5 Octobre 2006: bavardages sur France Culture

octobre 3rd, 2006

affinites_electives.jpgFrancesca Isidori, animatrice de l’émission AFFINITES ELECTIVES sur la radio France Culture, m’y a invité récemment pour un enregistrement qui sera diffusé le jeudi 5 Octobre à partir de 10h. Pour ceux qui rateront l’émission en direct, il est prévu une rediffusion le samedi 7 Octobre, mais ils peuvent aussi aller sur le site de l’émission l’écouter pendant une semaine. Amitiés et indulgence anticipée pour les approximations inévitables formulées devant le micro!

Voici l’adresse du site de l’émission:

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/affinites/avenir.php


P.S. Un détail m’a fait sourire quand l’animatrice m’a annoncé la date de diffusion de l’interview, le 5 Octobre. Il se trouve que chaque année, je m’amuse à demander à mes ami(e)s s’ils se souviennent de ce qu’ils faisaient le 5 Octobre 1990! Ce jour-là, à Lomé, la colère s’est emparée des rues, dirigée contre la dictature militaire du Général Eyadema. Ce que j’ai fait ce jour-là exactement? Un jour, dans mes Souvenirs, si Dieu (ou son succédané) me laisse le temps de les écrire, je raconterai tout dans le menu détail. Ce fut une journée folle, et le début de quelque chose, que nous n’avons pas fini d’interpréter. A plus tard.

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83 Comments Add your own

  • 1. Boun  |  octobre 4th, 2006 at 8:26

    Depuis Ouaga, j’essayerai d’écouter dans mon bureau si ma carte son et correcte, jamais écouté de radio sur internet, merci Alem.

  • 2. Blaise KIBONZI  |  octobre 4th, 2006 at 9:35

    Cher K.A, je ne pourrai pas t’écouter en direct mais c’est sûr que je le ferai en différé.

    Ps : j’ai pris l’habitude d’écouter tes bandes sonores que tu a mis sur ton blog (rubriques ateliers). C’est une merveille. J’adore la façon que c’est lu.

    Blaise

  • 3. Blaise KIBONZI  |  octobre 4th, 2006 at 10:27

    Cher K.A, à propos du 05 octobre, j’imagine qu’il a fallu beaucoup de courage aux togolais pour oser se dresser ainsi face au « Grand timonier ».

    Le souvenir que j’aie de mes nombreux amis togolais de Poitiers, c’est que dans les années 80, l’ombre d’Eyadema les terrorisait même dans leurs chambres de cités universitaires.

    Personne n’osait dire du mal d’Eyadéma, même dans la discrétion d’une chambre de cité U.

    C’est vrai que les chambres de cité U avaient des oreilles y compris chez les congolais. Mais chez les togolais c’était pire. Tu sentais chez chacun d’entre eux la peur qu’il soit rapporté à Lomé, ce qu’il aurait dit de mal sur « Le grand Timonier ».

    D’ailleurs la première fois que j’avais entendu le titre « Grand timonier » , c’était lors d’une conférence présentée par l’Association des Etudiants togolais de Poitiers, à l’occasion des « journées culturelles du togo ».

    J’en revenais pas, je n’en croyais pas mes oreilles. Alors avec mon petit doigt j’essayai de retirer les bouts de cire coincé dans mes conduits auditifs à chaque fois que j’entendais « Grand Timonier ».

    Je voulais vraiment m’assurer d’avoir bien entendu. Lassé à la fin, je finis par demander au conférencier s’il ne pouvait pas dire simplement EYADEMA à la place de « Grand Timonier ». Car s’il était « Grand Timonier » pour lui, il ne l’était peut-être pas forcément pour tout le monde.

    Silence glacial dans la salle. Après qu’il m’ait jeté un regard noir sans rien dire de plus, il poursuivit imperturbable son discours en parlant des oeuvres du « Grand Timonier », « Apôtre de la paix ».

    Je sortis évidement de la salle ( notre fameux « garage à vélo » de Poitiers transformé en parlement des africains). J’apprendrai plus tard que c’était le 1er Secrétaire de l’Union des Etudiants togolais de France. Il était venu exprès de Paris.

    Ah ! la belle époque des grands débats politiques entre étudiants africains à Poitiers. Je crois néanmoins que l’un des moments le plus fort fût quand Blaise CAMPAORE (le mal prénommé) nous envoya sa délégation depuis Paris pour venir nous expliquer la « Rectification de la révolution », comme pour justifier l’assassinat de Thomas SANKARA.

    Ah ! ces amis Burkinabé, eux aussi vivaient leur terreur avec les « Comité national de la Révolution » qui les terrorisaient jusque dans les chambres de cité U. en France.

    Les étudiants Burkinabé se devaient de terminer leur lettre de demande de renouvellement de bourse par « LA PATRIE OU LA MORT ! ». C’est ridicule, avais-je dis à ma collègue Burkinabaise que je surpris un jour entrain de photocopier au Labo, une lettre écrite de sa main et se terminant par « LA PATRIE OU LA MORT ».

    J’eus très peur. J’avais cru que l’isolement en FRANCE commençait à trop lui peser. « Non ! », me dit elle. « Mais si je termine pas ma lettre de cette façon là, on ne va me renouveler ma bourse ! « . (Bourse d’étude bien sûr).

    Quelle drole d’époque avons nous vécue quand même. Mais elle était tout même passionnante.

    Blaise

  • 4. K.A.  |  octobre 4th, 2006 at 10:33

    La peur des étudiants togolais en France, moi je n’ai pas connu cela, à mon arrivée en France, j’avais déjà tué LE PERE au Togo, et je n’étais pas boursier togolais. Mais Sami m’en a raconté des vertes et des pas mûres sur cette période de glaciation de la pensée, et Poitiers était le haut lieu de la peur du Grand Timonier, effectivement, pourtant la plupart des juristes togolais ont été formés dans ce lieu, qu’en penser!?

  • 5. Blaise KIBONZI  |  octobre 4th, 2006 at 12:40

    Une des meilleures que je trouvais aussi avec les étudiants Togolais de Poitiers, c’est que lorsque le « Grand Timonier » était en visite à Paris (chez ses « amis personnels », je suppose), les étudiants togolais boursiers montaient à paris pour aller l’accueillir. D’après que si tu y allais pas on te mettait sur la « liste noire ».

    Ils payaient le billet de leur poche. Mais ils étaient sûr qu’au retour, le « Grand Timonier » allait remettre 500 FF à chacun d’entre eux.

    Je trouvais cela hallucinant effectivement de la part de la future élite d’un pays, d’un continent. Mais que faire quand on est tributaire d’une bourse d’études que le moindre griot du grand Timonier peut vous supprimer.

    Moi même au Congo, quand j’étais à l’Université, j’ai subi une interruption de bourse pour avoir publiquement refusé d’aller participer à une « marche de soutien au Comité Central du Parti Congolais du Travail », dirigé déjà par Denis SASSOU NGUESSO. J’avais clairement dit que « j’avais autre chose à faire ! ».

    Le plus dramatique et le plus lamentable dans l’histoire c’est que celui qui décide de suspendre les paiements de ta bourse d’études, c’est ton collègue de classe, qui lui, porte le titre de 1er Secrétaire de l’Union de la Jeunesse Socialiste Congolaise.

    Déjà à l’époque je trouvais cela hyper gravissime.

    A vrai dire, je ne me suis jamais fait d’illusion dans la génération des africains à laquelle j’appartiens. C’est une génération sans couilles. Normal que l’Afrique soit dans cet état. La relève n’a pas été assurée. Nous nous sommes aplatis devant des dictateurs. Nous nous compromis avec les dictateurs, et avec les néo-colons. Et voilà aujourd’hui un continent à la dérive alors qu’il a produit plein de personnes qualifiées.

    Blaise

  • 6. Edwige H  |  octobre 4th, 2006 at 15:05

    Tiens, c’est peut être de là que vient cette blague sur Eyadéma et ses  » vandaux »???!!!
    Bon, pour ceux qui ne la connaissent, je la conte : les Togolais se soulèvent un jour contre le régime de Eyadema:et comme beaucoup de soulèvements, les manifestations sont suivies de vols, pillages, casse etc… bon, disons d’actes de vandalisme. Et Eyadema qui se fend dans une déclaration style  » les vandaux sont descendus dans la rue et on t tout cassé » Quelqu’un lui souffle » des vandals, on dit vandals » Et Eyadéma qui fait » vous voyez, on vient de m’apprendre qu’il y avait des filles, des vandales parmi ces vandaux »!!!

  • 7. Sèvi  |  octobre 4th, 2006 at 15:07

    Imparable, ah les bonnes vieilles blagues popu, on en a eu besoin pour traverser l’époque.

