Emmanuel Dongala: « à quoi sert un écrivain en Afrique? »
août 30th, 2006
Je viens d’Afrique, le continent premier, celui d’où émergèrent les premiers humains qui partirent ensuite à la conquête du reste de la Terre. Je pourrais pavoiser parce que je suis le fils de cette terre originelle, mère de toute l’humanité. Hélas, je viens aussi de la terre de Yaguine Koïta et Fodé Tounkara, ces deux adolescents guinéens découverts morts dans le train d’atterrissage d’un avion dans une capitale européenne. Deux enfants qui ont sacrifié leur vie sur le chemin d’Europe, car, ont-ils écrit, “on souffre trop en Afrique”.
On souffre trop en Afrique : je peux traduire en statistiques ce que ces deux enfants ont compris intuitivement : l’Afrique est le continent qui abrite actuellement le plus grand nombre de conflits armés ainsi que le plus grand nombre de réfugiés au monde, l’Afrique est le continent où se trouvent 95 % des orphelins du Sida, l’Afrique est un continent en train de se déscolariser, l’Afrique est le continent qui abrite 18 des 20 pays les plus pauvres au monde. Arrêtons-nous là. Oui Yaguine et Fodé, vous avez raison, “nous souffrons énormément en Afrique”. D’aucuns diront alors, devant ce kaléidoscope de douleurs, que les pays africains ont un besoin urgent de toutes les compétences, à savoir des économistes, des hommes politiques, des ingénieurs, des gestionnaires de la santé et que sais-je encore, mais surtout pas d’écrivains ; car, pour le moment, l’Afrique n’a pas besoin de rêveurs ni d’utopistes. Holà, pas si vite ! Il est important de savoir que ce ne sont pas les écrivains et les poètes qui ont conduit l’Afrique dans cet état de catastrophe avancée ; les responsables sont les économistes, les politiciens, les ingénieurs, les gestionnaires de la santé et les autres, c’est-à-dire les “hommes pratiques”, ceux qui ne rêvent pas. Ce ne serait que justice si on leur demandait de refaire ce qu’ils ont défait. Mais attention, deux fois attention, il ne faudrait pas laisser l’avenir du monde entre leurs seules mains.
Dans ce continent meurtri et désespéré, nous avons le devoir de faire rêver les Yaguine et Fodé, de faire en sorte que la jeunesse trahie par la politique, ne perde pas espoir et qu’elle sache que la vie n’est pas seulement la faim, la maladie, la pauvreté, la guerre et les hommes politiques qui se conduisent en chefs de milices.
Nous avons le devoir de leur faire savoir que la vie peut se vivre autrement, qu’elle peut être meilleure, que les fleurs existent et qu’il y a des étoiles dans le ciel; que le vin de palme n’est pas seulement à boire pour des veillées mortuaires mais aussi pour des mariages et des naissances. Et quand ces jeunes auront quelque chose à dire ou à demander, ils ne s’adresseront plus aux “excellences messieurs les responsables d’Europe”, mais s’adresseront à nous, leurs aînés, leurs parents, leurs camarades. Qui peut mieux faire ce travail mieux que nous, écrivains ?
Quand dans l’exercice de notre métier nous réussissons à arracher un sourire à un homme ou à une femme au milieu de sa détresse, c’est une vie humaine que nous avons sauvée parce que ce sourire est une ouverture sur l’espoir, un pari pour la vie. Alors n’ayons pas peur. Écrivons ! Nous n’avons pas à “nous excuser très très fort d’écrire”. Vivons dans et avec le peuple pour témoigner, plaçons-nous à côté de la souffrance pour en parler, dressons-nous en face des hommes politiques irresponsables pour mieux les dénoncer. Enfin, plongeons-nous à l’intérieur de nous-mêmes pour faire jaillir la joie et l’espoir que nous portons en nous. Écrivains, nous sommes de la race de ceux qui étaient présents au commencement du monde. Nous avons le devoir d’être toujours présents tant qu’il existera.
Emmanuel Dongala
Postface d’Emmanuel Dongala à Atterrissage, pièce de théâtre par Kangni Alem, éd. Ndzé.
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1. K.A. | août 30th, 2006 at 23:28
Comme promis, voici l’intégralité du texte d’Emmanuel qui suscita le débat dans le post précédent. Amicalement
2. Zik | août 31st, 2006 at 0:03
Comment ne pas etre d’accord avec Dongala? Theo, j’allais repondre a ton dernier post dans la rubrique quand j’ai lu cet article. Il faut faire attention a l’amalgame. On peut transposer la pensee de Borges en Afrique, pas de probleme. Mais il ne faut pas oublier que l’Amerique Latine offre une donne sociologique et une realite economique tres differente de l’Afrique. La plupart des pays d’Amerique Latine sont veritablement en « voie de developpement », ce qui reste un slogant creux en Afrique. Les responsabilites d’un intellectuel dans les deux espaces, ne sont pas identiques; du moins a mon sens. La ou je me demarque de Dongala, c’est qu’il separe l’ecrivain du reste des professionnels. Pour moi, l’ecrivain et le medecin ont des role complementaires a jouer pour notre bien etre. L’un soigne le corps physique, l’autre soigne le corps abstrait, emotionel, spirituel, imaginatif….Dieu sait que pour notre equilibre, on a besoin de bonne sante physique et spirituelle.
