Quand l’Afrique se soustrait à la marche du monde

août 12th, 2006

vodoumec_0.jpgUn ami m’a envoyé par courriel ce texte étrange et instructif, aux thèses duquel je n’adhère pas forcément mais qui font réfléchir à la lecture. Je vous propose d’en éprouver le bien-fondé ensemble. (K.A)
Le texte serait écrit par un journaliste sénégalais du nom de Ousmane Sow, bon un tel nom est tellement commun au Sénégal que ça peut être un pseudo également. Enfin, lisons.
Quand l’Afrique se soustrait à la marche du monde: de nouveau, esclaves ?!! Il arrive dans la vie qu’une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J’attendais tranquillement un ami au terminus d’autobus de Montréal quand un monsieur d’un certain âge a pris place à mes côtés avant d’engager l’une des conversations les plus enrichissantes de ma vie. Professeur d’études stratégiques dans un institut international, l’homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s’il vous plaît, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu’il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats :
« Cela fait maintenant plus de 25 ans que j’enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j’ai eu affaire à des dizaines d’officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l’analyse et de l’anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce qu’à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. La mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde.
Ousmane Sow (journaliste, Montréal)
27 juillet 2006

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24 Comments Add your own

  • 1. Abdon  |  août 12th, 2006 at 16:46

    Quand je lis ceci en plein dépouillement de résultats des élections en RDC, je me dis où c’est le journaliste qui est farceur où c’est son pseudo prof qui a bu… bon, tout à l’heure!

  • 2. théo  |  août 12th, 2006 at 23:32

    Oui, Kangni, les voies de l’Internet sont impénétrables ou presque, et le conditionnel ou la prudence est un viatique indispensable. Mais faisons comme si et retenons de ce texte le principe de la critique (utile et positive) au sujet du continent. Toute la littérature africaine produite depuis la fin de la colonisation directe est absolument critique. Le regard que le roman africain pose sur le continent depuis une quarantaine d’années est “dévastateur” - a priori. Même avant les proclamations d’indépendance, un Mongo Béti accablait de critiques intransigeantes sa part d’Afrique africaine si je puis dire ; un vrai travail intellectuel de renaissance se fait depuis un demi-siècle (vers la fin des années 80, je suivais des cours à Paris dans une salle qui était aussi une bibliothèque. Tous les numéros de la revue “Présence Africaine” y étaient alignés ; chaque après-midi, je revenais pour les lire ; et je n’en revenais pas de tous ces textes de réflexion fortes qu’avaient produits des générations de jeunes intellectuels africains…) ; et pourtant persistent le sentiment et l’évidence, je crois, qu’en Afrique la vie obstinément n’est pas l’empreinte de l’esprit (Thomas Mann), que celui-ci (l’esprit) ne fait rien, ne prévoit rien, ne crée pas sa sécurité… Le simple fait de mourir de famine à notre époque…
    En fait, l’intelligence africaine mouille, humecte, trempe-t-elle le continent ?

  • 3. Lo  |  août 14th, 2006 at 8:49

    Bonjour !
    Concernant la mondialisation et la mise à l’écart apparente de l’Afrique, je dirais ceci : il est évident que le continent n’est autorisé par les organisations régissant le commerce international (OMC…) qu’à demeurer un grenier pour l’occident, c’est-à-dire à ne lui fournir que matières premières brutes dont il manque (coton, cacao, café, huile brute, karité, minerai…etc). Pourquoi n’y a-t-il quasiment pas d’usine de transformation (donc de production de valeur ajoutée, qui pourrait être bien intéressante avec un coût bas de la main d’oeuvre…) ? Et bien simplement parce que “les produits manufacturés exportés par les pays en développement en direction des pays industrialisés sont soumis à des droits de douane quatre fois plus élevés en moyenne que ceux imposés aux biens manufacturés en provenance d’autres pays industrialisés. La CNUCED fait remarquer que les pays industrialisés imposent des droits de douane élevés sur les importations de certains produits — textiles, chaussures, produits en cuir et produits agricoles transformés — qui correspondent justement aux secteurs où les pays en développement pourraient être compétitifs”.
    (http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol13no4/wtofr.htm)
    Voilà donc une mondialisation sans compétititivité, Ne pas s’étonner de ne pas voir l’Afrique au rendez-vous, de continuer à ne pas trouver de chocolat moulé, de café torréfié, de tissus de coton…etc venus directement d’Afrique… L’occasion ne se présente pas !!!…………

