Kofi Annan:après l’ONU, président du Ghana?

novembre 17th, 2006

kofi.jpgLa rumeur court, insistante, du côté d’Accra, au Ghana. Après l’ONU, Kofi Annan pourrait bien être candidat aux prochaines élections présidentielles du Ghana. Sous quelle bannière politique? Personnellement, j’ignore l’affiliation politique de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, mais l’idée ne me paraît pas saugrenue. Une si riche expérience politique ne ferait que profiter au pays de Kwame N’Krumah. De son Kumasi natal aux coulisses de l’Organisation des Nations-Unies, Kofi Annan aura connu un destin des plus méritants. Quand ce diplomate ghanéen avait été nommé à la tête de l’ONU, souvenez-vous, la scène mondiale était des plus bouleversées. Il reste toutefois que le souvenir personnel que j’ai de K.A., c’est sa contrition publique après le drame du génocide rwandais. Quel bilan faire de la gestion des crises africaines par le secrétaire sortant, originaire du continent, donc attendu sur ces dossiers qu’il semblait mieux connaître? Rwanda, Burundi, Bakassi (conflit entre le Cameroun et le Nigeria), Liberia, Côte-d’Ivoire, Soudan, RDC…, Il y a eu des réussites, mais aussi d’énormes échecs. Que penser, à l’heure d’un exercice de bilan, de ses dix années à la tête du « machin » le plus célèbre du monde? Pour Annan, lui-même, son « bilan africain » serait positif. En effet, invité d’honneur au 7e sommet de l’Union africaine (UA) qui a eu lieu en juillet dernier à Banjul, en Gambie, il a brossé un tableau plutôt reluisant de ses dix années passées à la tête de l’Onu, tout en théorisant pour l’Afrique son émergence dans l’ère de la « troisième vague », entendez le début d’une ère nouvelle, à la suite des deux premières vagues émaillées l’une par la décolonisation et l’autre par les conflits militaires et les revers économiques qu’ont connus beaucoup de pays. Quelque images.jpgchose qui rappelle une autre théorie, celle de la « African renaissance » chère à un certain Thabo Mbeki…

Si je m’attarde au « bilan africain » de K.A. et à sa foi en un avenir meilleur pour le continent, c’est que l’élection de ce Subsaharien à la tête de l’ONU aura représenté un espoir pour beaucoup d’Africains que leurs problèmes globaux de sécurité, de manque de liberté et autres, allaient enfin recevoir une médiatisation plus forte. Cela a-t-il été le cas, forcément, si l’on prend, a contrario, l’exemple rwandais? Annan s’en va, rendons à Kofi ce qui est à Kofi, et tâchons d’analyser en quoi son passage à la tête de l’ONu aura rendu ou non service au continent.

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125 Comments Add your own

  • 1. franck  |  novembre 17th, 2006 at 16:08

    « Il n’a rien fait pour l’Afrique. Rien » dit un de mes collègues africain il y a deux jours à peine. « Au contraire il nous a compliqué la vie » avait conclu un autre il y a quelques mois. Tous sont des fonctionnaires des Nations Unies. Qu’avaient-ils attendu qu’il fasse en particulier? Je ne sais.
    Selon leurs attentes, les uns seront déçus, les autres pas. Reste que lui-même avait déclaré en 1999 qu »il lui avait été difficile de travailler avec les dirigeants africains.
    Les populations ghanéennes rêvent de l’avoir comme prochain président mais je crains que la tâche ne lui soit guère facile s’il n’a pas d’assises politiques. Last time I checked he hasn’t got any.

  • 2. Zik  |  novembre 17th, 2006 at 17:44

    Le SG de l’ONU est certe une personnalité importante, mais sa marge de manoeuvre est minuscule. Ce sont les membres du conseil de sécurité qui ont le vrai pouvoir de décision. S’attendre à ce qu’Annan fasse des miracles pour l’Afrique, du haut de son perchoir à l’ONU, est naïf. Ceux qui ont eu le vrai pouvoir en Afrique, les Bokassa, Bongo, Biya, Mobutu, Sassou, Ouphouet, Senghor, Eyadema etc…c’est à eux qu’il faut poser la question de savoir ce qu’ils ont fait pour l’Afrique.

  • 3. Peul en direct  |  novembre 17th, 2006 at 18:51

    Salut,
    Vous pouvez suivre la télé mauritaienne : http://www.tvm.mr/ et vous cliquez sur la *droite. Le Peul passe en ce moment en direct!
    Dans un autre habit, je vous jure!

  • 4. Tony  |  novembre 17th, 2006 at 23:02

    Ecoute, Kangni, Kofi Annan n’a rien fait pour l’Afrique. Il n’a surtout pas emp^ché l’impérialisme américain ou français de continuer à dominer l’Afrique. Il a permis à la France de mettre la Côte d’Ivoire sous tutelle, et a tout fait pour que les Congolias élisent Kabila au détriment de Tsisekedi le vrai nationaliste. Je crois d’ailleurs qu’un Africain à la tête de l’Onu ne sera jamais profitable à l’Afrique, car il aura toujours les mains liées;
    En ce qui concerne son ambtion de vouloir diriger le Ghana, je crois qu’il ne pourra pas faire grand chose non plus, lui qui a passé toute sa vie dans le ,palais de Mannhattan.

  • 5. florent  |  novembre 18th, 2006 at 10:10

    C’est toujours confortable d’être dans son canapé et de poser le regard critque sur le monde, sur Kofi, ses erreurs et surtout ses aides qu’il n’aurait pas apportées à l’AFrique, contnent de ses origines.
    Nos propres dirigeants ont été incapables, durant des decennies, de sortir les pays africains de la misère et du sous-développement. Je ne parle même pas des choses qui peuvent faire et qui ne leur coûteront même pas le franc symbolique.
    Si, à la tête de l’ONU, Anan n’a pas pu faire ce qu’il comptait réaliser pour son continent, on ne peut pas lui en vouloir. Surtout si le machin qu’il dirige pendant dix ans, est cadenassé par les puissances internationales dont il doit ménager les susceptibilités autant que les intérêts, surtout quand ceux-ci s’inscrivent dans des considérations géopolitiques et stratégiques. Que les Africains, du moins les dirgeants soient plus dignes, moins fornicaterus avec l’argent de leurs peuples, moins zozos et cela rejaillira sur ses fils, fussent-ils footballeurs, artistes ou hommes politiques.
    Quant à sa reconversion, moi je lui demanderais d’aller cultiver son jardin. Ce serait mérité pour un homme qui â passé la moitié de sa vie à courir dans le monde pour y éteindre les nombreux champs d’incendie.

  • 6. Abdon  |  novembre 18th, 2006 at 11:31

    Franck, Yayi Boni n’était pas un homme e parti quand il a gagné les élections au Bénin. Il représentait l’idée du changement, comme un certain A.T.T au Mali, revenu après son coup d’Etat, bref je pense que Kofi peut battre Kuffor et n’importe quel politicien local, surtout quand il se murmure qu’il aurait le soutien de Rawlings, le chouchou des Ghanéens. Wait and see…

  • 7. Koffi  |  novembre 18th, 2006 at 14:01

    Salut à tous
    Il est bien pour chacun de nous que le secretaire general de l’ONU n’a aucun pouvoir de decision. Ilne fallait donc pas s’attendre que Kofi le Ghaneen face quelque chose d’extraordinaire en Afrique; et je suis surpris que des fonctionnaires de l’ONU se plaignent de cela.
    En 40 ans d’independance la croissance agricole de l’Afrique a regressé alors qu’elle a connu un net progres en Ameriaue Latine et en Asie. Il faut plutot s’en prendre à nos dirigeants de ces 4 decenies.
    Pour ce qui est de la présidence au Ghana, Kofi n’a pas besoin d’avoir une assise poplitique pour devenir president, l’exemple de Yayi Boni au Benin l’illustre bien. Ceci reflete tout simplement l’aspiration des peuples africains à voirt du neuf. Le bilan nous montre que les politiciens qui ont ete à la tete de nos pays depuis les independances n’ont pas été à la hauteur; le peuple a decidé de sanctionner tous ces politiciens ds le cas precis du Benin, ou tous les politiciens sont taxés de corrompus.

    Je dirai donc bon vent a Kofi. ca fera tache d’huile ailleurs.

    Bonne journee

  • 8. franck  |  novembre 18th, 2006 at 15:35

    Abdon,
    Je ne dis pas que cela lui sera impossible. Difficile? Oui.

  • 9. Augustine  |  novembre 18th, 2006 at 18:12

    Le débat sur les ambitions réelles -ou supposées – prêtées à Kofi Annan, de briguer un mandat présidentiel au Ghana, fait rage dans le pays, même si aucun Ghanéen ne peut avancer un quelconque nom de formation politique dont le secrétaire général de l’Onu serait membre. Divers secteurs et cercles du pays, des politiques et politologues aux observateurs ont, depuis quelques temps, embouché la trompette de la candidature-surprise du secrétaire général des nations Unies encore en poste jusqu’à la fin de l’année. Les dénégations de Annan ne semblent guère suffire à faire taire la rumeur, alors que s’exprimant jeudi dernier à l’émission « Network Africa » de la BBC, il avait nié nourrir une quelconque ambition présidentielle. Nombre de ses compatriotes ghanéens pensent que si Kofi Annan s’absent de se prononcer publiquement, c’est pour « rester prudent et ne pas porter atteinte à la réputation qu’il s’est faite ». La presse avait laissé entendre qu’au début de l’année lors d’une visite aux Etats-Unis, le chef de l’Etat ghanéen, le président John Agyekum Kufuor avait cherché à convaincre M. Annan, de diriger son parti le New Patriotic Party (NPP- Nouveau parti patriotique). Au même moment on rapportait que le diplomate onusien avait demandé à être investi comme seul candidat du parti à la présidentielle de 2008, afin d’aider le NPP à rester au pouvoir. Le dernier, en date, à entrer dans le débat est l’opposant M. Eddie Annan, richissime homme d’affaires et candidat à la présidentielle pour le compte du National Democratic Congres (NDG- Congrès national démocratique). Selon ce dernier, « Annan ne pourrait pas trouver de solutions durables aux problèmes du Ghana, même s’il a fait ses preuves au plan international ». « Annan ne peut pas être un bon leader du Ghana, car, il s’est éloigné du pays depuis trop longtemps, ce qui l’a déconnecté des problèmes des citoyens. Il ne peut donc trouver d’antidote », a estimé le dirigeant du NDG. Autre voix entendue dans les conjectures en cours au Ghana, celle de l’ancien président, Jerry Rawlings. Selon ce dernier, Kofi Annan lui a déjà dit que le gouvernement de John Kufuor était « corrompu ». Rawlings s’exprimait alors à une conférence convoquée à Accra, en réaction aux accusations de coup d’Etat portées contre lui, par le pouvoir ghanéen.

  • 10. Zik  |  novembre 19th, 2006 at 15:10

    Pourquoi sommes nous si attentistes? Nous souhaitons qu’un sauveur nous offre la délivrance. Heureusement qu’il y a des Africains qui ont compris qu’ils sont les maîtres de leur destin. Par exemple, pendant que beaucoup d’entre nous fuient le continent, d’autres y investissent et mettent leur génie à contribution pour un meilleur avenir collectic. C’est le cas du fondateur de l’impressionnante université privée Ghanéenne Asahi http://www.ashesi.org/
    Cet jeune homme, après des études d’ingenieur aux USA, a travaillé chez Microsoft aux USA, devenant avant l’age de 35 ans, millionnaire en dollars. Au lieu de faire la bamboula, coucher les femmes et se vanter à gauche et à droite, il a mis son argent à contribution dans son pays, le Ghana, où il a crée la plus performante université, sur le model des grosses écuries académiques de ce monde. Je vous signale au finish que le jeune fondateur n’a pas encore 40 ans. Nous devons controler notre destin et non attendre un sauveur.

  • 11. Moa  |  novembre 20th, 2006 at 12:50

    Kofi Annan, finalement à Genève

    ONU. Le futur ex-secrétaire général a visité des appartements dimanche.

    Luis Lema
    Lundi 20 novembre 2006

    Finalement, ce devrait être Genève! Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU sortant et sa femme envisageaient de s’établir dans le canton de Vaud, à partir de l’année prochaine (Le Temps du 6.10.2006). La crainte d’être happés par de trop nombreuses fonctions officielles dans la ville du bout du lac semblait les avoir convaincus, malgré leur attachement pour Genève: c’est notamment dans cette ville que Kofi Annan et Nane Lagergren se sont connus alors qu’ils travaillaient tous deux au Haut-Commissariat pour les réfugiés.

    Prix décerné

    Dimanche, pourtant, l’actuel secrétaire général a visité plusieurs appartements à Genève. Et s’il n’a pas encore signé de bail, (il a quinze jours pour se décider), ses amis genevois donnent pour certaine sa venue prochaine. Ils évoquent même une date: la fin du mois de mars, puisqu’au terme de son second mandat, le 31 décembre prochain, Kofi Annan souhaiterait «disparaître» pendant trois mois.

    C’est le banquier genevois Yvan Pictet, ami de longue date du couple Annan, qui s’est chargé des démarches liées à la recherche d’un appartement. C’est précisément pour recevoir le Prix 2006 de la Fondation pour Genève, créée par Yvan Pictet, que Kofi Annan se trouve ces jours à Genève. Ce prix lui sera remis ce lundi, au cours d’une cérémonie qui devrait réunir quelque 500 personnes et que la fondation a voulu très ouverte à la société civile, à l’image de son hôte d’honneur. S’y côtoieront les directeurs des agences de l’ONU et des ambassadeurs, mais aussi les amis de Kofi Annan et de sa femme, des membres des milieux académiques ou des personnalités du monde culturel.

    Bourgeoisie d’honneur?

    Kofi Annan, 68 ans, entend mettre à profit sa retraite pour créer une fondation en faveur de l’Afrique. L’homme, qui selon ses proches bénéficie à Genève et en Suisse «d’une énorme cote d’amour», a d’ores et déjà été approché par bon nombre de conseils de fondation, empressés d’y associer son illustre nom.

    La remise du Prix de la Fondation de Genève, qui entend saluer la contribution de Kofi Annan au rayonnement de Genève dans le monde, est le premier d’une longue série d’actes de ce type qui attendent le secrétaire général sortant. A la Ville de Genève, son nom a été évoqué pour la remise de sa médaille «Genève reconnaissante». Quant à l’Etat de Genève, il pourrait lui décerner la bourgeoisie d’honneur, en plus du portrait de lui qu’aurait déjà terminé le peintre suisse Hans Erni.

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  • 12. Mayombe82  |  novembre 20th, 2006 at 13:35

    Koffi Annan for president ? Why not ? Je rejoins Ignak pour dire que son entregent, son carnet d’adresses, son expérience internationale peuvent être utiles à son pays, et pourquoi pas à l’économie de la sous-région. Je n’attendais personnellement pas de miracle lors de ses 2 mandats à la tête de l’ONU, car le vrai pouvoir n’est pas entre les 10 doigts du SG, mais entre ceux des 5 membres permanents du Conseil d’Insécurité.

    J’en connais un par contre qui ne sera pas content de l’avoir comme collègue au cas où il serait encore au pouvoir : le camarade Laurent Koudou Gbagbo qui n’apprécie pas trop le Ghanéen aux allures policées, très british. Je me souviens qu’il y a 2/4 ans, il fustigeait « ces Africains qui passent des années à l’étranger, dans les institutions internationales et qui décident un jour de rentrer au pays (…) » Bien entendu, ADO et KA (Annan, pas Alem) étaient la cible !

    Cependant, le monde en général, et l’Afrique en particulier en a vu passer, des ex-fonctionnaires internationaux qui sont rentrés au pays promettre la lune aux compatriotes, alors que l’on n’est même pas capable de ramasser les ordures qui jonchent nos rues. Souvent, ils ont « oublié » le pays, qui a tellement changé derrière eux. Ils ne connaissent plus personne, nomment n’importe qui n’importe où : le Congo en a fait la cruelle expérience de 92 à 97. @+, M82

  • 13. Edwige H  |  novembre 20th, 2006 at 14:58

    Moa,
    merci pour l’info

    Mayombé, je crois que Gbagbo aurait préféré 1 000 fois Kofi Anan en tant que collègue qu’en preneur de résolution et distributeur automatique de sanctions. Tu crois pas?

    Et puis, le Ghana a-t-il besoin d’un sauveur? C’est pas la Centrafrique hein!

    Edwige H.

  • 14. Zik  |  novembre 20th, 2006 at 15:26

    M82,

    En toute honnêteté, pouvez vous conclure que Lissouba ait été moins performant en un mandat que l’éternel Sassou? Je suis juste curieux d’avoir l’appréciation d’un Congolais. Cette Critique de Gbagbo est teinté d’opportunisme et de mauvaise foi. N’est-ce pas ce même Gbagbo qui marque Thabo Mbeki à la culotte? Ce Mbeki qui a passé plus de temps à l’extérieur qu’à l’intérieur de son pays. On peut aussi dire de Gbagbo qu’il est de ces opposants Africains qui, une fois au pouvoir, adoptent les méthodes des dictateurs qu’ils ont remplacés. Heureusement que Gbagbo a la France, bouc émissaire de convenance, pour masquer ses abus de pouvoir et son désir de se maintenir coute que coute au pouvoir. Tant que les Ivoiriens se concentreront sur la France, Gbagbo et ses « patriotes » pourront continuer à présenter chaque alternative comme un complot Français. Et la Côte d’Ivoire dans tout ça? On a tous vu comment Mugabe a détruit son pays, en utilisant l’excuse du complot blanc comme bouclier.

  • 15. Mayombe82  |  novembre 20th, 2006 at 16:52

    Zik, tu me vouvoies aujourd’hui ? que se passe-t-il donc ?