3. Makel | août 31st, 2006 at 1:51
Oui, monsieur, comme dirait Naguib Mahfouz décédé le 30 Août 2006, hier donc: « Bien qu’il y ait beaucoup d’analphabètes et d’illettrés, la littérature se transforme, dans notre pays, en d’autres médias comme la télévision et le cinéma. Un livre de littérature, au bout du compte, est lu par toute la population. L’écriture a beaucoup d’effets sur la culture et sur toutes les valeurs civilisationnelles. »
4. sandrine | août 31st, 2006 at 9:16
Je ne vois rien à redire à ce texte. Toute cette souffrance est inutile, inutile dans le sens où nous n’avons pas besoin de souffrir. Dongala a raison, éradiquer la souffrance par tous les moyens, physiques et spirituels pour reprendre ce que dit Zik, sortir du rôle de victime, car si nous nous positionnons en victime, la vie nous entend, et elle entend vachement bien, elle. S’autoresponsabiliser, évidemment s’affirmer aussi par rapport aux asservisseurs de tout poil dont l’arme est toujours la peur vous remarquerez, seraient-ils nos maîtres ? éradiquer la peur, et jouir de la vie, tous ensemble….qui que nous soyons, avec les moyens et les talents qui sont propres à chacun. On peut s’aider soi-même et aider le monde par sa simple présence, sans dire un mot aussi. Est-ce qu’on demande à un canard d’être un éléphant, ou à une fourmi d’être un aigle. Oui chacun a sa part dans ce monde !
« Alors n’ayons pas peur. Écrivons ! Nous n’avons pas à “nous excuser très très fort d’écrire”. (….) . Enfin, plongeons-nous à l’intérieur de nous-mêmes pour faire jaillir la joie et l’espoir que nous portons en nous
5. théo | août 31st, 2006 at 10:17
Je te dis merci, Sami, dans cette fenêtre-ci pour ta réponse d’hier. Reinaldo Arenas ! Voilà un bon sans doute. Je vais aller voir de près. Oui, c’est vrai, j’ai lu l’extrait avec plaisir.
Zik, je voulais juste savoir si, dans le Gabon d’aujourd’hui, un Borges tel qu’il a été (bien sûr), un Borges gabonnais donc t’aurait ennuyé, agacé, indigné… Crois-moi, c’est difficile de trancher. Flaubert dédaignait le « peuple » ; il est aujourd’hui l’un des nerfs de la force, de la capacité d’être de la France. Je crois qu’il faut partir du principe qu’il faut laisser le cerveau humain se déployer avec qualité. C’est cette tradition-là qu’il faut voir installée en Afrique. Alors, crois-moi, les habitants du Tchad ou du Gabon n’attendront pas que des étrangers viennent leur dire qu’il y a du pétrole là où ils ne voient que de la broussaille.
6. Sami | août 31st, 2006 at 10:28
J’ajouterais, juste après l’intervention de Théo, que Borges a indigné pas mal de personne à un moment. Mais aujourd’hui c’est l’une des plus grandes fiertés des Argentins, même de ceux qui ne lisent pas, une figure capable de fédérer les gens quand beaucoup de choses vont mal. Actuellement, l’une des histoires qui y passionnent tout le monde, c’est le refus de la veuve de Borges que Gallimard réédite les oeuvres complètes dans la Pléiade. La première édition a eu un tel succès et on se demande pourquoi cette femme veut s’approprier ce qui est devenu un monument mondial. Curieusement, en ayant feint de dédaigner l’histoire sanglante de son pays, cet homme en a fait pour lui qu’aucun autre intellectuel ne l’aura fait.
7. Mayombe82 | août 31st, 2006 at 12:05
Je connais l’homme. Il est humble, modeste, a une mémoire phénoménale, sait par quels chemins pour arriver là où il se trouve aujourd’hui à 65 ans. De toute son œuvre, que j’ai lu de bout en bout, je conseillerai « un fusil dans la main, un poème dans la poche ». Poignant ! J’aime beaucoup la manière dont il nous ramène vers ces 2 mômes qui ont fait pleurer la Guinée et l’Afrique il y a quelques années. Ni le mort-vivant Lansana Conté, ni certains responsables que Dongala cloue au pilori ne semblent avoir retenu cette leçon. Deux morts qui n’ont servi à rien.
