aux ETATS UNIS grâce à son ami ROTH qui a remué ciel et terre pour lui et sa famille. Non seulement pour les faire sortir du Congo où il avait tout perdu (sauf la vie) mais aussi pour leur installation aux Etats Unis. Emouvant très émouvant.
Blaise
30. franck | octobre 24th, 2006 at 16:30
Ah le Zaïre et le Togo avec ces histoires de prénoms “importés” comme on disait à Lomé.
31. Blaise KIBONZI | octobre 24th, 2006 at 16:39
Merci ZIK, pour cette précision. Bizarroïde tout de même.
Koffi OLOMIDE, lui se prénomme Antoine, je crois bien.
En tout cas, quand je faisais mes études de géologie à l’Université de Brazzaville. On avait un zaïrois dans la classe NZINGA TODWANGA. Il n’avait pas de prénom occidental.
Tiens ZIK, j’ai failli l’oublier celle-là !!!!!!!!!
Quand j’étais en LICENCE de Géologie à Brazza. On a un prof qui quittait le GABON exprès pour venir nous donner des cours de Métallogénie à Brazza. Cet excellent prof s’appellait BOUMA.
Avant lui, c’est un prof zaïrois qui assurait ce cours. Mais je l’ai pas eu celui-là. Un certain MWEMBA car le Congo manquait de spécialiste dans ce domaine. Et avant MWEMBA c’est un prof français qui venait exprès de TOULOUSE.
C’était comme je dis aux jeunes congolais, l’époque du bon Congo. Ils n’osent même pas me croire quand je leur dis ça !
Et aujourd’hui malgré nos BAC+++++ en Géologie, on est des “team-managers” au MAC DONALD de SAINT-OUEN dans le 93.
Attention, je commence moi aussi à être gagné par le blues de l’ami KABIONA-KASEKE.
Blaise
32. Juliette | octobre 24th, 2006 at 17:31
C’est vraiment un texte qui fait réfléchir mais dis-moi Alem tout le monde ne fait pas parti du monde du livre comme toi non (rires)
33. Zik | octobre 24th, 2006 at 17:51
Tu sais Blaise, un team manager qui a de la jugeotte, c’est déjà ça. Il y a une grande famille Gabonaise au nom de Bouma, dont plusieurs membres sont des profs d’université. Il s’agit certainement de l’un d’eux. Blaise, chez nous en Afrique, il faut au plus vite banaliser le poste de Président, et ceux de ministres. C’est dingue, tout le monde veut être député, ministre, président. Personne ne remarque comment Chinois et Libanais s’enrichissent sous nos yeux, pendant que nous nous plaignons. Ces pays que nous rejetons, eux ils en font des vaches à lait. A méditer.
34. Kitmien | octobre 25th, 2006 at 1:35
Zik, en citant Dongala pour un retour raté, loin de moi l’idée de jugement de valeur. Je m’arrêtai au cas d’une personne qui quitte l’occident avec l’idée de retrer au bercail et une fois au bercail, pour des raisons diverses, il doit retourner en occident (d’où le retour raté…).
Pour Dongala, il a eu cette main secourable… mais je peux te dire que je connais des familles qui ont dû rester même avec les guerres et qui ont fini par s’installer malgré tout (en le voulant ou pas)… Voilà pour mon propos.
35. Zik | octobre 25th, 2006 at 15:37
Kitmien,
Peut être qu’il faille que nous nous accordions sur le terme “raté”. Pour moi, repartir en occident ne signifie pas toujours qu’on a raté son retour; tout comme demeurer en Afrique n’est pas forcement la preuve d’une integration réussi. Dans mon optique, Dongala à réussi son retour en Afrique, se livrant à une activité professionnelle qui lui donnait satisfaction. C’est la guerre qui est venue tout changer. Par contre, I’ll y a d’autres personnes qui rentrent en Afrique, mais n’arrive pas à trouver leur marque. Ils ne se sentent pas dans leur élément. Ils finissent dans la déprime et repartent vers l’occident, avec le ferme conviction que l’Afrique, ce n’est pas, ou plus, pour eux. Ceux là ont véritablement raté leur retour, car ils n’ont pas été capables de trouver un équilibre entre leurs espérances et les réalités du terrain. Kitmien, il faut avouer que beaucoup de nos cadres manquent souvent de modestie quand ils arrivent en Afrique.
