La Chronique de Roger Gbegnonvi (Bénin):Corps et contenu au changement par la restauration du système scolaire
juin 10th, 2006
Tout le monde en conviendra : il n’y a pas de changement possible, il n’y a pas de changement en profondeur si notre système scolaire et universitaire reste en l’état. Quel est cet état et pourquoi est-il perçu d’emblée aujourd’hui comme désastreux par de très nombreux Béninois ? Pour répondre à la double question aussi efficacement que clairement, l’on suivra la ligne de démarcation – ligne de fracture ? – entre le Dahomey et le Bénin, et l’on ira constamment de l’un à l’autre pays, territorialement identique mais scolairement opposé.
Au Dahomey, aucun ordre d’enseignement n’était capable de décliner la notion d’année blanche, annulée ou nulle de toute façon parce que réduite à peu de mois - trois ! -. Au Bénin, par contre, l’absurdité d’hier, l’absurde année blanche, annulée ou nulle de toute façon est devenue la chose du monde la mieux partagée, et les années-moignons de trois mois de semblant de travail sont entrées dans les mœurs scolaires, au lieu qu’au Dahomey, les années académiques, dans tous les ordres d’enseignement, comptait neuf (9) mois de travail pour trois mois de grandes vacances : c’était une vérité de métronome et d’évangile.
Au Dahomey, dans les lycées et collèges, l’élève faisait un devoir surveillé par jour, du lundi au vendredi et, le samedi, un devoir extraordinaire appelé par les uns composition et devoir surveillé par les autres, les devoirs ordinaires ne portant aucune mention spéciale, parce qu’ils étaient perçus comme le minimum pour accompagner l’apprenant . Au Bénin, par contre, les élèves n’ont pas plus de trois devoirs surveillés par an par matière dite principale.
On ajoutera à cela qu’au Dahomey, l’écolier vivait sous la terreur de l’orthographe juste et des ‘‘cinq fautes éliminatoires au CEPE’’, alors qu’au Bénin l’écolier a été prié d’écrire les mots au son, autant dire à sa guise. On ajoutera à cela que l’élève dahoméen candidat au baccalauréat avait, parfois, consommé les Rougon-Macquart d’Emile Zola et salivé à la vue de La Peste de Camus, alors que son répondant béninois n’a jamais lu que ‘‘Sans tam-tam’’ d’Henry Lopez ou que ‘‘Les bouts de bois de Dieu’’ de Sembène Ousmane et, parfois comme une prouesse, les deux. Sans oublier ce qu’est devenu au Bénin le campus universitaire : pour les étudiantes un lupanar, pour les étudiants un marché du soir ; entre prétendues étudiantes et prétendus étudiants se prélassent des prétendus professeurs qui, contre des prétendus diplômes, effeuillent d’une main les charmes et, de l’autre, empochent les sous.‘‘La vérité, l’âpre vérité’’. C’est elle d’abord, elle surtout, qui rend libre.
Le système scolaire béninois, aujourd’hui, est une ruine digne de figurer dans le décor lunaire des ‘‘ruines de Pompéi’’ données à découvrir à nombre d’élèves dahoméens au travers de leurs épiques versions latines. Car le grec et le latin étaient aussi des chemins que l’on empruntait hier pour faire entrevoir à l’élève dahoméen l’ailleurs de l’existence et pour ne pas le river au plancher du fumier et des vaches de tout brevet technique inférieur dit supérieur.
Pour relever le système scolaire béninois de la ruine, point n’est besoin de toutes les ‘‘Ecole nouvelle’’ ni de tous les ‘‘Nouveaux Programmes d’Etudes’’ que l’on nous balance de l’extérieur sur la tête avec une générosité suspecte, comme s’il existait quelque part, en dehors du Bénin, un complot d’assassinat de l’intelligentsia africaine, à commencer par son fleuron dahoméen connu pour ses prouesses. Un complot d’assassinat intellectuel de nos enfants et de nos petits-enfants sur fond de dollars nauséabonds que certains engrangent cyniquement .
Pour relever le système scolaire béninois de la ruine, point n’est besoin d’audace ni d’imagination, il suffit, dans un premier temps, de retourner aux neiges d’antan, il suffit de restaurer une année académique de neuf mois, de rétablir le contrôle quotidien pour les élèves du secondaire. Ces deux premiers pas qui consistent à renouer avec ce que le Dahomey avait de meilleur, c’est-à-dire de logique et de rigoureux, entraîneront les autres pour lesquels il faudra peut-être un peu d’audace et d’imagination. Et alors le changement en profondeur, le seul vrai changement, aura trouvé, sur la longue durée, son adjuvant imparable, l’école.
Nouvelle tribune n° 1051 du 9 juin 2006
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1. K.A. | juin 11th, 2006 at 9:56
De quoi se plaint Roger? Et que dirait-il s’il faisait le parallèle entre le système éducatif béninois, Obsolète certes mais existant, et le système togolais, inexistant puisque livré à l’improvisation, avec des ministres de l’Education hautains et butés, qui n’ont même pas l’imagination nécessaire pour oser ni le courage de démissionner quand ils échouent. Un petit tour à l’Université de Kara en mai dernier m’a convaincu d’une chose, tant que du sang neuf ne sera pas réinjecté dans le système, la dégringolade continuera. On augmente les années d’accession à la retraite pour des profs fatigués, qui n’en peuvent mais, et on laisse sur le carreau des milliers de diplômés formés à grand frais. Une anecdote pour conclure: j’ai proposé à un haut responsable de l’Education Nationale au Togo de transformer les diplômés togolais de la diaspora, qui le souhaitent, en missionnaires pour venir de temps à autre donner des cours dans leurs disciplines dans les 2 universités du pays, sa réponse a été simple,”on a déjà eu l’idée, puisqu’on n’arrive plus à recruter des enseignants, mais le Ministre pense que ces gens-là viendront distiller de l’idéologie” (sic). Aucune révolution de système ne naît sans l’acceptation, volontaire,d’être déstabilisé au plus profond de ses propres convictions. Merci Roger!
2. Kapinono | juin 12th, 2006 at 21:57
Je répondrais d’emblée à Roger: Ce n’est pas juste!
Pas juste de passer sous silence les sacrifices d’enseignants patriotes compétents et reconnus (je suis dans la deuxième biblio universitaire des USA, de par sa taille, et j’y ai mon coin du Togo et du Benin, entre autres, où je lis à loisir du Alem ou du Midiohouan, par exemple) qui auraient pu gagner leur pain aileurs, mais qui sont restés dans la situatiohn miséreuse que vous décrivez… Passons.