Concernant le rôle de l’écrivain, je ne saurais dire quel est son rôle réellement. Je ne le crois pas plus nécessaire, ni moins nécessaire qu’un autre (notaire, pêcheur, griot, garde du corps du chef de l’Etat, etc.) @+, M82
8. Blaise KIBONZI | août 31st, 2006 at 14:39
Merci KA pour ce texte intégral de DONGALA qui efface toutes mes remarques que j’ai faites sur l’autre file où tu nous en avais présenté qu’un extrait. Ce que je disais en désapprobation c’est bel et bien ce que DONGALA exprime à la fin de son texte. Je disais que l’écrivain devait aussi DENONCER et c’est exactement ce que dis également DONGALA. Donc je reste bien en phase avec ce grand Monsieur.
Juste que je dirais à ce grand Monsieur et au grand scientifique qu’il est, que moi les moments où j’ai rêvé le plus ici sur terre c’est quand je faisais mes études, disons mes recherches, en Géologie. Non Monsieur DONGALA (et vous le savez mieux que moi) ! Les scientifiques ne sont pas des praticiens qui ne rêvent pas. Il n’y a pas plus rêveur qu’un scientifique.
Remettons nous à apprendre la science aux africains, ils se remettront à rêver. Je crois que c’est ce que le Cheick MODIBO DIARA a compris au MALI.
Ceci dit au MALI, il n’y a pas qu’un seul qui pousse. C’est de tous les horizons que ça pousse (Malamine Cone, le patron de AIRNESS y compris).
Le tort dans de nombreux pays africain, c’est de croire que la solution viendra d’un seule catégorie d’individus.
Monsieur Emmanuel DONGALA, qu’est ce que vous nous avez fait rêver au Congo en tant que Professeur de chimie à l’Université ? A vrai dire Monsieur DONGALA c’est ce rêve là qui manque aujourd’hui aux jeunes congolais au Congo (par exemple) et ailleurs, là où l’Afrique recule. Leur seule référence aujourd’hui ce sont des Généraux d’armées. Des Ministres nommés en récompense du nombre de balles logés au fond des coeurs des compatriotes, du nombre des entailles fait à des compatriotes. De quoi voulez vous que rêvent des gamins qui n’ont plus que ça comme référence ? D’autant plus que la mode aujourd’hui c’est de voir que ces Ministres écrivent chacun leur livre (avec l’aide de nègres blancs) où ils relatent fièrement leur guerre. Reste plus qu’à les inviter bientôt au Salon du livre à Paris.
Mais bien sûr Monsieur DONGALA qu’eux aussi font rêver les gamins avec leur livre.
Blaise
9. deboghasin | août 31st, 2006 at 15:02
pourquoi dire « à quoi sert un écrivain en afrique »?et pourquoi pas « à quoi sert un écrivain tout court?
par delà ses origines,son identité,sa nationalité,un écrivain fait partie du domaine universel protégé.c’est ne voir plus loin que le bout de son nez de lui destiner un receptacle limité.
un écrivain chinois peut bien arracher un sourire à un lecteur togolais. il en va de même d’un écrivain congolais à un lecteur français,ainsi de suite.
pour makel:
ne confondez pas,ma foi,la littérature à la télévision ou au cinéma.et les médias ne peuvent être un antidote efficace à un manque de littérature.
la littérature est un infini.elle est vaste comme la mèr.on ne peut pas la contenir dans un vase ou dans un écran!
pour zik:
non!l’écrivain n’est pas forcé de soigner l’abstrait ou le spirituel d’un lecteur.il n’est pas un médecin.s’il en est un,alors,c’est un médecin qui prescrit aucune ordonnance.c’est se fourrer le doigt dans l’oeil que de penser qu’on doit aller dans la littérature comme on va à l’hopital!
l’écrivain est plûtot un prophète,un prestidigitateur,un fantaisiste,un visionnaire qui parle des amours et des désamours,des échecs et des réussites,des émotions et des humeurs,de ce que l’oeil peut voir ou ne peut pas voir,bref,du paradis et de l’enfer sans se soucier de l’état-d’âme du lecteur.alors,advienne que pourra!
c’est au lecteur d’en tirer le meilleur parti.et ce n’est pas grave s’il ne s’en sort pas vivant!
10. Sami | août 31st, 2006 at 15:33
Deboghasin, ça fait un petit moment que je lis tes posts sur le blog d’Alain. Avec un grand plaisir. Pour dire un autre petit truc, puisqu’on se souvient comme ça de ces petits trucs grâce aux interventions des choses: pour faire rêver, les NEI ont à Abidjan créé la collection Adoras consacrée aux romans à l’eau de rose, parce que, entre choses, la littérature trop sérieuse ne fait pas rêver, elle est sombre, elle est difficile. Jusqu’où pourrait-on aller pour faire rêver? Et Adoras, ça marche du tonnerre, Dieu seul sait si ça fait rêver des centaines de milliers de jeunes et d’adultes! Du coup, on dit qu’on ne lit pas beaucoup ou n’achète pas beaucoup de livres en… Adoras a un marché. Faire rêver? Vendre du rêve facile? Il est clair qu’un écrivain chinois peut nous faire « rêver ». Sur ma propre société, je n’ai jamais lu un roman qui m’ait fait aussi rêver que Djamilia de Tchinguiz Aïtmatov, qui situe son roman chez lui au Kirghistan. Mais que cela m’a parlé comme si c’était chez moi!