36. Mayombe82 | octobre 25th, 2006 at 16:51
ZIK & KITMIEN,
Je crois qu’on ne pourra jamais s’accorder sur le terme « raté ». Les notions de bonheur, et de réussite étant relatives, il sera difficile de s’accorder. J’ai un peu connu Monsieur Emmanuel B-Dongala, lorsque j’étais moi-même étudiant à cette fac des sciences. Je l’ai toujours vu sourire. Il aimait ce qu’il faisait. Je n’ai jamais été chez lui, aussi, je ne peux dire s’il y avait une certaine réussite là-dessus. Même quand je me plaignais de certaines conditions d’études, il souriait et savait trouver les mots pour dire : « Ce n’est rien, ça va passer, c’est la vie ! » c’est un éternel optimiste (à mon humble avis), et il n’est qu’à lire tous ses romans (j’adore et j’ai pris le temps de le faire, de même que j’attends impatiemment le prochain roman de cet homme qui n’écrit que trop peu à mon goût), dont mon préféré est Le feu des origines. Il a subi la guerre de 1997, et malgré lui, il a été contraint de se retrouver outre-Atlantique où il faut leur reconnaître une certaine qualité rarissime en ce bas-monde : la gestion des ressources humaines. Savoir utiliser le knowledge, les pré requis, etc. J’en connais des Congolais, universitaires, cadres sup. par-ci, par-là qui ont fini par comprendre cela et qui aujourd’hui participent à cette trop fameuse fuite des cerveaux. Est-il heureux là-bas, mon vieux Dongala ? Lui-seul le sait. Que cherche-t-on dans la vie ? Un frère, 41 ans et récemment rentré au pays où il occupe un poste à responsabilité dans une belle boîte avec une belle paie, d’excellentes conditions matérielles m’a dit ne pas être heureux. Je lui demande si c’est en rapport avec sa femme et ses enfants restés an France, il me dit non : « Il y a trop de pauvreté et de misère autour de moi ! »
Le temps me presse, je reviendrai inch’Allah. @+, M82
37. franck | octobre 25th, 2006 at 17:21
Je viens juste de penser à vous suggérer le livre que voici: Kinship: A Family’s Journey in Africa and America de Philippe E. Wamba. (Le bouquin est en Anglais). Au travers de l’histoire de sa famille, (père congolais du Zaïre et mère noire américaine) Philippe E. Wamba, fils d’Ernest Wamba dia Wamba, y analyse la complexité des relations entre les cultures noires. Celles d’Amérique du Nord et celle d’Afrique. Ma recommendation n’est pas liée au propos central du livre mais à élément incident : la vie d’Ernest Wamba di Wamba et ses allers-retours entre l’Afrique et les Etats-Unis. Il n’avait pas particulièrement réussi son premier retour au Zaïre, après un passage en Tanzanie ou en Ouganda, (je ne m’en rappelle plus) mais il n’a pas abandonné. Je n’ai pas de jugement particulier sur son parcours personnel mais j’ai pensé que c’était un cas comme d’autres.
38. franck | octobre 25th, 2006 at 17:42
je voulais écrire “à UN élément incident : la vie d’Ernest Wamba diA Wamba”
Apologies.
39. Zik | octobre 25th, 2006 at 18:15
Franck,
Merci de tout coeur de recommender ce livre, véritable chef d’oeuvre, que j’ai lu il y a 2 ans. Je ne sais pas si tu es au courant, mais Philippe Wamba, l’auteur, diplomé de Harvard, est tragiquement mort au Kenya, dans un accident de la route. A quelques semaines de son mariage avec une jeune Sud-Africaine. Son petit frère fait un doctorat à Stanford et est marié à une … Gabonaise.
40. Blaise KIBONZI | octobre 25th, 2006 at 18:32
Je partage l’avis de ZIK. On ne peut pas dire que DONGALA ait raté ou pas son retour. Je suis convaincu qu’Emmanuel BOUNDZEKI DONGALA, comme beaucoup d’autres congolais serait resté au pays s’il n’y avait pas eu cette fichue guerre.
Quant à la question de savoir s’il est (ou était) heureux. D’abord c’est très personnel et c’est de tout un autre problème. J’ai rencontré des blancs au Congo qui se disaient heureux là-bas. Et ce bonheur ne se résume pas à des biens matériels. D’ailleurs il y a Richard BOHRINGER devenu sénégalo-français qui le dit également.
Il n’y a que chez nous les africains où lorsqu’un frère noir dit qu’il se sent bien dans la peau d’un bourguignon (suivez mon regard), cela devient une problématique continentale voire raciale. J’hallucine quand je vois ça. mais c’est son droit bon sang !
Je n’ai jamais vu des français blancs (ni des noirs d’ailleus)décréter la fatwa contre Richard BHORINGER parcequ’il aurait dit qu’il se sent mieux dans la peau d’un sénégalais et qu’il est mieux lorsqu’il est là-bas chez lui au Sénégal. L’inverse peut donc aussi être vrai, un sénégalais qui se sentirait mieux en Normandie qu’en dehors du palais Présidentiel de Dakar(suivez mon regard).
Franchement, je n’ai jamais compris cette culpabilisation que l’ont fait à certains africains de faire le choix de vivre ailleurs qu’en Afrique. Il n’y a pas que le matériel ni les belles blondes (pardon) qui attirent. A titre personnel je sais que je préfère 1000 fois la FRANCE au Congo à cause de LA LIBERTE et du RESPECT dont je jouis dans ce pays et que je ne trouverais sûrement nulle part en Afrique et surtout pas au Congo. Quoi que l’on dise.
Franchement la seule chose que je déplore et qui justifie l’attitude que je peux avoir aujourd’hui, c’est que les gens n’ont plus le choix dans ce putain de monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. L’ immigration ou le cloitrage n’est plus aujourd’hui quelque chose de choisie mais de subie. Et ce par tout le monde. Même un américain ne peut plus aller se promener tranquillement au pied des pyramides d’Egypte. Alors imaginez-vous l’installation. Ceux qui sont en ARABIE SAOUDITE sont obligés de vivre dans des bunkers.