  • 8. bebou  |  octobre 4th, 2006 at 16:06

    Chaque peuple tiens sont amour á lui ,rien que les malsains trouvent leur vie meilleur ,les congolais et les autres du monde, la vie autrui n’es pas avec les togolais ,même sans Eyadèma les togolais savent de quoi leur vie est pour ……..discipline fait la vine bonne avec le temp……………………….

  • 9. bebou  |  octobre 4th, 2006 at 16:07

    Chaque peuple tiens sont amour á lui ,rien que les malsains trouvent leur vie meilleur ,les congolais et les autres du monde, la vie autrui n’es pas avec les togolais ,même sans Eyadèma les togolais savent de quoi leur vie est pour ……..discipline fait la vie bonne avec le temp……………………….

  • 10. SE.MINA  |  octobre 4th, 2006 at 17:18

    5 Octobre 1990
    CM2 Ecole Primaire Privée Kouvahey

    La démocratie ?
    Juste une pierre qui a passé la barrière des claustras.
    Et puis plus rien …

  • 11. Blaise KIBONZI  |  octobre 4th, 2006 at 17:25

    Bien sûr Bebou, mais comme partout il y a des choses que l’on voit et dont on aimerait avoir des explications pour mieux les comprendre. Vous savez, le congolais adore parler politique. Il est le peuple d’Afrique qui parle le plus de politique. Nous étions tombés dedans étant petit.

    D’ailleurs il y a une blague au Congo qui dit que chez nous dès la maternité le bébé commence déjà à parler de politique. Du coup aujourd’hui on sait plus rien faire d’autre tout le monde parle de politique.

    Bref pour te dire cher Bebou, que du moment que j’avais compris que les étudiants boursiers togolais avaient une peur bleue du régime d’EYADEMA, au point de ne même pas pouvoir sortir la moindre critique envers le grand Timonier a fait que je les ai épargné des discussions politiques à 01 heure du matin où l’on refaisait l’Afrique. Je partais voir les Burkinabé.

    Au Congo-Brazza aussi on avait peur du régime de SASSOU. Mais pas au point de coudre gueule. Personnellement j’ai fini mes études en FRANCE sans bourse. Ma bourse a été supprimée pour avoir été parmi les meneurs d’une manifestation ayant occupé l’ambassade du Congo à Paris après 4 mois successifs d’impayés de bourses. Bien sûr que nous n’étions qu’une soiixantaine dans toute la FRANCE à avoir pris ce courage. mais nous étions quand même soixante à occuper l’Ambassade. Sachant consciemment que nos noms se retrouveraient immédiatement aux renseignements généraux de SASSOU. Mais ces coupures de bourses pour ces motifs étaient rares au Congo. Tu étais juste fichié. Mais moi, il est arrivé que j’ai perdu par hasard le bénéfice de ma bourse à l’issue de cette n-ième manifestation. Alors je m’étais dit BON DEBARRAS. Au moins je sais que je ne suis plus boursier plutôt que de se dire boursier sans jamais en voir la couleur de la bourse.

    Bref cher Benou, je ne fais pas un reproche à mes amis togolais d’autant plus que ça ne devait pas être facile pour eux. Mais je dis simplement que j’avais découvert avec stupéfaction ce comportement des futurs intellectuels togolais. Moi qui de loin voyait d’abord les togolais à travers l’image d’Edem KODJO, l’ex excellent Secrétaire Général de l’OUA.

    J’avais commencer à comprendre qu’on nous trompait sur la marchandise Togolaise. Rappelez-vous c’était l’époque où le TOGO passait pour une havre de paix. La SUISSE de l’Afrique disait certains. Et EYADEMA le conciliateur désigné des conflits africains.

    Quand tu découvres qu’il obtient la paix dans son pays en exerçant un terrorisme sur futurs intellectuels de son pays. ça te change la vision sur cet apôtre de la « paix » .

    Jamais que je n’aurais compris ce qui se passe au TOGO depuis 1990. Si je n’avais compris cela avant. Et ce que je dis sur le TOGO est valable pour tous lles pays du monde chacun ayant ses spécificités. Il ne s’agit pas d’une critique ou d’un reproche. Au contraire je compatis même.

    De la même manière, je peux aussi prendre l’exemple du Congo-Brazzaville pour dire que si vous n’avez pas compris ce qui se cache derrière l’élégance vestimentaire si vantée de ce peuple, vous ne pourrez jamais, je dis bien JAMAIS, comprendre comment on a pu construire un mausolée à la gloire d’un colon dans la Capitale de ce pays.

    De la même manière j’ai été le premier étonné de voir que c’est la peuple supposé le plus francophile d’Afrique noire à savoir les Ivoiriens, qui ont été les premiers à offrir la plus belle résistance à la France. Chez nous au Congo on disait toujours que les Ivoiriens c’était les « petits chiens de la France ». La FRANCE les dupe et « Ils voient rien » !

    Nous nous sommes bien trompés. J’ai été voir un ami Ivoirien afin qu’il m’explique. J’ai compris que c’est nous qui ne voyions rien.

    Cher Betou, je crois que Sami trouvera les mots juste pour expliquer ce que je veux dire par là. Tout comportement s’explique. Et le comportement c’est de l’acquis pas de l’inee bien sûr.

    Blaise

  • 12. K.A.  |  octobre 4th, 2006 at 18:17

    Un souvenir, un seul, en rapport avec le 5 Octobre 1990. Au soir de cette journée de tumulte et de sang, une scène m’a poursuivi toute la nuit. En compagnie de Adjé K. Adjeson, un pote, nous sommes tombés vers midi sur un groupe de jeunes gens en train de casser une cabine téléphonique sur la route qui mène à l’aéroport. S’étant approchés d’eux, nous leur avons demandé pourquoi ils cassaient la cabine téléphonique. « C’est pour Eyadema, répondit le plus culotté d’entre eux, on va casser il va voir! ». En vain, nous avons tenté de les raisonner. En nous éloignant, j’entendais distinctement Adje K. marmonner dans sa barbichette, « ils sont cons, ces enfants, où iront-ils téléphoner demain? ». L’impossibilité à faire la distinction entre le bien public et le bien privé, la première erreur de cette journée bizarre mais passionante!

  • 13. drago  |  octobre 5th, 2006 at 10:24

    Bonjour,
    Je vous ai découvert ce 5 octobre sur culture et j’ai aimé vous écouter. J’ai envie de « vous » lire.
    isabelle

  • 14. tony  |  octobre 5th, 2006 at 10:36

    ça tombe bien cette histoire du 05 octobre. Kangni, Charles Debbasch, le conseiller du fils, vient de faire paraître un livre témoignage des événemets du 05 février. On m’a demandé de faire une note de lecture. Cet intellectuel mercenaire a eu le culot de dire que le 05 février n’était pas un putsch et s’est masturbé sur 180 pages pour le dire.
    La succession d’Eyadema , le Perroquet de Kara, Editions l’Harmattan, octobre 2006

  • 15. th. ananissoh  |  octobre 5th, 2006 at 12:06

    Sehr gut, Kangni (le bavardage).
    A propos de tes souvenirs du 05 octobre ; tu vois, d’une certaine facon, tu thésaurises, toi aussi. Pourquoi un jour, plus tard ? Je vais t’étonner : nous ne savons pas le temps que nous avons devant nous.

  • 16. bebou  |  octobre 5th, 2006 at 12:55

    J’usqu’aujourd’hui aucun africain á l’amour pour l’afrique dans nos gouvernéments .Ils essaient de l’aimer dans le sous-terrain ,mais les Ennemis sont encore proche d’eux chaque séconds .hispocrite est blancs -noire.Aujourd’hui les enfants de esclavage comment (Gilchrist Olympio) cherche á toute coup être président dans notre togo,mais comme le sex du chien et chat donne le malheur dans nos proverbes ,ces combats sont lourde ,bien que le blanc finit verte de sa vie ,le noire reste noire car le monde est une créature noire.Les malsains sont toujour riche ,mais les bons personnes resteront pauvre d’idées quant-ils manquent de silence et du discipline dans leur groupe……..Never give up fire bombe babylon…..dem

  • 17. bebou  |  octobre 5th, 2006 at 12:58

    J’usqu’aujourd’hui aucun africain á l’amour pour l’afrique dans nos gouvernéments .Ils essaient de l’aimer dans le sous-terrain ,mais les Ennemis sont encore proche d’eux chaque séconds .hispocrite est blancs -noire.Aujourd’hui les enfants de esclavage comment (Gilchrist Olympio) cherche á toute coup être président dans notre togo,mais comme le sex du chien et chat donne le malheur dans nos proverbes ,ces combats sont lourde ,bien que le blanc finit verte de sa vie ,le noire reste noire car le monde est une créature noire.Les malsains sont toujour riche ,mais les bons personnes resteront pauvre d’idées quant-ils manquent du silence et discipline dans leur groupe……..Never give up fire bombe babylon…..dem

  • 18. Blaise KIBONZI  |  octobre 5th, 2006 at 13:01

    K.A ce phénomène de casse systématique de biens publics ou privés se retrouve presque partout en Afrique noire. J’ai cependant été TRES AGREABLEMENT supris par l’attitude de nos frères et soeurs de la République Démocratique du Congo (RDC). Franchement un GRAND CHAPEAU A EUX ! Ils m’ont véritablement troué le cul (comme aurait dit Serge GAINSBOURG).