11. Zik | août 31st, 2006 at 15:43
Theo,
Non, je ne pense pas qu’un Borges Gabonais me derangerais tant que ca. Les gens sont qui ils sont et font des choix qui entrent dans leur logique. Il y a au Gabon un tas de personnes qui ont les moyens, de gros moyens, de faire la difference. Mais ils preferent mener leur petite vie tranquille a l’ecart des gros problemes de la majorite. C’est leur choix que je respecte. De meme, un intellectuel qui decide de s’occuper d’autre chose, sur un continent en proie au traumatisme comme le notre, au lieu de contribuer a l’eveil des masses, ne me derange pas, meme si je trouve son attitude dommage. C’est un peu comme ces anciens collegues de lycee qui etaient pourtant tres brillants mais preferaient secher les cours et passer leur temps a courir derriere les demoiselles. Aujourd’hui, n’ayant pas eu le bac, ils ont des emplois souvent en deca de leur potentiel et se morfondent dans l’aigreur; du gachi.
Blaise,
Je ne sais pas si vous etes au courant, mais Modibo Diarra vient d’etre nomme PRESIDENT de la division Afrique de Microsoft, avec siege a Johannesbourg.
Deboghasin,
Je crois savoir que des etudes serieuses attribuent des vertues therapeutiques a la lecture. On a meme dit que les lecteurs resistent mieux a la maladie d’alzheimers. Faire la lecture a des enfants est aussi reconnu comme un grand facteur de developpement psychomoteur. Enfin je n’ai pas d’enfant, mais je pense que ces faits sont scientifiquement prouves. Donc l’ecrivain est a sa facon, un peu therapeute, comme le medecin.
12. Sami | août 31st, 2006 at 16:01
Zik, tu fais une petite erreur. Borges a choisi le plus difficile, il lui eût été encore plus facile de s’imposer sur la scène mondiale des lettres si ses écrits s’étaient inspirés de la situation ambiante de son pays. La démarche décalée qu’il a choisie ne lui a pas permis de devenir le Borges salué partout dans le monde que quand il avait déjà un certain âge, aveugle. Tant de Latinos qui se réclament de lui ont connu la célébrité dès le premier roman, comme Vargaz Llosa avec La ville et les chiens dès 23 ans. S’imposer une démarche littéraire aussi exigente pour un écrivain, c’est tou à l’opposé d’avoir des moyens et de vivre tranquille. C’est même, j’allais dire, presque de l’ordre du masochisme. L’homme Borges n’a pas échappé aux humiliations, relis son entretien. Parvenir à faire comme si tout cela n’existait pas pour se triturer l’esprit comme il l’a fait, ce n’est pas une chose aisée, pas du tout. Peut-être que cela lui a évité d’être récupéré aussi. Il n’a pas cédé à la tentation de la plupart des écrivains de ce coin, être ambassadeur ou même candidat à la présidence de leur pays. Et si l’immédiat n’a pu le trouver utile, aujourd’hui, crois-moi, il fait rêver. N’est-ce pas d’ailleurs ça une forme supérieure du rêve? Dans un monde aussi violent, ensanglanté, quelqu’un qui prend son temps pour sortir le lecteur du monde, le conduire vraiment loin, loin, vers des irréelles contrées où l’esprit s’offre son luxe: se prendre pour Dieu, créateur de nouveaux mondes. Si faire rêver, c’est permettre de s’échapper du micmac existentiel pour croire que d’autres possibilités existent ou pourraient s’inventer, Borges a fait et fera encore rêver. Et c’est en cela que Blaise a raison: les scientifiques sont de grands rêveurs puisque ce qui est ne leur suffit pas, ils consacrent une bonne de leur vie à ouvrir des pistes vers le provisoire impossible.
13. chantal | août 31st, 2006 at 16:36
Kangni, l’extrait complet, c’est vraiment mieux
je lis attentivement les commentaires car çà répond à certaines de mes préocupations.
J’apprécie beaucoup ton travail, ton courage et ta bonne humeur.
14. Amélie | août 31st, 2006 at 16:42
les gars, le pire qui puisse arriver aux écrivains, au-delà de leur engagement ou pas, c’est qu’on ne les lise pas. Souvenez-vous de ce que disait Joseph Brodsky dans son discours d’accepatation du Prix Nobel en 1987, je paraphrase: une nation qui ne lit pas ses auteurs le paye de son histoire!
15. Blaise KIBONZI | août 31st, 2006 at 16:59
ZIK, oui je suis au courant de ce nouveau poste (challenge) accepté par le Cheick Modibo DIARRA chez Microsoft. En voilà un qui me fait vraiment rêver. Surtout quand je voyais son petit robot rouler sur la planète Mars. Qu’est ce que les petites affaires de terriens peuvent apparaître dérisoires dans ces moments là.
J’en profite au passage pour rendre la bonne orthographe du nom de Malamine KONE.