En ce qui nous concerne, beaucoup fui l’Afrique par simple instint de survie. Et je les comprends. D’ailleurs à l’allure où vont les choses vous allez voir même les gorilles d’Afrique entamer eux aussi leur migration vers l’Europe. Pourquoi resteraient-ils en Afrique où ils sont condamnés à l’extinction ? D’ailleurs la multiplication des zoos africains en Europe est déjà ce signe annonciateur de leur migration progressive vers l’Europe. Bientôt les enfant d’Afrique qui voudront voir un gorille ou un lion en vrai devra faire un voyage d’études en CORREZE. Dans toutes ces régions de FRANCE où l’on est entrain de reconstituer des savanes africaines afin de préserver les espèces africaines. Bientôt ces animaux viendront d’eux-mêmes, quand il apprendront que là-bas, les conditions sont meilleures. Ils n’auront pas réfléchi c’est l’instinct de survie qui les poussera à nous imiter.
Blaise
41. franck | octobre 25th, 2006 at 18:40
Zik,
Je n’ai découvert le livre qu’après sa mort. Autre chose à laquelle je pense suite à tes infos, Alem pourrait lancer un jour un post sur le métissage est sur les diasporas noires dans le monde. Pourquoi pas. Juste une idée.
42. Richard | octobre 25th, 2006 at 18:42
Blaise écrit: “Bientôt ces animaux viendront d’eux-mêmes, quand il apprendront que là-bas, les conditions sont meilleures. Ils n’auront pas réfléchi c’est l’instinct de survie qui les poussera à nous imiter”. Sacré Blaise! ton “optimisme” sur l’avenir des animaux africains me fait pleurer de rire. Et pourtant, je crois que ce que tu prédis risque d’arriver, si nous continuons sur cette pente glissante.
43. Zik | octobre 25th, 2006 at 19:32
Franck,
Au moment de sa mort, Philippe Wamba faisait des recherches sur son prochain bouquin, dont le sujet était les aspirations des jeunes Africains au 21 ième siècle. Ce bouquin ne sera jamais écrit. Sacré Philippe, garçon d’une rare brillance, et surtout très précoce. Premier cycle à Harvard, second cycle à Columbia. Auteur d’un best seller, editeur en chef du site Africana.com, qui avait été lancé par le celèbre professeur Henry Louis Gates, de Harvard. Et mort avant l’age de 30 ans, en train de faire des recherches en Afrique…
44. Zik | octobre 25th, 2006 at 19:53
Blaise,
Ces blondes dont on accuse les Africains d’en raffoler! Mais nos Africaines ont une arme secrète. Le c_l, je veux dire le posterieur. Je t’assure Blaise, je souffre ici avec avec les petites secrétaires qui sont toutes des allumeuses. Quand elles viennent me remettre mes documents, elles le font avec une nonchalence dont les Africaines ont le secret. A chacun de leur mouvement, c’est leur croupe qui bouge au ralenti. Elles s’arrangent pour effectuer de petites maladresses qui feront que j’aille les voir pour leur demander de rectifier. Les anciens de la boite m’ont averti de leurs méthodes. Mais Blaise, je commence a faiblir. C’est du coin de l’oeil que j’observe désormais, car un patron qui est ébahi devant le fessier d’une sécrétaire, c’est pas bon ohhhhh!
45. Sami | octobre 25th, 2006 at 20:19
Zik, Zik, Zik! Attention, attention, attention! Tu nous as annoncé ici publiquement ton amour pour ta fiancée! Allez, on ne lui dira rien du tout! Richard, tu m’as devancé, j’allais citer les mêmes mots de Blaise concernant les animaux et leur émigration de survie! Sacré Blaise! Un petit truc tout de même. Je pense que l’affirmation par un Africain de sa préférence pour son pays d’accueil ne ferait pas forcément débat. En revanche, quand cette affirmation s’inscrit dans un ensemble de raisonnements et de considérations sur les immigrés noirs, parfois, oui, cela suscite une polémique. Je connais bien Gaston, on en discute tout le temps. Crois-moi, c’est un sacré provocateur. Mais il fait partie aussi de ceux qui ont exigé que leurs enfants nés en France parlent la langue des parents. Il est un bourguignon très camerounais. Il faudrait que tu discutes avec lui en personne. Il t’inéressera davantage, puisque tu pourrais avoir avec lui un débat relativement décalé par rapport à ce qui t’a séduit dans son livre.
46. Zik | octobre 25th, 2006 at 21:24
Sami,
Je t’assure que je serre les dents, je resiste, mais c’est dur car ces demoiselles sont…bonnes.
47. Kitmien | octobre 25th, 2006 at 22:02
Tu comprends Zik pourquoi j’avais pris la précaution de réduire le sens de raté. Je ne voulais pas y mettre du jugement. Cela relève de chaque individu.
Dire retour raté pour isoler juste le mouvement de quitter l’occident-arriver au pays-s’installer ou retourner en occident suffisait pour mon commentaire (rires).
Moi, je l’ai fait en connaissance de cause et ce ne sont pas les subsides qui devaient me convaincre pour rester au pays.
J’ai été au choômage au pays en retournant alors que je venais de laisser un poste super intéressant et j’ai subi les guerres à répétition mais rien ne m’a dissuadé. Je ne suis pas retourné en occident.