    A la chute de MOBUTU, quand certains d’entre eux ont voulu détruire le palais de l’ex dictateur d’autres congolais sont venus vers eux en leur disant « ne cassez pas ce palais nous pourrons en faire une Centre culturel » !

    Et le palais n’a pas été dynamité, juste des luminaires, lits et autres fauteuils du dictateurs déchus ont fait le bonheur de quelques pillards.

    Le meilleur (et j’en avais eu les larmes aux yeux) c’est quand KABILA père (le tombeur de MOBUTU) a dû lui même faire face à sa première « rebellion ». Les rebelles avaient occupé le barrage d’INGA qui ravitaille en électricité toute la RDC et une partie de Brazzaville. Les rebelles « s’amusaient » à plonger KINSHASA dans le noir la nuit, et à remettre l’électricité le jour.

    Contrôlant ce point énergétique et stratégique, les rebelles s’avancèrent vers KINSHASA qu’ils encerclèrent. Tout le monde cru voir arriver la fin précoce de KABILA père. C’est à ce moment là que KABILA père étonnera d’ailleurs tout le monde, en réussissant à obtenir in extrémis le soutien de l’ANGOLA, et du ZIMBABWE qui viendront sauver son pouvoir.

    C’est en effet, la très puissante armée Angolaise (devenue gendarme de l’Afrique centrale) qui ira déloger les rebelles sur le site du barrage d’INGA.

    Les Angolais avait laissé 48 heures aux rebelles pour évacuer les lieux, tout en leur laissant un couloir de sortie.

    Quand l’armée angolaise rentra sur le site à la fin de l’ultimatum, il n’y avait plus un seul rebelle sur les lieux et TOUT ETAIT INTACT !

    La même situation s’est produite au Congo-Brazzaville avec le barrade de MOUKOUKOULOU qui ravitaillait tout le Congo-Brazza en électricité. Mais avant de partir les miliciens de LISSOUBA qui occupaient le barrage l’ont saboté. Depuis le Congo-Brazzaville souffre d’une insuffisance chronique et lamentable en électricité.

    On cherche maintenant à construire d’autres barrages par ci par là. Mais bien sûr la priorité reste tout de même la construction du mausolée de DE BRAZZA et le transfert de ses restes à Brazzaville.

    Maintenant que cela a été fait, espérons que le gouvernement congolais se penchera sérieusement au problème d’électricité et d’eau potablle au Congo. Pour ceux qui ne le sauraient pas, les meilleurs cybers cafés à Brazzaville sont ceux équipés d’un groupe électrogène donc capables de pallier aux « délestages » d’électricité qui fait désormais partie du quotidien des congolais de Brazzaville.

    MENTION SPECIALE donc aux congolais RDC. Eux n’avaient pas dynamité bêtement le palais de MOBUTU ni le barrage d’INGA réalisation du dictateur MOBUTU.

    Edwige H., est ce ta présence qui me renoue avec mes longs posts ?

    Blaise

  • 19. franck  |  octobre 5th, 2006 at 18:23

    Alem,
    Quelle différence c’aurait-éte de dire que l’on est écrivain francophone plutôt qu’ « Ã©crivain d’abord et africain ensuite » comme tu le dis?

  • 20. K.A.  |  octobre 5th, 2006 at 18:43

    Non, je n’affirme pas cela, je dis ce que certains trouvent comme pirouette pour éviter la question, à moins que mon ironie ne soit pas passé…

  • 21. K.A.  |  octobre 5th, 2006 at 18:45

    Théo, la mort attenda un peu, je dors tous les oirs sans slip, si la mort venait, je lui demanderais de me laisser me rhabiller, et je fuirai par la fenêtre..

  • 22. franck  |  octobre 5th, 2006 at 18:53

    j’ai bien compris et je ne te l’impute pas mais je me demande quelle charge (idéologique?) chacune des affirmations a.

  • 23. K.A.  |  octobre 5th, 2006 at 19:10

    Franck, je te réponds rapidement, je suis au cyber, j’ai perdu la connection at home depuis 2 jours et c’est pénible de faire des allers retours pour envoyer des fichiers, en plus je ne suis pas à la page avec les clés USB.
    Disons que le plus glorieux pour beaucoup d’auteurs francophones africains c’est de nier l’africanité comme si l’on ne pouvait assumer à la fois ses origines géographiques et ses influences intellectuelles. Ecrivain tout court, tous les écrivains le sont, c’est même une lapalissade, puisque personne ne les somme d’écrire. Mais il n’en demeure pas moins que le rattachement à un espace physique est une réalité qui pose moins de problème à un ghanéen, un nigerian qu’à un auteur qui a des liens avec la France. Un tel débat, tu le remarqueras, ne se tient d’ailleurs que dans l’espace France, lieu d’habitation de beaucouop d’auteurs africains tenant de tels discours. Mais bon, il suffit parfois d’ouvrir leurs livres pour comprendre l’inutilité de la posture. Pour l’instant, je n’ai pas perdu l’habitude de dire que je suis un écrivain togolais.

  • 24. Sami  |  octobre 5th, 2006 at 22:36

    Kangni, t’es sûr de ce que tu dis? En dehors des pirouettes et des pauses, il me semble, je me trompe peut-être, que la quasi-totalité des auteurs francophones que nous connaissons se réclament de leur pays. Nous, nous nous disons par exemple Togolais, puisque nous le sommes et ne cesserons jamais de l’être (comme l’a écrit en d’autres mots un certain enfoiré dans une certaine nouvelle). Les Congolais revendiquent leur congolité, les tchadiens pareil, les Béninois idem, les sénégalais encore plus, les maliens, n’en parlons pas, etc. Parfois, ce qui conduit à des pirouettes comme celles dont tu as usé par ironie, c’est la récurrence de certaines questions pas si nettes que ça. Ce qui a conduit… je ne remets pas ce débat ici… l’autre à lancer sa boutade dont on connaît la fortune et qui a suscité sur ton blog plus de 150 interventions dont celle de « l’accusé » des mois plus tard. Je crois que les auteurs francophones n’ont pas un problème avec leur africanité mais parfois une difficulté à se définir et à se positionner dans le monde franco-français relativement restreint qui est pourtant leur seul lieu de salut. Enfin… Ce que Théo écrit m’interpelle aussi, directement d’ailleurs. Je remets toujours à demain ce moment où je devrais plonger dans ma togolité. Or, le temps nous est compté. Moi je ne saurai pas échapper à la mort en usant du slip, y en a qui ont des astuces d’enfoiré quand même!

  • 25. K.A.  |  octobre 6th, 2006 at 9:28

    On dit la même chose, Sami, sauf que je n’invente rien, j’ai entendu souvent les mêmes amis s’énerver quand on les rattache à leur pays, ils deviennent du coup « Ã©crivains tout court », ou écrivains « afro-européens ». Attitudes que je trouve pârfaitement inutiles. Oui, Théo a raison, il faut tenter d’écrire notre expérience togolaise avant le Grand Saut; dans mon cas, j’essaye, mais j’ai parfois l’impression qu’il me manque d’avoir vraiment approché le politique pour être sûr de mes jugements. Ma génération a été critique envers le politique mais n’a jamais eu la chance, ou n’a jamais voulu exercer le pouvoir, fût-ce en terme restreint. Cela aboutit souvent à des jugements à l’emporte-pièce qui ne résistent pas au temps! Je cours, je cours, visite technique chez le mécano!

  • 26. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 9:52

    Je dirais n’a jamais eu le courage, le cran pour le faire. Je te l’ai toujours dit: le regard très extérieur est désincarné, on parle de ce dont on n’a pas approché la complexité, hélas!