Pour résumer votre position donc, “retournons au Dahomey.” Mais cela ne me paît pas si simple et la comparaison n’est pas soutenable. Il me semble que nos systèmes d’éducation en pays sous-développés ont toujours été victimes de “bandwagons” (passez-moi le mot en français, SVP): On change de système sans évaluation objective et systématique de ce qui ne va pas, parce que la Banque Mondiale le veut, et nous faisons tout pour plaire à nos bailleurs de fonds. Ainsi, pour faire valoir notre système, nous faisons échouer nos enfants aux examens nationaux (50% de réussite au Bac, c’est rare!) alors que dans les pays nantis (anglophone en tout cas), on n’ échoue presque jamais aux examens de fin de cycle (rentabilité oblige), ce qui donne d’ailleurs la fausse impression que c’est plus facile. Alors notre système est sérieux, notre niveau est élevé, et on s’en glorifie…
Entre nous, que peut faire la pauvre maîtresse devant 100 mioches qui ne pquvent pas se taire 5 minutes? Combien de contrôles hebdomadaires la prof de lycée dans une “chine populaire” peut-elle donner par semaine quand il en a six sur son emploi du temps? Et le prof. qui se trouve dans un amphi qui déborde d’étudiants et où il faut se présenter à 5h du matin pour s’assurer une place assise d’où on peut au moins entendre le prof., combien peut-il être efficace? De combien de livres dispose la biblio, s’il y en a? Combien d’étudiants peuvent s’acheter les manuels pourtant exigés, et combien d’argent leur restera-t-il pour satisfaire leur plaisir de lire? Bien sûr, une certaine élite le peut, celle-là qui à Cotonou ou Lomé ou Bamako a la tête en France, celle-là qui aide à la marginalisation de la soi-disant société traditionnelle.
Et puis, voulons/devons-nous vraiment retourner au Dahomey, aux “neiges dantan” et à nos ancêtres les Gaulois qui sont autant de mensonges et de maldonnes qui nous ligotent? Entre les Rougon-Macquart et Les Bouts de Bois de Dieu, lequel est plus susceptible d’éveiller l’intelligence du Négrillon? Devons-nous dire un récit selon le canon français ou à la Werewere Liking? Bref, à mon humble avis, le Benin devrait décoloniser le Dahomey. Cependant, quand nos réformes les plus significatives ne connaissent même pas de début d’application, faute de sous, alors qu’on nous en donne pour du floklore, ne sommes-nous pas pris dans “un piège sans fin”?
3. Zik | juin 13th, 2006 at 0:21
Kapinono,
“Bandwagon” peut se traduire dans votre phrase par “mimetisme”. Ceci dit, le systeme d’education Americain aussi a ses compromis. Par exemple, la difference de performance entre les ecoles publiques et privees (au primaire, secondaire et universitaire). Aux USA, l’argent parle (money talks). Les frais de scolarite dans les meilleurs Universites (du moins les plus prestigieuses), comme Harvard, Princeton, Yale, MIT, Caltech, Stanford, Duke…vont chercher jusqu’a 40.000 dollars par annee scolaire (20 millions de F cfa). Les enfants des pauvres, qui souvent ne peuvent pas obtenir de bourses d’etudes pour ces universites, sont donc condamnes a ne jamais aspirer a ces etablissements d’elites. Ils se rabattent aux institutions publiques qui sont aussi de bonne qualite, et quoique moins cheres, restent hors de portee des pauvres. La meilleure universite publique des USA est UC-Berkeley (d’apres le classement US News and World Report). Les frais de scolarite pour les Californiens y sont de $4000 par semestre (2 millions cfa), ce qui revient a $8000 pour l’annee scolaire (4 millions cfa). Pour les non-Californiens, c’est la bagatelle de $13.000 par semestre soit $26.000 par annee (13 million CFA). Les pauvres sont donc exclus de ce systeme educatif, certe performant, mais excessivement couteux. Ce qui fait qu’aux USA, d’apres le “Census Bureau”, seulement 35% de la population nee aux USA, a un diplome universitaire. C’est pourquoi il faut aller chercher en Inde et en Chine, les analystes programmeurs capables de piloter les projets de Microsoft et Intel. Chaque systeme a ses bons et mauvais cotes. Ceci dit, lorsque vous sortez avec un diplome d’une boite comme Harvard ou Yale, vous n’aurez jamais de difficultes financieres, car ces diplomes valent leur pesant d’or.
4. Kapinono | juin 13th, 2006 at 4:03
Merci pour le dépannage, Zik. Du reste vous avez raison, le système éducatif américain est très cher, surtout pour ceux qui ne sont pas résidents permanents, et très élitiste. Ce n’est pas le modèle qu’il nous faut mimer.
Par contre on peut admirer le fait que l’éducation ici veut servir le développement national, et tout le monde y veille, du gouvernement fédéral, aux états, aux commités des parents. Les Russes sont-ils les premiers dans les fusées spatiales? il faut changer les programmes scolaires, avec obligation de résultats; les petits Japonnais sont-ils jugés plus forts en Math que les petits Américains, on change les programmes de Math, aves des évaluations cycliques et des réadaptations quyi s’imposent. On confie les problèmes aux commissions d’universitaires qui proposent des solutions aux politiciens. Dans nos pays, l’universitaire est un ennemi, un “intellectuel taré” (comme on dit au Togo). Alors les politiciens se mettent devant et politisent tout, sans rien régler: un exemple que Roger cite, c’est le problème de la dictée, qui dure près de vingt ans déjà! Mais combien de commissions de chercheurs se sont déjà penchées sur ce problème qui est un problème d’enseignement de la lecture? Quel chercheur en a posé un diagnostique clair? Mais on continue d’innover vaille que vaille, on n’y met pas les moyens qu’il faut, et on répète à l’enseignant qu’il doit se contenter de son maigre salaire, parce que son métier est un “sacerdoce”. Et on lui fait porter le chapeau de tout ce qui ne va pas dans le système. C’est cela qui ne va pas.
5. K.A. | juin 13th, 2006 at 10:53
Intéressant, chers amis; j’ai fait suivre à Roger vos commentaires, la suite du débat promet, je suis sûr qu’il va bientôt nous répondre depuis Cotonou, s’il dégage un temps de ses activités de patron d’ONG!
Alem
6. généviève éléonore | juillet 21st, 2006 at 12:47
bonjour, monsieur
j’ai lu avec attention votre étude comparative du système scolaire béninois et celui du dahomey ,et l’accent que vous mettez sur les manuels scolaire accordés à chacun d ‘eux et peut etre l’influence futur qui s’en suivra,j’aimerai avoir de plus amples informations sur la question , particulièrement sur le système scolaire du benin car j’aimerai à l’avenir ouvrir une école privée dans votre pays et je voudrais savoir si j’aurai des chances de reussir, je suis camerounaise
cordialement éléonore
7. Gilles Dossou - Gouin | juillet 29th, 2006 at 10:29
Messieur,
Je vous envoie un article pouyr publication . Ecrivain beninois, je vis en NORVEGE
Merci
L’ obligation de rendre compte, clef de voute du Changement.