    Zik, l’homme qui te répond a voté Lissouba en 92. je m’en suis mordu les doigts, mes amis aussi, ma famille et mon pays tout entier. Mais comme dans une histoire d’amour ou de cul (ce qui revient au même), quand on découvre qu’on est cocu, il faut avoir la capacité de rebondir, d’aller de l’avant et chercher un mieux être. Sassou et Lissouba, je pense, sont les faces d’une même pièce : aucun ne dépasse l’autre, aucun n’est pire que l’autre ! L’incompétence de l’un équivaut largement à… l’incompétence de l’autre. Si tu souhaites que je développe, je suis à ta disposition.

    Zik, tu dois bien te douter que l’historien euh ! pardon, le prof d’Histoire, mon camarade Laurent Koudou Gbagbo (LKG) connaît bien le parcours de Mbeki et qu’il se gardera de lui porter un jour une telle critique. Et s’il ne s’accroche pas à Mbeki, à qui pourra-t-il encore s’accrocher ? sûrement pas au pagne de Simone… Mais bon, LKG pourra rétorquer que Mbeki luttait, lorsqu’il était à l’extérieur, et qu’il n’appartient pas à la très haute fonction publique internationale.

    Edwige, je ne pense pas que le Ghana soit la RCA, mais il peut suffire d’un rien pour qu’il devienne pire que la RCA. Il suffit vraiment de rien, mais ce pays a la chance d’avoir un patron pragmatique à sa tête (à mes yeux), plus pragmatique que nombre de ses coreligionnaires. Je ne pense pas que le Ghana ait besoin d’un Sauveur, mais si KA (pas Alem) peut apporter quelque chose, why not ?
    « Mayombé, je crois que Gbagbo aurait préféré 1 000 fois Kofi Anan en tant que collègue qu’en preneur de résolution et distributeur automatique de sanctions. Tu crois pas?” Tu as bien résumé la chose. @+, M82

  • 16. Blaise KIBONZI  |  novembre 20th, 2006 at 17:05

    VOILA EXACTEMENT CE QUI TUE L’AFRIQUE !!!!!!!

    FRANCHEMENT, JE N’ARRIVERAI JAMAIS A COMPRENDRE LE NEGRO-AFRICAIN !!!!

    « Je suis noir et je ne comprends pas les noirs »

    Voilà quelqu’un qui a été Président officiel du monde ( même si officieusement on sait tous que c’est George BUSH). Kofi ANNAN à la chance de sortir avec tous les honneurs. Et au lieu de garder ce prestige, vous voulez qu’il aille foutre sa tête dans le merdier de la politique africaine ? où tout ce qu’il a à gagner c’est de perdre de sa notoriété. S’aligner comme un enfant derrière SARKOZY ou Ségolène ROYAL lors des prochains sommets Franco-Africains noyé de cette marmaille de petits dictateurs noirs ?

    Kofi ANNAN est avec Nelson MANDELA, les 2 négro-africain les plus respectés au monde.

    J’ai longtemps prié quand MANDELA était Président afin qu’il sorte propre de son règne Présidentiel qui risquait d’entacher tout son prestige de militant anti-apartheid. Heureusement qu’ils eurent l’intelligence de sacrifier Winnie MANDELA lorsqu’on tenta de les atteindre à travers ce regrettable drame de l’assassinat du petit Stompey par le clan Winnie.

    Nelson MANDELA est sorti proprement. C’est la seule et unique véritablement valeur négro-africaine du moment. Il pèse encore dans les conflits jusqu’à présent. Seul les petits dictateurs négro-africains ne le respecte pas à sa valeur. partout ailleurs dans le monde il est respecté et écouté. Nelson MANDELA a pesé sur le choix de l’Afrique du Sud pour l’organisation de la coupe du monde 2006. Rappelez-vous il fit le déplacement jusqu’en SUISSE. Et sa présence c’est ce qui a fait basculer le choix.

    Nelson MANDELA est aussi celui qui a permis la réintégration de la LYBIE dans le concert des nations. ce faisant, il n’ a fait que retourné l’ascenceur à Mouamar KADDAFI grand soutien politique et financier de la lutte anti-apartheid, avec l’Algérie de BOUMEDIENNE. Beaucoup de négro-africain l’oublient. Nos frères du Maghreb étaient des gros soutiens de l’ANC, quand Houphoeut BOIGNY décrété « le sage de l’Afrique » par la France serrait la main à peter BOTHA. Et s’opposait aux sanctions économiques ‘que demandait l’ANC. Et qui finalement aura raison du régime de l’apartheid.

    Nelson MANDELA a également pesé auprès de Bill CLINTON afin qu’il laisse CASTRO tranquille. Rappelez-vous la magistrale leçon publique que MANDELA donna à Bill CLINTON lors de sa visite en Afrique du Sud. Un prêtre sud africain en profitera d’ailleurs pour donner une seconde leçon à Bill CLINTON lorsque ce dernier commis la maladresse d’aller s’hasarder dans une église en Afrique du Sud en comapgnie de sa femme Hilary. Le prête sud africain n’avait pas oublié les pêchés de Bill CLINTON dans le bureau ovale en compagnie de « la jeune stagiaire aux formes avantageuses ». Il reçu une leçon biblique sur l’adultère et la fidélité. « Vivement que ce voyage se termine ! », concluera un journaliste américain couvrant ce voyage de Bill CLINTON en Afrique du Sud, où il recevait des leçons publiques à tous les coins de rue.

    Kofi ANNAN sera 1000 fois plus utile à l’Afrique en ne devenant pas un jour Président du GHANA. Avec Nelson MANDELA ils auraient pu constituer 2 références et 2 valeurs sûres africaines. Surtout que (n’ayant pas peur des mots), le vieux MADIBA a laissé déjà suffisamant de force sur le terrain. Il faudra quelqu’un pour lui succéder. Kofi ANNAN peut être cette personne.

    Blaise

  • 17. Richard  |  novembre 20th, 2006 at 17:19

    Il est clair que Koffi Annan ne détennait pas le véritable pouvoir pour faire changer les choses en Afrique. Les relations internationales aujourd’hui ressemblent plutôt à la loi du plus fort. Les traités internationaux ne sont plus respectés par les grandes nations. Clinton signe le traité de Kyoto, Bush arrive et affirme ne pas se sentir lié par ce texte. Le Canada de Jean Chrétien adhère à Kyoto, Harper arrive tel Zorro sur sa monture et déclare qu’il n’en a rien à cirer. Les résolutions de l’ONU sont ignorées par Israel. Les manières de voyou prennent le pas sur la diplomatie. Les mésaventures d’Abdou Diouf à l’aéroport de Toronto résument bien la situation. Un ancien président et diplomate subi une fouille au corps, le Canada refuse de s’excuser et un ancien ambassadeur du Canada en France déclare à la télévision, que le Canada n’a pas à s’excuser, car lorsque les soldats américains ont tiré sur un soldat canadien en Afghanistan, tuant ce dernier, la Maison Blanche n’a jamais présenté d’excuses. Incroyable raisonnement. Nous sommes dans une cour de récréation d’une école primaire: je suis plus fort que toi, donc je te marche sur les pieds quand j’en ai envie. Après on s’étonne que l’Iran veuille se doter de l’arme atomique? Si les relations internationales sont devenues une question de force, alors qui l’en blâmerait?

    Koffi ne pouvait pas faire grand chose, certes. mais lorsqu’il se met du côté de Chirac pour promouvoir des dictatures sur le continent. Ca, c’est inadmissible. Je parle de ses prises de position sur la Côte-d’Ivoire et de son rôle ambigu dans l’après Eyadéma. Il aurait pu s’abstenir de jouer les valets de Chirac. Ca l’aurait plus grandi.

  • 18. Zik  |  novembre 20th, 2006 at 17:29

    M82,

    J’écris du boulot, d’où peut être mes formules de politesse. Quoique certains de mes collègues s’en moquent bien. Tiens, il y a une dame d’une quarantaine d’année, qui est chef de division comme moi, ingénieur de son état avec près de 15 ans de métier, qui refuse de m’appeler soit par mon nom, soit Mr. ou même par mon poste. Elle a décidé que la seule appellation qui je mérite, soit celle de « petit ». Pas « petit frère », mais petit, tout court. Même lors des réunions, je n’ai droit qu’à des « petit, qu’est-ce que tu en pense? » Les copains, anciens de la maison, me disent qu’elle a mal digéré qu’un jeune à peine sorti de l’école, soit au même niveau qu’elle. Pour parler de Lissouba, je ne sais pas exactement ce qu’on lui reproche en matière de bilan, mais j’aurais aimé que Sassou reviennent par la voie des urnes qui l’a vu partir, et non pas celle des armes. Lissouba aura été l’un des rares chefs d’état Africain élu démocratiquement au début 90s, dommage que l’expérience démocratique au Congo ait été abrégée.
    Pour Gbagbo, je pose une seule question: quel bilan de ses années au pouvoir?

  • 19. franck  |  novembre 20th, 2006 at 17:40

    Zik,
    Tu seras pas fâché qu’on t’appelle désormais comme cela ici?
    « P..t » c’est plutôt mignon, je trouve ; venant surtout d’une quadragénaire. Tu penses pas ?
    Juste pour rire. Suis pas sérieux.

  • 20. Richard  |  novembre 20th, 2006 at 17:50

    Difficile de faire le bilan de Gbagbo dans les circonstances actuelles. Ce que je remarque, par contre, c’est que ce monsieur, face à une situation de guerre aurait pu décréter l’état d’urgence, suspendre la Constitution et confisquer tous les pouvoirs. Il n’a rien fait de tout cela. S’il avait fait un coup d’Etat en bonne et due forme, qu’aurait fait l’ONU? RIEN!! Qu’a fait l’ONU en Mauritanie après le dernier coup d’État? rien évidemment.
    Je trouve impolie l’attitude de l’envoyé spéciale de LONU en C-I, qui est allé dire aux représentants du pouvoir ivoirien, de se comporter comme des gens civilisés, en laissant l’ONUCI travailler (au renversement de Gbagbo, bien-sûr). On sait ce que la fameuse « civilisation » occidentale a produit comme monstre. Gbagbo n’est pas parfait, et il a beaucoup de défauts. Mais il y a pire dans nos pays. Et ce sont souvent les grands potes du président francais.

  • 21. Blaise KIBONZI  |  novembre 20th, 2006 at 18:50

    Concernant GBAGBO, ce qui m’enrage (décidement) c’est que les gens oublient que GBAGBO président élu a subi une tentative de coup d’Etat militaire en 2002. Le problème est quand même parti de là !

    Il n’y aurait jamais de démocratie nul part dans le monde si à la moindre contestation du pouvoir en place, on tentait un coup d’Etat militaire.

    C’est cette menace perpétuelle de coup d’Etat qui transforme d’ailleurs certains président démocrates en dictateur. Ils sont obligés de dormir d’un seul oeil et d’une seul oreille en surveillant le bruit des bottes des militaires.

    Croyez-vous que CHIRAC aurait si bonne mine, si c’était également le cas en France ? Lui qui déjà a peur que le juge ALPHEN le jete en prison. Jusqu’à aller marchander des échanges de bon procédés avec Roland DUMAS afin que celui ci fasse voter une loi par la cour constitutionelle empêchant les poursuites contre le chef de l’Etat pour des faits dit « antérieurs » à son mandat.

    Imaginez-vous que SARKOZY et l’ex général RANDOT avaient la possibilité de faire un coup d’Etat en FRANCE, si CHIRAC les aurait déjà pas fait arrêter.

    Mais pourquoi BON SANG veut on changer les règles du jeu démocratiques en AFRIQUE et rien qu’en AFRIQUE ! Est ce un aveu que nous sommes des êtres humains sous évolués ?

    Même le HEZBOLLAH en palestine, et les AYATOLLAH enturbannés en IRAN ont compris ce que c’est qu’une démocratie. Seuls les nègres en Afrique seraient incapables de comprendre le b-a-ba de la démocratie ?

    J’AI HONTE DE l’AFRIQUE ! Et pourtant on est peut-être l’un des continents le plus instruit à l’heure actuelle au monde. on fournit même l’occident en matière grises : profs, ingénieurs, etc…

    Blaise

  • 22. Zik  |  novembre 20th, 2006 at 19:00

    Franck,

    Justement, c’est par respect que même lorsqu’elle m’appelle ainsi devant notre directeur, je reste courtois. C’est une façon de me remettre à ma place, je le sais. C’est une dame très compétente et respectée dans la boite. Je ne gagnerais rien à en faire un énemi. Mais je mentirais si je disais apprécier qu’elle m’appelle petit en pleine réunion de division, devant tout nos directeurs.

    Richard, Gbagbo a certe du mérite, la France est certe coupable de lui mettre les bâtons dans les roues, mais Gbagbo est dans une dérive totalitaire inadmissible à beaucoup d’Ivoiriens modérés. Essayez d’écouter ses discours; il fustige tout le monde, le Burkina, le Mali, le Sénégal etc… Tout le monde en veut à la Côte d’Ivoire, il insulte Abdoulaye Wade à tout vent, Bongo c’est carrément sa serpillère. Tout ça est enveloppé dans une démagogie qui crève l’oeil. Que propose Gbagbo à la CI aujourd’hui? (en dehors des slogans anti-tout le monde).

  • 23. Blaise KIBONZI  |  novembre 20th, 2006 at 19:27

    Puisque le cerveau d’un africain (aussi bien les dirigeants que le peuple) a du mal a comprendre le fonctionnement d’une démocratie (ce que l’Amérique latine y compris les indiens du Pérou ont rapidement compris).

    IL SUFFIRAIT DE LIMITER LE NOMBRE DES MANDATS PRESIDENTIELS EN AFRIQUE.

    Je suis pour une Présidence de 4 ans renouvelable une fois. Au moins les choses seront claires. Après 8 ans le Président en place DOIT partir (vu qu’on sait à l’avance qu’il truquera l’élection à l’issue de son 1er mandat. C’est atavique comme dirait l’autre).

    Quiconque tentera un coup d’Etat militaire dans cette période de 8 ans, devra être condamné par tous y compris la communauté internationale.

    Et tout président qui voudra modifier la constitution pour s’arroger un troisième mandat devra être condamné par tous, y compris la communauté internationale.

    C’est quand même simple non ? C’est compliqué ça ?

    ce qui tue l’Afrique c’est qu’on soumet toujours tout à interprétation. La semaine dernière je me suis trompé de gare dans une ligne de RER, je suis sorti en 4ème zone alors que j’avais pris un ticket 3ème zone. le controleur n’a rien voulu savoir, il m’a verbalisé. Alors que j’avais tout qui montrait que je devais descendre à l’arrêt d’avant. En Afrique le gars m’aurait compris. Il m’aurait même raccompagner sur la sortie de la bonne gare. Ces choses que nous aimons tant en Afrique deviennent de la gangrenne lorsqu’on rentre avec dans le système européen. ZIK le montre très bien avec sa collègue qui l’appelle « petit ».

    Verrais-tu un collègue en collègue en occident t’appeller « petit-frère » ?

    ça nous tue ces histoires en Afrique. Si on veut les garder alors n’introduisons pas ces cultures occidentales chez nous. ELLES SONT ANTAGONISTES !

    GBAGBO président élu de la cote d’Ivoire a subi une tentative de putsch militaire en 2002. La qestion n’était pas de savoir s’il gérait bien le pays ou pas. Tous on devait condamné cette tentative de coup d’Etat.

    La FRANCE N’A JAMAIS CONDAMNE la tentative de coup d’Etat militaire contre GBAGBO. J’avais dès 2002 ouvert un thread spécial sur un forum congolais (congopage.com), rien que sur ce point.

    Les congolais m’avaient à l’époque reproché d’emmener des problèmes ivoiriens sur un site congolais. peu de congolais s’était interessé à ce sujet. Sur lequel je m’étais pourtant longuement étalé. Les textes sont encore en ligne et consultables sur le dit forum.

    Je disais bien aux congolais qu’il ne s’agissait pas d’un problème ivoirien. Tous les africains devaient se sentire concernés par ce problème et s’élever comme un seul Homme (avec un grand H) pour dénoncer cette attitude COMPLICE de la FRANCE. Et qui était très mauvaise pour l’Afrique entière.

    4 ans après où en sommes nous ? De l’épine ivoirienne ça devient un bourbier africain par manque de vision et de courage politique de la part des africains. Et des jeunes intellectuels africains notamments.

    Quand il s’agit d’aller parler de la traite négrière vieille de 200 ans on les voit. mais là c’est l’avenir du continent qui se joue. On fait l’autruche. Et on s’étonne de voir des africains tenter rejoindre l’Europe traversant la méditerranée à la nage. je les comprends ceux-là. Et je les encourage à venir. J’aurais été en Afrique dans leur situation, j’aurais fait la même chose !

    NOUS AVONS BESOIN DE DEMOCRATIE EN AFRIQUE ! C’est la seule chose qui manque aujourd’hui au dévéloppement de l’Afrique.

    On a trainé le Président élu GBAGBO a venir négocier avec des putschistes à MARCOUSIS. Ce que c’est vrai LISSOUBA avait refusé de faire, ET IL AVAIT RAISON DE REFUSER DE LE FAIRE, quand la FRAnce lui demandait d’aller négocier avec SASSOU à LIBREVILLE après l’impasse de la tentative de coup d’état militaire de SASSOU qui finalement finira en guerre civile exactement comme en Cote d’Ivoire. Toujours avec cette même volonté de la FRANCE !

    GBAGBO a eu le mérite de l’avoir compris et d’avoir tiré les leçons de la tragédie congolaise . Il est venu à MARCOUSIS pour ne pas donner à la FRANCE le prétexte que LISSOUBA lui avait donné en refusant d’aller à LIBREVILLE.