  • 4. sandrine  |  août 14th, 2006 at 11:05

    Salut Lo ! Heureuse de te retrouver.
    L’inégalité économique, c’est la plus grande ennemie des femmes !!! Je rêve d’un monde prospère sans dominants ni dominés…

  • 5. Lo  |  août 14th, 2006 at 13:12

    Salut Sandrine ! Merci ! Oui, c’est révoltant, je pense que dans le cadre de la mondialisation, c’est une lutte primordiale. Pour l’instant, l’Afrique continue de se voir inondée de produits manufacturés importés sans pouvoir s’essayer à l’exportation. Et cela même quand on parle de “commerce équitable”…
    L’Afrique est soustraite de la marche du monde.

  • 6. 15 août 2006 (mini hors sujet)  |  août 15th, 2006 at 0:16

    Bonne fête à la Mère Divine
    Bonne fête à Soeur Marie-Claude
    Bonne fête à toutes celles et ceux qui ont Marie dans l’état-civil (ou sans état civil d’ailleurs)

  • 7. Kapinono  |  août 15th, 2006 at 7:44

    Ce professeur de stratégie a certainement mis le doigt sur un problème fondamental que je traduis comme le reflet de nos pauvres politiques éducationnelles, toujours colonisées. Quand on y regarde de près, nous ne sommes pas formés pour être nous-mêmes, car nos programmes d’enseignement puisent largement dans la masse de connaissances occidentales (knowledge base), jusqu’à ce jour. La raison en est qu’il n’y a nulle part de masse de connaissances africaines constituées, ou bien cette connaissance est considérée comme ne faisant pas partie du canon, et est de ce fait marginalisée, ridiculisée. Par exemple, je ne connais pas beaucoup d’écoles, même dans l’enseignement supérieur, qui donnent de l’importance aux philosophies africaines comme Hungbedji, Ujamaa, Consciencisme, M’biti, etc., la priorité étant aux philosophes occidentaux. Au contraire, on entend des voix d’Africains qui traitent notre communalisme d’archaïque, alors que l’entreprise industrielle japonnaise se base sur ce système d’organisation. Force est de constater que nous croyons beaucoup plus à un développement imposé de l’extérieur, ce que nous appelons “modernisme”, et nous ne croyons pas en Afrique que nous pouvons nous moderniser de l’intérieur. C’est pourquoi je pense que nous n’avons pas encore eu notre “siècle des lumières”, et il nous le faut afin que nous réfléchissions par nous-mêmes au lieu que les autres conçoivent notre développement à notre place. Evidemment, il nous faut pour cela des dirigeants qui aient une vision politique.
    Les stagiaires mentionnés par le professeur de stratégie souffrent d’un manque d’originalité et de sens critique. Pour qu’ils en aient, il aurait fallu qu’ils aient appris à connaître leur milieu et qu’ils aient appris à le critiquer, à agir pour le transformer positivement, l’améliorer, de l’intérieur, pour une vraie émancipation. Nous n’avons jamais fait cela sur les bancs, et les Anglophones suivent davantage ce principe d’émancipation, il me semble. La Réforme de l’Enseignement de 1974 au Togo, pour citer cet exemple, prônait cette réflexion sur le mileu depuis l’école primaire; mais, tout justement, elle n’a jamais été appliquée! Je situe ainsi le problème principalement au niveau de l’enseignement, ce qui revient à doigter la mauvaise gouvernance. Tenez, nos dirigeants africains parlent présentement d’une vie politique “apaisée” et “stable”, exactement comme le fait le colonisateur ou néocolonisateur. Ils ne voient pas la différence d’avec une vie politique “paisible” et “dynamique”?!!. La question c’est de savoir s’ils le font exprès, c’est de savoir si les stagiaires du professeur préfèrent “ne rien voir, ne rien dire, et ne rien entendre” pour mieux vivre.

    le et notre repère demeure l’Occeident

  • 8. Kapinono  |  août 15th, 2006 at 7:47

    OOPS! la dernière ligne du posting # 7 est de trop! Si je pouvais ne pas la voir…

  • 9. Sami  |  août 15th, 2006 at 8:43

    Kapinono, pourquoi vouloir supprimer ta phrase qui, qu’elle fasse mal ou pas, rend inutiles tous les autres discours? C’est la VÉRITÉ ABSOLUE. Le reste n’est que bavardage.