Après cent jours de pouvoir, nous ne pouvons pas continuer de remuer le couteau dans la plaie car un espoir est entrain de naitre dans notre pays. Les ardeurs de la nouvelle classe politique n’est pas du goût de tout le monde, certes, et pour preuve, les ardeurs de nos “dèmènous” à maintenir un système décrié par tout le monde pour faire échouer coûte que coûte le gouvernement. Quand hier, le Parlement était transformé en agora grec, où des mercenaires nous maintenaient en haleine des nuits durant,conspuant, rejetant tout de go les propositions constructives du premier gouvernement de l’ère democratique, ne savaient – ils pas qu’ils tissaient dans leur jardin des bords de mer, avec l’appui de tristes personnages venant des pays voisins, le nid aux nostagiques des années marxistes? On a beau être des adversaires politiques mais jamais il ne faut jamais vendre son pays. Aujourd’hui, ils se confessent tout haut car ils vont bientot rendre compte au Créateur, mais de leur triste tirade nous pouvons nous jeunes savoir comment l’obligation de rendre compte doit être maintenu pour un Changement effectif.Le texte de Blaise Akplogan depuis Paris nous émerveille et dans le prolongement de son intervention, revenons sur l’impunité dans notre cher pays, la notion de responsabilité et l’obligation de rendre compte….
L’intervention de l’un de nos respectés doyens dans les colonnes de La Croix n’est pas un hasard après les cent jours du nouveau gouvernement, à la veille de la visite de Paul Wolfowitz Président de banque mondiale nous pousse a passé un bref coup d’oeil en arrière.. Toutes les querelles de personnes qui ont contribué à détruire notre pays, provenaient du fait que certains n’aient pas accepté qu’un fonctionnaire venu des Institutions de Bretton Woods dirige le Bénin dès 1996. Maintenant que le destin veut que ce soit encore un financier et non des moindres qui revienne par un consensus national aux commandes de notre pays, ces têtes grises n’en peuvent plus. Les routes pavées qu’on conspuait autrefois et sur lesquelles on roulait pourtant ne sont pas le fait d’un hasard.Et le peuple trompé l’a été de 1996 à 2006. C’est cela la vérité et le résultat est là devant nous : le passage obligé de certains devant la Haute Cour de Justice, le bradage de l’ambassade du Bénin à Washington, des jeunes gamins projetés ministres et qui se sont insolemment enrichis, la mise sous tutelle du Consulat du Bénin à Dakar aux mains de personnes qui ne comprennent rien à notre culture…etc. A ce propos, Angelo disait hier: “Le changement passera par un audit général. Le président de la République ne laissera pas impunis les actes de malversations des fossoyeurs de l’économie encore tapis dans l’ombre”. Loin d’ être un règlement de compte cet exercice auquel on a commis la monumentale erreur de ne pas habituer l’Africain et surtout le Béninois n’est que l’obligation de rendre compte , base même de toute démocratie qui se respecte.
L’ obligation de rendre compte, les rôles, les responsabilités et bonne gestion des affaires publiques.
L’obligation de rendre compte (ou reddition de comptes) est un mécanisme qui permet de vérifier si les normes d’action sont respectées dans un Etat comme le Bénin. Chaque fois que des règles sont établies pour guider l’activité législative, exécutive, judiciaire bref humaine, il est essentiel à la stabilité de l’environnement politique ainsi créé de vérifier si les règles sont respectées. Ce n’est pas pour rien que Mr Pognon avoue que le nerf de la guerre au Bénin, c’est l’argent. Il a été au coeur de toutes les intrigues et comédies socio – politiques, économico – culturelles, socio –diplomatiques de notre pays. Coup de chapeau à ce diplomate chevronné, mais rappelons deux choses: il y a des personnes dont les exemples ne sont pas recommandables, et de 1960 à nos jours, si nous totalisons ce que la France a ejecté comme sous dans notre économie pour nous soutenir, si nos politiciens avaient l’obligation de rendre compte, notre pays serait comme un petit Dallas en Afrique.Mais hélas, les personnes investies de pouvoirs importants et d’une autorité discrétionnaire n’ont jamais répondu de l’usage qu’elles en font (c’est-à-dire qu’elles peuvent faire l’objet d’une enquête, être interrogées et être finalement félicitées ou punies).C’est cela qui manque dans notre pays. En l’absence d’un tel mécanisme, les systèmes ont tendance à verser dans l’autocratie, le despotisme ou la dictature. L’obligation de rendre compte est donc une caractéristique fondamentale des sociétés ouvertes et démocratiques.La transparence des processus est habituellement considérée comme garante de l’exercice responsable des pouvoirs officiels. Dans une démocratie, tous les fonctionnaires publics investis de pouvoirs importants doivent rendre compte de leurs décisions et des conséquences de celles-ci. L’obligation de rendre compte fournit un moyen de prévenir, ou à tout le moins de limiter, les abus de pouvoir de l’État. Cela vaut autant pour l’armée que pour les civils.En soi, l’expression « obligation de rendre compte » est neutre. Elle s ‘applique à des actes aussi bien positifs que négatifs. La personne qui doit rendre des comptes est comptable de toutes les activités qui lui ont été confiées; en somme, elle est comptable de toutes les activites qui relèvent de sa responsabilité. Elle peut se voir adresser des félicitations comme des blâmes. Il faut donc que, dans notre système au Bénin, les individus soient comptables de leurs actions, que ces actions soient correctes et aient d’heureuses conséquences, ou qu’elles soient incorrectes et aient des conséquences fâcheuses.Ce n’est pas une chasse aux sorcières. Nous reconnaissons unanimement que le premier président de l’ ère democratique a oeuvré pour mettre le pied sur la voie du développement et le président sortant a oeuvré pour l’unité du pays.Voilà des actes louables.Mais au – delà de cela, quels sont les rôles et responsabilités?
Notre pays reçoit des subventions octroyées par des organismes subventionnaires internationaux.Il en résulte que nous devons savoir qui est le titulaire de la subvention, l’établissement et l’organisme. Or, l’organisme est tenu d’observer les lois et les politiques de fiscalité internationale qui dictent les modalités aux termes desquelles les fonds peuvent être utilisés. Il revient à cet organisme d’assurer un suivi de l’utilisation des subventions et d’interpréter ses règles et règlements à l’intention de l’établissement et du titulaire.Or il en résulte qu’il existe un flou terrible de l’utilisation de ces subventions depuis ces dix dernières années.Personne ne peut initier ni autoriser des dépenses imputées à un compte de subvention sans obtenir l’autorisation déléguée du titulaire. Les ministres et autres ont toujours définit des politiques dans notre cher et beau pays, des contrôles et des systèmes peu pertinents afin d’assurer le respect des politiques et des règlements de l’organisme. Malheureusement, les procédures relatives à l’administration, au personnel et à la comptabilité ne sont pas conformes aux normes, aux pratiques et aux politiques des établissements titulaires. Sinon, comment expliquer les détournements? Il faut une rigoureuse bonne gouvernance. Qu’est – ce qu’il faut entendre par là?