  • 27. Alain B.  |  octobre 6th, 2006 at 14:41

    Bien aimé la citation de Tchicaya :
    « Je préfère être sur le dos du cachalot
    et jouer le drame du naufragé à perpétuité »
    (je cite de mémoire…)
    En voici une autre de lui que j’aime particulièrement :
    « La fraternité fut un mot
    j’en fais un os de plus
    à joindre à mon squelette »
    Amitié, Alain

  • 28. K.A.  |  octobre 6th, 2006 at 15:25

    Sami, ah, le courage pour entrer dans le cercle du pouvoir, pas forcément dans le ventre mou de la politique, il faut en avoir, on le voit bien actuellement au Togo, quand il faut y aller, on trouve toujours des alibis pour regimber. Il y a des avancées qui ne s’obtiennent pas autrement qu’en étant proche des centres de décision, les vrais centres de décision. On en reparlera bientôt!

  • 29. Blaise KIBONZI  |  octobre 6th, 2006 at 15:59

    K.A a dit : « Il y a des avancées qui ne s’obtiennent pas autrement qu’en étant proche des centres de décision, les vrais centres de décision »

    ça me rappelle la grande problématique des jeunes militants africains des années 80. Un courant disait qu’il n’y avait pas d’autre choix que de pénétrer le système pour le changer de l’intérieur, l’autre courant disait que si tu rentres dans le système, il finira forcément par te broyer.

    Blaise

  • 30. Blaise KIBONZI  |  octobre 6th, 2006 at 16:05

    ps : Reconnaissons néanmoins à ces 2 théories l’excuse d’avoir en face à l’époque, des systemes de monopartisme parfaitement ancré en Afrique.

    Ceci dit c’est bien de l’intérieur que GORBATCHEV a mis fin au communisme. Mais on connait beaucoup plus d’exemple des gens se sont pourris en approchant des centres de décisions qu’ils espéraient transformer.

    Blaise

  • 31. ALITI  |  octobre 6th, 2006 at 16:08

    Peut-être est-il prétentieux de vouloir les changer, on peut aussi essayer de juste faire son travail ou bien? Question difficile, très difficile.

  • 32. Timba Bema  |  octobre 6th, 2006 at 16:18

    qu’est ce qu’on peut demander d’autre à un écrivain que d’écrire des livres si son ambition ne se limite qu’à cela… sami ka théo ce matin alors que je me rendais à mes occupations il m’est venu une idée certainement saugrenue vous me direz consistant à une approche de la réalité de manière intermédiare entre le roman et l’essai… il s’agit de témoigner d’une réalité telle qu’on la perçoit sans néccésité aucune ou mieux sans exigence particulière de vérité… tout ceci pour vous encourager à témoigner de votre perception de la réalité togolaise sans pour autant vous sentir inaptes du fait de votre éloignement vis à vis du… pouvoir…

  • 33. Albertine  |  octobre 6th, 2006 at 16:39

    Intéressant le dernier point de vue,sauf qu’il y a des auteurs qui sont aussi capables de faire du politique, de mettre d’autres compétences autre que l’écriture au service de leur pays, sans que cela nuise à leur travail, ceci pour répondre au dernier intervenant. Tchekhov a dit, pardon je cite: « L’originalité d’un auteur dépend moins de son style que de sa manière de penser. » Alem, je subodore de quoi tu veux parler, je t’attends à Cotonou pour en parler bientôt. Je t’embrasse, j’ai écouter l’émission cet après-midi au bureau.

  • 34. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 16:43

    Parfaitement raison, TB, parce que moi, comme je l’ai déjà dit à Kangni, je ne me livrerai pas à une autopsie d’un système, mais à ce que ce système a eu comme influence sur ma vie, donc de ma part d’être au coeur de ce système, puisque d’une certaine manière j’en suis un peu le produit. Donc le strict droit à la subjectivité de la vision d’une histoire individuelle au sein d’une complexe histoire collective. Blaise, tel fut en effet le dilemme en certaines époques, et tel reste le dilemme jusqu’à ce jour. Mais parfois, s’impliquer est une aventure humaine à tenter pour celles et ceux qui le peuvent et le veulent.

  • 35. Timba Bema  |  octobre 6th, 2006 at 18:08

    Albertine très proustien comme prénom… il me semble que notre cher tchekhov s’est embrouillé les pédales… le style c’est la pensée écrite…

  • 36. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 19:01

    Albertine, tu as raison, Tchekov dit juste. Nabokov par exemple a beau exécrer le mauvais style selon lui de Dostoïevski, celui-ci met dans ses romans des pensées si puissantes que cela lui impose respect, même à lui qui déteste. Il y a de beaux styles vides de tout, eh oui. Aussi, oui, il y a des écrivains qui ont été capables ou sont capables de faire de la politique. Malraux, Bernard Dadié, Carlos Fuentes, Neruda, Asturias, Gabriela Mistral, Octavio Paz, sans qu’à aucun moment ils ne sacrifient l’écriture à la politique ni l’inverse. Certains ont eu le Nobel en faisant les deux. Mais les contextes locaux peuvent rendre cela possible ou relativement plus délicat. Ferdinand Oyono a tout simplement cessé d’écrire pour faire de la politique. Je ne sais si c’est lui en tant qu’individu qui ne pouvait pas faire les deux ou si le contexte expliquerait un peu les choses. Complexe, complex!!!

  • 37. franck  |  octobre 6th, 2006 at 20:57

    Soyinka fait de la politique, Senghor en a fait et que dire d’Henri Lopes?

  • 38. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 21:02

    Tout à fait, Franck. Il y en a, beaucoup. Mais disons que Soyinka la fait de façon militante, un intellectuel en face de ses responsabilités contre le système politique. Peut-être pensons-nous ici aux écrivains qui sont au coeur du système politique, qui sont avec le pouvoir, comme Henri, que tu cites, oui, comme Senghor, oui. Comme beaucoup d’autres quoi, tu as raison.

  • 39. Bernard  |  octobre 6th, 2006 at 21:11

    Pas seulement militant, Soyinka, je ne sais plus en quelle année, il a eu des responsabilités politiques, à la tête d’une Commission chargée de penser la Sécurité Routière au Nigeria, je crois juste après la sortie de sa pièce THE ROAD. De cette époque, c’est vrai, les critiques de Soyinka ne retiennent qu’un fait, le disque très didactique et assez groovy qu’il a sorti sous le titre Unlimited Liability Company Etike revo wetin? Label: Ewuro EWP 001.

  • 40. th. ananissoh  |  octobre 6th, 2006 at 21:17

    Temba Bema, bien pertinent, ton propos du message 32. Tout à fait d’accord.
    Albertine ; la manière de penser plus que le style ? On dit que l’oeuvre littéraire, acte de communication, a plusieurs aspects (est multiaspectuelle, pour reprendre un terme du jargon). Donc ? Donc, il est, me semble-t-il, toujours un peu imprudent d’être très affirmatif en matière de littérature. Proust déplora la vulgarité de Balzac, mais j’ai gardé de la lecture des textes où il développait cela le souvenir d’un fond d’admiration chez lui (Proust). Quel aspect est honni, et quel autre est admirable ?
    Au fait, Kangni, le théâtre (cf. le bavardage) et ta contribution sont en Afrique, c’est certain. Mais, est-ce à tout prix dans cet endroit d’Afrique auquel tu penses ? Un peu à l’est, un peu plus au nord, n’est-ce pas possible de travailler pour l’Afrique avec l’avantage d’un environnement un peu sensé ? Juste une idée comme ca, qui ne demande pas de réponse… (D’ailleurs, je ne sais même pas si c’est possible ailleurs)

  • 41. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 21:46

    Et que dire de la note de lecture de Gide pour le compte de Gallimard sur le manuscrit de Du côté de chez Swann du jeune Proust? Cela lui parut si nul qu’il conseilla au jeune auteur de régler d’abord ses problèmes d’insomnie avant d’apprendre à écrire. Le pauvre a publié son roman à compte d’auteur. On sait aujourd’hui à qui la postérité a donné une plus grande place en France et dans le reste du monde. Théo, tu crois que Kangni pense Afrique? j’ai cru comprendre Pays.

  • 42. franck  |  octobre 6th, 2006 at 21:50

    Sami,
    Une interrogation qui me vient de ta question a Théo. Je la pose comme cela sans que l’on en discute nécessairement. Ja la pose simplement parce qu’elle me vient à l’esprit. Le Panafricanisme serait-il l’adversaire/ennemi du nationalisme/patriotisme?