J’avais vraiment trouvé que c’était de loin le meilleur endroit pour moi de vivre avec ma famille.
C’est à chacun de choisir, de décider et de réaliser… Merci .
48. Richard | octobre 25th, 2006 at 22:04
Ah, Zik! Ta fiancée te regarde à travers l’oeil de Dieu (si cet oeil lui-meme n’est pas distrait par les remuantes croupes de ses propres créatures). Elles sont bonnes.. ca veut dire que tu y as déjà … Hum, hum!
49. Mayombe82 | octobre 25th, 2006 at 22:48
Kitmien, effet, c’est à chacun. Et vraiment à chacun de penser selon sa conscience. @+, M82
50. Sami | octobre 26th, 2006 at 7:56
M82, je pourrais même ajouter A chacun selon ses contraintes et parfois aussi ses ambitions. Mais la grande majorité d’entre nous retourne au bercail, c’est une réalité. Zik, ne réponds surtout pas à la question de Richard, laisse Dieu parler pour toi!!!!!
51. Kitmien | octobre 26th, 2006 at 9:31
Le problème qui est pendant est celui de se voir comme originaire d’un pays et donc avec des responsabilités (acceptées) à aussumer par rapport à ça.
Le monde n’est pas en réalité un village planétaire où tout le monde a les mêmes droits et devoirs malheureusement (encore).
Si l’on peut constater une certaine avance de pays occidentaux qui offrent un mieux être aux populations qui vivent sur ces sols,
on constate que les pays africains sont aujourd’hui loin de l’offrir.
C’est ici où je résume brièvement que des gens avaient en leur temps mouillé le maillot pour faire arriver ces pays là où ils sont.
Et la question que je me pose, de savoir qui et quand les pays en retard vont à leur tour bénéficier de cette bonne volonté de leurs enfants?
Bien sûr tout se fait lentement avec des aller/retour, des freins de tout genre mais il est aussi important que dans notre diaspora ne se perde cette fibre patriotique et de générosité qui pourrait à terme faire de nos pays africains des lieux de vie où le bien être du plus grand nombre serait satisfaisant.
Bien à vous.
52. Blaise KIBONZI | octobre 26th, 2006 at 10:27
Zik, tu vois bien que entre africains on ne peut pas se mentir. En te proposant d’accueillir en stage à Libreville ma charmante collaboratrice de Brazzaville (que je ne connais qu’en photo), je ne me fais aucune illusion de la façon que ça va se terminer. Mais si cela peut lui permettre de toucher du doigt les avancées dans le domaine de l’Internet dans les autres pays africains ça sera déjà ça de gagner. Et je t’en serai dans tous les cas reconnaissant (rires).
Sami, comme j’ai toujours dit à ceux qui me reprochent mon soutien aux thèses de Gaston KELMAN (tu n’en fais pas partie), je ne sais pas ce que ce Monsieur raconte en privé ou dans les médias où il s’exprime. Mais de ce qu’il a dit dans son livre “je suis noir et je n’aime pas le manioc”, je l’approuve à 99,99%.
A ma grande surpise, j’avais reçu un mail privé de Gaston KELMAN qui me remercia de mon attitude quasi-suicidaire d’avoir osé le défendre en public sur Internet contre une horde de noirs qui s’acharnaient sur son nom, et sur les idées qu’ils défend.
Le livre de Gaston KELMAN m’a beaucoup éclairé même sur ces questions d’apprentissage à nos enfants de nos langues. Gaston KELMAN a été très pertinent dessus dans son livre. Bien sûr qu’il y a un ou 2 points de ces analyses sur lesquels je ne suis pas d’accord. J’attends le jour où l’opportunité me sera donné d’en discuter avec lui en tête à tête pour en parler.
Blaise
53. Sami | octobre 26th, 2006 at 10:48
Ecris-lui, Blaise, il est ouvert à toutes les discussions, tu lui écris et vous prenez un verre! Enn tous les cas, il a eu en toi un défenseur inconditionnel. Cela ne court pas les rues. Quant à ta charmante collaboratrice de Brazzaville, attention à ne pas divertir Zik, hé! Kitmien, tu poses des questions essentielles. Quand, comment rendre nos pays d’abord idéalement accueillants pour nous-mêmes, ensuite pour les autres qui ne s’y installeraient plus en maîtres mais en étrangers pouvant se sentir mieux et devenir, s’ils le souhaitent, des “nationaux”, occuper des postes à responsabilité, etc.? Ce serait un grand pas pour l’humanité le jour où les mouvements dans tous les sens seraient des choix et non des solutions “obligées”, ce qui aujourd’hui fait d’une partie de l’humanité des quémandeurs d’asile et d’exil.
54. Mayombe82 | octobre 26th, 2006 at 11:01
Sami, il y a en effet deux mots que tu as mis dans ton post qui allument une lumière rouge dans ma tête :
· Contraintes : en effet ! Je connais personnellement une dame qui après ses études hors de son pays natal, avait décidé de rentrer, pas pour s’occuper de son pays, mais pour aller s’occuper d’une personne très chère qui l’avait élevée. Combien même on leur offrait, à elle et à son mari des carrières, à priori plus intéressantes que ce qui les attendait au pays. Le mari, pour ne pas avoir ses mioches à des milliers de kilomètres de lui (il voulait rester, lui) décida, la mort dans l’âme de rentrer.