La gouvernance est le processus par lequel les organes de l’État administrent les affaires publiques, gèrent les ressources du pays et garantissent le plein exercice des droits de l’homme. Une bonne gouvernance se caractérise donc par l’absence de toutes formes d’abus et de corruption et tient dûment compte de la primauté du droit. Le vrai critère d’une “bonne” gouvernance est la réalisation effective des droits de l’homme, civils, culturels, économiques, politiques et sociaux”. La question clé dans notre pays, est de savoir si les administrations publiques garantissent dans les faits le droit à la santé, le droit à une nourriture et à un logement suffisant, la qualité de l’enseignement, l’équité de la justice et la sécurité des individus. Les faits sont là tristes , nous mangeons mal, les logements n’existent pas, le present gouvernement a hérité d’une situation de fait: pas de justice, et la grande insécurite inquiète depuis que le P.R.P.B. était revenue aux affaires en driblant ceux - la qui ont dans leur bonne foi politique ont osé faire revenir leur barron. L’affaire Tidjani est là qui nous tient en haleine et mieux, les scandales à la police et à la douane. Pour flouer le peuple, on a créé vaille que vaille la cellule de la moralité de la vie publique. En principe, cette cellule avait été instituée pour faire enquête et rapport sur le leadership au sein de la chaîne de commandement, la discipline, les opérations, les actions et les décisions dans tous les secteurs de la société et aussi au ministère de la Défense nationale sans restreindre mais, l’a - t - on laissé fonctionner ? Nous avons tous constaté des défaillances institutionnelles et structurelles de même que des inconduites individuelles. A - t – on déterminé si certains des problèmes survenus étaient la conséquence de lacunes ou de défaillances individuelles ou la volonté d’acteurs malveillants ayant entravé le fonctionnement de cette cellule ? Aussi a – t – on tenté de sonder, autant que cela le permettait les circonstances, les valeurs professionnelles et les aptitudes politiques des ministrables, des conseillers, des ambassadeurs, des consuls,des députés, quant à la conduite des affaires de l’Etat? Il nous semble que selon le bon sens , une enquête publique est un exercice de reddition de comptes, l’a - t – on suffisamment fait ou a – t - on préféré distribuer des prébandes du genre, “ Xonton wa mi du nou”. Je me rappelle que d’anciens amis politiques des années de braise, au lendemain de Avril 1996, se sont téléphonés et se sont dit: “Maintenant que nous sommes revenus aux affaires nous allons bien nous servir” et l’aveu de Mr Pognon ne nous surprend guère. De façon générale, l’analyse de l’obligation de rendre compte dans un contexte politico – social, pourrait entraîner la prise en considération de principes dérivés de la responsabilité criminelle, de la responsabilité civile, de la responsabilité ministérielle, de l’administration de la fonction publique, de la responsabilité législative ainsi que l’obligation de rendre compte au même titre que les hommes en tenue. Les politiques et les Cadres militaires au Bénin doivent comprendre que malgré l’étendue et la portée de leur mandat, leur champ de compétence a ses limites. Ils comprennent donc consciemment qu’ils sont soumis à la responsabilité criminelle ou civile. A - t- on suffisamment fait état de cette orientation à de nombreuses occasions sinon comment nommer des officiers supérieurs alors qu’ils n’ étaient pas en exercice? Et pour être plus réaliste, aucune enquête d’Etat dans l’intérêt du Bien public n’a jamais réussi au Bénin si elle n’a pas pour but de nuire à tel ou tel. Ce sont des règlements de comptes alors que dans l’intérêt public, on doit pouvoir imputer des responsabilités civiles et déterminer s’il y a culpabilité. Les principes applicables en matière de reddition de comptes peuvent être définis avec suffisamment de précision et fournir un instrument de mesure efficace à des fins d’évaluation. Ceci est d’autant plus clair que dans le cas de la SONACOP, si dans le cadre de la privatisation des sociétés d’Etat comme l’exige le P.A.S., si cette entreprise était achetée par un consortium occidental et non par un compatriote, qui allions – nous accuser? Cela provoque de facto la notion de responsabilité car quand un individu exerce certain pouvoir dans l’accomplissement de fonctions officielles, il doit répondre de l’exercice qu’il fait des pouvoirs ou fonctions qui lui sont confiés et quand on a la carapace dure comme celle d’un “Demenou” au Bénin, ce supérieur est responsable de la façon dont ces pouvoirs sont ou ne sont pas exercés. Le subalterne demeure responsable de l’exercice des pouvoirs ou fonctions qui lui sont confiées, mais le fait qu’ il exerce correctement ou non les pouvoirs ou fonctions en question peut aussi être le signe d’une supervision adéquate ou inadéquate, dans l’optique globale de rendre compte. Ça c’est clair, car ne fait pas la politique qui le veut.Il faut aller a l’Ecole de la politique.Alors quand on a des Conseillers et Députés qui n’ont jamais été à l’école ou qui se sont enrichis par rapine, il faut s’attendre à tout car on ne peut pas toujours compter sur des amis politiques.
De la Responsabilité liée à la supervision et à la délégation.
Un dirigeant exerçant un pouvoir de gestion ou de supervision d’Etat, a l’obligation de mettre en place les mécanismes qui assurent qu’il soit informé. C’est ce à quoi s’attèle la jeune Equipe du Changement. Ceci n’est dirigé contre personne car le leader a également l’obligation de veiller au respect de la politique officielle par ses subordonnés. Un dirigeant prévoyant devrait certainement prévoir que les subordonnés cacheront plutôt qu’ils ne signaleront les écarts de conduite graves. Ceci dit, si l’habitude de la dissimulation s’est développée dans le passé au Bénin et s’est installée au point d’être incrustée dans l’ethos de l’organisation, le leader « proactif » avisé ne peut que mettre en place des dispositifs de sécurité efficaces pour prévenir les manquements et détecter ceux qui se produiront malgré tous les efforts faits pour qu’il ne s’en produise pas.Si le supérieur a fait tout ce qui peut être raisonnablement attendu d’un gestionnaire ou d’un superviseur responsable et s’il a pris toutes les mesures dictées par la prudence qu’on peut raisonnablement exiger d’une personne exerçant un pouvoir de gestion, les sanctions potentielles en cas d’erreurs de la part d’un subordonné peuvent être atténuées.C’est cela le contenu du Changement.Cette analyse de la responsabilité morale implique l’esprit de supervision car la personne qui exerce un pouvoir de supervision est responsable, et donc comptable de la manière dont ce pouvoir est exercé.Elle s’étend aussi à la notion de délégation car la personne qui délègue des pouvoirs est responsable, et donc comptable, non pas de la supervision directe que le superviseur est censé exercer, mais du contrôle dont fait l’objet celui à qui les pouvoirs ont été délégués et, en définitive, des actes posés par celui-ci. La délégation de pouvoirs ne relève pas le fonctionnaire de son obligation de rendre compte. Il peut déléguer certains pouvoirs d’agir, mais il ne peut jamais déléguer la responsabilité se rattachant à l’exécution des tâches ou fonctions déléguées. Au Bénin nous devons comprendre que lorsqu’un supérieur délègue des pouvoirs d’agir à un subalterne, il demeure responsable, premièrement des actions de ce subalterne, deuxièmement du choix de la personne à qui les pouvoirs sont délégués, troisièmement de la pertinence de la délégation et enfin, du contrôle qu’il doit exercer sur les actes de ce subalterne. Alors dans une affaire de vol qualifié dans notre pays, on se rappelle ce Ministre qui en nargant tout le peuple avouait qu’il avait lui – même signé par inadvertence les documents diplomatiques d’un ressortissant étranger qui se passait être Béninois et qui plus est un Chef de gang. Et quand le peuple réclamait sa démission, il n’a trouvé son salut en fouetttant lui – même un Journaliste qui avait dénoncé ce fait.Quelle liberté d’expression au Bénin ? Et mieux, comme il n’y a jamais eu l’obligation de rendre compte dans notre pays, il a osé se présenter aux dernières élections présidentielles. Quelle marmelade politique! Non, le Changement aussi, c’est que les personnes qui assument des pouvoirs de supervision ou qui ont délégué des pouvoirs d’exécution à des subalternes doivent savoir ce qui se passe dans leur secteur d’autorité.