  • 43. Sami  |  octobre 6th, 2006 at 22:16

    Ah, Franck, ah, vaste question! Je ne m’orientais pas vers ce débat. Je me demandais, en prenant Théo à témoin, si Kangni parlait de l’engagement politique des citoyens dans leur pays ou au niveau de l’Afrique. Les pays sont réels, le panafricanisme est une idée. Je m’explique, Franck. Pourrais-je réellement m’engager politiquement en Côte d’Ivoire ou même au Sénégal? Sinon, le patriotisme/nationalisme n’est pas incompatible avec le panafricanisme à construire. Les Européens en construction sont avant tout des nationaux, je pense.

  • 44. th. ananissoh  |  octobre 6th, 2006 at 22:50

    Il est tard, les amis. Presque minuit. Mais la question est bonne, Franck.

  • 45. K.A.  |  octobre 7th, 2006 at 11:05

    Theo, la question de Franck est redoutable, tu veux dire, j’en ai le souffle presque raréfié; personnellement, je crois que le panafricanisme n’a de sens que pris dans une optique institutionnelle, genre rendre service à l’Afrique à travers l’UA, l’UEMOA, l’Unesco, etc… Individuellement, les barrières à l’expression patriotique globale sont difficiles, trop de barrières, de fermetures. Si j’ai du temps dans la journée, je repasserai ici vous narrer quelques expériences personnelles désagréables. En Afrique, surtout, on est plus l’étranger qu’on ne le croit, ce n’est pas mon ami Koulsy Lamko « viré » presque de la fac au Rwanda parce qu’il est « Ã©tranger », qui me démentira. mais s’il avait été français ou américain… Le paradoxe dans l’affaire, ‘est que les Africains qui enseignent aujourd’hui au Rwanda sont presque tous payés par des programmes américains!

  • 46. Blaise KIBONZI  |  octobre 9th, 2006 at 9:45

    Franck, après avoir occupé plusieurs fois des postes de Ministre au Congo (Ministre de l’Education Nationale, 1er Ministre, etc…) Henri LOPES est actuellement ambassadeur du Congo en France. Pour moi c’est comme si Pablo NERRUDA avait été Ambassadeur de PINOCHET.

    Dans ce cas, j’aurais jamais laissé ma fille mettre les pieds à l’école maternelle Pablo NERRUDA de Poitiers.

    C’est mon point de vue personnel que (je sais) peu d’ »intellectuels » congolais ou africains partagent. Certains préféront même fermer leur gueule pour éviter les foudres de se brouiller avec Henri LOPES ou esssuyer un refus de Visa à l’ambassade du Congo en France. Comble de l’ironie quand même. S’auto-censurer devant un écrivain qui pourtant avec le journaliste devrait incarner la liberté d’expression même.

    J’en connais qui me reprocheront de parler dans le dos d’Henri LOPES et pourtant ici on aura également évoqué Wole SONYNKA sans qu’on nous demande d’aller nous adresser directement à lui.

    Pour moi c’est un véritable problème que me pose les écrivains congolais en particulier. L’écrivain Jean Baptiste TATI LOUTARD est quant à lui inamovible Ministre du Parti Congolais du Travail depuis 1970.

    Oui MALRAUX a été aussi Ministre de DE GAULLE me direz-vous. On a bien dit DE GAULLE et non pas PETAIN.

    Blaise

  • 47. franck  |  octobre 9th, 2006 at 15:13

    Blaise,

    Je n’ai pas d’opinion particulière sur les uns et les autres. Selon la conception que l’on a du rôle, s’ils en ont, d’un écrivain on approuve ou désapprouve leurs engagements. Je sais que certains contextes les veulent plutôt militants. Cela se comprend. Sauf qu’ils sont écrivains avant et s’is se limitent à nous faire de la bonne littérature pourquoi leur en vouloir.

  • 48. Paul Archer  |  octobre 9th, 2006 at 15:17

    « S’ils se limitent » ou s’ils continuent « Ã  nous faire de la bonne litérature », Franck?

  • 49. franck  |  octobre 9th, 2006 at 16:37

    Paul,
    Oui?

  • 50. Paul Archer  |  octobre 9th, 2006 at 17:05

    Je ne comprends pas l’interrogation, Franck.
    Blaise, cela voudrait-il dire qu’au Congo, tout écrivain qui touche à la politique est un pourri? Lopès est-il pourri? L’autre-là, l’inamovible, il est pourri?

  • 51. franck  |  octobre 9th, 2006 at 17:14

    Paul
    Je n’ai pas compris le poste 48, moi non plus. Je me demandais ce que tu voulais dire. Please enlighten me.

  • 52. Blaise KIBONZI  |  octobre 9th, 2006 at 17:15

    Ah ! Ah ! Franck, facile de continuer à faire de la bonne « Litterature » quand un pays s’enfonce.

    Essaie de faire un parallèle avec l’article de DONGALA où il disait qu’un écrivain doit faire rêver. L’écrivain Ministre ferait-il continuer à faire rêver tout en contribuant à l’enfoncement du peuple ?

    Pour ma part je n’ai jamais estimé que tout écrivain (ou intellectuel) devait s’engager. Sauf que lorsqu’il fait le choix de s’engager, il doit s’engager du bon coté. Et aujourd’hui le bon coté en Afrique, c’est du coté de ceux qui défendent ou se battent pour les valeurs démocratiques et non pas du coté de ceux qui les baffouent.

    Je suis très étonné que cela ne pose pas de problèmes aux africains. J’entends souvent des gens me dire « il faut savoir distinguer l’écrivain de l’homme politique ». Personnellement, j’ai beaucoup de mal dans le contexte actuel du Congo.

    Blaise

  • 53. Blaise KIBONZI  |  octobre 9th, 2006 at 17:23

    Paul on postait en même temps. Tu as cependant la réponse à tes questions. Même si jene me permettrai pas de dire que Henri LOPES et Jean-baptiste TATI LOUTARD sont pourris. Leur servitude dans un régime certainement le moins démocratique que nous ayons connu au Congo me pose réellement problème.

    Mais je répète, je suis visiblement le seul à qui cela pose problème. Je tenais cependant à le dire. En espérant qu’en tant qu’écrivai, Henri LOPES et Jean-Baptiste TATI LOUTARD sauront accepter cette liberté d’expression que je m’octroie.

    Blaise KIBONZI

  • 54. Blaise KIBONZI  |  octobre 9th, 2006 at 17:24

    Lire « En tant qu’écrivains »

    Blaise

  • 55. franck  |  octobre 9th, 2006 at 17:45

    Blaise,
    Je partage ta préoccupation. Je sais que le contexte voudrait que l’on ait des militants des droits de l’homme et de la démocratie. Je comprends aussi que pendant longtemps la littérature a été «engagée ». Mais je crois, même si on le souhaite, rien, absolument rien n’oblige un écrivain à s’engager. Sami, Théo, Kagni et les autres écrivains d’ici me démentiront ou me confirmeront : écrire est un acte de liberté. Cela n’est pas toujours plaisant, surtout dans nos pays, à constater je sais. Nous attendons beaucoup d’eux. Ils doivent être la lumière qui éclaire le chemin, la voix qui porte loin, celle qui critique et qui construit…. Je comprends, Blaise. Mais quelque écrivain qu’ils sont, ils sont des hommes et sont libres….
    Tu parles de la pertinence du rêve. Pourquoi pas ?

  • 56. Sami  |  octobre 9th, 2006 at 18:19

    Franck, c’est tout à fait vrai: écrire est déjà un acte subversif. Mais dans certains contextes, peut-être qu’on attend de celles et de ceux qui écrivent qu’ils mettent aussi la main à la pâte, tout en souhaitant qu’ils le fassent du bon côté. C’est peut-être là que le problème se complique. Sur le blog d’Alain, Kangni écrivait un jour que l’écrivain est forcément de gauche. Vargas Llosa et Octavio Paz étaient (Llosa l’est toujours) de la droite libérale, pro-étasunienne, tout en demeurant d’immenses écrivains qui n’admettent pas l’injustice dans leur pays. Le bon côté, si on le situe forcément d’un seul côté, cela signifierait que si l’écrivait devait s’engager il ne pourra s’engager que dans un sens, alors qu’il devrait, lui aussi, être libre et ne pas partager forcément l’opinion de celles et ceux qui l’attendent dans leur camp. Il peut aussi se retrouver du « mauvais côté » avec l’évolution des choses. Les écrivains comme Alejo Carpentier et Nicolas Guillen se sont engagés jusqu’à leur mort aux côtés de Castro. En leur temps, c’était le bon côté. Auraient-ils changé de côté par la suite? Blaise, tu n’es pas le seul à dire ce que tu dis. Kangni peut te prouver qu’il y a des Congolaises et des Congolais plus virulents que toi, et ils le disent en face d’Henri ou d’Aimé Mambo Gnali. Une fois à Lille, ils avaient été si durs que nous en étions tous gênés. Une congolaise avait dit à Gnali qu’elle est comme un singe en cage qui se croit libre parce qu’il lui lance des bananes. Des mots ont fusé de partout, les uns plus durs que les autres. Crois-moi, tu n’es pas le seul.