  • 10. Blaise KIBONZI  |  août 15th, 2006 at 11:00

    Bonjour les amis, heureux de vous retrouver et de retrouver le blog de KA après 2 semaines de sevrage imposé par des vacances dans le VAR avec ma petite famille. J’ai touché le bonheur.

    Si je ne cesse de remercier DIEU d’avoir crée internet, je remercierai aussi toute ma vie cette personne qui a eu la très bonne idée de créer les vacances. D’après que c’est un français. Ce qui n’étonnerait personne. QUEL BEAU PAYS qu cette douce France ! Pour une fois, les français ont bel et bien raison quand nous disons que la FRANCE est le plus beau pays du monde.

    Je prends le temps de vous lire et de m’imprégner des nouveaux sujets et vous dit à bientôt.

    Blaise

  • 11. Zik  |  août 15th, 2006 at 14:56

    Kapinono,

    Heuereusement, en Afrique, il y a quand meme des exceptions qui confirment la regle du conformisme et mimetisme vis a vis de l’occident. Je citerai, la reussite de l’economie informelle en Afrique. Je dis bien partout en Afrique. Chez nous, quelque soit le pays, alors que l’economie “officielle” bat souvent de l’aile, les agents economiques informels inovent, s’adaptent et font des profits. Au moment ou tout le monde annonce la mort de nos economies, ces intrepides de la debrouille trouvent les moyens et mothodes qui menent souvent a la prosperite. Une enquete de la mairie de Libreville dans les annees 90, avait revele que la marche de Mont-Bouet, le plus grand de Libreville, brassait un chiffre d’affaire de 4 milliards CFA PAR JOUR. Et dans ce marche, tout se passe dans l’informel, donc cette manne echappe a l’etat, et c’est bien fait. En dehors du secteur petrolier, je me demande bien s’il y a un autre secteur de notre economie qui peut aligner de telles performances. Il y a donc des gens qui agissent selon des concepts Africains, mais ces gens agissent hors des circuits officiels, dans l’informel.

  • 12. Timba Bema  |  août 15th, 2006 at 15:49

    Je pense que la véritable question soulevée par les observations de ce stratège est: l’Afrique veut-elle être actrice ou spectatrice de la mondialisation? en d’autres termes est-elle prête à aller plus loin dans l’exploitation capitalistique de sa main d’oeuvre et dans l’accumulation du capital ?

    La question de l’exploitation a été reléguée au profit d’une certaine collectivisation, dont la faillite pèse encore sur nos épaules, proposée comme le rejet de toute forme d’impérialisme dont la colonisation était le symbole.

    La position de l’Afrique la conduit a être suiveuse du mouvement du monde mais ce n’est pour autant qu’il n’y a pas, dans les comportements politiques, l’ombre d’une stratégie . Il existe des stratégies d’état, quelles qu’elles soient, qui sont susceptibles d’être pensées positivement. Ces stratégies sont le produit de la réflexion de personnes. Il ne s’agit donc pas de crééer des concepts et autres spécificités théoriques africaines mais de prolonger la rationalité telle qu’elle nous est donnée dans sa forme la plus pointue afin de questionner ces stratégies.

  • 13. Kapinono  |  août 15th, 2006 at 17:45

    Sami apprécie plutôt les résidus de mon brouillon. Eh bien, tant mieux! Je suis d’accord avec Zik, je dirai même qua la majorité des Africains agit selon des concepts africains, hors des circuits officiels et occidentaux, depuis toujours. Le problème c’est que cette expérience ne s’accumule pas, or c’est cela qui reflète notre connaissance du monde, notre vision d’Africains… Sans doute est-il grand temps de dépasser nos oralités afin d’amener le paysan (ommerçant, artisan…..) à s’écrire et à s’interroger, à se remettre en question, à s’insérer dans le monde, au lieu qu’on le considère comme un handicapé, un “ignorant”, alors qu’il ne l’est pas. Ainsi pourrons-nous rendre notre rationalité de plus en plus pointue, pour réjoindre ce que disait Timba. Sans cela nous rentrons dans la Globalisation sans avoir atteint notre maturité, nous sommes phagocytés là-dedans et nous faisons le jeu de tout le monde. Et tout le monde fait de nous la poubelle des autres. Reagrdez, on interdit la cigarette dans les lieux publics en en Amériqwue, aussitôt nos espaces publics sont agressés avec plus d’ardeur: des bars Malboro, avec tabourets et cendriers peints aux couleurs de Malboro, de King Size, de Benson & Hedges, et que sais-je encore. R