    GBAGBO avait cédé le poste de Ministre des Affaires étrangères et de l’intérieur aux putschistes, telle que la FRANCE le lui demandait. Et tout cela ça n’a pas suffit bien sûr à la FRANCE.

    GBAGBO tient parce qu’il se sert de l’expérience congolaise. Et les patriotes ivoiriens c’est pas les miliciens « Cocoyes » ni les « mambas » de LISSOUBA qui donnèrent des prétextes à SASSOU de créer sa milice cobra armée par la FRANCE !

    GBAGBO a une attitude de démocrate jamais vu dans aucun conflit politique sur le continent africain.

    Je ne comprends pas les africains.

    Forcément que GBAGBO finira par tomber car les africains ne l’auront pas compris. Mais l’Afrique francophone aura laissé passer une chance inouie. GBAGBO a lui tout seul aura fait vaciller la françafrique. Il est le premier chef d’Etat africain a avoir résisté à la vindicte de la FRANCE. Malheureusement personne au sein de l’Afrique francophone ne sera venu à son secours. Nous resterons des éternels colonisés. Disons qu’un jour la FRANCE nous liberera par pitié. C’est bien la seule zone d’influence qui lui reste au monde, n’est ce pas ?

    Blaise

  • 24. franck  |  novembre 20th, 2006 at 19:33

    Richard, Blaise

    Il ne serait pas exagéré de retenir la responsabilité de Gbagbo dans la crise ivoirienne actuelle. Evidemment il n’est pas le seul responsable et le comportement habituellement scandaleux de la France ne devrait pas servir d’excuses. Mon point de vue est que Gbagbo ayant été élu au suffrage universel, il n’était pas question d’accepter qu’il fût renversé au prétexte qu’il gérait mal le pays. C’eût été trop facile. Je ne crois pas que les rebelles aient pris des armes pour ce genre de motifs et quelques accointances que ces derniers auraient avec la France, il se trouve que la manière dont Gbagbo et les siens ont usé de la question de l’ivoirité finirait par déclencher une crise telle que celle-ci. Les Ivoiriens n’auraient pu continuer longtemps à ignorer que cette question de l’ivoirité était grosse de périls. Il fallait un jour la régler. Laurent Gbagbo pouvait-il honnêtement croire que la France se mettrait de son côté contre les rebelles ? Qui l’eût espéré ferait preuve d’une grande naïveté. En stabilisant le front, consacrant la division du pays, la France, remettait le grappin sur un pays qui semblait lui échapper et se remettait en position de faiseurs de rois. Marcoussis en est la preuve. Là n’est pas mon problème.
    Il me désole simplement que Gbagbo et les siens n’aient pas pris la mesure de la situation et que le président n’ait pas jugé utile de se mettre au dessus de la mêlée en tentant de régler les questions liées à l’ivoirité et d’apaiser les passions. La passion, elle n’a jamais rien fait de durable.. Les Ivoiriens n’en peuvent faire l’économie car plus tôt la question est réglée mieux cela vaut. Gbagbo est décevant en ce qu’il n’a pas su assumer le manteau de chef de l’état se plaçant au dessus de la mêlée. Il fallait du courage politique pour faire comprendre aux passionnés que tous ceux qui sont prétendument étrangers ne le sont pas forcément et que le grand-père a peut-être émigré d’ailleurs mais que le petit-fils peut être légitimement d’ici. La légitimité électorale, il a choisi de la mettre au service de ses partisans, qui de jours en jours s’illustrent dans des propos xénophobes et extrémistes. Vu de loin on a l’impression que le pouvoir ivoirien est devenu parano. Cela me fait mal qu’en choisissant des positions extrémistes les Ivoiriens donne l’occasion aux autres de vouloir leur dicter leurs conduites.

  • 25. Blaise KIBONZI  |  novembre 20th, 2006 at 19:42

    ZIK, on postait en même temps. Finalement je t’ai répondu en partie sans le savoir. TU dis « qu’est ce que GBAGBO propose pour le Cote d’Ivoire ». Mais là n’est pas le problème !!!!!!

    Et c’est là que la plupart des jeunes « intellectuels » africains se trompent sur le conflit Ivoirien. Notre combat à TOUS devrait être un combat pour la défense de la démocratie. Un président africain élu subi une tentative de putsch militaire, ON NE DEVRAIT MEME PAS SE POSER LA QUESTION. ON DEFEND TOUS CE PRESIDENT. Le reste c’est autre chose. Il n’y a pas à faire l’amalgame !!!!!

    C »est cette amalgame que vous faites et qui donne des failles à Jacques CHIRAC pour enfoncer l’épée qui nous maintien au rang de continent des primitifs.

    En 12 ans de règne, qu’est ce que Jacques CHIRAC a fait pour la France. Zéro de zéro ! A t’on mandaté un coup d’Etat militaire contre lui ?

    NON !!!!

    hé bien posez-vous la question, pourquoi ?

    La réponse est simple : parce qu’on est en DEMOCRATIE !

    Blaise

  • 26. Richard  |  novembre 20th, 2006 at 19:53

    Entièrement d’accord avec toi, Blaise! je ne comprends pas que les pays dits francophones ne soutiennent pas Gbagbo, et que ce soient les Angolais, les Sud-Africains et les Zimbabwéens qui aient compris qu’il s’agît pour la C-I d’une lutte pour se libérer du joug néocolonial de la France.

    Zik, il faut dire que le père Bongo l’a bien cherché aussi, avec ses déclarations à l’emporte pièce sur Gbagbo et la Cote-dIvoire. Et Wade, il a tout du vieux sage. Je dirais même que c’est un vieux c… qui a mis à mal la démocratie au Sénégal. Il est pire que Diouf. Et Blaise, lui, tout le monde sait le rôle qu’il a joué dans ce conflit. Tous ces chefs d’Etats francophones interviennent dans le jeu pour jeter le trouble sur injonction de la France. Ah, ces dirigeants francophones. Ils vendront leurs mères pour plaire à la Francafrique. Bon, Gbagbo n’y est pas allé de langue morte sur Bongo, traité carrément de rigolo. J’avoue que ca m’avait bien fait rire. Mais quand j’ai entendu la prestation de Bongo à la tribune des Nations-Unies, je n’étais plus loin de donner raison à Gbagbo.

  • 27. Blaise KIBONZI  |  novembre 20th, 2006 at 20:05

    Franck,
    Ce que tu dis pour GBAGBO, de nombreux congolais l’ont également dit pour LISSOUBA. J’ai été parmi les premiers critiques de LISSOUBA. Mes amis congolais savent qu’il n’était pas mon favori pour les élections Présidentielles, et je n’ai jamais cessé de le critiquer quand il était au pouvoir. Mais JAMAIS, je dis bien JAMAIS je ne comprendrais une seule seconde le fait qu’il ait été évincé par les armes.

    Faute de maturité politique de la part des africains, il n’y a plus beaucoup d’africains qui donneraient de leur vie pour ce continent. Sinon j’aurais été le premier à m’allonger devant les chars de SASSOU (livrés par la FRANCE) qui partaient pour « en finir » avec le « dictateur » LISSOUBA.

    Cher Franck, ce sont des solutions politiques qu’il nous faut trouver et non pas des solutions militaires !

    A titre d’exemple. Puisqu’on fait toujours les mêmes constats en Afrique et qu’on reproche toujours les mêmes choses à nos dirigeants. J’ai participé ardemment sur Congopage (et à visage découvert contrairement aux autres congolais) a un débat sur un modèle FEDERAL que proposait un groupe de réflexion congolais pour enfin sortir de ces histoires que tel Président qui ne favorise que ses partisans.

    On m’a accusé de vouloir favoriser le « tibalisme » au Congo. je devins un homme à abattre.

    Franchement, je me demande que veulent les africains ?

    Ceci dit, je vois que le peuple congolais de la RDC est entrain de nous donner à tous une magistrale leçon. Je tremble de tout mon corps. Imaginez-vous que les 55 millions des congolais RDC prennent des armes sous prétexte que KABILA junior aurait truqué les élections.

    J’ai poussé un grannd « ouf » de soulagement quand j’ai appris que MBEMBA (le finaliste malheureux) a dit qu’il ferait des recours de façon « politique ». Et que, (aurait t’il dit ) « les armes ne parleront plus dans ce pays ».

    J’ai eu envie d’aller l’embrasser sur la bouche.

    Blaise

  • 28. Zik  |  novembre 20th, 2006 at 20:07

    Blaise,

    Je suis d’accord avec ta vision du besoin de l’enracinement démocratique chez nous. Lors des élections de 1993 au Gabon, au cours d’un débat télévisé, on demanda à Bongo quel était son métier. Sa réponse, « président ». Avec des raisonnements aussi tordus, comment s’étonner qu’il s’accroche au pouvoir? Pour en revenir à Gbagbo, je lui reconnais de grand mérite. Mais l’avenir de la CI tient à peu de chose, aujourd’hui. Le mandat de Gbagbo a expiré; mais il refuse le jeu démocratique qui l’a pourtant porté au pouvoir. Dernièrement, il déclarait: « je ne partirai pas! » Mais c’est quoi ce jusqu’au boutisme? Que Bongo le dise est une chose, mais qu’un « intellectuel » comme Gbagbo joue au dictateur et fasse dans la xenophobie anti-sahélienne est vraiment triste. Il ne suffit plus d’insulter Chirac ou Compaoré, il faut aussi une vision pour un pays cohérent. On ne peut pas à la fois être rassembleur, et traiter les sahéliens de sous hommes.

  • 29. Richard  |  novembre 20th, 2006 at 20:11

    Franck, tu as raison quand tu dis que les revendications des rebelles sont sérieuses. Elles sont mêmes légitimes. Mais là où le problème se situe, c’est quand on prend les armes pour défendre ses genres de problèmes dans une démocratie qui s’amorcait. J’ai suivi un documentaire sur la C-I avec un ami Ivoirien, né en C-I, devenu Burkinabé par la force des extrêmes et des xénophobes ivoiriens. Dans ce documentaire, preuves à l’appui, Gbagbo disait qu’aujourd’hui tout le monde oublie que c’est Bédié et Guéi qui avaient usé de cette notion d’ivoirité pour mettre toute une frange de la population hors jeu pendant les élections et qu’il a été le seul à sêtre, à l’époque, opposé à ce fait (Mon copain a dû lui concéder cette vérité là). Et qu’il avait commencé à proposer des solutions de sortie de l’Ivoirité à son arrivée. Même Kourouma avait déclaré dans une interview que Gbagbo était sur la bonne voie quant à la réponse au problème de l’ivoirité. Une fois que la France est intervenue pour brouiller le jeu (pourquoi donc ne pas avoir chassé les rebelles hors du pays, comme le stipulaient les accords de défense? au lieu de servir de force tampon. Et pourquoi diable à Marcousis demander à une armée républicaine fidèle à un chef d’Etat démocratiquement élu d’accepter un ministre de la défense issu de la rébellion? C’est du foutage de gueule), Gbagbo est obligé d’adapter sa position sur les plans machiavéliques de Chirac. Il ne peut plus rester au-dessus de la mêlée, sinon il est un homme mort. C’est dommage que les choses aient évolué de cette facon là, mais n’eût été le soutien manifeste de la France à la rébellion, peut-être que les Ivoiriens auraient pu trouver une solution au problème de l’ivoirité, hors de toute passion.

  • 30. franck  |  novembre 20th, 2006 at 20:31

    Je partage vos réserves et pour paraphraser Blaise il faut des solutions politiques. J’attends donc de Gbagbo qu’il se montre politique et qu’il ne tombe dans aucun piège qu’on lui tendrait. Quand j’étais encore dans la presse et pour les besoins d’une interview je l’avais rencontré dans un grand hôtel de Dakar au milieu des années 90 alors qu’il était encore opposant à Bédié. Nous avons passé près de 2 heures à discuter alors que l’interview formelle n’avait pris que 30 minutes. Il m’avait fortement impressionné comme un de ses rares opposants qui avait la tête sur les épaules. Il était très lucide et très humble, raisons pour lesquelles notre conversation avait duré aussi longtemps. J’étais très fière que l’Afrique possédât une personne de sa valeur et de sa compétence et j’étais sorti de l’entretien, convaincu qu’il était bon pour la Côte d’Ivoire.
    Je n’ai plus reconnu le personnage quand il devint président. Richard, tu me diras que de nombreux complot et l’adversité l’on contrait au machiavélisme. Soit mais le propre des grands hommes n’est-il pas de triompher de l’adversité ? Celui des grands politiques en Afrique ne serait-il pas de ne pas tomber dans des pièges ?

  • 31. Sami  |  novembre 20th, 2006 at 20:55

    Blaise et Richard, attention! Il ne faudrait pas non plus prendre Gbagbo pour une victime innocente! S’il n’était pas à l’origine de l’idée de l’ivoiriété, il y a adhéré et est allé, si ma mémoire ne flanche pas, loin jusqu’à stipuler qu’un Ivoirien ayant une épouse étrangère ne devait pas être président dans la mesure où la première dame du pays serait alors une étrangère. J’avoue que je ne l’ai pas entendu de sa bouche, mais je l’ai lu dans les journaux. Quant au rôle de la France dans cette crise, son ambiguïté et sa double-efficacité viennent de la faiblesse de l’Etat ivoirien lui-même et de l’absence de solidarité sous-régionale. Faiblesse de l’Etat qui ne pouvait à lui seul mater les rebelles, parce que dans un Etat démocratique, on doit mater sans réserve des gens qui contestent par les armes. Seulement, le devoir de les mater ne doit pas faire oublier le risque de perdre le combat contre eux. Si la France ne s’était pas interposée, Gbagbo n’aurait-il pas été balayé par les rebelles? En même temps en s’interposant, la France entérine la division du pays en deux sous-pays dont aucun n’est viable. Ainsi, elle tient les deux parties par une position stratégique devenue pour elles une nécessité, même si une partie ou l’autre la conteste. Mais s’il y avait eu une solidarité sous-régionale, les autres pays se seraient empressés de foutre une fessée à la rebellion, lui apprendre que quand on estime quelqu’un mal élu ou dans une dérive dangereuse, on le bat proprement aux élections. Un mandat, ce n’est quand même pas un siècle. Surtout qu’au cours du mandat il y a possibilité de promouvoir des contre-pouvoirs à même d’atténuer la dérive totalitaire.

  • 32. Sami  |  novembre 20th, 2006 at 20:56

    Blaise, ce que tu dis de Kofi Annan, on aurait pu le dire de Gbagbo: opposant mythique, il aurait mieux fait de ne jamais prendre le pouvoir. Mais il l’a eu, et reconnaissons quand même qu’il ne brille ni par ses idées ni par ses réalisations. Telle est d’ailleurs la punition que le pouvoir inflige le plus souvent à ceux qui s’en emparent par les armes ou grâce aux urnes après avoir été l’incarnation d’un idéal parfait par ce rôle facile qu’est s’opposer. Quand on s’oppose, on construit aisément des cités d’or. Quand on règne, c’est la merde humaine qu’il faut gérer. Et on nepeut la gérer sans en être éclaboussé. Souvent on en ressort tout puant.

  • 33. Richard  |  novembre 20th, 2006 at 21:48

    Bien-sûr que Gbagbo est loin d’être une victime innocente, Sami. Et quand on voit la manière dont il ourdit des plans pour contrer ses adversaires, on doit bien avouer qu’il n’a rien d’un saint. Il a dû lui aussi, dans une moindre mesure que Bédié et Guéi, utiliser cette notion populiste d’ivoirité. Même Houphouet n’est pas innocent quant à l’apparition de ce fameux terme qui ne veut rien dired’autre qu’exclusion. Quant à la faiblesse de l’Etat ivoirien, c’est sur elle que la France et les pays limitrophes ont joué en lancant les rebelles (je sais je n’ai pas de preuve du rôle de la France, je ne fais que subodorer la chose, eu égard à l’attitude équivoque de la France, depuis Marcousis) depuis le Burkina. Et moi je crois que la Ffrance s’est résolu à intervenir pour imposer le statu quo au moment où elle a vu que des pays comme l’Angola, le Nigéria, le Zimbabwé étaient prêts à envoyer des troupes pour mater la rébellion. Ca n’arrangeait pas du tout Chirac.

    Quant à la solidarité sous-régionale, il vaut mieux en rire. La plupart de nos potentats doivent leur pouvoir à leur patron de l’Hexagone. Allez donc leur demander de jouer une partition différente de celle de leur mentor. Chaque fois que je lis une théorie de droit, en occurrence celle du positiviste Hart qui dit que la règle de droit en vigueur dans un pays n’a de valeur que parce que le peuple l’accepte de son bon vouloir (et non en vertu de la notion de commandement qui serait inhérent au souverain, comme le prétend John Austin, un autre positiviste), ca me fait rigoler. Quand on sait que dans bon nombre de nos pays, c’est l’absence de normes qui constitue la règle et que le peuple n’a jamais son mot à dire dans son destin, je me dis que les philosophes du droit en ont de bien bonnes. Souhaitons aux Ivoiriens d’avoir bientôt une société démocratique à la Hart!

  • 34. Zik  |  novembre 20th, 2006 at 22:26

    Sami,

    Force est de constater qu’aujourd’hui, la rebelion arrange Gbagbo, car c’est devenu l’explication à tout. J’assimile ce qui arrive à la CI à la dérive Zimbabweenne. Tout le monde ou presque a vu le bien fondé des revendications de Mugabe. Lorsque l’occident s’est opposé à lui, tout critique du régime devint un pion des blancs. Aujourd’hui, il est impossible d’avoir une discussion calme avec Gbagbo. Le monsieur refuse systématiquement d’entendre parler de quitter le pouvoir. Quelle est la différence avec les Bongo et compagnie? Une fois au pouvoir, tous les moyens sont bons pour rester.