De tout ce qui précède, nous pouvons dire que lorsque la notion de responsabilité est assumée, et que l’obligation de rendre compte est ancrée dans le Béninois nouveau, le concept premier des Droits de l’homme est politique.Il recouvre le respect par l’Etat des droits et libertés de la personne humaine. La notion de Changement provoque ipso facto ce concept qui interdit à l’Etat d’intervenir dans cette sphère des droits civils et des libertés, c’est-à-dire des droits visant la protection de la liberté, de la sécurité et de l’intégrité physique et morale de l’individu. Le but visé par le Changement, n’est que ces droits dits classiques qui procèdent d’une conception individualiste.
Au cours de la période de formulation et de codification de ces droits est apparue une catégorie de droits nouveaux dits culturels dont la réalisation n’oppose plus l’Etat et l’individu. La jouissance effective des droits économiques, sociaux et culturels doit être assurée par l’Etat qui, dans cette fonction, est un instrument qui doit permettre à tout Béninois de développer au maximum ses facultés et s’épanouir pleinement tant sur le plan individuel que collectif. Cela semble impliquer que les droits économiques, sociaux et culturels qui sont énumérés dans les instruments juridiques internationaux sont susceptibles de recevoir une forme concrète et de devenir des droits subjectifs pouvant être invoqués en justice. Dès lors, leurs violations, quel qu’en soit l’auteur, ne doivent et ne peuvent rester impunies. L’impunité pourrait être comprise comme étant “l’absence ou l’insuffisance de sanctions répressives et/ou réparatoires de violations volontaires ou involontaires des droits et libertés de l’individu ou d’un groupe d’individus”. Comprise ainsi, l’impunité n’est pas forcément un défaut de sanctions, elle peut être aussi une insuffisance dans les sanctions, eu égard à la gravité des violations qu’elles visent à atteindre tant sur le plan de la répression proprement dite que de la réparation du préjudice qui en résulte pour la victime.
Culture de l’impunité au Bénin : Quelques mécanismes des violations des droits économiques, sociaux et culturels.
Les faits et les agissements qui sont à l’origine des violations des droits économiques sont quelconques. Ils ne sont ni définis au préalable, ni forcément connus. Ils peuvent être liés à des faits historiques, ils peuvent également être actuels et atteindre des droits individuels ou collectifs. Il s’agit de cas pris à cause de leur gravité ou de leur fréquence. Lorsqu’ils sont liés à un fait historique, ils n’intéressent le présent rapport que parce qu’ils ont eu et continuent d’avoir des conséquences graves et négatives sur les droits économiques, sociaux et culturels des individus et des peuples. Ces faits, à l’origine de violations graves et massives dans notre pays, sont restés impunis et sans réparation aucune. Il s’agit mis à part l’esclavage, la colonisation, du bradage relatif à l’ambassade du Bénin aux USA, de la situation de l’ambassade du Bénin à Dakar, des détournements dans le milieu de la justice, des maladresses financieres dans le milieu de la Police nationale, de la SONAPRA et de tant d’autres affaires, nous constatons que notre pays est parti pour etre mis à genoux.
Les violations des droits économiques, sociaux et culturels qui sont d’actualité sont nationales. Les pratiques nationales et internationale pouvant aboutir à des violations graves et massives des droits économiques, sociaux et culturels sont, par exemple : la dette, les programmes d’ajustement structurel, la détérioration des termes de l’échange, la corruption, le blanchiment de l’argent de la drogue, les actions des sociétés transnationales, la pollution, etc. Parmi les violations commises sur le territoire national et qui sont pour la plupart érigées en infractions répréhensibles, on peut citer : les détournements de biens publics, les abus de biens sociaux, la corruption, les fraudes fiscales, les spéculations financières, l’enrichissement illicite, l’exploitation de la main-d’oeuvre clandestine et des travailleurs migrants, etc.
Antécédents historiques : de l’Esclavage aux maux modernes.
Si nous avons jugé utile d’évoquer ces violations, c’est parce qu’elles affectent encore de manière négative les droits économiques du peuple béninois. Ces violations, prises sous l’angle du droit international actuel, sont des infractions considérées comme crimes économiques, par conséquent, imprescriptibles, et tombent sous la coupe des principes de la compétence nationale. Faut-il préciser que les auteurs de tels faits se sont vus ssurer l’impunité la plus complète de 1996 à avril 2006. En partant de
l’histoire de notre pays, quelles sont les formes de domination et d’exploitation?
L’esclavage n’était pas un phénomène nouveau du XIVème siècle. Il a été pratiqué par d’autres civilisations, mais tel qu’il a été pratiqué chez nous, n’a aucune commune mesure avec ce qui a pu se faire en d’autres époques et en d’autres lieux. Il a été plus coûteux en vies humaines, plus destructeur du tissu social africain; il a été la source d’un pillage économique et culturel que l’humanité n’a jamais connu. Il a été systématisé au point d’être baptisé “la traite des Noirs”. La longue période de la traite des Noirs a été initiée par des particuliers puis développée par des compagnies et enfin organisée et gérée par des Etats, tous européens. Le commerce triangulaire des esclaves noirs entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique a duré des siècles et des milliers d’hommes et de femmes ont ainsi été arrachés à leur société, ont péri en cours de traversées. Leurs souffrances, la perte d’êtres qui leur étaient chers, la destruction à jamais de leur société et de leur culture, n’ont jamais connu une quelconque réparation. L’Afrique noire s’en est trouvée plus pauvre, moins peuplée et laissée dans un état de ruine économique dont elle ne s’est jamais relevée. Le cadre de ce rapport est étroit pour nous permettre de rappeler avec détails les nombreuses et graves violations de tous genres des droits tant économiques, sociaux et culturels que civils et politiques des populations victimes. L’autre forme de domination et d’exploitation, dans l’histoire de notre pays, est un vestige dramatique de l’acoquinnement des cadres corrompus mus par la politique du ventre, le tribalisme et la camaraderie des trotstistes d’hier.Cette période a été dans notre pays pour les populations qui en ont été victimes, des sources de violations massives et graves des droits de l’homme et du droit au développement. Ils ont empêché ces populations de jouir des Droits de l’homme reconnus à tout être humain par les instruments juridiques internationaux. Ces pratiques sont sources de violations des droits économiques, sociaux et culturels de notre pays et ont conduit à la corruption.