· Ambitions : voilà un mot que nous ne mettons pas toujours à toutes les sauces. Si un Marcus Garvey avait eu pour ambition en son temps de ramener la majorité (pas tous, il en était bien conscient) tous les Nègres vers la Mère (Afrique), il faut reconnaître que peu d’entre nous ont des ambitions aussi pharaoniques. Pour certains cela se résume à un mieux être tout simplement, peu importe où il se trouve. Etre député chez soi ? Aller s’occuper de la famille qui nous attend et à qui parfois on doit beaucoup ? (ceux qui n’ont pas été élevés par leurs géniteurs peuvent en témoigner)
Mon bien cher Kitmien, avec ces deux mots mis en exergue par le Grand Sami, je viens vers toi. Personnellement, je ne crois pas que ce sera moi qui fera du Congo-B un pays avec des chiffres impressionnants : presque 100% de réussite au bac, bepc, cepe. Eradication de la pauvreté. Taux de corruption=0 et j’en passe. Tu me connais, tu sais ce que je pense. Plus le temps passe et plus je pense que ce que je dois à mon pays, à mon continent est beaucoup plus immense que ce qu’il m’a donné à ce jour. C’est pourquoi je me dis chaque jour que je me dois, à partir de mon lieu de résidence de poser un acte, même anodin pour un mieux être de l’autre côté de la Méditerranée. En espérant que ce sera plus encore le jour où j’y poserai mes valises, en effet. Je suis moi-même frappé de voir des jeunes (pas tous, je n’aurais pas la prétention de généraliser) qui me disaient il y a quelques années « le jour je quitte le Congo, je n’y remets plus jamais les pieds » tirer des plans sur la comète, faire des projets de plus ou moins grande envergure, dans l’optique de rentrer. Nous connaissons les causes que je ne développerai pas ici. Le dernier cas qui m’a fait réfléchir est celui d’un cadet, 24 ans, ingénieur dans les NTIC avec un beau CV à qui une boîte francilienne vient de proposer un job avec l’équivalent de 15.000 FF bruts/mois. Et encore, il a loupé une meilleure offre car son anglais est trop boiteux. Il a commencé ce boulot malgré lui et s’est lan,cé dans une recherche active… au pays ! J’étais plutôt surpris. Je lui ai fait part d’une offre à 600.000 ou 800.000 FCFA, à négocier, à BZV, il m’a envoyé son CV pendant que je lui en parlais.
La vie ? Les choix ? L’Exil ? Le retour ? Il y a tant de choses à dire là-dedans. @+, et bon ap à ceux qui vont passer à table. M82
55. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 12:02
blaise peux-tu me communiquer son mail… je te file le mien au cas où… perez_de_ayala@hotmal.com… merci d’avance
56. Kitmien | octobre 26th, 2006 at 12:29
Eh oui Sami tu as parfaitement résumé le drame (?).
M82, chaque petit geste compte dans une recherche si gigantesque.
Mais il va bien falloir que chez nous aussi une vie humaine puisse s’installer par la force de nos bras (ou pas d’ailleurs)…
57. Mayombe82 | octobre 26th, 2006 at 12:58
Erratum, lire : de ramener la mahorité (…) des Nègres (…) et non la majorité (…) tous les Nègres. @+, M82
58. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 13:52
Blaise… il est clair que la position de G.Kelman même si elle cherche à se rattacher à A.Césaire et à F.Fanon (parentés curieuses pour le moins à première vue) est inédite dans l’histoire de l’immigration africaine en France qui par la force des choses pose la lourde mais néanmoins fallacieuse question de l’identité que je traduirais pour la rendre plus plausible par l’idée d’éclatement que j’emprunte bien sûr à Sami…
cette idée peut être résumée par une proposition que je formulerais ainsi sous le contrôle bien sûr de son géniteur: je suis d’ici et de là-bas donc je suis nulle part… c’est une idée de l’ubiquité de l’être qui influence directement le rapport individuel à la mémoire et a fortiori la construction de soi qui est le mode disons naturel d’assurer la continuité de l’histoire…
on peut alors se poser ainsi la question qu’il souhaite résoudre: comment continuer mon histoire alors que je suis de fait éclaté?… même si cette question me semble incongrue je ne peux m’empêcher de constater qu’elle est proposée comme fondamentale dans la perception que certains ont de l’histoire de l’immigration africaine en France et que évidemment c’est à cela qu’a tenté de répondre G.Kelman mais de façon maladroite parce qu’il la résout en proposant un équilibre entre ici et là-bas qui certes est astucieux mais à mon avis inopérant puisqu’il se contente juste d’une double affirmation conciliant par un tour de force A.Césaire et F.Fanon…
voici les termes de cet équilibre: j’ai choisi d’être d’ici (ma citoyenneté) et l’histoire m’a fait naître là-bas (ma mémoire) ou mieux je suis noir et homme mais ce qui fait de moi un homme c’est non mon histoire mais ma volonté de m’affranchir d’elle… c’est un peu comme si le cadre de cet affranchissement (liberté) est la citoyenneté or la question que pose l’éclatement est celle du rapport à la mémoire (cf. les débats actuels sur la colonisation et l’esclavage) qui n’entre pas dans le champ de l’expression de la citoyenneté mais que G.Kelman perçoit avec exactitude sous l’angle de la discontinuité (même si mes ancêtres étaient esclavages moi je ne suis pas esclave)…