Blaise
16. Zik | août 31st, 2006 at 17:54
Blaise,
Je viens de consulter la « balance sheet » financiere de Microsoft pour l’annee 2005. La division Afrique a fait des recettes de $1,2 milliards, soit environ 700 milliards de CFA. Le pere Modibo Diarra gere donc une entite dont les revenus annuels sont plus important que le budget de beaucoup de pays Africains.
17. deboghasin | août 31st, 2006 at 18:18
pour zik:
de grâce,ne vas pas dans la littérature en y cherchant de prime à bord une thérapeutique.elle n’y est pas prédéterminée;mais spontanée!
la littérature est un amour qu’il faut aimer jusqu’à l’impossible des trahisons,des désagréments,d’infidélités,de déceptions et d’absences.
ce n’est qu’au hasard des lectures jouissives ou déconcertantes que l’inconscient du lecteur s’approprie des valeurs,sans parfois qu’il ne s’en rende compte.
pour sami:
merci de ton attention.je le prends pour un compliment.seulement,je suis très loin d’être un partisan invétéré des romans à l’eau de rose.
la littérature ne doit se donner aucune limite d’objectifs.
il faut des écrivains partout et pour tout:pour le paradis ou pour l’enfer!
bien à vous!
18. Sami | août 31st, 2006 at 18:31
Deboghasin, moi, personnellement, les romans à l’eau de rose, je les prends ce qu’ils sont et pour ce que les éditeurs et les auteurs ont clairement voulu qu’ils soient: de la légèreté et du rêve à portée de tous. Pas de prétention. J’en lisais à un moment, Les Harlequin, entre deux livres qui exigent beaucoup de moi en tant que lecteur, un Harlequin détend. Je n’y crois pas une seule seconde à ces amours de hasard qui finissent toujours bien, mais bon, ça fait sourire parfois.
19. Zik | août 31st, 2006 at 21:15
deboghasin,
Je vais dans les livres d’abord par curiosite, pour decouvrir des choses nouvelles, parfois aussi pour me distraire tout simplement. L’aspect therapeutique dont je parle precedemment, n’est qu’une consequence de la lecture et non un but ou objectif en soit. Parfois, quand je me sens morose, je vais dans ma modeste bibliotheque me procurer un ouvrage instructeur. Apres lecture, bien souvent, mes sentiments sont meilleurs. Nous lisons pour diverses raisons, mais je suis fascine par le fait que les peuples les plus lettres obtiennent aussi de bons resultats dans d’autres domaines. Ceci expliquant peut etre cela.
20. Amélie | septembre 1st, 2006 at 22:05
Un matin bonne heure (Yaguine & Fodé)
Téléfilm de Gahité Fofana (Guinée/France, 2005, 1h30mn, VF)
Scénario : Gahité Fofana
Avec : Mamoudou Camara (Yaguine), Sory Kandia Kouyaté (Fodé), Amy Boïro (Khesso), Fatoumata Kanté (Salma), Balamoussa Fofana (Tonton Bouba), Ceydouba Koumbassa (Mohamed), So Baïlo (Voise), Diaraye Kouyaté (la mère de Fodé), Doyen Pathé Diallo (l’oncle de Khésso), Mamadou Baldé (l’instituteur), Mariam Sylla (Diaraye)
Image : Benoît Chamaillard
Montage : Gahité Fofana
Son : Philippe Fabbri
Musique : Sory Kandia Kouyaté, Sekou Kouyaté
Coproduction : ARTE France, Key Light Productions, Bafila films
PRIX OIKOCREDIT AU FESTIVAL DU FILM DE FRIBOURG 2006
PRIX SIGNIS, OPEN DOEK FILM FESTIVAL 2006.