  • 35. Sami  |  novembre 21st, 2006 at 0:33

    Richard, je pense que les théories philosophiques n’intègrent nullement les pays africains, comme Marx ne les intégrait pas dans sa théorie sur la lutte des classes. Elles s’appuient sur des sociétés occidentales, les leurs, au sein desquelles le peuple a une existence réelle. Zik, évidemment, Gbagbo se sert aussi de cette donne: la rebellion. Mais en même temps, n’est-il pas humiliant d’être président d’un pays dont on ne contrôle pas la moitié? Je ne crois pas que Gbagbo vive une situation idéale. Il terminera son mandat par fierté, mais au fond, reconnaissons-le, c’est un homme humilié devant l’histoire.

  • 36. Mayombe82  |  novembre 21st, 2006 at 11:33

    Richard, je t’ai lu au post 17, et je pourrais poser aujourd’hui une question : à quoi sert l’ONU ? Comme pour paraphraser Richard La Bévière. Mieux, je pourrais poser la question : quels changements fondamentaux observeraient-on si l’ONU était dissoute ?
    Zik, je suis mort de rire en lisant ton propos au sujet de ta collègue (la maman qui a du mal à…) J’ai eu la chance de côtoyer moult nationalités, et ça se confirme bien que ce genre d’attitudes est bien partagée sur cette belle Terre des Hommes ! a ta place, je répondrais toujours avec un sourire quand cette maman te donnera du « petit » !
    Pour en revenir à tes interpellations, je vais être honnête avec toi : le cocu que j’ai été de l’ère Lissouba regrettera surtout deux choses :
    · les guerres successives connues par le pays en 93/94, 97 : les morts qui s’ensuivent et le reste ;
    · le retard considérable qu’on a observé sous ce quinquennat. Déjà qu’on avait rien avant.
    Que Lissouba soit partie après une terrible et violente guerre pour moi ne change rien au problème, car, le plus grand perdant, c’est le Congo. C’est l’Afrique qui s’est encore fourvoyée en faisant encore la une des jt occidentaux, au lieu qu’on nous annonce par exemple la construction d’une usine de cacao à Ewo. A part son pouvoir et tous ses avantages, qu’a vraiment perdu Lissouba ? Je ne sais pas trop. Mais je pense que le Congolais lambda a plus perdu que lui. Quant à Sassou, je t’ai dit à peu-près ce que j’en pensais, aussi, le tombeur de Lissouba se serait appelé Nasser, Bourguiba ou Amin Dada, le Congo est le plus grand perdant.
    Tu dis : « Pour parler de Lissouba, je ne sais pas exactement ce qu’on lui reproche en matière de bilan » : et moi je te dis justement qu’à part destructions (il a été bien aidé par ses frères Kolélas et Sassou, il faut le dire), vols et j’en passe, son bilan pourrait se résumer à 4 lettres : R-I-E-N.
    « Lissouba aura été l’un des rares chefs d’état Africain élu démocratiquement au début 90s, » : justement, nous devons comprendre qu’élu du peuple ne signifie pas avoir le droit non seulement de faire ce qu’on veut, mais aussi et surtout qu’on est élu sur la base de quelque chose (même si nombre d’électeurs ne savent ni lire ni écrire, ou pire, le savent, mais votent sur des critères que nous connaissons très bien). Il faudra que nos dirigeants arrêtent de prendre cette étiquette de « élu démocratiquement » pour faire justement ce que nous décrions. Ils sont légion : Patassé n’a-t-il pas été élu lors d’un scrutin à la loyale en 1993 ? Qu’en a-t-il fait ? Est-il normal que nombre de Centrafricains me disent « ce que nous avons au pays, c’est Bokassa qui l’a construit ! » Aberrant, non ?
    « dommage que l’expérience démocratique au Congo ait été abrégée. » : et nous ne sommes pas sortis de la merde avec celui qui est là actuellement et qui nous a fait entrer dans un club très fermé : celui des pays qui font l’apologie de la Colonisation. Et apparemment, nous sommes les seuls. @+, M82

  • 37. Blaise KIBONZI  |  novembre 21st, 2006 at 12:32

    Richard, j’adhère entièrement à ce que tu dis.

    ZIK, ta comparaison MUGABE/GBAGBO tient dans une certaine mesure. Mais sais-tu pouquoi MUGABE tient jusqu’à présent ? C’est parce que THABO MBEKI ne le lachera jamais contre l’occident. J’ai été TRES TRES étonné lors de mon séjour en Afrique du sud, du soutien que le pouvoir Sud afrucain porte à MUGABE. Celui qui voudra frapper MUGABE devra marcher sur THABO MBEKI.

    Or nous Francophones le tort qu’on commet (même si GBAGBO a fait quelque faute) c’est qu’on cède au discours MENTEUR de Jacques CHIRAC pour abattre GBAGO. J’ai passé 6 mois sur Congopage pour convaincre les congolais que l’inventeur de l’ivoirité n’est pas GBAGBO mais bel et bien BEDIE.

    J’ai passé 6 mois sur Congopage pour convaincre les congolais que les premiers à s’être opposé à la victoire possible de OUATARRA à une élection Présidentielle en Cote d’Ivoire c’est …..LA FRANCE !!!!!!!

    Rappelez-vous la modification de l’article 11 de la constitution de la Cote d’Ivoire que la FRANCE a fait signer au cadavre d’Houphouet BOIGNY, dans le seul but de contrer OUATTARA et privilégié BEDIE à l’époque Président de l’Assemblée (je crois bien). Et aujourd’hui c’est cette même FRANCE qui soutient OUATTARA pour se faire la peau de GBAGBO.

    Il faut suivre le fil de l’histoire en Cote d’Ivoire et on comprendra que le seul fouteur de merde dans ce pays c’est bien la FRANCE. Et ça a été la même chose au Congo-Brazza.

    Si à KINHASA les choses se passent assez bien c’est parce que l’influence de la France dans ce pays a été réduite à ZERO, sinon la RDC serait déjà morcellé en 50 petits états. WOUALAÏ !!!!!!!!

    Blaise

  • 38. Blaise KIBONZI  |  novembre 21st, 2006 at 13:56

    Zik, je vois qu’on s’est compris.

    Je demande aux africains d’être TRES VIGILENTS sur ce point. la démocratie est une chose, les programmes et réalisations politiques une autre chose. IL NE FAUT PAS CONFONDRE LES DEUX C’est ce que l’amérique latine a bien compris.

    La presse occidentale avait commencé à fustiger LULA avec les affaires de corruption qui touchait le coeur de son Parti dit ….des « travailleurs ». En Afrique on nous aurait pousser à faire un coup d’Etat militaire contre LULA ! Et on aurait suivi les voix de cette presse occidentale. Les Brésiliens ne se sont pas laissés avoir. C’est à la justice de faire son travail si LULA est convaincu de corruption. C’est cela la démocratie.

    De même CHAVEZ a subi une tentative de renversement. Le peuple Vénézuelien est descendu dans la rue non pas pour le sauver lui CHAVEZ, mais pour sauver la Démocratie. CHAVEZ a organisé un référendum populaire qui l’a reconsolidé dans son pouvoir.

    Voilà du bon boulot fait par le peuple Brésilien et Vénézuelien. Et à la fin de leur deuxième mandat LULA et CHAVEZ devront partir.

    Chez nous, si CHIRAC demande aux africains d’aller lyncher GBAGBO toute l’Afrique francophone sera à Abidjan machette à la main en moins d’une journée pour aller …. »rétablir la démocratie ».

    C’est là qu’on se fait avoir.

    Blaise

  • 39. franck  |  novembre 21st, 2006 at 14:11

    Je ne crois pas qu’il faille voir Chirac et la France derrière tous les problèmes de l’Afrique francophone. Ce serait trop facile. Autrement il me semble que jamais nous ne prendrons nos responsabilités. Certes l’hégémonie de la France est un fait mais pour s’exercer elle a besoin de relais locaux. La question est : pourquoi est-il si facile d’en trouver sur le continent?

  • 40. Mayombe82  |  novembre 21st, 2006 at 14:30

    « Certes l’hégémonie de la France est un fait mais pour s’exercer elle a besoin de relais locaux. La question est : pourquoi est-il si facile d’en trouver sur le continent? « : Franck, la traitrise est aussi vieille que le monde. N’oublie pas que le Nègre est le 1er ennemi du Nègre. @+, M82

  • 41. Sami  |  novembre 21st, 2006 at 14:31

    Franck, mille fois d’accord avec toi, rien à redire. Blaise, l’admiration des Sud-africains pour Mugabé, je l’ai remarquée moi aussi lors de mon séjour à Durban, juste au moment où les protagonistes de la crise ivoirienne s’y trouvaient pour régler leurs problèmes. Mais ce soutien est ambigu, il tient au moins en partie au fait que ce que Mugabe fait c’est ce que la majorité des Noirs sudafricains auraient voulu qu’on fasse dans leur pays, n’eût été l’extrême sagesse de Mandela: mettre les Blancs dehors. Ce qui aurait aussi mis le pays à genoux. Enfin, c’est compliqué… Je me demande pourquoi Binetou Fall n’est pas venue te chercher ici! A moins que ce soit elle Moitié cérébrale qui ne vient plus!

  • 42. Mayombe82  |  novembre 21st, 2006 at 14:48

    Sami, même si ces deux questions se rejoignent, « Rambo » Mugabé a repris les terres, (rêvent de beaucoup en Afrique Australe) pour les donner (offrir, distribuer ou autre) à certains Nègres. Hélas ! on a vu le résultat. Même certains jeunes d e20/30 ans se sont présentés comme « ancines combattants » de la guerre d’Indépendance ! Un vrai comble, et ont eu des terres pour ne rien en faire de bon. La production est en baisse, et certains fermiers britanniques d’origine ont été récupérés par Obasandjo qui à son tour a tiré profit de l’expérience de ces derniers en leur donnat des terres à cultiver. @+, M82

  • 43. Mayombe82  |  novembre 21st, 2006 at 14:49

    Pardon: lire « rêves » au lieu de « rêvent ». @+, M82

  • 44. franck  |  novembre 21st, 2006 at 16:41

    Mayombe,

    Mugabe est inexcusable parce qu’il a fait preuve d’incompétence. On a beau gloser sur le fait qu’il avait des bonnes intentions et que ce n’était que justice qu’il redistribue les terres aux paysans. Et les résultats ? Je ne critique pas le principe d’une réforme agraire tant au Zimbabwe qu’en Afrique du Sud. Je critique la manière dont elle a été conçue et exécutée. Quel sens y a-t-il, quelle raison et quelle logique y a-t-il à passer d’une agriculture mécanisée et commerciale à une agriculture rudimentaire où l’on a troqué des tracteurs contre les houes. Et l’on s’étonne des conséquences qui, au demeurant, étaient prévisibles. C’est incroyable que l’on ait voulu faire une réforme pareille sans l’avoir sérieusement préparée.
    J’étais à Johannesburg au début de l’année en plein scandale Jacob Zuma. Je l’évoque parce que la critique que l’on porte à Mbeki est d’avoir préservé les intérêts blancs et de ne pas faire assez pour les Noirs. On attend de Zuma qu’il fasse à la Mugabe et l’on croit que ses déboires sont un complot de l’establishment blanc pour l’écarter d’une éventuelle succession. Pour de petits gens, Zuma serait le champion des pauvres, Thabo Mbeki, celui des riches. Et s’il est contradictoire que Mbeki soutient Mugabe alors même qui’il refuse de nationaliser les terres et des les redistribuer au pauvre, la contradiction n’est qu’apparente.
    Pour Thabo Mbeki, il est indispensable de maintenir la stabilité dans la région et quoi que l’on serait en désaccord avec Mugabe, il est au pouvoir et a, -je ne sais plus comment on dit en français, -un « following » une influence peut-être. On renverse Mugabe comme le souhaitent certains, et puis après. On se retrouvera dans la même situation d’une alternance politique non préparée et finalement désastreuse. On renverse Gbagbo et puis après ? Même scénario.
    De l’Afrique du Sud au Zimbabwé en passant par la Côte d’Ivoire la question est celle du développement. Or il n’y aura pas de développement sans stabilité et sans stabilité on ne peut prévoir à long terme. Qu’a gagné le Zimbabwé en procédant à une réforme bâclée et politicienne. Que gagnera l’Afrique du Sud en faisant pareille ? Qu’a gagné la Côte d’Ivoire ?Je suis désolé de le dire mais l’Afrique du Sud d’aujourd’hui doit autant au travail des Noirs qu’à celui des blancs. Naguère le Zimbabwé et la Côte d’Ivoire avait un parcours de développement prometteur. Tout est parti quand au lieu de gouverner on s’est mis à faire de la politique. Tout est parti quand on s’est mis à des discours raciales ici, ethniques par là, exclusifs en tout.
    On oublie trop souvent que la seule chose qui compte c’est de mettre fin à la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations. Ceux qui peuvent y contribuer sont les bienvenus quelque soit la couleur de leur peau ou leur origines ethniques.

  • 45. Zik  |  novembre 21st, 2006 at 17:02

    Blaise, on se perçoit 5 sur 5.

    M82, navré d’apprendre que Lissouba a été un « abonné absent ». Mais faire partir Lissouba ne meritait pas plus de 10 mille morts. On se retrouve tout à l’heure.

  • 46. Mayombe82  |  novembre 21st, 2006 at 17:55

    Zik, j’espère que tu n’as pas perçu dans mon propos la justification d’une telle barbarie? Selon les estimations, certains parlent de 15.000 morts, voire plus. Moi, je ne te retrouve que demain, inch’Allah! @+, M82

  • 47. Sami  |  novembre 21st, 2006 at 18:12

    Franck, on peut même croire que Mugabé a trouvé en cette réforme baclée un des moyens pour museler davantage les oppositions. Au nom de la stabilité, on tombe dans l’inertie. Beaucoup de nos pays ont connu cela: le calme de la tumeur maligne, pas de vague, mais le mal ronge tout de façon méthodique et le jour où il se révèle on se rend compte qu’il n’y a plus de solutions.

  • 48. Richard  |  novembre 21st, 2006 at 18:30

    Franck, bonne question au post 39. Pourquoi diable est-il si facile de trouver des relais locaux sur nos terres pour faire la basse besogne du néocolonialisme? S’il est avéré que les nations européennes ont un besoin presque irrépressible de prouver qu’elles sont les meilleurs – faut dire que les Africains s’y prennent vraiment mal pour prouver le contraire – et de s’imposer aux autres, voire de les exploiter, il est aussi effarant de constater qu’il y a presque une tare congénitale – m’excuse du terme, mais comment dire autrement – chez le nègre à martyriser son vis-à-vis. De l’esclavage, en passant par le colonialisme et le néocolonialisme, le plaisir sadique qu’ont éprouvé et qu’éprouvent certains d’entre nous à dresser un lit de malheurs pour la majorité, pourvu qu’eux et leurs familles nagent dans les biens matériels, est effarant. La question que je me pose souvent est la suivante: qu’est-ce qui donc les poussent à accepter de faire ce que leurs conseillers occidentaux n’oseraient faire chex eux? qu’est-ce qui les poussent à aliéner la liberté des leurs et la leur propre? – car une fois qu’on accepte l’aide d’une puissance étrangère pour s’imposer dans le sang au pouvoir, on est assujetti, qu’on le veuille ou non aux diktats de cette dernière. L’appât du gain, le désir de pouvoir? Je ne sais pas, je l’avoue. Peut-être y a-t-il une malédiction liée à la notion de pouvoir en Afrique.

    J’avais remarqué à l’Université en Allemagne, que seuls les étudiants africains s’acoquinaient avec les messieurs dames – surtout des dames – du service académique des étrangers. Et ces personnes détentrices d’une certaine forme d’autorité étaient ainsi au courant de la vie personnelle, intime de chaque Africain qui fréquentait l’établissement. Même en ne les fréquentant pas, on est surpris de constater qu’elles savaient tout sur soi, le jour où on se présente au bureau pour demander leur intervention pour la résolution d’un problème. Évidemment, les autres « frères et soeurs » sont déjà passés par là pour faire un rapport sur vous. Je me suis toujours demandé ce qui les poussaient à se comporter de la sorte. je ne voyais aucun Asiatique, aucun Sud-Américain fricoter avec ces gens là. D’où ma perplexité. Vraiment, y a-t-il un mal africain à se flageler? Heureusement que ce n’est pas une règle et que tout le monde ne se comporte pas de la sorte. Mais il y a quand-même matière à se creuser les méninges.

  • 49. Richard  |  novembre 21st, 2006 at 18:32

    Et pour Mugabé, entièrement d’accord. C’est l’art de se servir d’une raison moralement défendable pour creuser sa tombe ou celles de ses concitiyens.