  • 57. K.A.  |  octobre 9th, 2006 at 19:44

    Senghor, pourri? pas sûr. Il a découvert la réalité de la politique, difficile, impitoyable, pour ses opposants il n’était pas du « bon côté »,mais lui croyait l’être pour les rêves qu’il avait pour le Sénégal. Fily Dabo Sissoko, Cheikh Hamidou Kane, Seydou Badian Kouyaté, Zadi Zourou, excellent ministre de la Culture, que j’ai rencontré à Strasbourg la semaine dernière… ils n’étaient pas tous forcément du « bon côté ». D’ailleurs, ce concept a quel sens, quand certains ont le sens de l’intétêt public ? Sami, je ne me souviens plus des exemples que je donnais dans le débat sur le blog d’Alain, mais je devais certainement parler des écrivains d’Afrique qui ont tous été de gauche, presque, même la gauche la plus radicale parfois (comme Christopher Okigbo du Nigeria, ou certains poètes béninois), cela s’explique en partie par les héritages et influences politiques dans l’Afrique de la décolonisation et des indépendances. Vaste débat, Blaise, à propos du « bon côté » dans nos pays à la politique si aléatoire, mais je comprends ce que tu veux dire, crois-moi!

  • 58. Sami  |  octobre 9th, 2006 at 20:35

    Oui, tu parlais plus d’écrivains africains. Mais Oyono, Dadié, Kane, même Camara Laye qui a quand même été pendant un moment diplomate sous Sékou Touré, si, si, si! Au Ghana! Avec les partis uniques, il n’y avait pas de gauche, il y avait le pouvoir et ces écrivains étaient et sont toujours pour certains du côté du pouvoir. Doit-on les en blâmer systématiquement? Peut-être qu’un jour Soyinka acceptera un poste de ministre ou même de président de la république, et cela pourra apporter quelque chose de tout à fait nouveau au Nigeria, qui sait?

  • 59. Timba Bema  |  octobre 10th, 2006 at 9:02

    franck si les peuples d’afrique attendent des écrivains qu’ils les éclairent il suffit simplement qu’ils les lisent au lieu de se contenter du commentaire rassurant des auteurs sur leurs oeuvres… ceci dit si les peuples veulent être éclairés ils devraient avoir l’humilité préalable de reconnaître qu’ils ne connaissent pas le chemin et ainsi que l’engagement tel qu’ils le reproduisent par mimétisme n’est pas forcément le chemin de l’édification…

    sami je pense que ce qui plombe encore notre littérature- permets moi de l’écrire ainsi en utilisant ce pronom possessif creux qu’est notre- est le désintérêt de la bourgeoisie pour l’art… à partir du moment où elle s’y interessera on aura une révolution sans précédente dans les lettres africaines… l’avenir est donc à mon avis du côté de la droite…

  • 60. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 10:06

    Il n’y a pas de bourgeoisie dans les pays africain au sein d’élite, ou de groupe, producteur de valeurs qui révolutionnent la société dans sa totalité. En Occident, on doit beaucoup, sinon l’essentiel, à la bourgeoisie. Mais la bourgeoisie, c’est une culture, une certaine culture élitiste. Dans beaucoup de pays africains, une telle classe relativement homogène n’existe pas.

  • 61. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 10:12

    au sens d’élite, je voulais écrire.

  • 62. Timba Bema  |  octobre 10th, 2006 at 11:33

    sami par bourgeosie je veux parler de l’élite proto-capitalistique née en afrique au XVIIIe siècle grace au développement des échanges commerciaux avec les puissances maritimes d’alors… il me semble même qu’on peut remonter la naissance cette bourgeosie à une période encoore plus reculée comme la pénétration arabe… cette bourgeosie est aujourd’hui constituée des industriels et des grands commerçants…

  • 63. th. ananissoh  |  octobre 10th, 2006 at 12:22

    Sami, Sylvanus Olympio et ce qu’il représentait comme groupe social n’aurait-il pas généré cette catégorie d’interlocuteurs et de « clients » dont parle Timba Bema ? Des CIVILS (je parle de l’état d’esprit, de la mentalité), point de ces êtres qui bandent en touchant la crosse d’une arme, des gens enrichis dans l’obscurité horrible de la traite négrière certes, puis par le « business » et la possession terrienne pendant la colonisation n’auraient-ils pas donné lieu à cette fameuse troisième génération dite de gentlemans auxquels adresser nos écrits ? Au collège, j’ai eu à voir de près quelques-unes de ces familles désormais peut-être définitivement éteintes chez nous… C’étaient quand même des entrepreneurs, des libéraux dans la pratique. La fureur, la révolte-revanche de « natifs » à la Samuel Doe contre la catégorie de gens dont je parle a bien eu lieu aussi chez nous, aux dates que tu connais. Pourquoi le nier ? « Même » en vendant des hommes et des femmes aux négriers, on faisait du business. Il faut être capable d’entreprendre, de négocier, de sentir le marché comme on dit, être rusé pour ne pas se faire rouler dans la farine par des acheteurs qui ne cèdent pas aux vendeurs en cynisme (un certain cynisme de « gens de la côte » chez nous, en particulier d’Aného – Laclé vient de mourir – qui s’étale encore sous nos yeux vient de ces siècles de « business ») ; donc, je disais, il faut être capable. Les ouvrages d’histoire nous répètent que la période et la vie des affaires de toute cette époque n’étaient pas de tout repos. A l’opposé : quand on a les armes pour soi, quelle imagination faut-il avoir pour dominer ? Cela donne même des progénitures inférieurs aux pères. Sami, pour toi, pour KA, pour moi, l’avènement de la force a tout renvoyé à… après nous.
    Timba Bema, on va finir par penser que je veux quelque chose de toi ; mais tes propos sont pertinents.

  • 64. th. ananissoh  |  octobre 10th, 2006 at 12:27

    « progénitures inférieurEs », bien entendu…

  • 65. franck  |  octobre 10th, 2006 at 13:25

    Sami, Timba,
    La bourgeoisie dans le developpement de l »Asie?

  • 66. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 14:24

    Je comprends ce que tu veux dire, Théo, j’ai compris aussi ce que Timba a donné comme contours de cette bourgeoisie. Mais quand tu prends, Théo, celle dont tu parles dans le cas du Togo, je préfère parler, même pas d’une élite, mais d’un groupe, dans la mesure où la bourgeoisie au sens occidental du terme suppose aussi non seulement la conscience de classe, mais la vision globale de la société au sein de laquelle on sait la place qu’on tient et les luttes de classes inévitables. La maîtrise de toutes les règles de l’accumulation du capital, mais aussi un certain raffinement des goûts (je parle toujours au sein occidental du terme) qui favorise une certaine oisiveté, luxe suprême de l’esprit à partir duquel se développent les arts, les littératures, enfin tout ce qui ne semblent pas directement destiné à améliorer la marmite de la ménagère. Peut-être, au sein des empires et royaumes où l’islam a été introduit depuis le 10e siècle, je concède à Timba qu’il y a eu une classe avec une conscience claire et un souci d’imposer sa vision du monde à l’ensemble de la société. Quant à la force, oui, je suis d’accord avec toi, Théo, qu’elle engendre parfois des descendants inférieurs aux Pères… Mais dans nos cas à nous. Ailleurs, des généraux ont été à l’origine de nations modernes, ont posé les jalons de la modernité de leurs sociétés, parce qu’ils ne sont pas forcément des brutes. Les cas qui me viennent à l’esprit ce sont ceux des pays latinoaméricains. Bon, ces généraux-là, dictateurs sanguinaires comme il en a existé rarement ailleurs dans le monde aux mêmes époques, c’étaient aussi, pour beaucoup d’entre eux, des fins connaisseurs du papier. Nous avons, nous connu des caricatures de militaires dirigeants, rien à voir avec des gens d’envergure comme Franco par exemple, qui, Franco, tout en ayant été un dictateur féroce a été aussi l’homme qui a fait faire de grands bonds à l’Espagne, lui a permis de rattraper bien de ses retards sur l’Europe développée. Ce temps si triste a été la période du grand essor de l’Espagne. Et puis, un jeune militaire comme Sankara nous a fait rêver. Bon, des civils qui nous ont plongés dans la nuit, au-dessous du degré zéro, nous en avons eu.

  • 67. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 14:25

    Le développement de l’Asie, Franck, est lié à plusieurs facteurs dont évidemment la bourgeoisie. Le Japon par exemple est un pays dont on ne comprendrait pas l’essor si on excluait le rôle important de la bourgeoisie industrielle au moins.