La corruption, les fraudes fiscales et douanières ainsi que les autres infractions économiques.
Il est inutile de reprendre le livre du Docteur Janvier YAHOUEDEOU pour revenir sur la corruption au Bénin. Le mot corruption désigne un détournement de l’intérêt public par l’intérêt privé. Elle est un phénomène moral même si, dans l’immense majorité des cas, il y a intervention de l’argent. Une fonction publique s’exerce à l’avantage d’un ou de quelques particuliers plutôt que dans l’intérêt national. La corruption peut exister indépendamment d’un avantage pécuniaire; elle est universelle. De nos jours, tous les Etats souffrent à des degrés différents du même phénomène. La corruption devient ainsi, dans les sociétés où elle est pratiquée, un phénomène fonctionnel intervenant à tous les niveaux et dans toutes activités. Son corrollaire, la fraude est bien connue.
Celle - ci recouvre l’ensemble des procédés négatifs destinés à diminuer l’assiette fiscale ou à éluder l’impôt. Elle désigne la violation directe ou indirecte de la loi fiscale. La notion demeure imprécise et si tous les pays luttent contre le phénomène, il n’en demeure pas moins qu’aucune définition n’a pu se dégager d’un consensus ou des pratiques judiciaires internes. Il intéresse évidemment la corruption dans la mesure où certains fonctionnaires des impôts acceptent bien des arrangements moyennant rémunération. Le fraudeur est presque toujours un corrupteur. La fraude, qu’elle soit fiscale ou douanière, obéit aux mêmes méthodes. Elle a parfois abouti à la violence et a coûté la vie à de nombreux agents trop honnêtes ou trop véreux. Il est évident que la fraude porte atteinte aux droits individuels comme aux droits collectifs. Il existe bien entendu d’autres sources de violations des droits économiques, sociaux et culturels des individus et des peuples telles que : les détournements de deniers publics; les abus de biens sociaux; les spéculations financières; l’exploitation des travailleurs migrants; l’enrichissement illicite ou frauduleux; le blanchiment de l’argent de la drogue; la complicité coupable de certaines fibres bancaires dans le recel des biens frauduleusement acquis, etc. Ces sources de violations étant connues et déclarées délits punissables dans tout le droit international pénal naissant, il apparaît souvent que ces actes répréhensibles ne le soient pas. L’impunité est devenue par la force des choses l’une des raisons essentielles de la situation plus qu’inquiétante que vit notre pays, sur le plan social, économique, structurel et financier de nos villes. L’impunité a permis la mauvaise gouvernance, l’abus, l’enrichissement illicite, le détournement de fonds, elle a développé l’informel, l’économie souterraine, le passé - droit et le trafic d’influence. Elle a en définitive été le socle de la détérioration pour ne pas dire l’annihilation de tout sentiment patriotique, toute amour à une ville ou un village qui se meurt, toute notion de bien public et l’intérêt général, elle a détruit en définitive toute velléité de changement, de modernisation des administrations, de l’économie, de la société en général. Elle est devenue le fléau à combattre, car elle est la raison d’être de l’autre principal fléau qu’est la corruption. En ce temps où l’Etat de droit tente de reprendre le dessus, où l’actualité met sous les projecteurs un certain nombre de procès de notables et “d’Intouchables”, dans le sens littéral du terme, cet article est arrivé on ne peut plus à point nommé pour mettre la lumière sur des pratiques, des comportements et des attitudes d’abus et de passe droit, ou plutôt sur une situation qui mènerait au chaos si elle devait perdurer. Du Borgou à la Vallée de l’Ouémé en passant par les Collines, l’ Atacora, l’Atlantique, le Plateau ou ailleurs, trop souvent les responsables de pareilles violations ont échappé à toute poursuite. A l’instar des dictateurs que l’on voit dans le monde, certains se sont attribués des lois sur mesure. Des lois d’amnistie et d’immunité ont été votées. Des responsables d’atrocités ont été nommés à des postes prestigieux, ou vivent en paix avec des étoiles dorés. Cette impunité bafoue la dignité des victimes. Elle révolte la conscience universelle et représente un réel obstacle à la construction d’une paix durable, fondée sur la vérité et la justice.Mais l’histoire a changé depuis que la souris est devenue chauve – souris. Et il n’en sera plus ainsi aussi longtemps que le vent du Changement sera là.Plus aucun responsable ne se sent à l’abri des poursuites. Il est dès lors impératif que la lutte contre l’impunité s’incarne dans des processus judiciaires aptes à dissuader les bourreaux, mais aussi à reconnaître les victimes et leur souffrance.
Conséquence de l’impunité sur les droits économiques, sociaux et culturels.
Enfants torturés, ces femmes que l’on détruit par le viol, l’identité sexuelle, par la drogue et les persécutions parce qu’on été députés, conseillers, ministres, tellement il y a eu des victimes trop souvent ignorées.
Le plus souvent, ces actes ne font l’objet d’aucune enquête. Leurs auteurs ne sont pas poursuivis. Quant aux victimes et à leurs proches, leur droit à la vérité et à la justice sont bafoués, et leurs espoirs de réparation anéantis par ce comme le dit Chinua Achebe, “ Le probleme dans notre société n’est pas ce que tu connais , mais ceux que tu connais” . Or, la plupart de ces victimes ne réclament pas vengeance. Elles ne demandent justice que pour faire admettre et condamner publiquement ce qu’elles ont subi. Pour enfin pouvoir réapprendre à vivre debout. Aujourd’hui on assiste pourtant à une véritable prise de conscience et à la mobilisation dune grande partie de l’opinion publique. Mais pour construire notre pays il faut surtout la lutte aux violations droit au développement. Qu’en est -il?
Le droit au développement est né de l’inégalité économique et de la position désavantageuse dans laquelle se trouvent les pays sous-développés. Ce droit pose le principe de réparation auquel ont droit les peuples et pays dépouillés de leurs richesses pendant longtemps. Les énormes inégalités de tous genres entre pays pauvres et pays développés sont le résultat de siècles de pillage et d’exploitation pendant lesquels des civilisations ont été détruites, des formations sociales et des modes des productions anéanties et pendant lesquels l’écosystème a été saccagé en Afrique, en Asie et en Amérique latine. L’inégalité dans la répartition des richesses et des revenus, au plan national comme au plan international, s’est aggravée au cours des dernières décennies et a atteint des dimensions qui en font un véritable scandale international. Mais brossons rapidement quelques notions relatives à la violation du droit au développement.