  • 50. Sami  |  novembre 21st, 2006 at 19:01

    Richard, l’un des problèmes avec les élites dirigeantes de nos pays, c’est qu’elles n’ont pas réellement le souci de laisser des traces dans l’Histoire, elles vivent au jour le jour et acceptent toutes les compromissions qui leur garantissent l’instant, au mieux jusqu’à la mort, tant pis pour ce qu’il en sera de leur mémoire dans deux ans quand ils ne seront plus là. Dans beaucoup de coins du monde, beaucoup de dirigeants veulent, sanguinaires, dictateurs ou pas, marquer leur pays, voire leur époque, d’une trace qui fasse sens. Remonte un peu dans nos histoires anciennes. Pourquoi n’avons-nous pas des traces matérielles solides de nos glorieuses époques? Pourquoi même là où il y eut de brillants et puissants royaumes et empires il n’y a pas si longtemps on ne trouve pas un seul palais? Pourquoi en visitant Pompéi restée sous terre pendant dix-sept siècles avant d’être exhumée on retrouve la solidité d’une ville, avec ses immeubles qui tiennent encore debout, ses rues pavées, ses jardins? Pourquoi les pyramides égyptiennes sont encore debout? Pourquoi il ne reste rien des villes construites par Soundjata seulement au 13e siècle, donc hier? Il y a longtemps que la majorité de nos sociétés ont raté l’occasion de marquer leur prospérité par des réalisations qui défient le temps. Quelque chose d’éphémère se loge au coeur de leur destin. Cela continue avec nos prétendus états modernes. On ne gouverne pas pour construire, peut-être parce que ce n’est pas facile de construire à partir de rien ou presque rien. Quand on sait que tout pouvoir occidental d’aujourd’hui s’appuie sur des réalisations qui datent de plusieurs siècles, qu’il gère en fait un héritage… Enfin…

  • 51. Blaise KIBONZI  |  novembre 23rd, 2006 at 12:18

    Franck, je partage ce que tu dis dans le post 44. Nous ne sommes pas si en contradiction que ça.

    En fait lors de mon bref séjour en Afrique du Sud, je fus surtout étonné par l’abondance des produits agricoles sur le marché. même dans la rue des quartiers populaires de Johannesbourg.

    Quand je demandais à aller visister les champs qui produisaient tout cela. C’est là qu’on m’apprit que les champs se trouvaient …..au ZIMBABWE !!!!!

    Allez donc comprendre quelque chose dans l’échec de la politique agraire de MUGABE.

    Malgré mon anglais trs approximatif, un jeune expert sud-africain m’a fait comprendre que si le ZIMBABWE suspendait ces exportations agricoles vers l’Afrique du Sud. Cette dernière serait très très mal. Le soutien de MBEKI à MUGABE y trouve certainement aussi un part d’explication. Au delà de la reconnaissance juré éternelle de l’Afrique du Sud au pays jadis qualifié de la « ligne de front » pour le lourd tribut qu’ils ont payé pour faire aboutir la lutte de l’ANC contre le régime de l’Apartheid.

    Il se dit même que le mariage de Nelson MANDELA avec Graça MACHEL est une promesse faite à SAMORA ! MANDELA aurait promis que l’ANC s’occuperait des enfants MACHEL si jamais il arrivait un malheur à cet autre grand combattant de la liberté que fût Samora Moïse MACHEL.

    Vous voyiez comment les autres leaders noirs-africains se soutiennent là-bas ? Chez les francophones, c’est à qui vendra le plus vite son frère pour être bien vu par la FRANCE. D’où le désormais célèbre « EYADEMA était un ami de la FRANCE et je dirais même un ami personnel », balancé par Jacques CHIRAC à l’annonce de la mort de Gnasingbe EYADEMA.

    Les dirigeants français savent pertinnement que c’est le genre de phrase que les africains francophones aiment entendre.

    Blaise

  • 52. tchagain  |  novembre 23rd, 2006 at 17:00

    C’est fou quand même. Les gens font comme si c’est Gbagbo qui refusait les élections. Alors que c’est la sécession organisée par les rebelles protégés par l’armée française (la zone de confiance) qui empêche la réunification et les élections.
    Arrêtons de gober la manip à deux balles…
    Pourquoi Kofi Annan a cautionné le coup d’Etat de Faure et de Chirac au Togo ?

  • 53. tchagain  |  novembre 23rd, 2006 at 17:04

    Et puis, comment oser parler du bilan de Gbagbo alors qu’il n’a même pas gouverné deux ans et qu’il y a eu plus d’une quinzaine de coups d’Etat ? Je vous rappelle que les accords de Marcoussis ont demandé qu’il y ait des Premiers ministres désignés de l’étranger et un gouvernement de partis ? Gbagbo ne peut pas chasser de ministre. Il ne gouverne pas à cause des dirigeants Français qui ne veulent pas que les Ivoiriens expérimentent l’alternance.

  • 54. Mayombe82  |  novembre 23rd, 2006 at 17:25

    En parlant de trahisson, Franck, je t’offre ceci comme cadeau : « Il faut libéraliser le ciel africain et accroître les services aériens pour mettre fin à cette pratique qui consiste à devoir passer par l’Europe pour se rendre dans un pays voisin. Je rappelle que la Décision de Yamoussoukro, libéralisant le marché aérien du continent, est entrée en vigueur en 2000, avec un délai de grâce de deux ans pour son application par les pays africains. Cela n’a pas été fait parce que les « petits » pensent que les « gros » vont les manger. Ce qui est surprenant, c’est de voir se protéger contre les « gros » d’Afrique mais pas contre les « super-gros » d’Europe. (…) »
    Propos tenus par le Togolais Christian Folly-Kossi,
    Secrétaire général de l’AFRAA. @+, M82

  • 55. franck  |  novembre 23rd, 2006 at 20:39

    Mayombe,
    Je me suis rendu compte que beaucoup de compagnies nationales qui sont apparues après la disparition d’Air Afrique ne sont nationales que de nom. Au fait, pourquoi Air Afrique a t-elle disparu? La faute à la France?

  • 56. Zik  |  novembre 23rd, 2006 at 21:37

    Tchagain,

    Je vis au Gabon, l’une des plaques tournantes de la France-Afrique. Donc je sais de quoi est capable l’état Français. Mais de grâce, arrêtons de voir la France derrière tout nos échecs. Il y a des situations qui sont entièrement à placer sous la responsabilité des Africains. Je refuse d’accepter que les escadrons de la mort qui ont crée des charniers à abidjan, étaient des combattants anti-Français. Lorsque les partisants de Gbagbo font la chasse aux « Mossi », et écrivent des diatribes xénophobes dans leur journaux, c’est la France qui souffre? Non, ce sont les pauvres sahéliens qui sont là depuis des générations, qui se voient marginaliseés, dans leur propre pays. Si tu veux, je peux poster des articles de la propagande anti-étrangers en CI, et tu m’expliquera en quoi cette xénophobie dangereuse est une lutte contre la France.

  • 57. Blaise KIBONZI  |  novembre 24th, 2006 at 9:56

    Non ZIK, il ne faut pas voir la main de la France partout. En 1987 ? 1988 ? quand BONGO fut quasiment mis à terre par le peuple gabonais qui était pour la première fois déscendu dans la rue (sans armes je précise). BONGO était cuit, cuit, cuit !

    Qui l’a sauvé à ce moment là ?

    La FRANCE expulsant même manu militari l’opposant gabonais MABOUNDOU (?) de Paris vers le sénégal. De la même façon ( à l’inverse) que Gilchrist OLYMPIO a été retenu contre son plein gré à Paris après la mort d’EYADEMA ; et que le Président de l’assemblée nationale du togo fût interdit d’atterir à LOME.

    Non, il n’y a pas la main de la FRANCE derrière. Idi AMIN DADA serait encore au pouvoir en OUGANDA si ces gens là se maintenant au pouvoir par leur seule force contre toute celle d’un peuple.

    Croyez moi mes frères si la FRANCE était encore influante en RDC ce pays aurait déjà exposé, il y a très longtemps. Ce que connait la RDC jusqu’à présent EST UN MOINDRE MAL ! Et pourtant c’est déjà dramatique.

    Force est de constater que les pays où la FRANCE perd en influence gagne en stabilité. Et pourtant ….j’aime la FRANCE. Mais on ne peut s’empêcher de faire ce constat.

    Et le Burkina Faso le pays le plus pauvre d’Afrique qui devient le gendarme de l’Afrique de l’Ouest dictant la loi à la Cote d’Ivoire c’est par la seule force de COMPAORE et de mes frères burkinabé peut-être ?

    Blaise

  • 58. Paul Archer  |  novembre 24th, 2006 at 11:58

    Le Président de l’Assemblée nationale du Togo a-t-il vraiment été retenu contre son gré au Bénin, ou bien jouait-il son rôle dans un complot ficelé par le Conseiller Debbasch, un français au secours des putschistes togolais?

  • 59. Mayombe82  |  novembre 24th, 2006 at 13:32

    Franck (post 55). La mort d Air Afrique ? D’abord nous-mêmes évidemment. Beaucoup d’Africains qui ont emprunté cette compagnie pendant des années peuvent en raconter de belles :
    · Combien de passagers ne payaient pas leurs billets ? (Je sais que ça existe aussi chez Air France, mais pas dans les mêmes proportions) ;
    · Combien de chefs d’escale, d’agences et Cie ont fait du vrai business sur le dos ou au détriment de la Cie ?
    J’en passe et des meilleurs
    On a été tellement bon qu’il a fallu rappeler le colon en la personne de Yves Roland-Billecart qui à son tour a brillamment échoué. Non sans s’en mettre plein les fouilles. Le poids de la France dans la mort d’air Afrique, j’avoue que je ne le mesure pas trop, mais nous n’avions pas à aller chercher la solution à Paris. Comme de valets très serviles que nos dirigeants sont.

    Par contre, la mort de certaines Cie post-Air Afrique portent bien la marque « made in France ». @+, M82

  • 60. Blaise KIBONZI  |  novembre 24th, 2006 at 16:32

    ZIK, pour être tout à fait clair avec toi, je te dirais que le système d’interventionniste français C’EST CE QU’IL YA DE PIRE AU MONDE. Quand les américains interviennent en IRAK, au moins tout le monde sait que la destruction de l’IRAK est une volonté américaine et non pas Irako-iranien.

    Là où la FRANCE réussi un tour de passe extraordinaire, c’est de faire se tuer les africains entre eux et dire ensuite : « voilà ce sont les africains qui s’entretuent », et dès lors la FRANCE arrive presque en sauveur quand elle vient se mettre entre les bélligérants, voyant que celui qu’elle soutient est mis en difficulté. C’est exactement ce qui se passe en Cote d’Ivoire. Au Congo ce fut pareil (ça a bien tourné pour la FRANCE), et au RWANDA cela a débouché au génocide quand la situation a complètement échappé à la FRANCE.

    Combien d’intellectuels africains n’ai je pas entendu dire que si les soldats françis quittent la Cote d’Ivoire, les Ivoiriens vont se tuer jusqu’au dernier. C’EST EXACTEMENT EC QUE RECHERCHE LA FRANCE ! Alors que THABO MBEKI était à 2 doigts de réussir à réconcilier les frères ennemis si la FRANCE n’avait pas torpillé sa feuille de route. Thabo MBEKI enverra d’ailleurs une lettre (bien que diplomatique) à l’Elysée à ce sujet.

    L’interventionniste françis est très sournois. Et c’est ce qu’il y a de pire au monde.

    La dernière fois que la FRANCE est intervenus militaire de façon direct en Afrique ce fut à KOLWEZI en RDC, en 1977 (je crois). Des images choquantes montraient des parachutistes français tirant sur des « rebelles » katangais qui menaçaient de faire secession contre MOBUTU. La France avait utilisé le prétexte désormais très connu de tous (sauf à ceux qui n’ont pas d’oreilles) d’aller « protéger les ressortissants européens ». Sous ce vocable, la FRANCE cachait le fait d’aller mater la rébellion et sauver le pouvoir de MOBUTU.

    Cher ZIK, c’est cela aussi notre tort en Afrique. On a déjà oublié tout cela.

    Pour ma part ZIK, je n’oublie pas que je fais partie de la génération des jeunes africains qui a grandi avec l’ombre de Bob DENARD qui destabilisait pas mal de pays africain, jusqu’à se faire Président aux Comores. A l’époque on voulait déjà nous faire croire que Bob DENARD était un mercenaire qui agissait seul. A son procès en FRANCE, Bob DENARD demandait plutôt à être décoré de la légion d’honneur pour Services rendus à la FRANCE.

    Le Bob DENARD d’hier, C’est aujourd’hui les SASSOU, SORO, EYADEMA junior, le Général BOZIZE qui a chassé du pouvoir le Président centrafricain élu, Ange PATASSE.

    Blaise

  • 61. Richard  |  novembre 24th, 2006 at 17:13

    Il ne s’agit pas de meler la France à toutes les sauces et de voir sa main derrière chaque échec de l’Afrique. Dieu sait que les premiers responsables du désastre de l’Afrique francophone (car c’est la pire de toutes les Afriques) sont les dirigeants de ces protectorats francais. Mais le pire serait de dédouaner ou de minimiser le role de la France. Les politiques francais le font déjà si bien eux-memes. Ils n’ont pas besoin de nous pour afficher leur mauvaise foi avec éclats, à travers leurs fameuses commissions parlementaires qui, hier, les dédouanaient de la moindre responsabilité dans le drame rwandais, ou par le biais de magistrats, aujourd’hui, en toute indépendance bien-sur, mettent en cause le président rwandais, alors que la France empeche un de ses responsables militaires d’aller témoigner à Arusha, dans un procès susceptible de mettre à jour ses responsabilités au Rwanda. Comble d’hypocrisie, ce juge écrit à Koffi Annan pour recommander des poursuites contre Kagamé. Et tous les présidents criminels amis de Paris? Et ceux que la justice francaise libère nuitamment sur ordre de Sassou du Congo?

    Non mais les gars, soyons sans complaisance envers nous-memes, nos faiblesses, nos traitrises, nos RESPONSABLITES ENORMES, mais soyons aussi lucides et sans complaisance envers le jeu machiavélique de la France. La France a assez de mauvaise foi pour toujours s’en sortir comme l’agneau immaculé. Aminata Traoré a dit sur une chaine de télévision francaise que « L’échec des pays francophones, c’est l’échec de la France ». Elle n’a pas tort. La probité intellectuelle nous oblige à reconnaitre que nous sommes les premiers à preter le flanc à nos bourreaux et que nous sommes nos premiers bourreaux, mais reconnaissons aussi le jeu plus que trouble de la France qui n’hésite pas à armer nos bourreaux pour nous faire la peau. Tiens, en parlant de justice: Charles Debbasch, condamné en France, est conseiller de Faure au Togo. La France n’a jamais lancé de mandat d’arret international contre lui. Pire, il vient se faire soigner en France et repartir au Togo sans etre inquiété. Le juge Bruguière doit faire d’abord le sale boulot vis-à-vis d’un type comme celui là, avant de parler de Kagamé, qui n’est pas un saint tout comme Chirac qui mériterait d’etre condamné mille fois pour complicité d’assassinat de paisibles citoyens africains!

  • 62. franck  |  novembre 24th, 2006 at 18:38

    Richard,
    Quoique je te comprenne j’ai envie de demander: On aura dénoncé la France et puis après? La question ne t’est pas adressée en particulier. Mais c’en est une que je me suis toujours posée en m’interrogeant sur notre incapacité collective à passer de la parole aux actes. Il y a longtemps que nous dénonçons en Afrique. L’histoire de la littérature africaine du siècle dernier en est la preuve. Mais pourquoi, plus les années passent, plus c’est la même chose ? Pourquoi est-il si facile de trouver sur le continent des gens prêts à servir des intérêts étrangers ? A la même question Mayombe avait répondu : « la traitrise est aussi vieille que le monde. N’oublie pas que le Nègre est le 1er ennemi du Nègre. » Soit mais un proverbe wolof dit aussi : « Nit nitay garabam : l’homme est le remède de l’Homme ». Alors pourquoi semblons-nous avoir choisi le premier sur le dernier. Et si finalement nous étions plutôt contents de note sort. Souvenez-vous des Comoriens qui demandaient à être recolonisés ? Et d’Axelle Kabou qui se demanda « Et si l’Afrique refusait le développement ? »
    Dans les rues de Londres, j’ai un jour croisé un type qui portait un T-Shirt sur lequel était écrit : « Freedom Was Never Free. » et je me suis souvenu de Robert Nesta Marley qui chantait “ Emancipate yourself from mental slavery, None but ourselves can free our minds.”
    So…

  • 63. Zik  |  novembre 24th, 2006 at 19:44

    Blaise et Richard,

    Non, minimiser le rôle de la France est effectivement une erreur. A Libreville, un mur mitoyen sépare la plus grande base Française d’Afrique et un des palais d’Omar Bongo. Je vis au centre de la France-Afrique. Ceci dit, je trouve que nous exagérons souvent l’emprise que la France a sur nos vies. Non, la France n’est pas omnipotente.
    -En RDC, je suis surpris d’entendre parler de stabilité, alors que depuis 6 ans de guerre, 3 millions de personnes y ont été tuées. Ces morts n’ont pas été les victimes de la France, mais des Africains qui se disputent des richesses minières.
    -En Côte d’Ivoire, il suffit de refaire la chronologie de la crise Ivoirienne pour se rendre compte de la responsabilité des facteurs internes à la CI. Dire que tout est téléguidé par la France, réduit l’Africain au statut d’enfant. Voici les questions qui dérangent: les échecs de Bédié sont-ils à mettre sur le compte de la France? Le coup d’état de Guei, un montage Français? L’élection de Gbagbo et l’assassinat de Guei, des manoeuvres Françaises? L’ivoirité, un complot Français pour déstabiliser la CI?
    -Le Liberia a connu une des guerres civiles les plus meurtrière d’Afrique, la France n’y était pour rien. Même chose en Sierra-Leone, en Somalie etc… Les Africains sont capables de détruire leurs pays sans être aidés par les Français. Je pense que nous devrions faire comme si la France n’existait pas. Soyons responsables de nos actes, nous progresserons en dépit de ce que fasse la France.

  • 64. K.A.  |  novembre 24th, 2006 at 21:49

    Sincèrement, je ne sais quoi penser de la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda… peut-être parce que je ne suis plus trop concentré depuis 4 jours que je suis sorti de l’hosto. En tout cas, il s’en passe des choses entre ces deux pays!