  • 68. Blaise KIBONZI  |  octobre 10th, 2006 at 14:57

    Merci les amis pour tous vos éclairages.

    Elle est mignonne Timba, ta phrase « L’avenir se trouve du coté de la droite ». Même si pour ma part, je dirai qu’à l’instar de l’Amérique latine, la lumière du tunnel noir dans lequel s’est perdue l’Afrique est nécessairement la Démocratie. La seule chose qui nous manque aujourd’hui c’est bien celle là. Et j’aimerais que les intellectuels et les écrivains engagé martellent là-dessus.

    Sami, tu as raison (comme toujours – rires !). Lors de la semaine de la litterature congolaise à VELIZY j’avais vu le jeune poète congolais CONGO-MBEMBA, presque en larmes à l’idée de devoir partager la tribune en cet endroit avec Henri LOPES. Il avait éviter l’affrontement direct avec Henri LOPES, mais avec des mots à peine voilés dit ne pas comprendre qu’Henri LOPES se mette au service d’un tel gouvernement ; dont je rappelle est arrivé au pouvoir en marchant sur les cadavres de 300 000 congolais (victimes d’un bord comme de l’autre). Et ce après avoir évincé un Président élu démocratiquement.

    Blaise

  • 69. Timba Bema  |  octobre 10th, 2006 at 15:07

    sami il me semble quand même qu’il y a des éléments qui laisseraient à penser que dans la bourgeoisie de pays africains il y ait une conscience de classe… pour cela je prendrais en exemple la géographie urbaine qui montre bien des quartiers riches et des quartiers pauvres… si on considère que l’habitat en afrique comme partout ailleurs est un des éléments qui caractérisent la position sociale de l’individu alors rien n’empêcherait de penser que ce groupe se constitue une destinée sociale… je te concède néanmoins que c’est un sujet qui mérite des approfondissements au moins au niveau d’une démarche d’écriture romanesque sans caricature qui irait pour ainsi dire sonder le mental de nos bourgeois…

    théo there is no soucy comme dit la racaille du 93 que sami apparemment connait bien…

  • 70. Blaise KIBONZI  |  octobre 10th, 2006 at 15:07

    Comme il suffit de dire cela pour être taxé de pro-LISSOUBA (que je ne suis pas et que je n’ai jamais été). Je précise que l’écrivain congolais Sony LABOU TANSI devenu député, lui aussi a combattu le gouvernement du Président élu congolais Pascal LISSOUBA, mais avec des moyens légaux. Et non pas en soutenant des gens qui s’entretuaient à coup de lance-roquettes tirés à 3 mètres de distance.

    Blaise

  • 71. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 15:40

    Timba, je suis du 93 depuis bientôt 10 ans, touche pas au 93!!! Pour les villes, je crois qu’au Togo, à Lomé surtout, s’il y a des quartiers résidentiels parfois relativement homogènes, on a plus le phénomène d’un mélange de genres, des résidentces très cossues au milieu d’habitats modestes ou même pauvres. Et puis, parfois au coeur d’un quartier relativement homogène tu as des gens qui ne peuvent appartenir à la même classe: tu as des commerçants étrangers (sahéliens par exemple, musulmans pour la plupart, tu as des élites politiques, des hommes d’affaires, c’est-à-dire des groupes bien différents qui ont les mêmes signes extérieurs de richesse). Ils partagent la conscience d’etre tous riches ou moins pauvres que les autres mais pas la conscience d’une commune responsabilité historique devant la nation. Ce sont des groupes hétéroclites, aux destins parallèles.

  • 72. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 16:33

    Non, Blaise, tu n’es pas pro ou anti-Lissouba, en réalité on aurait dû respecter les règles démocratiques. Même en Algérie où le FIS avait été élue. Je vais te taquiner un peu, Blaise: après avoir martelé que seule la démocratie nous libèrera, nous devrions aussi dire aux gens que le jour où la Chine commettra la bêtise d’adopter la démocratie à l’Occidentale, elle pourra dire adieu à son essor, parce qu’elle a à gérer plus de la population d’un continent et non pas la France ou la Belgique. Et pour les gens armés, Rawlings est venu au pouvoir par les armes, dans le sang, mais c’est lui qui a redressé le Ghana dans une première phase grâce à l’absence de démocratie, oui. Cela a rendu celle-ci possible par la suite, parce qu’un travail de fond a été fait par ce jeune capitaine dans tous les secteurs.

  • 73. Blaise KIBONZI  |  octobre 10th, 2006 at 17:34

    Cher Sami, pour une fois je ne serai ps d’accord avec toi.

    Moi je dis, la CHINE a intérêt à se démocratiser rapidement à l’ »occidental » si elle veut se hisser au rang que beaucoup lui prédise. Seule la démocratie, la vraie (et il n’y en a qu’une seule , la démocratie à l’occidentale) peut garantir un développement durable !

    Sur les manières d’arriver à la démocratie l’exemple de RAWLINGS a été bénéfique au GHANA, c’est vrai. Mais n’en faisons pas une règle. Combien de fois avons nous été floués par ces « Comités Militaires du Salut du Peuple » , « chargé d’assurer la transition jusqu’à l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques » ?

    Que plus jamais rien ne justifie la prise de pouvoir par les armes en Afrique. Voilà pourquoi je soutien GBAGBO en Cote d’Ivoire. Voilà pourquoi je soutiens les patriotes ivoiriens qui eux défendent GBABGO à mains nues. Pour moi, ça suffit pour choisir mon camp. Je ne comprends même pas une seconde qu’il y ait des soi-disant « intellectuels » africains qui osent lâcher GBAGBO face à des vas-nu-pieds, bandanas rouges sur la tête, kalachnikov dans la main droite, canette de bière dans la main gauche et qui prétendent venir « rétablir la démocratie ».

    Quelle démocratie ? Ne donnons plus jamais aucun prétexte à ces gens là.

    Et Jacques CHIRAC c’est GBAGBO qu’il accuse de « dérive fasciste » et les africains applaudissent. Ce même Jacques CHIRAC ui quelque temps après va pleurer son ami personnel EYADEMA au pouvoir pendant 30 ans avant d’installer son fils au pouvoir. Le même Jacques CHIRAC qui a fait revenir SASSOU au pouvoir au Congo par la force des armes. C’est là que les intellectuels africains SONT DEAFAILLANT. C’est là qu’ils devaient se faire entendre. Malheureusement ils ont été cruellement absent durant le crise Franco-Ivoirienne et aussi devant le rapt de la démocratie togolaise par Faure EYADEMA.

    2 cas véritablement flagrants qui auraient suffit à éveiller toutes les consciences en Afrique. On a raté un rendez-vous avec l’histoire. Vous pouvez toujours allez maintenant participer à des « tables rondes de réconcialition ». On vient encore de perdre 50 ans !

    Blaise

  • 74. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 17:57

    Blaise, Eyadema ce fut légèrement plus que 30, c’est 38 ans. Oh, je savais que tu n’allais pas être d’accord avec moi. Mais je riais à peine. Le jour où ce pays de plus d’un milliard d’habitants commettrait la bêtise de diriger son peuple comme on le fait en France, il sera à jamais à genoux devant l’Histoire. S’il a une démocratie à proposer, il faudra qu’il lui trouve une forme originale, pas à l’occidentale. Quand il aura à affronter des gens qui passent la moitié de l’année à manifester au nom de la démocratie comme cela se fait en France, au point de bloquer même les réformes les plus nécessaires, parce que les hommes et femmes politiques, au destin tragiquement lié à l’électorat et aux sondages sont obligés de laisser leur courage aux vestiaires, crois-moi, un pays de plus d’un milliard d’habitants ne s’en sortira pas vivant. Je pense qu’il faut plusieurs formes de démocraties, la règle de base étant les libertés des individus et des groupes, ce qui ne signifie pas qu’on est libre (sur un plan strictement individuel, je me sens plus libre dans beaucoup de pays africains qu’en France où tout est formalisé, où rien ne peut être en dehors des règles prescrites. Je ne suis pas anarchiste). Mais les grands principes de la liberté sont là, réels. Ils peuvent être comme un dénominateur commun, mais la façon de les mettre en pratique doit dans certains cas s’harmoniser avec les contraintes spécifiques. Pour la Côte d’Ivoire, les choses sont peut-être un peu plus compliquées. Gbagbo avait-il d’ailleurs été élu démocratiquement? L’assassinat du Général Guéyi et les conditions de proclamation des résultats laissaient à désirer. Moi je retiens que Gbagbo que beaucoup d’Africains avaient supporté comme incarnant la résistance à Boigny est aujourd’hui un être au sujet duquel la controverse est largement justifiée. Tu sais, au nom de « Ã©lu démocratiquement », on peut tout faire dans nos pays, même les armes comme cela va certainement se passer au Congo démocratique.