  • 14. Zik  |  août 15th, 2006 at 18:31

    Kapinono,

    Le probleme du manque des transmissions des experiences dans notre Afrique “moderne” est un grand mal. Meme les grandes reussites chez nous operent generalement en solo. Quand le patron meure, l’affaire tombe car la releve n’a pas ete formee. Il nous faut apprendre a transmettre et recevoir les experiences de facon a pereniser nos succes, et ne pas demander a chacun de re-inventer la roue.

  • 15. Barenboim : «L'orchestre, parabole de la société  |  août 17th, 2006 at 13:04

    CONVERSATION AVEC LA PIERRE trad. Aaron

    Je frappe à la porte de la pierre
    ”C’est moi, laisse-moi entrer.
    je viens te voir, te visiter
    sentir ton souffle”

    ”Va-t-en, dit la pierre
    Je suis fermée à clé.
    Même brisée en morceaux
    nous resterons toujours fermés,
    même réduite en sable
    nous ne laisserons entrer personne.”

    Je frappe à la porte de la pierre.
    ”C’est moi, laisse-moi entrer.
    Je viens par simple curiosité
    et la vie est l’unique occasion.
    Je voudrais seulement me promener dans ton palais
    avant d’aller visiter la feuille et la goutte d’eau.
    Je n’ai pas beaucoup de temps
    car je n’ai qu’une vie.

    - Je suis faite de pierre, dit la pierre.
    Je dois rester sérieuse. Va-t-en,
    tu vois bien que je n’ai pas les muscles du rire.

    Je frappe à la porte de la pierre
    - C’est moi, laisse-moi entrer.
    On dit qu’il y a chez toi des grandes salles vides
    majestueuses et sans bruit de pas
    que personne n’a jamais vu.
    Avoue que tu ne les connais pas toi-même.

    -De grandes salles vides c’est vrai
    mais il n’y a pas de place, dit la pierre.
    Belles, peut-être
    mais pas d’une beauté perceptible à tes sens.
    Tu peux me savoir, mais jamais me connaître.
    Tu me vois en apparence mais pas dans mon essence
    Je frappe à la porte de la pierre
    - C’est moi, laisse-moi entrer.
    Je te promets de ne pas m’éterniser pas chez toi
    ni prendre refuge
    Je ne suis pas malheureuse et j’ai un domicile.
    Et puis le monde vaut la peine qu’on y retourne.
    J’entrerai chez toi et ressortirai les mains vides
    sans toucher à rien.

    Comme preuve de ma visite
    j’écrirai seulement quelques mots
    et d’ailleurs personne ne me croira.

    - Tu n’entreras pas, dit la pierre.
    Tu n’as pas le sens du partage
    et aucun autre sens ne peut le remplacer
    pas même la clairvoyance de l’au-delà.
    Tu n’entreras pas,
    tu ne connais pas le partage
    tu n’en a qu’une image lointaine.

    Je frappe à la porte de la pierre
    - C’est moi, laisse-moi entrer.
    Je ne peux pas attendre deux mille siècles
    pour venir chez toi.

    - Si tu ne me crois pas, dit la pierre
    demande à la feuille, elle te dira la même chose,
    et la goutte d’eau te dira comme la feuille.
    Tu peux même demander à un cheveu de ta tête, si tu veux.
    Tu me fais rire, tiens. D’un immense éclat de rire
    comme si j’avais appris à rire.

    Je frappe à la porte de la pierre
    - C’est moi, laisse-moi entrer.

    - Je n’ai pas de porte, dit la pierre.