  • 65. Zik  |  novembre 24th, 2006 at 22:50

    K.A.,

    Heureux de savoir que tu es sur la voie du « recovery ». Je viens de lire un condensé de la rupture diplomatique entre la France et le Rwanda, sur le site du « Monde » http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-838217@51-836711,0.html

    Si la prédiction de Blaise se vérifie, le Rwanda devrait devenir plus stable après avoir rompu avec la France. Qui vivra, verra.

  • 66. franck  |  novembre 24th, 2006 at 22:53

    Eh oui ! Mais il me semble que de part et d’autre il ne s’agit vraiment pas de découvrir la/les vérité(s) ni de rendre justice. Mais je ne comprends pas l’insistance de la France à éclaircir les circonstances de la mort de Habyarimana alors qu’elle ne fait guère diligence à s’expliquer sur les appuis dont les génocidaires rwandais auraient bénéficié avant, pendant et après le génocide rwandais. Je dis bien « auraient ».
    L’opération Turquoise, sanctionnée par les Nations Unies, était sensée protéger les réfugiés mais je me souviens des déclarations belliqueuses d’un général français commandant l’opération qui sur RFI disait, pendant que le génocide se commettait encore, nous allons casser du Tutsi. Je les ai, de mes oreilles, entendues sur RFI. Mais l’extrait n’a jamais plus été diffusé. Il devait s’appeler Dufour ou Durafour ou quelque chose du genre. Personnellement et, je risque d’en choquer plus d’un, les circonstances de la mort de Juvénal Habyarimana ne sont que détails face à l’énormité du génocide. La ténacité du juge français a quelque de suspect à mon sens.

  • 67. Richard  |  novembre 24th, 2006 at 23:17

    Entièrement d’accord avec toi, Franck. Je pense en plus que cette mise en scène francaise était destinée, en fait, à faire oublier que la France a empeché le général francais convoqué à Arusha, de s’y rendre, à cause d’une soit disant « raison de sécurité ». Peut-etre que cette rupture des relations diplomatiques fera réfléchir tous les acteurs de cette tragi-comédie et permettra surtout, je l’espère, au Rwandais de faire face eux-memes à leurs problèmes et de chercher des solutions internes pour s’en sortir: ce que nous ne cessons de souhaiter à nos pays.

  • 68. Zik  |  novembre 24th, 2006 at 23:29

    Franck et Richard,

    Il faudrait, pour que la boucle soit bouclée, étendre les investigations de ces génocides, à ce qu’a subit le pauvre peuple de la RDC. Il est hypocrite de se limiter au Rwanda et non d’étendre ces procès aux actions commises en RDC, par qui et pour qui?

  • 69. Hypo  |  novembre 25th, 2006 at 8:33

    Zik, à propos du post 63, et l’Ouganda? PS : je n’affirme rien, j’ouvre les yeux et j’apprends…

  • 70. Hypo  |  novembre 25th, 2006 at 8:33

    Lire « et l’Angola? »

  • 71. K.A.  |  novembre 25th, 2006 at 10:23

    Merci Zik, lien pour lien, je te renvoie à cette analyse de Boubacar Boris Diop sur les rapports entre France, Côte d’Ivoire et Rwanda.
    http://209.85.129.104/search?q=cache:rdaHixyPzGIJ:www.monde-diplomatique.fr/2005/03/DIOP/12014+Boubacar+boris+diop+rwanda&hl=fr&gl=fr&ct=clnk&cd=30&client=firefox-a

  • 72. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 11:01

    Hypo,

    Mais bien sur, l’Angola. Ce pays a été meurtri par une guerre de plus de 30 ans. D’abord anti-Portugaise, elle s’est transformée en guerre civile avec les Américains armant Savimbi par Mobutu interposé. Fin de la guerre froide, fin de l’utilité de Savimbi qui est laché, et fini par être tué comme un animal en pleine brousse. Pendant ce temps, ses amis d’hier signent d’important contracts pétroliers avec le pouvoir Angolais, l’énemi communiste d’hier. Encore une fois, les Africains ont été roulé dans la farine. Il se sont battus pour des causes étrangères. Mais à qui la faute? aux Américains? Aux Français? Non, la faute est à nous mêmes qui acceptons d’être les instruments d’intérets étrangers pour ensanglanter nos pays. Je refuse de croire que Savimbi et Mobutu ont été les victimes des Américains. Ces Africains savaient ce qu’ils faisaient. Le gain, le fric, le pouvoir étaient leurs motivations. Ma position aujourd’hui est de tenir les Africains responsables de leurs actes. Si les Français tirent sur la foule en CI ou au Gabon, comme on l’a vu en 1993, elle est responsible. Mais si des Africains commettent des génocides en Sierra-Leone ou au Congo, alors ces Africains doivent être responsabilisés. Trop souvent, la France nous sert de justification pour expliquer nos propres défaillances.

  • 73. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 11:32

    Salut K.A.,

    Heureux de savoir que tu as la peche. L’article de Boris Diop est rafraichissant. Il nous met face aux divers responsabilités, sans complaisance. Le plus important pour moi, est la conclusion que la France est en perte de vitesse en Afrique. Je pense que nous devons pousser cette vérité plus loin, en ignorant ce que fait la France politique, et travaillant selon nos propres parametres. Difficile, diront certains, car la France est perfide et rancunière. Mais de là où je suis, je vois tous les jours des Africains qui se débrouillent pour prendre controle de leur destiné. Même au Gabon, la France n’est pas une préoccupation importante. Psychologiquement, il faut que nous arrivions à nous convaicre que la France n’est pas nécéssaire à notre survie.

  • 74. Edwige H.  |  novembre 25th, 2006 at 15:35

    J’ai hésité à participer à ce débat qui pourtant m’interesse au plus haut point. J’ai pas envie de me voir refuser un visa pour la France sans motifs ni raison valable… C’est arrivé à plusieurs patriotes dont Bernard Dadié. Le pauvre type de 90 ans qui voulait se rendre en France s’est vu réfusé le visa comme beaucoup de « supporters actifs » de Gbagbo.
    Je commencerai d’abord à répondre à Zik qui a soulevé l’affaire  » Bongo rigolo ». Ne sortons pas l’expression de son contexte. Gbagbo a dit qu’il trouvait drôle que Bongo lui demande de reviser les conditions d’éligibilité à la présidence de la république( être de père et de mère ivoirien) alors qu’au Gabon, les conditions sont encore plus drastique  » etre gabonnais depuis 4 générations » il a utilisé le mot « rigolo », il n’aurait pas du certes, mais il faut qu’on replace toujours le mot dans son contexte.

    Sami peut être pourrais tu nous donner ta définition de l’ivoirité. J’aimerais bien la connaître… il faut comprendre que l’ivoirité est mot auquel chacun donne le sens qu’il veut. Généralement, « on dit » qu’il s’agit de cet article 35 de l’ex constitution de 1995, revisée en 2004 (après Marcoussis) qui stipule que le candidat à la présidence de la république doit être de père et de mère ivoiriens. Ce qui exclut tous ceux qui n’ont pas leurs deux parents ivoiriens. Soit. Mais, c’est pour le poste du Président de la république, rien que pour le poste de président de la république! On ne demande pas aux ministres, ni aux députés, ni aux maires, ni aux directeurs généraux, ni mêmes aux ivoiriens d’être de père et de mère ivoiriens. On ne le demande que tous les 5 ans, aux quelques 10 personnes qui sont candidates au postes de président de la république. Si c’est ce qu’on appelle « exclusion », je pense franchement que c’est un peu exagéré. D’ailleurs, cette clause là est stipulée dans plusieurs autres constitutions. J’ai sous la main un document qui reprend les conditions d’éligibilité de quelques pays africains. (Je te l’enverrai par mail, Blaise.)
    En voici un extrait.
    En Algérie ( article 73), on demande au candidat d’attester de la nationalité algérienne du conjoint

    ) EGYPTE
    Constitution du 11 septembre 1971 révisé le 20 mai 1980.

    Article 75
    Le Président de la République doit être égyptien de père et de mère égyptiens,

    3) TCHAD

    Article 62 :
    Peuvent faire acte de candidature aux fonctions de Président de la République, les Tchadiens des deux (2) sexes remplissant les conditions suivantes :
    - être Tchadien de naissance, né de père et de mère eux-mêmes Tchadiens d’origine et n’avoir pas une nationalité autre que tchadienne;

    Pourquoi dans tous ces pays là, on ne parle pas d’exclusion? Je crois que c’est un faux procès qu’on fait à la Cote d’Ivoire.
    Bien sûr, il y a depuis quelques temps un certain rejet, je dis bien « certain rejet » et non « rejet certain » de l’étranger que je ne nierai pas. J’ai un nom à consonnace anglais et j’en suis souvent victime. Il y a 15 ans, à l’état civil, on me disait, c’est quel nom ça, ton père est ivoirien, il vient d’où? Ahh! Aujourd’hui, on rejette mes dossiers et on me demande de venir avec mon père. A mon père de 70 ans, on demande de venir avec sa mère pour enquête. Les ivoiriens sont devenus xénophobes quand en 1995 Allasane Ouattara a réussi a démontrer au monde entier que l’article 35 de la constitution,( l’ivoirité) qui l’empêchait d’être candidat à l’élection présidentielle était la légalisation de la xénophobie en Côte d’Ivoire. La célèbre photo de ce manifestant avec la pancarte « je suis xénophobe, et alors » n’est que l’expression du dépit d’un peuple accusé, à tort ou a raison d’être xénophobe.
    Voilà, j’ai essayé de résumer mon avis sur l’ivoirité, l’exclusion et la xénophobie…

  • 75. Edwige H.  |  novembre 25th, 2006 at 16:09

    Sami, tu fais bien de nuancer les propos que tu attribues à Gbagbo. Effectivement, cette phrase qui m’a choquée a été prononcée en Côte d’Ivoire mais pas par Gbagbo. C’est une femme patriote je crois qui l’a lancée…

    Zik, pourrais tu m’illustrer une position anti sahélienne ou xénophobe de Gbagbo…J’en cherche depuis 5 ans j ‘en trouve pas… J’en ai trouvé chez d’autres. Simone Gbagbo par exemple qui , pour moi, est avant tout femme politique, membre fondateur d’un parti politique, député depuis 1990 et présidente d’un groupe parlementaire à l’assemblée nationale.
    Tu écris « Le mandat de Gbagbo a expiré; mais il refuse le jeu démocratique qui l’a pourtant porté au pouvoir.. » Justement le jeu démocratique dont tu parles stipule que des élections doivent être organisées le dernier dimanche du mois d’octobre de l’année électorale.(…) Au cas ou les élections ne peuvent pas avoir lieu à la date prévue par la constitution, le président, après constat par la cour suprême , doit donner les raisons et fiser une nouvelle date n’excedant pas un delai de 6 mois. Voici ce que dit en substance la constitution qui fixe les règles du jeu démocratique . Nulle part il n’est écrit que le président doit partir ou démissionner à la fin de son mandat. Ce qu’il doit faire avant de partir, c’est organiser des élections. Mais comment organiser des élections quand une partie du territoire est occupée par une rebellion? Là est toute la question.
    Une autre question que certains ivoiriens se posent, c’est comment et pourquoi vouloir appliquer coute que coute la constitution quand au quotidien et dans les faits, cette constitution là ne s’applique pas en zone rebelle. Gbagbo doit il oui ou non continuer à s’accrocher à la constitution? Continuer à être démocrate? C’est sur la base de cette constitution là qu’il s’oppose à la communauté internationale. Zik, petit exercice: Gbagbo demissionne aujourd’hui. Quels sont tes scénarii?

  • 76. franck  |  novembre 25th, 2006 at 16:30

    Edwige,
    La bêtise des uns ne justifie pas la turpitude des autres. La question des allogènes et des autochtones en Cote d’Ivoire ne date pas d’aujourd’hui. Marcel Amondji l’a assez documentée. L’Ivoirité n’en est qu’un avatar. L’histoire de ce pays et la question des étrangers y est tellement chargée … Je comprends que personne, les Ivoiriens encore moins, ne veut être envahi par d’autres. Sauf que ces autres, un peu comme les Italiens et autres nationalités européennes immigrés en France, ont contribué à faire de ce pays ce qu’il est aujourd’hui. Quelle place fait-on à leurs enfants qui n’ont d’expérience que celui dans lequel ils sont nés? La question est délicate et sérieuse, surtout au regard de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il fallait la poser et la discuter sans passion.
    Kagni te dira que son pére à été expulsé de Côte d’Ivoire, des Ghanéens l’ont été du Nigeria, d’autres Africains de la Libye. Pourtant la mémoire ne se souvient pas de ces expulsions de la meme manière. Parce que chacune de ces situations a des charges symboliques, politiques et affectives différentes. Quand on gouverne on tient compte du contexte. Il était evident qu’en Côte d’Ivoire, la question était delicate dans sa nature et qu’il fallait être prudent? Or qu’à t-on fait? On la politisée à outrance. Là se trouve le problème. Personne ne peut constester aux Ivoiriens le droit de faire leurs lois. Mais j’ai l’impression que la raison a déserté les bords de la lagune ébrié et que la passion s’y est installé. C’est dommage.
    Les pays que tu cites ne sont pas la Côte d’Ivoire, ils n’ont pas connu la même histoire. Pourquoi les prendre pour exemples ?

  • 77. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 16:43

    Edwige, j’espère que vous ne m’en voudrez pas si j’admettais devant tout le monde que je vous trouve…fascinante. Pour les besoins de cadrage, êtes vous Ivoirienne ou Sénégalaise? Je ne sais plus. Voila, je sors ma tête des nuages pour revenir au problème Ivoirien. Dans l’affaire Gbagbo-Bongo, je parie qu’un sondage au Gabon donnerait avantage à Gbagbo, haut la main. A mon arrivée à Libreville, j’en avais discuté avec ma soeur, universitaire formée dans une prestigieuse académie Parisienne (je le signale pour marquer qu’elle est loin d’être idiote ou naïve), qui m’a coupé court avec un cinglant « Gbagbo a raison, que Bongo règle d’abord les problemes du Gabon avant ceux de la CI ». Fin du match, au sujet suivant… Non, ce n’est pas faire un faux procès à Gbagbo que de lui demander des comptes, vu la présente situation de son pays. Gbagbo a honteusement récupéré la notion d’Ivoirité, et il a profité du flou de sa définition, pour semer encore plus le doute, dans les esprits Ivoiriens. Un ami à moi dont le malheur est de s’appeler Fofana, et dont la famille possède des pharmacies à abidjan, recevait des appels à l’université aux USA, de la part d’autres étudiants Ivoiriens qui le traitaient de… Malien, Guinéen etc… C’était pénible à observer, même si je soupçonne que la jalousie était le principal facteur. Ce que je veux dire est que lorsqu’on dirige un pays, on a la responsabilité de na pas s’amuser avec la vie des gens. A ce sens, je pense qu’à plusieurs reprises, Gbagbo a poussé dans la démagogie populiste au détriment du discours rassembleur. En ce qui concerne la constitution Gabonaise, Bongo la viole tous les jours. Donc l’ironie du rappel de Gbagbo n’enlève en rien les dangers d’une Ivoirité fourre tout. Edwige, il y a plein de Gabonais avec des noms à consonnance Anglaise (Walker, Deemin, Dekean, Lawson), ou Française, ou Senegalaise (une des amies à ma soeur s’appelle Ndiaye), ou encore Beninoise (notre ministre de la justice s’appelle Dossou), mais j’espère que nous n’aurons jamais le Gabonité d’état.

  • 78. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 16:48

    Edwige,

    J’ai rédigé mon dernier post avant de lire votre 75. Je reviens avec les éléments de réponse. Donner moi un peu de temps.

  • 79. Timba Bema  |  novembre 25th, 2006 at 17:17

    salut les cocos… je suis avec intérêt votre discussion… pour ceux qui aimeraient approfondir leur reflexion ce qu’on a convenu d’appeler la crise ivoirienne je conseille ce lien: http://www.grip.org/pub/rapports/rg03-2_ivoire.pdf... bonne lecture et bon week-end…

  • 80. Petit sucre  |  novembre 25th, 2006 at 17:28

    Timba, la page du lien est introuvable. Alors, on fait quoi?

  • 81. Richard  |  novembre 25th, 2006 at 17:54

    Salut edwige. J’ai bien aimé le recadrage juridique sur la constitution ivoirienne et la position de gbagbo. Tu as tout dit, mais en ce qui concerne l’ivoirité, malheureusement ca s’applique à plus de monde qu’aux seuls candidats à la présidence de la république. Et ceci avant bien l’avénement de gbagbo au pouvoir, au temps donc d’Houphouet. Deux de mes amis, nés en C-I, de parents burkinabés certes, mais n’ayant jamais connu le Burkina, ont été contraint d’aller étudier à l’Université à Ouaga, où ils ne connaissaient personnes, et où ils n’avaient plus de famille, juste parce qu’une fois le bac dans la poche, on leur dit qu’ils n’étaient pas Ivoiriens et qu’ils n’avaient pas droit à une carte d’identité. Ce régime s’appliquait sans exception à tous ceux qui sont nés de parents venus d’ailleurs, même s’ils sont établis dans le pays depuis plus de 50 ans. C’est là où l’ivoirité a fait beaucoup de mal, surtout aux mulsumans du nord du pays. Mais je persiste à croire, contrairement à Zik, que ce n’est pas Gbagbo qui a le plus profité et utilisé cet argument de mauvais aloi pour asseoir son pouvoir. Et je dis encore, que malgré tout, il a fait moins de mal que ceux qui l’ont précédé. Cela dit, il faut maintenant que les Ivoiriens trouvent, eux-mêmes une solution à leurs problèmes. Je suis d’accord avec l’ancien premier ministre francais, Messmer, qui a réclamé le départ des troupes francais. Contrairement à ce qui se dit ici et là, ca ne fera pas repartir la guerre, parce que des deux côtés, il y a un ras-le-bol de la guerre. ils seront obligés de trouver un terrain d’attente.