Liens
http://fr.wikipedia.org/wiki/Un_matin_bonne_heure
http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_film&no=1509
Ou tapez tout simplement « Un matin bonne heure » sur votre moteur de recherche
21. Mayombe82 | septembre 4th, 2006 at 12:27
Sami et Deboghasin, il m’est arrivé, à l’adolescence de lire moi aussi Harlequin. L’environnement était trop favorable : mes petites amies ; mes cousines ; certaines de mes voisines. Ça me permettait de mieux pénétrer leur univers, et j’avoue vraiment que c’était par curiosité et par intérêt purement sentimental que je les lisais, ces livres à l’eau de rose ! Mais j’ai été rapidement frappé par des similitudes incroyables : rencontres entre 2 personnes (de sexes différents) que tout oppose ; qui tombent amoureux (je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais bon….), puis tout finit bien. J’avais conclu très rapidement que non seulement c’était trop loin de mon univers (les gens, leurs boulots, leurs cultures), mais surtout, autour de moi, les histoires d’amour, de sexe, de cœur se passaient au contraire plus comme dans Château-Vallon, Dallas. C’est à dire : rencontres, pieux, enfants ou pas, séparation du vivant des 2 ou par la mort. Très, très, trop loin d’Harlequin et de Barbara Cartland. Comme me dira un jour une amie, vers mes 18 ans : « Toi-même tu es Harlequin, pourquoi tu vas encore lire Harlequin ? Pourquoi tu va lire ce que tu fais toi-même dans la vie ? » J’avais arrêté ce jour-là ce genre de lectures, pour mieux me concentrer sur… SAS ! @+, M82
22. peter | septembre 4th, 2006 at 12:55
à quoi set l’écrivain en Afrique? A RIEN PERSONNE NE LE LIT
23. Alain Brezault | septembre 6th, 2006 at 10:31
Kangni,
Voici une vieille interview d’Emmanuel, réalisée en 1988 à Brazza, du temps où il était prof de chimie à l’université Marian Ngouabi et où son futur roman « Le feu des origines » n’était encore qu’une pièce de théâtre dont la représentation venait d’avoir lieu…
A relire ses réponses de l’époque, avant les grands bouleversements qui allaient finalement le conduire à quitter clandestinement son pays, force est de constater qu’Emmanuel n’a pas changé et reste cet écrivain de grand talent, un humaniste sensible dont l’Afrique peut être fière…
Alain
Emmanuel Boundzeki Dongala
RIRE POUR NE PAS PLEURER
Tous les auteurs congolais sont unanimes à reconnaître qu’une des grandes particularités de ton oeuvre réside dans le fait de n’avoir pas fait vivre tes personnages, hormis ceux du premier roman, dans un pays imaginaire. Si tu évoques la période de l’après indépendance avec un profond pessimisme, celui-ci se manifeste à travers un humour corrosif qui constitue une autre de tes particularités.
- Ce que vous dites là est vrai, en particulier pour « Jazz et Vin de palme ». C’est volontairement que je situe ces nouvelles au Congo et l’on peut même y trouver des repères topographiques précis. Je voulais vraiment prendre à témoin la société congolaise et la citer nommément. Quant à mon pessimisme, j’avais seize ou dix-sept ans quand l’indépendance est arrivée, j’étais au lycée à l’époque où nous avons vécu ces moments d’euphorie terrible. Nous croyions vraiment à ces slogans qui disaient que l’histoire était de notre côté. C’était globalement vrai, mais quand, à une génération de distance, on regarde la situation, on se rend compte que tous les rêves se sont brisés et qu’à peine un quart du chemin a été parcouru. Le mot pessimisme est peut-être trop fort mais il n’empêche qu’on se pose la question: y a-t-il un avenir ? Tout cela est compensé chez moi par l’humour. Que les gens éclatent d’abord de rire avant de se poser des questions. Je pense qu’une littérature est plus corrosive quand elle est chargée d’humour. Beaucoup de gens qui ont lu « Jazz et vin de palme » m’ont avoué avoir éclaté de rire seuls dans leur chambre. Ecrire quelque chose de trop sérieux dans un roman ne correspond pas à ma vision de la littérature qui doit être quelque chose d’agréable à lire.
Le rire a un caractère permanent. Beaucoup de peuples ont survécu par l’humour, à l’exemple des juifs. Les Noirs américains disent souvent qu’ils rient pour ne pas pleurer.
Ce long séjour aux Etats-Unis a-t-il exercé une influence sur ton inspiration?
- C’est manifeste. Le jazz est présent dans toutes mes nouvelles, surtout dans les dernières du recueil. J’ai perçu entre nos deux peuples séparés par l’Atlantique l’écho nostalgique d’un passé partagé. D’autre part, il existe là-bas une façon de pratiquer l’humour, tant chez les Noirs américains que chez les Juifs, qui m’a fascinée. J’ai toujours dit que si je revenais sur terre, je serais certainement un musicien de jazz!…
Que penses-tu de la mythification de l’Afrique par les intellectuels noirs américains, qui fait pendant à celle de l’Amérique pour les Africains?
- J’ai vécu là-bas dans les années 60 à l’époque de la lutte pour les droits civiques avec Martin Luther King et Malcom X. A cette période, il y a eu un renversement total de l’image de l’Afrique. Les Noirs Américains n’en avaient qu’une image stéréotypée à travers Tarzan et le cinéma hollywoodien. La tentative du retour aux sources se voulait réaliste, les intellectuels commencèrent alors à africaniser leurs noms, tel Leroy Jones, mais cela ne déboucha en fait que sur un nouveau mythe où l’Afrique était désormais considérée comme le berceau de l’humanité, le continent de toutes les vertus. Ce qui était génant pour nous qui connaissions la réalité… Dans les années 80, je suis retourné là-bas. L’image a changé mais ce n’est toujours pas celle de l’Afrique réelle malgré le fait que de nombreux Noirs américains aient effectué des voyages sur notre continent. Les écrivains de l’Afrique noire francophone se servent de ce qu’ils imaginent être la communauté noire américaine pour évoquer leur quête de liberté qu’ils ne peuvent pas toujours exprimer dans leur pays respectif. Pour vraiment se comprendre il faudrait abattre les barrières de la langue et ce n’est pas évident.