Les violations du droit à un environnement sain sont consécutives aux agressions résultant des activités de l’homme et augmentent les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère avec toutes ses conséquences sur le réchauffement de l’atmosphère, sur l’élévation du niveau de la mer, en somme sur le climat en général. Tout en produisant leurs propres effets négatifs sur la jouissance des droits de l’homme en général et des droits sociaux, culturels et économiques en particulier, ces phénomènes multiplicateurs de ces effets négatifs exacerberont en outre les problèmes de plus en plus pénibles et de plus en plus nombreux auxquels les populations des régions pauvres sont confrontées.
Par ailleurs, nous avons aussi dans le régistre de la violation des droits économiques, sociaux et culturels individuals, celui du droit au travail, du droit à une alimentation suffisante, du droit à un logement, du droit à la santé, du droit à l’éducation. Il ne fait aucun doute que ces droits reposent sur le droit le plus important qui soit : le droit à la vie. Ils gravitent et convergent tous autour et vers ce droit, s’il faut entendre par vie tout ce qui contribue à rendre pérenne l’existence et à améliorer la condition humaine. Mais comment s’organiser pour enrayer cette impunité qui a mis notre pays à genoux?
L’organisation de la lutte contre l’impunité des violations des droits économiques, sociaux et culturels exige, si l’on veut qu’elle soit efficace, des investigations approfondies, complètes et objectives.
Une action préventive comprenant l’ensemble des mesures politiques, économiques, législatives ou administratives et qui ont pour but l’anéantissement de toutes pratiques ou procédures pouvant aboutir à des violations des droits économiques, sociaux et culturels.
Une action répressive ou réparatoire ayant pour but de sanctionner les violations déjà consommées. Ces sanctions peuvent être inscrites dans une série d’actions concrètes telles la restitution, l’indemnisation, la compensation, l’annulation, etc…Il est évident qu’en ce qui concerne les droits économiques, sociaux et culturels, les sanctions réparatoires sont de loin les plus importantes et les plus significatives, ce qui ne veut pas dire qu’il faille méconnaître l’importance du rôle des sanctions répressives.
Conclusion.
Au total, quand on a une justice sélective, quand on choisit ceux qui doivent répondre à la justice alors qu’il y a une impunité totale, quand la République perd ses repaires, quand la justice ne permet plus aux citoyens de s’attendre à un traitement et à un règlement équitable des conflits, quand il y a une instrumentalisation de la police, nous assistons à une confiscation du pouvoir par certains, les libertés et les droits sont alors en danger et bien des problèmes demeurent. Le droit, instrument imparfait, peut faire obstacle à cette soif de justice. La volonté politique fait également souvent défaut. L’oubli, lui aussi, s’installe. C’est là que la société civile doit intervenir. De plus en plus nombreux sont les hommes et les femmes conscients de la nécessité de cette démarche. Des mouvements se dessinent partout dans lepays pour réclamer une répression nationale des crimes les plus graves. Nos recommandations vont aussi dans le sens d’une politique de bonne gouvernance. La gouvernance, c’est la manière dont les gouvernements gèrent les ressources sociales et économiques d’un pays. La «bonne» gouvernance est l’exercice du pouvoir par les divers paliers de gouvernement de façon efficace, honnête, équitable, transparente et responsable.
La lutte contre la corruption existante ou possible permet d’exercer tous les attributs susmentionnés de la bonne gouvernance. Un système juridique et judiciaire indépendant, accessible et impartial est la base même d’une gestion honnête et équitable. Le sentiment d’impunité crée un engrenage de la violence. D’une part, les gens qui pensent qu’ ils ont des raisons de pouvoir d’être impunis vont commettre des exactions et des infractions, d’autre part les autres qui pensent qu’ils sont en dessous de ceux - là vont avoir une réaction d’autodéfense. Les droits et libertés ne sont jamais définitivement acquis. La reconstruction de la démocratie n’est jamais totalement achevée. Par consequent, il y a un devoir de vigilance et d’indignation qu’il faudra transformer en actions pour que de tels actes liberticides cessent car trop de laxisme tue la loi et conduit à l’anarchie.
Dans le cadre du droit interne, tous les mécanismes et toutes les pratiques qui peuvent aboutir à des violations des droits économiques, sociaux et culturels devraient être érigés en infractions punissables et ouvrir droit à réparations. Le propre d’une société est d’être organisée, pour cela elle a besoin de règles, lesquelles doivent être appliquées à tout le monde et respectées par tous.La justice est la clé de voûte de tout cela, elle doit donc remplir son rôle et remettre les pendules à l’heure car dans le milieu de la justice dans notre pays on doit pouvoir penser au renouvellement de ceux – là qu’y éternisent.Un coup de balais est impérativement nécessaire dans ce milieu- la. Le vrai Changement, c’est par là que cela doit commencer.
Gilles DOSSOU – GOUIN Ecrivain – Criminologue NORVEGE
8. Agbokpanzo grammaire | juillet 29th, 2006 at 10:36
…quand la République perd ses repaires… de criminels!
9. Gilles Dossou - Gouin | août 10th, 2006 at 22:11
Créer un Parti pour Thomas Yayi BONI ou les risques du clanisme et du factionnalisme au Benin.
Après la défaite de l’ancien régime, les espoirs d’une transition rapide vers le changement ne manquent pas mais au regard de l’histoire de notre pays , est-il loisible au Chef de l’Etat de créer un Parti politique? C’est la question qui se trouve sur toutes les lèvres . Le factionnalisme politique, forme de clanisme moderne fondé sur des groupes de solidarité dotés à l’origine d’une base régionale, s’est révélé en effet être un frein à la modernisation et à l’institutionnalisation du Bénin et a été la raison fondamentale qui a poussé les Kakillards à infliger au Bénin une Révolution Marxiste Léniniste à l’époque. Ce factionnalisme n’a été qu’un facteur de durcissement de régime. Aujourd’hui les Béninois peuvent –ils avoir un Président qui dirige un Parti ?