    Timba la page est vraiment introuvable.

  • 82. Timba Bema  |  novembre 25th, 2006 at 18:09

    http://www.grip.org/pub/rapports/rg03-2_ivoire.pdf

  • 83. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 19:04

    Edwige,

    Désolé du délais, mais entre 2 courses, je finirai par répondre à toutes les questions.
    -Les propos anti-sahéliens de Gbagbo?
    Une fois au pouvoir, Gbagbo a usé sans vergogne de la plate forme présidentielle, pour enfoncer le clou de l’Ivoirité, ai lieu de la répudier. Dans sa campagne d’exclusion de Ouattara, et pour expliquer le code de la nationalité, Gbagbo parlera ouvertement de ces « Ivoiriens de circonstance » ou encore « d’origines douteuses ». Nul besoin d’être devin pour savoir de qui il faisait allusion.
    -Lorsque des Ivoiriens, pour cause de leur nom, n’ont plus droit qu’à des cartes d’identité provisoires, comment appeler un président qui enterine de telles décisions?
    -Le Gabon a aussi utilisé le repli identitaire comme arme politique. Pour une dispute avec Kérékou, Bongo ordonna l’expulsion de tous les Beninois du Gabon dans les années 70. J’espère que nous ne vivrons plus jamais ça, et surtout pas légiférer l’exclusion.

  • 84. Hypo  |  novembre 25th, 2006 at 19:21

    Merci Zik, j’ai eu l’occasion d’échanger avec une psychologue brésilienne qui aide des « mineurs isolés » angolais en France, ce que j’ai entendu m’a bouleversé…

  • 85. Zik  |  novembre 25th, 2006 at 19:24

    petit exercice: Gbagbo demissionne aujourd’hui. Quels sont tes scénarii?

    Mais justement, la démission de Gbagbo ne devrait même pas être d’actualité, dans la mesure où des dispositions légales prévoyaient l’organisation d’élections. Mais si les principaux acteurs jouent au bloquage, à la fin du temps reglémentaire, rien de décidé, on doit alors aller aux prolongations pour Gbagbo. Mais j’ai peur que ce ne soit pas une solution, car le problème reste entier. Je n’ai pas envie d’utiliser une métaphore macabre, mais j’ai peur que tout ceci ne se règle qu’à la mort subite.

  • 86. L'Administrateur  |  novembre 25th, 2006 at 22:10

    Attention à tous, juste pour une question de maintenance, nous mettons tous les commentaires en modération jusqu’à demain afin de gérer quelques spams vicieux. Rassurez-vous, tous vos commentaires apparaîtront une fois validés, et le plus vite possible. Merci de votre compréhension!

  • 87. Zik  |  novembre 26th, 2006 at 19:09

    Pendant ce temps, sur le terrain:
    http://news.abidjan.net/h/224885.html

  • 88. Sami  |  novembre 27th, 2006 at 2:16

    Excuse-moi, Edwidge, j’étais absent. En effet, la constitution de plusieurs pays stipule que pour la fonction de président, le candidat doit être… Aux USA, le candidat doit être né sur le sol étasunien. Mais dans le cas de la CI, le problème a dégénéré, ce ne sont pas les candidats seuls, c’est tout le pays qui a été secoué. Ce sont des vies humaines qui ont coulé, même si beaucoup de choses se sont mélangées pour engendrer cette situation. Je ne verrai même pas pourquoi un étranger voudrait diriger le pays qui l’a accueilli. Mais les projecteurs ont été braqués sur la CI parce qu’une situation de crise s’y est créée et dont l’ivoiriété a été comme l’alibi pour tout le monde. Merci pour tes précisions.

  • 89. Zik  |  novembre 27th, 2006 at 18:32

    Sami,

    Juste un petit détail. Aux USA, le candidat DOIT être « natural-born citizen », c’est à dire, citoyen à la naissance. Il y a donc 2 possibilités:
    -Etre né sur le sol US.
    -Etre né à l’étranger, mais de parents légalement Américains. Par exemple, John McCain, le candidat républicain pour 2008, est né à Panama.

  • 90. K.A.  |  novembre 27th, 2006 at 19:52

    L’ivoirité est une foutaise idéologique, il faut le dire haut et fort, ça n’a rien à vpir avec les conditions d’éligibilité à la magistrature prême d’un pays. A suivre l’ivoirité, nos présidents ne devraient même pas épouser des femmes étrangères, et le fils Wade ne serait pas 100% sénégalais s’il voulait devenir président un jour. Débile!

  • 91. Sami  |  novembre 27th, 2006 at 20:06

    Evidemment, ZIK. En Côte d’Ivoire aussi, un Ivoirien né à l’étranger de parants ivoiriens est ivoirien à 100%, ce cas ne rentre dans aucun pays dans les mesures restrictives, c’est pour cette raison que je ne l’ai pas cité. Rawlings ne l’aurait jamais été président au Ghana non plus, KA. Les foutaises idéologiques, tu sais, on en aurait ri si elles n’avaient été aussi sanglantes!

  • 92. Richard  |  novembre 27th, 2006 at 21:08

    Salut Sami. Si on prenait un pot à Paris dans deux semaines? Dis-moi si tu serais dans les parages vers les 10 et 11 décembre.

  • 93. K.A.  |  novembre 27th, 2006 at 21:26

    Ah, bon, comme ça on se donne des rendez-vous pour se saoûler la gueule à Paris?

  • 94. Richard  |  novembre 27th, 2006 at 21:36

    Comme je n’avais pas pu honorer l’invitation à piqueniquer en été à Paris, Sami m’avait invité à prendre un pot en décembre, histoire de faire un pied de nez à l’hiver. Alors j’honore mon engagement maintenant. Je vous expliquerai en privé.

  • 95. Edwige H.  |  novembre 27th, 2006 at 22:50

    Zik, je suis ivoirienne vivant, non, travaillant à Dakar. Clair? J’ai été amusé de savoir que la fdfamille de ton amis « possède des pharmacies à abidjan ». Une pharmacie, ce n’est pas un cyber café ou une cabine téléphonique! Une famille ne peut pas être propriétaire d’une chaine de pharmacie comme certaines ont des chaines de supermarché. Pour avoir une pharmacie ( et on a droit qu’à une seule, taout au moins en Cote d’Ivoire et aussi au Sénégal) , il faut être pharmacien! Bref, ce n’est pas ça le sujet.Tu sais Zik, en Côte d’Ivoire aussi, et depuis toujours il y a des ivoiriens qui ont des noms à consonnace étrangères qui ont été ministres. Persone, même en pleine crise d’ivoirité, personne ne s’est opposé à la nomination d’un Ndiaye ou d’un Zoungrana. Il fut un temps ou l’ambasssadeur de Côte d’ivoire au sénégal s’appelait Alassane Salif Ndiaye. Safietou ba Ndaw Daniele Boni Claverie ( une métisse), Tidiane Thiam, Daniel Duncan ont été ministres de bédié, en pleine crise d’ivoirité. Idem sous Gbagbo. le president d’une agence nationale du café cacao s’appelle Zoungrana Placide, ( nom typiquement Mossi), comme au temps d’houphouet, de Bédié et même de guei, il y a beaucoup d’ivoiriens au nom à consonnance étrangère qui occupent des postes de responsabilités. ça n’a jamais posé problème.
    Zik, le code de nationalité est différent des conditions d’éligibilité au poste de président de la république. Il ne faut pas confondre. le code de nationalité de 1961 qui a été révisé en 1972 puis en 2004 n’ a jamais été un facteur d’exclusion de Ouattara. C’est le code d’éligibilité qui a été facteur d’exclusion, pas seulement de Ouattara mais de milliers d’ivoiriens. Quand o,n demande au candidat d’être agé de 35 ans au moins et de 70 ans au plus, eh bien, tous ceux qui ne sont pas dans cette tranche sont exclus d’office!
    Ivoiriens de circonstance: ma soeur a la double nationalité française et ivoirienne. A l’aéroport d’Abidjan elle présente son passeport ivoirien, à Roissy, elle présente son passeport français.N’est elle pas ivoirienne de circonstance? Lorsque quelqu’un qui a la double nationalité ( ou un double passeport) ivoirienne et burkinabé, utilise la carte Burkina pour être vice gouverneur de la banque centrale puis la carte Cote d’ivoire pour ^^etre premier ministre, ne peut on pas dire de lui qu’il est ivoirien de circonstance?
     » Origine douteuse »: je ne sais pas ou tu l’as entendu mais ce n’est pas du Gbagbo ça…
     » carte d’identité provisoire »: je ne sais pas de quoi tu parles!
    Démission de Gbagbo: dis, tu m’as compris…je suis quand même convaincante hein!
    J’ai même l’impression d’avoir convaincu Sami…. Effectivement en Côte d’ivoire, le problème a dégénéré et sécoué tous le pays parce que des politiciens vicieux ont dit à des communautés  » c’est pas moi qu’on a exclu mais toute notre communauté religieuse, ethnique, géographique… alors, combattons l’arbitraire… » Le débat s’est politisé avec passion et puis voilà, 10 ans après, des gens ont décidé de combattre le monstre avec des armes.

    Richard,
    au lendemain de l’indépendance, on a demandé aux ( burkinabé surtout) de faire un choisx entre la nationalié ivoirienne et la nationalité voltaique. Si les parents de tes amis, par ignorance comme on l’explique ici, ne l’ont pas fait, eh bien, c’est leurs enfants qui payent. Ils avaient une autre possibilité, demander la nationalité. C’est tellement simple! Dites moi, est ce que naitre aux etats unis ou en france ou au gabon de parents non français, américains ou gabonais donne d’office la nationalité? Non, Richard,ce régime ne « s’appliquait sans exception à tous ceux qui sont nés de parents venus d’ailleurs, même s’ils sont établis dans le pays depuis plus de 50 ans. » Comme je te l’ai dit plus haut, ces gens établis depuis plus de 50 ans ont eu le choix en 1961, je crois.

    Kangni Alem, c’est bien beau de parler de foutaise idéologique. Ce que j’aimerais bien savoir, c’est le contenu de cette idéologie. J’espère que toi au moins tu y arriveras parce que depuis des années que je discute de ce sujet, personne n’est parvenu à me donner le contenu idéologique de cette notion.Tout le monde la qualifie mais personne ne peut la définir. Et puis, tu prends l’exemple du fils Wade, tu pourrais bien prendre l’exemple du fils Gbagbo qui est également métis, ou des enfants Fologo ou Mamadou Koulibaly…pourquoi aller si loin?

  • 96. K.A.  |  novembre 28th, 2006 at 0:02

    Tu as raison, Edwige, pourquoi aller si loin. Mais quant au reste,je ne te crois pas quand tu dis que tu ne vois pas l’idéologie dans l’ivoirité, après les prises de position publiques de plusieurs intellos et hommes politiques ivoiriens. M’enfin…

  • 97. Sami  |  novembre 28th, 2006 at 0:05

    Oh, Richard, le 10, je file à La Réunion et je reviens le 21. J’espère que tu arrives à Paris avant le 10 ou repart après le 21! Edwige, voilà tu as parlé de Koulibaly, un nom aussi significatif. Ce brillant universitaire que j’ai connu en France est l’un des plus fidèles de Gbagbo. Si on se mettait à décortiquer les noms, on se perdrait. Quant au débat qu’on ne fait pas de façon claire dans les pays africains sur les notions de droit de sang et de droit du sol, qui font par exemple qu’en Allemagne la nationalité s’obtient plus difficilement qu’en France, il me semble qu’il est occulté par une illusion: tous les africains sont chez eux dans n’importe quel pays africain. De même que les manipulations politiciennes des identités me choquent, de même je suis toujours agacé par les raccourcis liés à la fiction panafricaniste, puisque pour le moment ce n’est qu’une fiction. Si un pays définit de façon claire ses critères d’attribution de la nationalité, on peut ne pas les apprécier, mais on doit les respecter tant qu’elles n’auront pas changé. Le cas ivoirien a déchaîné tant de débats et de passions parce que la CI est le pays où les étrangers se sont retrouvés massivement et où certains d’entre eux ont pu avoir des postes politiques qu’on ne donne à aucun étranger dans aucun autre pays africain. En fait, on est plus attaché à la belle exception ivoirienne, celle que les manipulations de l’ivoirieté ont mise à mal. Alors que sans passion, l’ivoiriété n’aurait été qu’une clarification jurique du code de la nationalité, code qu’on a le droit de modifier comme cela se fait dans tous les pays du monde. Mais quand les manipulations entraînent des drames, même pertinent le code de la nationalité ivoirien ne permettra pas de si tôt un débat sérein. Trop de parties ont intérêt à ce qu’il reste dans le flou et justifie beaucoup de choses. Mais ce qui me semble urgent, c’est la réunification de la CI, une solution définitive à la division du pays. Et logiquement cela devrait passer par la récupération par le pouvoir légitime du nord sous contrôle de la rebellion. Sinon, on laissera s’installer la situation désastreuse qu’a connue l’Angola. Hélas! Edwige, que ramènes-tu de Bamako? Bon, tout a déjà été distribué à Dakar!

  • 98. Zik  |  novembre 28th, 2006 at 0:09

    Edwige,

    Bien évidemment, qu’il faille être pharmacien pour ouvrir une pharmacie, et ce dans tous les pays du monde. Même en occident des chaines, il faut être pharmaciens pour le faire. Mon collègue d’université s’appelle Ibrahim Fofana et a fait un pharmD (docteur en pharmacie). Son père est aussi pharmacien ainsi qu’un troisième membre de sa famille. Dans la famille, il y a au minimum 3 pharmacies, à ce que je sache. Ils sont pharmaciens de pére en fils, du moins pour les 2 générations dont je parle. Je puis fournir d’autres renseignements si nécessaire, à ce sujet.
    Vous êtes très clair sur votre état civil, merci. J’espère ne point vous avoir vexé, en posant la question, car je note une pointe d’exaspération.

  • 99. Zik  |  novembre 28th, 2006 at 2:26

    Sami,

    Si mon discours devenait subitement incohérent, soit indulgent car je tombe de sommeil. Je voulais terminer la soirée en ajoutant que le phénomène que tu as décrit en CI a été observé au Zaïre, où des « étrangers » ont occupé de hautes fonctions. Kengo Wa Dondo, par exemple, est de père Polonais (vrai de vrai), et de mère Tutsi Rwandaise (pure laine). Il n’est donc en rien biologiquement « Congolais » (whatever that means). Mais ce monsieur a été premier ministre du Zaïre. Au Gabon, Adrien Hougbédji qui s’est présenté à l’election au Benin à été l’avocat de la présidence au Gabon. Le docteur Diané, médecin Guinéen, à été directeur du plus grand hopital du Gabon. Ce genre de chose arrive. Ce dont il est question ici, est la création d’une disposition légale qui empoisonne les relations entre citoyens d’un même pays. Une mesure qui reclassifie certains citoyens suivant leur apartenance régionale. Et ce, Sami, est desatreux, quoiqu’en disent les intellos de l’ivoirité. Je suis Fang, les Fang sont arrivés au Gabon au 19ième siècle. Les miènés, comme Akendengue, sont considérés comme autochtones. Demain, quelqu’un pourrait déclarer que les Fang ne doivent pas être président car ils sont les moins Gabonais du lot. Ridicule n’est-ce pas? Qui aurait cru que l’ivoirité ferait tant de dégats?