son discours fait donc de lui un théoricien de ce qu’on appelle la question noire puisque la condition noire est le point de départ de sa réflexion… de plus cet équilibre est en totale opposition avec la conception classique de la construction de soi comme étant la conséquence du rapport particulier que l’on entretien avec la mémoire et qui a pour finalité la continuité de l’histoire (je suis français parce que je partage en plus de certaines valeurs une mémoire commune et singulière avec d’autres)…
il perçoit donc qu’il ne suffit pas simplement de s’affirmer français pour l’être mais d’être aussi reconnu comme tel et pour provoquer cette reconnaissance il propose un nouveau modèle de société qui serait « multiraciale…» on peut donc se demander ce que vient chercher une catégorie raciale dans une société qui se veut au-dessus des races(en somme il ne résoud pas la question)… si on suit donc son cheminement on se retrouve dans une impasse qui rend quasi impossible toute acceptation de l’intégration des noirs dans la nation française… ainsi la solution est plutôt dans la transformation de l’idée même de nation car la laisser ainsi ne favorisera que la poussée de l’extrême droite…
59. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 14:27
un petit poème pour partager avec vous la beauté qui peut naître du sentiment d’avoir raté sa vie qu’eut un des plus grands poètes que le monde ait connu… pour lui ce n’est pas l’indivuîdu du fait de sa volonté qui rate sa vie mais c’est la société qui le met en retrait pour ce qu’il est de manière à suggérer en lui ce sentiment… bonne lecture…
je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l’orgueil,-et l’enfer de la caresse; un concert d’enfers.
Je meurs de lassitude. C’est le tombeau, je m’en vais aux vers, horreur de l’horreur! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame! un coup de fourche, une goutte de feu.
Ah! remonter à la vie! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit! Ma faiblesse, la cruauté du monde! Mon dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal!- Je suis caché et je ne le suis pas.
C’est le feu qui se relève avec son damné.
Extrait Nuit de l’enfer in Une saison en enfer, Arthur Rimbaud, Alliance Typographique, Bruxelles, 1873
60. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 14:30
Kitmien (post 51)… il me semble que l’echec du projet de M.Garvey prouve bien qu’il n’y a plus de diaspora africaine dans le nouveau monde…
61. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 14:36
la mort ne fait-elle pas de toute vie un échec… je vous laisse apprécier…
Dieu devant le tribunal des hommes
Je convoquerais
Dieu devant le tribunal des femmes
Lorsqu’il a achevé de me créer
Parce que
Lorsqu’il a achevé de me nouer
Que seul mon corps se meure
Il a fait
Que seul mon coeur demeure.
62. Blaise KIBONZI | octobre 26th, 2006 at 14:44
Effectivement Timba Bema, c’est aussi sur ce dernier point que j’ai été froissé par l’analyse de Gaston KELMAN. En tout cas c’est sa proposition pour sortir de l’impasse que je ne partage pas. Mais sur l’analyse qu’il donne des faits, Gaston KELMAN a plusieurs longueur d’avance sur de nombreux nègres, qui ne peuvent donc pas le comprendre. D’ailleurs j’ai énormément aimé son utilisation du “JE” dans le titre de son livre. C’ est un indice d’une importance capitale dans le mode d’expression d’un africain.
Les amis, il y a plusieurs mois, j’ai discuté de “Je suis noir et je n’aime pas le manioc”, dans le salon de coiffure Afro-africain de ma ville de maisons-Alfort (en France) tenue par une charmante dame d’origine TOGOLAISE, et dans laquelle travaille une charmante jeune dame GABONAISE mariée à un CROATE né en FRANCE.
Pendant que la gabonaise tressait ls cheveux de ma fille (Non ZIK, j’avais pas le regard rivé sur son postérieur), je discutais de “Je suis noir et je n’aime pas le manioc” avec son mari français d’origine croate qui lui avait gentiment apporté son repas du midi.
Son mari avait aussi lu ce livre, qu’il a apprécié et m’a même dit qu’il avait eu la “chance” de rencontrer et discuter avec Gaston KELMAN dans un train. Même lui, le français d’origine croate se retrouvait dans l’analyse de Gaston KELMAN. Bien qu’il ne partageait pas tout.
On a à la fin rigolé énormément sur ce qui serait de sa progéniture avec la charmante gabonnaise car lui se dit …..français. C’est sa femme gabonnaise qui lui rappelle qu’il est croate.
Qu’est ce que j’adore ce salon de coiffure. Fondée depuis 18 ans
par la charmante Togolaise !
ps : Timba, je retrouve le email de G.K et te l’envoie en privé.
Blaise
63. Zik | octobre 26th, 2006 at 14:48
Ah Richard, depuis que je suis ici, je suis comme un moine. En fait je me suis promis de la discipline. En plus je suis chez mes parents pour encore quelques temps. Mais cette vie de moine devra bien prendre fin. Pour le retour au pays, je peux seulement vous parler de mon experience. Jusqu’ici, je suis plus que satisfait. J’ai un emploi descent, je contribue d’abord à garantir le bien être de ma famille, et vu que la charité bien ordonnée commence par soit même, ce n’est une mauvaise chose. Il est évident que LBV c’est pas Paris ou New-York, mais une fois qu’on a accepté cette réalité, I’ll n’est pas trop difficile de vivre avec les couacs de la vie de tous les jours. Mes objectifs sont simples:
1-Me mettre de côté un peu de sous pour me construire mon propre logement.