Comment l’écrivain que tu étais devenu fut-il perçu par la communauté noire américaine?
- J’ai rencontré pas mal de gens avec qui j’ai discuté de littérature. Mais comme faute de traductions, ils ne connaissent pas ce que nous écrivons, cela constitue un sérieux handicap. Tout naturellement, ils s’intéressent davantage aux écrivains anglophones tels Wolé Soyinka ou Chinua Achebe. Ils ne connaissent que Sembene Ousmane, Camara Laye et bien évidemment Senghor.
Puisque tu as séjourné aux Etats-Unis une dizaine d’années, n’avais-tu pas la possibilité de traduire toi-même « Jazz et Vin de palme »?
- Justement!… La première nouvelle que j’ai jamais publié le fut en anglais aux Etats-Unis, c’était « Mon métro fantôme », qui fit par la suite partie de « Jazz et vin de palme ». J’étais influencé par Leroy Jones et des musiciens tels John Coltrane, Ornette Coleman, Don Cherry ou Archie Shepp.
Que penses-tu de l’actuel retour aux sources d’un musicien comme Archie Shepp qui, après avoir été à la pointe d’un free-jazz déstructurant et révolutionnaire, semble revenir à une conception presque classique, voire conservatrice, de la musique noire américaine?
– Toute l’époque de la « New thing » participait d’un bouillonnement intellectuel intense où tout était remis en question. Beaucoup de musiciens de la génération précédente étaient déboussolés. Il ne pouvait en résulter qu’un retour aux sources vers un classicisme le plus pur tel celui de Winton Marsalis et de son frêre. Archie Shepp est donc lui aussi dans la nouvelle ligne des choses en retournant à la tradition du jazz.
Quelle est ta conception du rôle de l’écrivain?
- Des gens nous attaquent en prenant pour prétexte que nous écrivons en français pour une élite qui est seule à nous lire. Mais en même temps, ils nous censurent. Il faudrait savoir !… Ou bien nous n’écrivons pour personne et on peut nous laisser écrire ce que nous voulons, puisque cela n’a aucune importance, ou bien si l’on nous empêche de publier nos livres et nos articles, c’est qu’ils ont un certain poids!..
Le rôle de l’écrivain en Afrique est important dans la mesure où les mots ont encore leur valeur, contrairement à ce qui se passe en Occident où l’écrivain peut commettre un acte gratuit sans conséquence.
Est-ce que les gouvernements n’amplifient pas l’importance d’un texte en le censurant?
- C’est certain!… Les gouvernements africains ont un contrôle absolu des médias, ils ont tous les pouvoirs de diffuser leurs idées et leurs auteurs. Ceux qui ne jouent pas le jeu ont bien du mal à se faire connaître, le combat est disproportionné. Mais c’est tout de même encourageant de penser qu’ils sont vécus comme dangereux et que la censure leur donne de ce fait une importance certaine.
Dans « Jazz et Vin de palme » tu parles d’un « peuple qui dit non et qui veille ». Que veux-tu dire exactement?
– Il existe toujours un ressort caché chez un peuple et le jour où se ressort se détend, rien ne peut plus l’arrêter. Même dans un pays de dictature totale, un jour vient où le peuple se réveille. C’est une réalité que nous avons vu dans beaucoup de pays d’Afrique.
Quelle est ta position par rapport à la négritude et au rôle joué par Senghor dans la promotion des littératures africaines?
- Contrairement à certains de mes amis, je ne taperai pas sur Senghor. Nombreux sont ceux qui ont bâti leur carrière en écrivant contre lui. La négritude a été un mouvement historique capital dans la littérature africaine. Mais nous vivons aujourd’hui un monde très différent. Au-delà des indépendances nous avons de nouveaux problèmes à résoudre, en particulier celui de la modernité, et pour cela, le cadre de la négritude est trop étroit. Je me situe dans la modernité la plus totale. Dans mon théâtre, par exemple, j’utilise toutes les influences, toutes les musiques, tout ce qui m’est accessible.
Tu as obtenu un « Master of Sciences » aux Etats-Unis et tu enseignes la Chimie à l’université Marian Ngouabi. Comment parviens-tu à concilier la modernité qu’impose une carrière scientifique et la volonté de préserver les valeurs traditionnelles à travers tes préoccupations littéraires?
- Ce n’est pas si difficile que vous le pensez. Beaucoup de mes collègues ont écrit des livres sur les difficultés engendrées par les rapports entre la modernité et la tradition. Personnellement je n’ai pas de tels problèmes. Mon père est Congolais, ma mère Centrafricaine, et l’on m’a élevé entre deux cultures avant que j’aille au lycée français, puis aux Etats-Unis. Disons que je trouve passionnant ce passage de la tradition à la modernité. Je suis tout autant fasciné par l’approche des valeurs ancestrales à travers l’étude des contes traditionnels, que par la connaissance des limites actuelles de la recherche en physique. Je ne me sens pas du tout en porte-à-faux et j’assume pleinement cette modernité.