  • 100. franck  |  novembre 28th, 2006 at 3:21

    Alem,
    Ton soupir est révélateur de la difficulté à nommer les choses sans comme dirait Zik, provoquer de l’exaspération qui, me semble t-il, est un signe de dépit. Dommage

  • 101. Mayombe82  |  novembre 28th, 2006 at 7:02

    Zik, tu parles du cas Adrien Hongbedji. Mais, avocat n’est-ce pas une profession libérale? @+, M82

  • 102. Mayombe82  |  novembre 28th, 2006 at 7:13

    Gbagbo ? J’aimais bien l’opposant, mais comme l’a si remarquablement dit Sami au sujet de l’arrivée au pouvoir et de la merde… Cependant, j’espère qu’il survivra à Chirac (à l’Elysée tout au moins). Le chef de l’Etat m’a trop déçu, mais j’apprécie le « guerrier ». Pour moi le problème n’est pas Gbagbo, mais la souveraineté de la CI. Ma plus grande crainte est de voir Bédié revenir aux affaires : quel recul ! Dommage que la CI n’ait pas un AAA, un ATT ou Malam Wanké pour remettre les compteurs à zéro et s’e aller tranquillement après la transition. @+, M82

  • 103. Timba Bema  |  novembre 28th, 2006 at 9:14

    comme il y a encore des gens qui pensent que les lois sur la nationalité sont des objets indolents… je vous conseille la lecture de ce livre…L’IVOIRITÉ ENTRE CULTURE ET POLITIQUE (Ramsès L. Boa Thiemele, Points de vue concrets, HISTOIRE AFRIQUE NOIRE Côte d’Ivoire, paris, l’harmattan, juillet 2003,264 pages)

    P.S: à titre de comparaison prennez les recentes lois sarkoziennes sur la naturalisation en france ou alors blocheriennes en suisse… vous serez édifiés…

  • 104. Sami  |  novembre 28th, 2006 at 10:05

    Zik, on ne parle pas des origines des populations qui ont fini par se retrouver sur le même territoire depuis des siècles, mais bien des étrangers quand ils s’installent dans un pays. Un belge ou un zaïrois de mère tutsi, crois-moi, les exemples ne sont pas si édifiants que ça. Les belges ont été les propriétaires du zaïre, un zaïrois né de mère tutsi rwandaise est zaïrois si le code de la nationalité ne stipule pas que pour l’être il faut que ses deux parents soient zaïrois. Avocat, directeur d’un hôpital, on rencontre cela partout. Mais les postes politiques, c’est autre chose. Partout, les codes de la nationalité sont nécessaires, le problème ne se situe pas pour moi à ce niveau. Ce que je déplore, ce sont les manipulations politiques autour, ce qui engendre des situations que plus personne n’arrive à contrôler. Je me rappelle qu’au Gabon par exemple, quand un enfant naît d’un père étranger et d’une mère gabonaise, il est gabonais. S’il naît d’un père Gabonais et d’une mère étrangère, il est gabonais. Mais je ne sais comment un étranger acquiert la nationalité, par exemple je m’installe aujourd’hui au Gabon avec mes enfants et ma femme, quelles sont les procédures pour devenir gabonais de nationalité? Pour les hautes fonctions politiques, quelles sont les mesures restrictives à l’égard des étrangers. Je rappelle qu’au Gabon on expulsait aussi les étrangers en situation irrégulière, c’est donc bien qu’il y a au moins un code clair pour les séjours, et qu’en cas de crise l’application de ces codes surprendraient, choqueraient. Il se pourrait quand dans l’esprit, la constitution gabonaise soit similaire sur ce point à ce qui est stipulé en CI, pour la présidence de la république, je veux dire. La seule chose, c’est que quand il n’y a pas un contexte de crise particulier, on ne cherche pas à le savoir. Je crois qu’au Togo, on ne peut être président si on n’est pas togolais. Si on est un togolais vivant hors de son pays depuis un certain nombre d’années, vivant hors du pays de façon ininterrompue, on ne peut être candidat à la présidence. Le cas CI nous touche parce qu’il est devenu tragique, ce n’est pas parce que dans l’esprit de ses lois, il aurait inventé quelque chose. C’est le droit et même le devoir d’un Etat de définir de façon claire ses codes de la nationalité, ses codes électoraux. C’est seulement à ce titre qu’on parle d’un Etat moderne.

  • 105. Zik  |  novembre 28th, 2006 at 12:04

    M82,

    Certe avocat est une profession libérale, mais avocat de la présidence est une nomination politique qui est entérinée par le conseil des ministres.
    C’est qui AAA? Je trouve pas.

    Sami,

    Comme Kengo, Ouattara est née pendant la période coloniale. Donc que ses parents viennent du Burkina ne devrait pas, en théorie, être un facteur d’exclusion, vu que la France dominait toute la région.
    Comment devenir Gabonais si les 2 parents ne le sont pas? Je vais chercher les textes juridiques et y répondre. Mais de façon anecdotique, j’ai connu les enfants d’Henri Pouzère, le candidat à l’élection centrafricaine. Ces enfants sont nés en France de parents centrafricains. La famille s’est ensuite installée au Gabon où le père a fait toute sa carrière d’avocat. Ces enfants sont aujourd’hui Gabonais, ils recoivent des bourses d’étude Gabonaises comme tout le monde. Ils ont donc été naturalisé à un moment. Pour la procédure exacte, je reviendrai.

  • 106. Sami  |  novembre 28th, 2006 at 12:12

    En Côte d’Ivoire, cela n’a jamais non plus posé problème. Moi, le cas Ouattara en tant que tel, je le trouve complexe. Même s’il a eu une bourse burkinabè, un passeport burkinabè, quelqu’un qui a ensuite occupé le poste de premier ministre en CI, c’est bien qu’il est depuis un moment un citoyen ivoirien, comme notre Koffi qui a été maire et ministre en france, ce qui ne l’empêcherait pas de devenir président au Togo si l’occasion lui en était offerte. La double, voire la triple et la quadruple nationalité, cela existe de nos jours.

  • 107. Mayombe82  |  novembre 28th, 2006 at 12:17

    Zik, 3A ou AAA, Abdul Salami Abubakar est l’homme fort, très fort qui a succédé au funeste et très sinistre Sani Abacha. En effet avocat du gouvernement ou du président de la République est entériné par le Conseil des ministres, mais constitutionnellement, l’avocat doit-il être ressortissant du pays ? Si on part sur l’éthique, je veux bien en effet comprendre que pour ça il vaille mieux avoir affaire à un national. Mais bon… @+, M82

  • 108. Zik  |  novembre 28th, 2006 at 15:21

    Le code de la nationalite au Gabon. Sami, tu m’as fait bosser, ouf!

    http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/rsd/print.html?CATEGORY=RSDLEGAL&id=3ae6b51820

  • 109. Zik  |  novembre 28th, 2006 at 15:30

    Le meme document tire cette fois du site du senat Gabonais.

    http://www.senat.ga/test.htm?

  • 110. Sami  |  novembre 28th, 2006 at 18:55

    Quel boulot rapide, Zik! Tu vois que quand on fouille, dans les codes de la nationalité, on déniche de ces choses qui choquent?

    Quand on lit rien que ça:

    « CHAPITRE 4 Acquisition par l’effet de la naturalisation

    Art. 24.-

    Nul ne peut être naturalisé;

    3 s’il n’est de bonne vie et moeurs

    4 s’il est atteint d’une grave incapacité physique ou mentale dont la cause ne résulte pas d’un service accompli pour le compte du Gabon ou d’un acte de dévouement au profit d’une personne de nationalité gabonaise;

    Voilà que quand on est de « mauvaises moeurs » on ne peut pas être gabonais. Voilà que si on est atteint d’une grave incapacité physique et que cette incapacité n’est pas due à un service rendu au Gabon ou à un Gabonais, on ne peut devenir gabonais. Quel hygiénisme tout de même! Mais dans la réalité, ces détails-là, personne ne les connaît. Le jour où un énorme enjeu politique exigerait qu’on les rappelle, nous crierons au scandale. Supposons par exemple qu’une ancienne prostituée d’origine étrangère devienne une femme importante et demande la naturalisation. Si on la considère comme un adversaire potentiellement gênant, on lui rappellerait que sa mauvaise vie lui interdit la nationalité gabonaise et les gens pourraient croire que la loi a été fabriquée sur mesure. Merci tout de même pour les infos.

  • 111. Sami  |  novembre 28th, 2006 at 19:55

    Ou ces autres perles:

    CHAPITRE 2 De la déchéance de la nationalité

    Art. 28.-

    Peut être frappé. par décret, de la déchéance de la nationalité gabonaise:

    2 l’individu d’origine étrangère qui, après avoir acquis la nationalité gabonaise, aura été condamné moins de 5 ans avant l’intervention éventuelle de la déchéance, pour un acte qualifié crime ou délit contre la sûreté intérieure ou extérieure de l’Etat;

    3 le Gabonais qui, remplissant un emploi au service d’un Etat étranger, dans une armée étrangère ou une organisation internationale, le conserve plus de 6 mois après la notification de l’injonction que le Chef de l‘Etat lui aura faite de résigner cet emploi;

    4 le Gabonais majeur qui se comporte, en fait, comme le national d’un pays étranger.

  • 112. Edwige H.  |  novembre 29th, 2006 at 19:54

    Sami, voici au moins quelqu’un qui a compris et m’a compris…j’ai pas encore quitté bko, il y a encore le festival de théâtre ( on y joue d’ailleurs Aterrissage de Kangni Alem, je ne sais pas s’il y seras) un extarit de Kwahulé, une adaption de L’étrange destin de Wangrin etc… et puis il y a du beau monde…

    Zik, ce qu’il faut comprendre, c’est que le problème avec Outtara, ce n’est pas sa nationalité, ni les origines de ses parents. Il a été burkinabé pendant 40 ans de sa vie. il n’avait que des papiers voltaiques, il a acheté des maisons à abidjan avec sa nationalité voltaique, ce n’est qu’en 1984 qu’il a fait ses papiers ivoiriens. entre 1942 et 1984, il était burkinabé. voici ce qu’on lui reproche. Et d’ailleurs, l’article qui exclut sa candidature, ce n,’est ni le et ni le ou mais bien la clause qui demande au candidat de ne s’étre jamais prévalu d’une autre nationalité… Bon tout cela a changé depuis 2004, depuis les applications des accords de Marcoussis ( vous voyez, tant qu’on ne les appliquait pas, on criait partout  » Gbagbo refuse d’appliquer Marcoussis », quand on a changé les lois comme nous le demandait Marcoussis, qui en a parlé? personne. Qu’est ce que ça a donné? Rien. Voilà aujourd(hui, Zik, on se marie, tu deviens d’office ivoirien et tu peut être candidat à l’élection présidentielle. Il n’y a plus d’exclusion en Côte d’Ivoire. Les gens disent qu’ils ont pris des armes pour cela, combattre l’exclusion, toutes les lois exclusionnistes ont été changées, ou en sommes nous? Comme le dit Alpha Blondy, si quelqu’un te dis qu’il a compris le problème ivoirien, c’est qu’on le lui a mal expliqué. Si quelqu’un te dis qu’il n’a rien compris, c’est qu’on lmui a bien expliqué…

  • 113. Richard  |  novembre 29th, 2006 at 20:38

    Zik, comme l’a noté Sami, ce code de la nationalité gabonaise est une pure merveille quant aux perles qu’on peut y dénicher. Le législateur gabonais a vraiment de l’imagination, en plus d’avoir un style des plus abscons. Je sais que les textes de loi ne sont pas toujours d’un abord facile, mais les exégèses de la Cour supreme du Gabon ont du pain sur la planche. À moins que ca n’ait été fait exprès pour faciliter justement les interprétations allant dans le sens de ce que voudrait le politique et, au moment ou il le voudrait.

  • 114. Zik  |  novembre 29th, 2006 at 21:06

    Edwige,

    Là, tu as retenu toute mon attention quand tu as dit:  » on se marie… », bon je rigole. Pour être sérieux, la seule chose que je reproche à Gbagbo est de s’être laissé tenté par des velléités exclusionistes. Même s’il a toutes les circonstances atténuantes d’avoir été attaqué. Depuis que je suis rentré, je n’ai pas encore rencontré une seule personne qui disent que la rebellion en CI est justifiée. Par la même, les gens de bonne volonté veulent être de corps avec Gbagbo, mais la présence de certains extrémistes à ses côtés me fait craindre le pire. J’ai peur que l’engrenage du jusqu’au boutisme soit irréversible, car même les accords de Marcoussis dont tu parles sont aujourd’hui en réalité, caduques. Que nous reserve l’avenir? Je ne sais pas si tu es au courant, mais la CI et le Gabon avaient des accords de formation d’étudiants. Dans ce cadre, beaucoup de Gabonais ont étudié à Abidjan, dans des fillières pas disponibles au Gabon comme la chirurgie dentaire et la pharmacie. Mon cousin germain, le fils ainé du frère à ma mère du Nom d’Aristide, y était quand la rebellion a commencée. Souvenez vous de l’épisode où la résidence de Ouattara a été attaquée? Bien, Ouattara avait été exfiltré de la CI vers le Gabon. En représaille, les jeunes patriotes lancent une campagne d’intimidation des Gabonais de CI. L’ambassade du Gabon a été obligée de rapatrier tous les Gabonais de CI en 24hrs, grace à un pont aérien, pour éviter le pire. Il y’en avait 1 ou 2 millier. Mon cousin a été finir ses études en Afrique du Sud. Si je donne cet exemple, c’est pour signifier que c’est pas toujours Gbagbo, ou Bongo, ou Ouattara qui sont affectés dans ces conflits. Il y a des gens dont la vie de tous les jours prend des tournures tragiques. Réparer toutes ces vies brisées est souvent impossible. Regardez toute la peine qu’a le Liberia pour revenir au niveau d’avant guerre.

    Sami, n’ai crainte, au Gabon on expulsera les chirurgiens, profs d’universites, les ingénieurs, avant de toucher aux prostituées. C’est qu’elles sont utiles ces « félines » comme ne dirait pas K.A. Comment alors nos vaillants fonctionnaires vont-ils se vider les… euh assouvir leurs bas instincts, au risque même de l’épectase? Elles sont utiles ces « dames », Sami. Un de nos opposants emblématiques, Josèph Rendjambé, a été assassiné dans une chambre d’hotel à LBV, par le régime, au début des années 90. l’appât? (tu es prête Edwige?) une filles de joie possédant un vrai-faux passeport Ivoirien. Comme pour Felix Moumié à Genève. Elles sont utiles ces « créatures », Sami, très utiles.

  • 115. Zik  |  novembre 29th, 2006 at 23:17

    Richard,

    J’y comprends rien au language légale. Comme tu dis, c’est peut être pour s’aménager des portes de sortie que ces gens écrivent de façon si brousailleuse.

  • 116. Mayombe82  |  décembre 2nd, 2006 at 0:34

    Sami, les Belges aussi ont une perle que j’aime bien. Dans ce pays, le vote est obligatoire. Si on ne vote pas une 1ère fois, on a une amende. S’il récidive, tu connais la sanction ? Il n’aura plus jamais le… droit de voter !

    Dans le registre humour toujours, il y a cette phrase du camarade Gbagbo que j’adore : « En CI, il n’y a pas un banc présidentiel pour qu’on puisse poser deux paires de fesses ! »@+, M82

  • 117. Zik  |  décembre 2nd, 2006 at 1:12

    M82,

    Lapsus de Gbagbo, ou façon subtile de signifier que le pays ne sera pas divisé (un président au nord et un au sud du même pays)?

  • 118. Mig33  |  décembre 6th, 2006 at 12:12

    Les pro-Gbagbo m’excuseront, mais avec les fusillades de manifestants anti-impunité hier en RCI, on peut se demander si Gbagbo ne cautionne pas les empoisonneurs de son peuple. Bizrrre ce mec!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • 119. Petit sucre  |  décembre 6th, 2006 at 12:16

    Oui, bizarre, je vais essayer de lui écrire sur son site http://www.laurentgbagbo.net/

  • 120. Edwige  |  décembre 7th, 2006 at 1:30

    Mig 33 et petit sucre,
    Bien sûr, quand les soldats français de la force Licorne tuaient des dizaines de manifestants anti-occupation, personne n’a essayé d’écrire à Chirac ou à Alliot MLarie sur son site.

    Ou est l’impunité. Les gars ont été suspendu trois mois. On ne va pas les suspendre indéfinement!

  • 121. Petit sucre  |  décembre 7th, 2006 at 7:53

    Ah, la mauvaise foi de la demoiselle Edwige, quelle comparaison partisane!!!!!!!!!!!! Et quelle blanc-seing à l’ilmpunité, la suspension de trois mois, après une affaire aussi grave, vive la démocratie de M. Gbagbo!

  • 122. edwige  |  décembre 7th, 2006 at 12:50

    Sénégal septembre 2002 la négligence et le laisser aller et le laisser faire de l’administration font couler Le joola. Environ 2000 morts. Aucune sanction, ni de responsables, ni de coupable.

    Côte d’Ivoire . Aout 2006.Affaire des déchets toxiques. 7 morts. Demission du gouvernement. Limogeage de’environnement, infrastructures et .. ( je sais plus); suspension de 3 directeurs…

    va me dire Petit sucre qu’on a rien fait!!!

  • 123. Zik  |  décembre 9th, 2006 at 17:31

    Je viens de lire dans la presse Ivoirienne en ligne, que Gbagbo a reconduit les principaux responsables de l’affaire des dechets toxiques. J’ai poste cette depeche, mais elle demeure en attente du moderateur. Vrai ou faux, Edwige?

  • 124. Zik  |  décembre 9th, 2006 at 17:36

    Voici la premiere partie de l’article en copier-coller

    Affaire déchets toxiques / Frat-Mat
    Gbagbo frappe fort
    lundi 27 novembre 2006 par Amos BEONAHO

    Après quelques mois de suspension, les directeurs généraux des administrations centrales, mis en cause dans l’affaire des déchets toxiques du navire Probo Koala par le Premier ministre, viennent d’être rétablis dans leurs fonctions par le Président Laurent Gbagbo. M. Désiré Tagro, porte-parole de la présidence, a lu hier, en effet, plusieurs decrets signés par le Président de la République qui mettent fin aux mesures administratives de suspension prise par le Premier ministre à l’encontre de Marcel Gossio, Directeur Général du Port Autonome d’Abidjan, du Colonel Gnamien Konan, Directeur général des douanes ivoiriennes et de Pierre Djédji Amondji, gouverneur du district d’Abidjan. Ces personnalités suspendues par le Premier ministre reprennent fonction, selon le décret présidentiel, le 16 décembre prochain soit trois (3) mois après leur suspension. A priori, on pourrait dire que le Président Gbagbo évite de casser la décision de son Premier ministre en respectant le délai de suspension. Mais le désaveu de Banny par Gbagbo reste patent dans cette affaire. Car après la suspension de ces hauts cadres de l’administration ivoirienne, Banny a institué aussitôt une commission nationale d’enquête sur l’affaire des déchets toxiques. Dans son rapport rendu public mercredi, la commission met en cause la responsabilité administrative de toutes les personnalités suspendues. Et Banny s’est empressé d’indiquer qu’il en tirera toutes les conséquences. Gbagbo a donc agi par anticipation pour couper l’herbe sous les pieds de Banny soupçonné par le camp présidentiel de vouloir profiter de l’émoi créer par le scandale des déchets toxiques pour régler ses propres comptes et placer ses hommes dans les sphères juteuses de l’administration ivoirienne

  • 125. ABDON  |  décembre 14th, 2006 at 18:46

    Les amis, mais avez-vous la sortie de Kofi Annan contre l’Amérique de Bush? Quel culot, quelle franchise, alors là moi je dis « chapeau »!

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