2-Aider financièrement mes frères et soeurs qui sont encore à l’école.
3-Me marier et fonder ma famille.
4-Garantir à mes enfants un avenir serein. C’est à dire ne rien laisser à la chance.
Vous voyez, dans mon projet, rien de bien Garveyiste. Je souhaite une petite vie tranquille. S’il s’avère que des opportunités de faire de grandes choses pour le pays se présentent, je vous jure de les saisir. Mais j’ai appris à avoir des objectifs à la mesure des possibilites immédiates. Il ne sert à rien de vouloir construire le plus grand hopital du pays, si on a que de quoi construire un dispensaire. Si nous faisions ce qu’on peut, avec ce qu’on a, on avancerait. Mais construire des chateaux en Espagne, bien que séduisant, n’est peut être pas très efficace.
64. Kitmien | octobre 26th, 2006 at 14:55
Ah ! Tu m’en apprends des nouvelles frangin Timba. Pourquoi un échec constituerait il une preuve ?
Comment donc allons nous appeller ces nombreuses associations qu’on voit et qui se désignent comme tel ?
Je pense à celle du Mali qui est à la base de cette grande réalisation restée un grand exemple au Mali ?
Lors de mon récent séjour en France, j’ai eu la joie d’y être invité et de discuter avec tous ces frangins…
Alors donne moi la nouvelle désignation de la nouvelle “dispora” (rires) après M. Garvey .
Plus sérieusement, frangin, éclaire moi un peu plus, j’aimerai comprendre. Merci .
65. Zik | octobre 26th, 2006 at 15:10
Blaise, qu’est-ce que tu vas chercher dans un salon de beauté plein de femmes? Il faut revenir en Afrique te recycler, tu deviens trop moderne, mon frère! Tu sais Blaise, tout ces ajustements que j’ai du subir, par rapport à la vie en occident. Par exemple, chez mes parents à midi, si papa n’est pas encore rentré, on ne mange pas! Par contre, si maman n’est pas là, pour une raison où une autre, on ne va pas l’attendre. On passe à table. Quand mon père reçois du monde, en général rien que des hommes, ma mère vient juste dire bonjour et puis disparait. Autre chose, parmis les amis de mon père, il n’y a que des hommes. Pour ma mère, rien que des femmes. Les rapports d’amitié homme-femme sont encore assez rares. Juste ces petites differences en nous et l’occident.
66. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 15:12
je compte donc sur toi blaise… je suis en train de rédiger un un rapport de lecture sur Je suis n… et ça me ferait plaisir de partager mes impressions avec le sieur kelman… juste une petite blague sortie du florilège qu’il présente en page 151… elle me fait vraiment marrer et je suis sûr qu’il a dû aussi se marrer en retranscrivant ça…
Pourquoi un Noir surdoué et-il content quand il a terminé un puzzle en trois ans?
Parce que sur la boîte, c’est marqué: de quatre à six ans.
67. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 15:21
Kitmien… à mon avis pour qu’un groupe soit désigné comme diaspora il faut que l’une ou l’autre des conditions qui suivent soien vérifiées:soit les individus de ce groupe s’identifient à un foyer national comme de leur histoire bien qu’étant à l’étranger soit alors ils aient le désir de reconstruire ce foyer national dont ils auraient été expulsés par une autre nation (cas des hébreus)… aucune de ces conditions n’est confirmée dans le monde donc ce qui reste comme diaspara africaine c’est les individus ayant émigré recemment…
68. Timba Bema | octobre 26th, 2006 at 15:27
Kitmien… on ne peut pas être français et se dire de la dispora africaine alors que son foyer national est toujours viable…la dispora c’est donc ceux qui vivent en france par exemple tout en conservant leur nationalité… c’est tout un débat…
69. Sami | octobre 26th, 2006 at 15:39
Timba, tu as raison si on prend le terme “diaspora” dans son acception stricte. On pourrait alors dire qu’il n’y a plus de diaspora. Mais aujourd’hui, le terme s’emploie de façon souple pour désigner des groupes en situation d’immigration ayant le même sentiment d’appartenance à une culture, à une nation, et s’organisant en partie en fonction des règles de cette culture ou nation. Ainsi, à Montreuil, il y a Le village malien, avec chef, conseil de sages, etc. Il y a au-delà de ces reconstitutions culturelles une prise en charge par certaines associations maliennes, sénégalaises, des côûts de projets de développement rural dans leur région d’origine. J’ai été étonné, lorsque je faisais mes recherches doctorales en sociologie sur l’agriculture irriguée au Burkina de découvrir que des immigrés sénégalais et maliens mobilisent tant de millions de francs français pour financer chez eux des projets d’irrigation, redynamiser des régions entières. ARTE avait montré aussi il y a deux ans, je crois, comment des immigrés sénégalais, se reconnaissant tous membres de la même confrérie musulmane, mobilisaient, même quand ils sont des sans-papier, et de tous les coins du monde, beaucoup de capitaux qu’un dignitaire sur place gérait. Construction de villas pour les principaux intéressés, développement des quartiers grâce à eux, constitution d’un fonds d’aide et de solidarité à partir d’un prélèvement sur leurs capitaux. L’Afrique est tellement plurielles que parfois il est préférable d’aller étudier des groupes loin des débats intellectuels, car ils sont moins stériles et peu touchés par les questions identitaires.