  • 75. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 18:00

    Rwalings, je n’en fais pas une règle, je dis juste qu’il a réussi là où beaucoup de nos dirigeants intellectuels ont échoué. Il n’était pas là pour préparer la transition, mais pour diriger un pays et il l’a dirigé pendant de longues années au cours desquelles beaucoup de choses ont réellement évolué. Ensuite, oui, il est parti au nom de la démocratie, c’est quand même un cas rare à citer!

  • 76. K.A.  |  octobre 10th, 2006 at 18:09

    Quant à Faure, c’est vrai, il a commis l’erreur de se faire adouber par l’armée togolaise, crispée sur ses privilèges; mais Faure,tout le monde savait qu’il allait prendre la succession de son père. L’héritage militaire du Togo, encore un cas à donner des insomnies aux intellectuels africains en général et togolais en particulier.

  • 77. Timba Bema  |  octobre 10th, 2006 at 19:14

    sami c’est évident que la chine se démocratisera et à l’occidentale pour preuve lors de son ouverture au capitalisme elle n’a pas produit un capilisme singulier…

  • 78. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 19:23

    Ah non, elle ne va pas produire un capitalisme singulier puisque le capitalisme l’installe au coeur des règles internationales des échanges. La singularité réside sur place, Timba, la gestion du capital, tant au niveau de l’Etat qu’au niveau du privé. Et là, les règles ne sont pas forcément identiques à celles en vigueur en France ou aux Etats-Unis. Elle se démocratise déjà, la Chine, mais à l’occidentale, je ne le crois pas, ce n’est même pas possible. Elle sera aussi démocratique que l’Inde se dit la plus grande démocratie du monde, parce que c’est officiellement une démocratie et c’est la plus peuplée des démocraties. Bon, disons que je mets aussi sous démocratie occidentale des choses qu’on ne peut confondre entièrement. Les règles de fonctionnement de la démocratie en Grande Bretagne ne sont pas identiques sur tous les plans à celles en vigueur en France. Bien de choses légales en France au nom de la démocratie seront incriminées aux Etats-Unis. Les règles au Danemark ne sont pas forcément identiques à celles de la Belgique. Chacune de ces nations, aux histoires plus similaires, ont cependant leurs nuances, même infimes. Alors la Chine?

  • 79. Timba Bema  |  octobre 10th, 2006 at 19:47

    sami c’est bien de souligner ces nuances dans le fonctionnement des systèmes démocratiques des pays occidentaux… néanmoins par démocratie à l’occidentale on peut se limiter à la recconnaissance des libertés fondamentales de l’individu… pour la forme que prendra cette future démocratie chinoise il me semble que schéma à l’indienne serait propice vu que la république populaire s’est faite en vidant de tout pouvoir exécutif réel les cantons qui sont des entités politiques historiques de ce pays… il s’agira donc d’un fédéralisme/confédéralisme… par ailleurs un schéma à l’américaine me semble aussi envisageable…

  • 80. Sami  |  octobre 10th, 2006 at 19:53

    Timba, je disais au post 74 « qu’il faut plusieurs formes de démocraties, la règle de base étant les libertés des individus et des groupes. Les grands principes de la liberté sont là, réels. Ils peuvent être comme un dénominateur commun, mais la façon de les mettre en pratique doit dans certains cas s’harmoniser avec les contraintes spécifiques ». Je suis donc d’accord avec toi. Et je pense que pour les pays africains, des réflexions de fond seraient nécessaires pour trouver ces nuances qui permettent l’application des principes de base à vocation universelle.

  • 81. Timba Bema  |  octobre 11th, 2006 at 8:04

    sami j’étais focalisé sur le débat disons chinois oubliant ainsi ton précédent post… shame on me… il me semble qu’à l’heure actuelle les théoriciens de beaucoup de gouvernements africains ne se contentent dans les constitutions que de produire une forme de démocratie c’est-à-dire ne pensant que l’adaptation des libertés et des procédures… même une réflexion contraire visant à démontrer l’antériorité dans certaines régions africaines des libertés et des formes démocratiques telle que l’a menée j.ki zerbo me semble ne relever que d’une construction spéculative s’appuyant sur des éléments épars mais néanmoins vérifiables de certains modes de gouvernement en afrique… elle ressemble donc plus à une pensée opportuniste du type de celle qui a été menée par certains intellectuels africains visant à montrer la proximité au communisme de certains type de gouvernements ancestraux en afrique… pour moi la question qui devrait nous préocupper c’est celle du qu’est-ce-que être libre dans une société et dans le monde avec son prolongement naturel qui est comment rester libre dans une société et dans le monde… cette réflexion me semble nessaire du fait de la nature même de la liberté… nous aussi nous devons être capables de penser de choses qui seront reprises par les occidentaux…

  • 82. Sami  |  octobre 11th, 2006 at 8:39

    Et c’est ce devoir qui ne semble pas encore compris même par des intellectuels sérieux: que nous sommes dans le monde et devons influencer son devenir, donc, comme tu le dis, penser des choses qui pourraient être reprises par les autres. Au lieu de cela nous avons généralement des pensées par opposition, par réaction, genre L’occident nous a fait ci, La France soutient nos dictateurs, en fait des pleurnicheries de femmelettes à la place du risque de penser, parce que penser est un risque. Quand on a fini de comptabiliser les pleurnicheries, on s’aperçoit qu’en réalité en terme de réflexion, c’est le désert. La Tanzanie, Senghor et bien d’autres ont balancé tout de go que le communisme ou le socialisme était dans la nature des sociétés traditionnelles africaines, donc… Même les recherches de Ki-Zerbo sur les modes démocratiques de fonctionnement dans certaines sociétés africaines sont du même ordre que les brillantes recherches de Griaule: montrer que nous aussi, nous avons de la logique, nous connaissions ce qu’ils croient nous apporter. Pourtant, la question n’est pas de savoir s’il y avait ou non des formes de démocratie en Afrique, la question n’est pas de se camper sur une fierté d’un passé reconstitué par réaction face à un présent et un avenir dont on ne mâitrise pas les règles élémentaires. La question, c’est comment s’adapter au monde à partir de l’apport des autres et de certains facteurs endogènes, qu’ils soient du passé ou du présent. Comment parvenir à un minimum d’harmonie à partir d’ensembles socio-politiques aussi divers que certains appellent groupes ethniques ou tribues ou chefferies ou…

  • 83. Claudia  |  octobre 11th, 2006 at 13:35

    J’ai écouté ton entretien sur France Culture. Après l’expérience avec des éditeurs/théâtres/metteurs en scène ici en Allemagne, je pense d’avoir connu un aspect du problème « écrivain tout d’abord/écrivain africain » qui est surtout un aspect de marketing.
    (Je suppose que tu parlais avant tout d’un problème d’identité, d’une question d’image de soi-même, mais apparemment c’est à la fois une question de l’image d’autrui.) J’ai souvent écouté la réponse : « on n’a pas de littérature africaine dans notre programme » ou, plus optimiste, « ça serait le premier auteur africain dans notre programme ». Chez d’autres, j’avais l’impression qu’ils sont plutôt intéressé à un profil « exemplaire », dans le stile un livre de chaque auteur, pour « représenter » la littérature africaine.
    Pour parler de la qualité littéraire d’un auteur, de l’ensemble de son œuvre, c’est difficile quand l’origine fait partie du nom de la profession. En tout cas, il y a là une problématique sur le marché de l’édition qui a à voir avec cette question de « l’auteur africain ».
    Moi, je garde l’impression que les différents œuvres en prose que tu as écrit forment un seul grand récit qui joue avec la « vérité » du raconté (ce qui est, au fond, la vérité dans la littérature), qui se moque l’identité des instances auteur/narrateur/personnage, qui s’expliquent ou se rendent énigmatique l’un à l’autre – et qui, pour finir, devraient pouvoir être lu dans un ensemble.
    Bon, au moins moi, depuis Cola Cola Jazz, je suis adonnée à cette littérature (comme tous les autres à qui j’ai donné ce livre) et je pense qu’ils doivent avoir accès à plus de cette drogue en Allemagne. C’est intéressant comme tu touches le nerf d’un publique justement aussi non-black. La folie d’une vie à travers les continents et la recherche de racines, de bonheur, d’amour, ton ton humoristique mais sensible et sentimentale sont justement universels. Tout simplement : j’en veux lire plus !

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