Quelle est l’origine de ta passion pour la littérature sud-américaine?
- Des amis américains m’ont envoyé « Cent ans de solitude » de Gabriel Garcia Marquez. Finalement, je l’ai lu trois fois, en anglais, en français et en espagnol tellement j’étais emballé. Bien que connaissant déjà Asturias et Carpentier, ce livre fut pour moi une révélation.
N’as-tu pas envie d’écrire une sorte de saga qui aurait le Congo pour toile de fond?
- C’est une ambition que tout écrivain porte en lui… Je travaille sur un livre que je « traîne » depuis dix ans! Il fait déjà 400 pages, mais il faudra probablement que j’en élimine la moitié.
La rencontre avec John Coltrane a été pour toi capitale et il semble qu’il y ait eu une réelle communion entre l’étudiant africain et le musicien noir américain. Etait-ce lié à ta propre recherche de l’absolu?
- Ce qui m’attirait d’abord chez Coltrane, c’était l’ambiguité qu’il représentait pour nous. Il semblait très détaché des contingences quotidiennes, il recherchait l’absolu en musique à travers une forte influence orientale. A l’époque, le combat politique était réel, on se faisait tabasser quotidiennement par les flics. La musique de Coltrane était en totale opposition avec ce que nous vivions alors et pourtant, elle nous fascinait par sa dimension mystique et nous concernait beaucoup plus que celle de Miles Davis. Cette recherche de la perfection, cette quête de l’absolu, on peut la retrouver également dans les mathématiques.
Quel rôle joue la musique dans ton oeuvre?
- Lorsque j’écris, je ne cherche pas à recréer de la musique avec des mots… je suis peut-être un musicien raté, mais je prends toujours la musique comme telle et je ne la confonds pas avec la littérature. Quelque fois les deux se rencontrent, à un niveau qui n’est pas celui où j’écris. Certains écrivains réussissent à faire pénétrer la musique dans leurs écrits, mais personnellement ce n’est pas ma quête. J’écoute souvent de la musique après avoir écrit ou bien lorsque je suis bloqué, jamais pendant que j’écris.
Nous avons vu hier soir ta dernière pièce, « Le feu des origines » qui se différencie des précédentes par une économie de mots au profit d’une gestuelle rappelant les expériences du « Living Théâtre » des années 60. Pourquoi cette nouvelle orientation?
- Il y a deux raisons. La première est objective: j’avais écrit un texte que mes acteurs ne parvenaient pas à dire correctement. Il fallait pourtant se produire comme chaque année au centre culturel français et trouver un autre moyen pour que « Le théâtre de l’Eclair » puisse continuer à exister malgré le départ à l’étranger de trois de mes meilleurs comédiens. Parmi les comédiens restant, l’un d’entre eux est un très bon mime. J’ai donc décidé de produire un spectacle qui serait « balisé » par un texte poétique déclamé en voix « off » et soutenant une gestuelle des corps. Ça m’a demandé un travail énorme car il fallait que chaque geste ait une signification précise pour le spectateur, et lorsque l’ambiguïté se faisait trop sentir, j’ai introduit du texte.
Quel est à ton avis le rôle que le théâtre peut assumer dans un pays comme le Congo?
- Un rôle énorme car un spectacle draine ici toujours beaucoup de gens!… Le cinéma n’étant pas très développé, le théâtre est le seul endroit où les gens peuvent voir les acteurs en chair et en os. L’Afrique a une longue tradition théâtrale qu’il est d’ailleurs très difficile de représenter en français, certaines subtilités de langage étant intraduisibles. Chez nous, au Congo, bien que le théâtre soit très important, on lui accorde pourtant moins de moyens qu’à la musique.
As-tu envie de laisser une trace?
- Tout écrivain, tout artiste, a certainement cette ambition!
Dans tes écrits ta position sur l’existence de Dieu n’apparaît pas clairement. Peux-tu nous en dire plus?
– Je reconnais volontiers faire preuve d’une certaine ambiguïté. Je ne suis pas croyant. Je ne suis pas athée. Je suis agnostique. Si Dieu existe, il a d’autre chose à faire que de s’occuper de ma petite vie et s’il n’existe pas, ça ne me dérange pas. Cela ne m’empêche pas de croire à un certain idéal qui recoupe peut-être parfois celui des croyants. D’où cette ambiguïté qui transparaît dans certains de mes écrits.
Alain Brezault et Gérard Clavreuil
Interview réalisé à Brazzaville en 1988
(in « Conversations congolaises », Ed. L’Harmattan, 1989)
24. K.A. | septembre 6th, 2006 at 11:20
Merci Alain, il y a là de quoi relancer le débat, sacré Dongala!
25. martin | novembre 1st, 2006 at 13:54
je suis tres fier de vous mais je pas pu voir tout la liste te vos livre merci beaucoup et courage
je voudres savoir si vous reste ou et dans quel pays…..et si vous avez conbien d’enfant……merci moi aussi j’suis congolais comme vous
….
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