70. Blaise KIBONZI | octobre 26th, 2006 at 15:45
ZIK, j’ai bien aimé le résumé de tes ambitions en rentrant au pays. Et la conclusion selon laquelle il n’y a rien de “Garveyiste” dans tout cela qui m’a fait bien rigolé.
Cher ZIK, le salon de coiffure “Afro-antillaise” de Maisons Alfort tenue par la soeur togolaise est une merveille. J’y irai tous les week-end si ma femme ne le voyait pas d’un mauvais oeil.
J’ai assisté un jou à une discussion entre coiffeuses (à laquelle je ne pris pas parti) sur l’infanticide commise par une femme noire qui étrangla avec un foulard sa propre fille dans le jardin de le Parc de la courneuve à Sainte-Denis (93).
“Comment une femme noire peut-elle aller jusqu’à tuer sa propre fille. Quels que soient les problèmes. ça se sont les femmes blanches qui font ça !”. Disaient-elles.
Si on regarde bien cette question de près, on est là aussi dans le prolongement de toute la grosse problématique à laquelle s’attaque courageusement Gaston KELMAN.
Blaise
71. Blaise KIBONZI | octobre 26th, 2006 at 15:59
Mes excuses pour les coquilles. J’y veillerai dans mes prochains posts.
Sami, “L’Afrique est plurielle”, tu l’as bien dit. Au Congo, il y a même un sociologue qui s’était spécialisé dans la “sociologie des bars”. D’après lui, c’est en observant le comportement d’un congolais dans un bar qu’on comprend mieux le Congo et le congolais. Je crois qu’il n’a pas tort.
D’ailleurs le roman à succès “verre cassé” de l’écrivain d’origine congolaise Alain MABANCKOU n’est-il pas inspiré d’un bar ?
Blaise
72. Zik | octobre 26th, 2006 at 18:13
Blaise,
Elle est perspicace, ton épouse.
73. Zik | octobre 26th, 2006 at 18:18
Sami,
Les Mourides Sénégalais finances des projets au Sénégal, à partir de New-York. C’est ça la charité bien ordonnée.
74. Kitmien | octobre 26th, 2006 at 18:43
Sami, je te suis très bien. D’autant que les mots évoluent parfois plus vite qu’on ne le pense.
Les africains qui sont partis en occident l’ont été pour certains contraints et forcés. Ils peuvent par contrainte également avoir pris une nationalité nouvelle.
Il y en a qui savent que leur véritable pays reste celui d’où ils venaient même s’ils sont obligés de négocier leur existence ailleurs.
Certains éprouvent un grand besoin de faire quelque chose pour ces pays là à travers des aides, des dons ou plus. D’autres s’organisent pour apporter beaucoup plus en fédérant des initiatives à plusieurs…
D’autres encore se résignent à essayer d’oublier complètement cette partie de leur vie, ils sont réfractaires à toute acte qui leur rappelerait leur passé….
Mais le mot Diaspora aujourd’hui s’emploie simplement pour désigner tous ceux qui sont partis d’un pays, d’un continent pour d’autres pays plus nantis (sous entendu, avec espoir de retour…).
75. Kaseke Kabiona Denis | novembre 12th, 2006 at 17:02
Bonjour à tous,
Merci d’avoir réagit sur mon article “Diaspora, on a échoué.
Je vous conseille aussi de lire:
1* Enfant occidentental roi,
2* Occasion d’Europe ou colis postal,
3* Tinda mwa ndambo ya Alloc,
4* Gestion Somba Zigida,
5* Prolifération des religions sectaires, un frein au développement de la RD CONGO,
6* Double nationalité: Une richesse pour le Congo de demain,
7* Kaka sac ya loso,
8* Keba na mikanda ya moninga na poto
Kaseke Kabiona Denis, St Michel sur Orge, France
76. berna | novembre 30th, 2006 at 8:22
Moi je trouve son texte juste et réaliste. Lisez A QUAND L’AFRIQUE de Joseph KI ZERBO
77. Radio Programme | novembre 5th, 2007 at 6:52
Bonjour,,
Dans l’affaire Arche de Zoé, ne vous taisez-pas. Faites signer cette pétition à tous ceux que vous connaissez et à vos membres.
Le formulaire pour signer :
http://africa-diaspora.com/tinc?key=09WG5su5&formname=Rafle_des_Noirs
Merci
78. Jean-Marcel Morlat | mai 31st, 2009 at 7:43
Bonjour, un petit commentaire pour dire aux internautes qu’une traduction du superbe livre de Philippe Wamba, Kinship, est en cours. il ne faut jamais désespérer.
Pour plus d’informations, veuillez me contactez : morlat1@hotmail.com
79. Jean-Marcel Morlat | mai 31st, 2009 at 7:45
Veuillez me contacter!!!!! Pas contactez!!!!
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