  • 16. Sami  |  août 18th, 2006 at 15:30

    Un article dans Le Monde sur le Togo:
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-804496,0.html

  • 17. bout-de-papier.eu  |  août 24th, 2006 at 17:29

    Je me serai bien plongée dans ces commentaires si interessants (ouf, il en existe encore qui ne sont pas que fondés sur le sex et les blagues salaces des autres blogs), si la qualité n’était pas si mauvaise. C’est joli comme blog mais les réponses des lecteurs donnent mal aux yeux quand même! Voilà, la question africaine est un sujet qui m’interesse avec passion, je voulais donc signaler que l’esthétique ne doit pas se faire au détriment de la lisibilité… (puisque nous ne parlons pas d’art mais d’un blog, quoique pour l’art, c’est à en discuter…), bref, appel lancé si quelqu’un ayant quelque pouvoir sur ce site mécoute, qu’il change au moins la police! Merci.
    Quand à la réplique de Samy, je la trouve plutôt juste: pourquoi l’homme veut-il modeler le monde à son image? Nous ne sommes pas Dieu! Qu’il ouvre son esprit, arrête de “juger” (car si cela restait dans le domaine de la pensée, pas de problème) et d’influer sur l’Autre selon ses propres critères, sans essayer de comprendre, de saisir ensemble, dans le sens ancien du terme, (et cela s’il en est capable sinon qu’il s’abstienne), la différence. Long débat à lancer sur l’interactivité que doivent entretenir les peuples entre eux, si elle est bénéfique ou non, si nous avons le pouvoir “d’arranger” les choses sans les dégrader et si dans tous les cas, ce n’est pas néfaste ; à terme cela efface les différences entre les cultures comme le dit Lévy-Strauss qui déplore son rôle d’observateur, constatant qu’il avait détruit un milieu protégé par sa simple présence… Alors entre respect absolu et volonté d’union et de communication, voilà un problème métaphysique de l’Afrique.
    Quel équilibre trouver sur cette planète?…

  • 18. Mayombe82  |  août 27th, 2006 at 11:14

    Excellent avis que celui de cet enseignant, quoi que l’on puisse penser de lui! “Tout simplement, parce qu’à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur tête. ” Voilà un sujet sur lequel nous devrions répondre à cet homme. @ suivre, M82

  • 19. K.A.  |  août 31st, 2006 at 1:42

    Cet “enseignant” ment, des centres comme ceux-là, tu en trouves au Burkina, par exemple, exprès je suis allé en visiter un sur l’Avenue Charles de Gaulles à Ouaga, maintenant je ne sais qui donne le label “meilleur spécialiste”, je ferai remarquer que la Tunisie aussi possède des centres de formation de ce type avec comme intervenants des diplomates africains ou autres chevronnés, j’ai tellement de réserves sur ce texte bourré de fausses bonnes intentions…

  • 20. sandrine  |  août 31st, 2006 at 10:30

    Je ne sais pas si le poème posté en 15 vous a plus (Conversation avec la pierre), je voulais juste vous dire qu’il est de Wislawa Szymborska, une merveilleuse dame.

  • 21. SIB  |  août 31st, 2006 at 22:00

    Kapinono, comment voulez-vous que l’Afrique réunisse toutes les conditions requises pour répondre présente à l’appel du “train” de la mondialisation si vous trouvez comme “bien fait” le fait que la “manne” de 4 milliards de FCFA du plus grand marché de Libreville échappe à l’Etat, c’est-à-dire à un des maillons importants du circuit économique? L’informel, non seulement ne contribue pas au développement, mais aussi et surtout tue le développement.

  • 22. Mayombe82  |  septembre 1st, 2006 at 12:52

    La France a vraiment réussi sa colonisation sûrement au-delà de ses espérances! Comme ça, Ouaga aussi a son avenue De Gaulle? Pffff… Une collègue gaudeloupéenne était étonnée de savoir qu’à Abidjan Giscard d’Estaing avait son nom gravé sur un boulevard…@+, M82

  • 23. Paul Archer  |  septembre 1st, 2006 at 18:29

    et alors, il y a aussi des noms de rue qui rendent hommage à l’Afrique et aux Antilles en Europe, non? Nationalisme étriqué, cher Monsieur

  • 24. Ibou  |  février 20th, 2007 at 20:14

    L’auteur est Malien et non séngalais. merci

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