La gouvernance, au sens d’art de gouverner, fait référence à des normes, à des règles explicites organisant le fonctionnement de l’arène politique. Focalisées sur les institutions informelles, les théories du retour du Caméléon au pouvoir par les pratiques peu orthodoxes que nous connaissons prédisaient au Bénin un passage rapide à l’échec de ceux – là, toutes tendances confondues, qui criaient que le Bénin n’avait point besoin de routes pavées. L’échec pathétique du premier Président après la Conférence Nationale des Forces vives de notre pays, nous pousse à comprendre que le jeu politique au Bénin fonctionne avant tout selon les règles implicites d’un clanisme ou plutôt d’un factionnalisme politique à base de camaraderie. Il s’agit donc d’un autre type de gouvernance qui, pour être compris, nécessite une analyse de cette institution informelle. La faction politique au Bénin est une organisation informelle issue des vaincus qui savent changer de veste, des nostalgiques et qui consiste en un réseau d’individus liés par des liens de parenté réelle ou fictive et fonctionnant selon des règles et des codes non écrits, tant dans notre pays qu’à l’étranger… Ne nous leurrons pas du tout. Quand le Bénin réussit, cela ne fait pas l’unanimité ailleurs, car beaucoup ont échoué là ou nous réussissons! Autrement formulé, on ne laisse pas le temps au nouveau pouvoir de s’installer que déjà les fameux conseillers, les soi-disants tuteurs de fils de chef suggèrent que le Chef de l’Etat doit avoir son Parti. Ce groupe de solidarité fondé sur des relations personnelles, généalogiques, matrimoniales, clientélistes ou d’allégeance, etc… doit disparaitre et comprendre que si l’UNITE a été sauvegardée dans le Bénin par le Général, c’est parce qu’il a su toujours se mettre au-dessus des Partis. C’est cela aussi l’autre aspect du « minimum social commun ».Pour rendre éphémère la victoire du peuple béninois, les académiciens goîtreux natifs du Bénin et étrangers, sont entrain d’instaurer ce réseau qui est par conséquent perçu comme le produit conçu d’une stratégie de nuisance. Qu’il nous souvienne que ce fut la même stratégie pour noyer , neutraliser et conspuer à jamais la Renaissance du Bénin. La spécificité de cet esprit de nuisance réside dans l’ancrage régional de sa base sociologique. Cela procède déjà du facteur ethnique ainsi que du “localisme” pour reprendre le terme de notre trè respecté Roger Gbégnonvi pour mieux caractériser ces solidarités politiques locales et régionales qui veulent rapidement noyauter le sens du changement et l’instauration d’une prise en otage totale de nos dirigeants. Loin d’être une réalité statique, cette forme moderne de clanisme est le fruit d’une transformation et d’une adaptation aux contraintes imposées par l’infiltration de la diplomatie du Bénin qui est et qui continue d’évoluer depuis 1996. Cela existait du temps des faiseurs de roi mais avait essentiellement une base exogène. D’abord sociale et économique, leur fonction est devenue politique quand s’est brutalement posée la question de la démocratie au Bénin. Comme les gouvernants précédents ne font plus confiance à leurs compatriotes, ils ont préféré aller chercher des garçons de course ailleurs. C’est pour cette raison que des vauriens , totalement étrangers à notre culture , des enturbannés , s’érigent en diplomates à la barbe de nos fils et filles diplomates. C’est une honte et c’est totalement inadmissible. Au vu de l’expérience des Partis au Bénin : ….créer un Parti pour le Chef de l’Etat serait le rendre responsable de tous les abus qui en seront issus et qu’il ne pourra plus contrôler.Ce type de gouvernance – là au Bénin, même recomposé, est un frein à la modernisation, à l’institutionnalisation de l’Etat de droit, et même une source d’instabilité politique pour ternir à jamais le nom de celui - là qui incarne les aspirations du BENINOIS d’aujourd’hui. Nous ne sommes plus au temps des joutes verbales inutiles dans l’agora parlementaire.Qu’on comprenne la voix des jeunes : la recomposition des solidarités politiques autour d’un Parti fort au Bénin serait précoce et constitue un factionnalisme à base régionaliste. Là, quand les nostalgiques auront obtenu gain de cause comme sous Soglo, on nous dira que ceux du Nord ont déçu, que ceux du Sud ont trahi , que ceux du Sud – Est ont vendu leurs frères. Si déjà un discrédit lourd pèse sur les Fon et les Ayinonvis, que deviendront les Adjas, et mieux où irons – nous ? On aura tout essayé, et on devient usé, mieux, celui – là qui a toujours traité les Intellectuels de tarés dans notre pays aura bel et bien raison tout comme cette tête grisonnante qui préfère au crépuscule de sa vie « un soldat intelligent à un intellectuel idiot» alors qu’il est le tout premier à avoir sacrifié le Dahomey sur l’autel du Régionnalisme caractérisé n’ayant en ce temps- là aucun respect pour les Droits de la Femme dans notre pays. Non, le Bénin ne permettra pas à ces gens-là d’accéder à des canaux institutionnels de survie et à des ressources. Enfin l’identité du groupe territorialisé est entrain d’être créée et deviendra une base de résistance face à un régime voulant imposer un réel changement.Au lieu d’imposer une élite bénoise jeune comme en Afrique du Sud, ces nostalgiques veulent créer un Parti pour avoir recours à une politique d’indigénisation de cadres béninisés. La tactique est simple .Ces derniers, pour pouvoir faire carrière au sein d’un Parti dont les structures n’apparaîtront qu’au niveau du cercle présidentiel, prendront appui sur les Conseillers de ceci ou de cela ou en ceci ou en cela . A partir de cet échelon local un réseau politique va se déveloper et va s’étendre aux niveaux du Cercle tribal, c’est-à-dire des factions politiques structurées sur une base régionale. Cette organisation informelle va investir l’Etat contrôlé par des voyous de l’extérieur et va court-circuiter toutes ses institutions, je dirais formelles.
Au total, nous ne sommes plus au temps ou la politique, reposait sur l’idéologie ou sur un accord de répartition du pouvoir et des ressources économiques entre les factions et les parrains de fils de chefs d’Etat qui saucissonnent le Bénin, mais sur un programme politique. Notre pays n’a pas besoin de factions qui investissent les institutions étatiques sur la base de leurs liens horizontaux et verticaux .Il n’y a pas d’ascenseur à renvoyer par la création d’un Parti, en recourant au besoin au clientélisme, au copinage et au népotisme.Le Chef de l’Etat doit rester au – dessus de tous les Partis dans notre pays.La politique du Changement réside dans la négociation entre les factions sur le contrôle des ressources économiques, et l’équilibre opéré et maintenu entre eux par des hommes républicains. Qu’on nous laisse en paix notre théoricien et praticien de l’économie….On sait comment ca marche dans les Cercles.Qu’on ne l’affectionne point particulièrement de louanges les plus dithyrambiques servis par une armée d’infatigables courtisans, parmi lesquels d’illustres inconnus avant mars 2006 et d’autres minables individus venus de l’extérieur qui ont eu à déployer, toutes sortes d’initiatives malsaines pour lui barrer la route vers la Marina , roulant pour les vieux dynosaures.Oui, on sait comment ca marche dans notre pays.Nous aurons des thuriféraires qui vont l’encenser sans retenue, le pousser à créer un Parti et ce sera le tsunami pour notre BENIN.
Gilles DOSSOU-GOUIN Criminologue – Ecrivain
10. AGBALIKA Edwige | février 26th, 2007 at 20:47
Je partage l’analyse de Mr Gilles DOSSOU-GOUIN .l’actuel President commetrait une erreur en suivant les dictats de ces vieux démons qui ont conduit le Benin à la catastrophe: pays sans loi ni foi
11. ouikoun | août 3rd, 2007 at 13:58
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