Carnet de route:”wo ist Togoland”? Première étape, Misahöhe

juin 10th, 2006

« L’oubli et la mémoire sont également inventifs »

J. L. Borges, Le rapport de Brodie.

cimetiere_ouidah7.JPGMisahohe_ernst2.JPGTraverser le Togo, à la recherche des traces de la conquête allemande du pays. Des traces plus « littéraires” qu’historiques, car notre méthode de travail (l’anti-méthode), est aux antipodes de celle d’un historien : ce qui nous importait, à mon ami Bernard Müller(anthropologue) et moi-même, ce n’était pas la vérité constituée, documentée, mais la fiction autour de la vérité, les transformations de l’histoire de la confrontation réelle des peuples d’ici avec le colonisateur, plus d’un siècle après l’événement. Il va de soi que nous connaissions les faits, à travers les livres et articles de spécialistes qui nous accompagnèrent tout le long du voyage, mais les peuples n’ont-ils pas aussi le droit de réinterpréter l’Histoire, seule façon de construire des mythes fondateurs !?

7 Mai 2006 : Misahöhe

La première halte sur la route qui mène vers Mango, lieu du dernier poste administratif allemand au Togoland, nous conduit au cimetière allemand de Misahöhe. Misahöhe est un village dans la montagne, tout près de Kpalimé où, au tout début de leur installation, les Allemands implantèrent leur premier poste administratif en 1890, avant celui de Kété-Krachi (dans le Ghana actuel), qui date, lui, de décembre 1894. Plus on monte vers Misahöhe, plus on comprend ce qui a pu attirer dans ces parages les premiers administrateurs du Togoland : la nature voluptueuse du site et son retranchement stratégique, à l’écart des routes qui mènent vers la Gold Coast, la colonie britannique. En entrant sur le site, quelques constructions en béton armé, style bunker, apparaissent dans les herbes, qui attestent que le lieu avait été construit pour résister à tout assaut. Misahöhe reste célèbre pour son cimetière allemand. Le panneau qui l’indique le signale à 300 m de la route qui passe devant la résidence du Préfet. Chemin très escarpé, mais nous ne pouvons empêcher de nous marrer, chaque fois qu’on tombait sur un autre panneau signalétique, la distance annoncée restait toujours la même :300 m ! De quoi se poser des questions sur le fabricant des panneaux ! Avant d’atteindre le cimetière, on tombe sur plusieurs bâtiments en ruine dont certains portent des traces d’incendie. Au total 5 bâtiments en ruine, qui servaient de palais de justice, de prison et de logements de fonction pour les administrateurs allemands. La robustesse de ces tas de pierraille étonne le visiteur, et justifie l’admiration des habitants du coin pour ces “Allemands qui savaient bâtir, eux”. Comparés au Français, bien évidemment. Décidément ! Comment les contredire, puisque les bâtiments, même dégradés, ont résisté à l’incendie allumé par les jeunes du village, en 1991, lors des émeutes contre la dictature du Général Eyadema !? Trois jeunes enfants nous accompagnent vers le bosquet où se trouvent les tombes en contrebas.

Cimetière allemand_misahohe6.JPGEt plus nous avançions, plus m’agaçent ces panneaux qui indiquent le même kilométrage (300m), quelle notion extraordinaire de la distance ! Trois hommes casqués, à moto, remontent vers nous dans la descente, on apprend qu’ils font du rallye dans la montagne. J’envie leurs engins, qui m’auraient évité le souffle court et les douleurs dans les jambes, moi pauvre citadin lancé dans la conquête d’une montagne.

Enfin, nous y arrivâmes, au fameux cimetière allemand qui est presque la référence pour tous les férus d’histoire coloniale au Togo. Au milieu d’un bosquet en fleurs, un joli petit cimetière avec des tombes massives, 7 tombes d’adulte et deux d’enfants. Certaines tombes ont perdu leur plaque, mais je ne doute pas que nous retrouvions les noms des défunts dans quelque archive si nous décidions de les chercher. Tout est calme alentour, dans cette demeure où reposent les âmes de ces soldats, botanistes, ingénieurs pour la plupart, lancés dans une aventure, une conquête coloniale qu’ils en sont venus à prendre comme un sacerdoce. Morts pour la science, loin de leur patrie, clament certaines inscriptions. Ce qui étonne, c’est l’âge à laquelle ils mouraient, autour de la trentaine, victimes de la rigueur du climat et des maladies tropicales sans doute, dont beaucoup n’étaient pas traitées à l’époque par la médecine occidentale. Pendant que je réfléchissais devant les tombes, un bruit sourd attire mon attention. Sautant d’un manguier où il était en train de cueillir des mangues, un jeune homme atterrit à nos pieds et se propose d’aller chercher le gardien des lieux. L’impression que je ressens dans ce bosquet, devant ces sépultures de colons et de leurs familles ? Pas grand-chose, au fond, sinon cette impression bizarre de mélange des genres : dans la conquête d’un territoire, à quel moment interviennent les considérations scientifiques, et à quoi servent-elles ? Certainement à mieux savoir pour mieux dominer. La colonisation est une entreprise dont nous n’avons pas fini d’interroger les ressorts. Dans le petit livre de l’écrivain Romain Gary qui nous accompagnait, je découvrirai plus tard ces phrases auxquelles j’adhère en partie : « Des aventuriers, des excentriques, des missionnaires, des déserteurs, des marchands, des saints et parfois des meurtriers; des émigrants vivant aux crochets de leur famille; des explorateurs, des puînés, qui ne pou­vaient hériter du titre et de la fortune de leurs aristocrates de pères; des romantiques qui voulaient vivre plus près de la nature et croyaient à la noblesse naturelle de l’homme primitif; des joueurs, dont la famille payait les dettes à condition qu’ils déguerpissent à jamais; de jeunes alcooliques, censés être guéris par la vie active dans le bush; de vieux alcooliques, toujours en quête d’un nouvel endroit pour se soûler; des amateurs d’évasion, qui avaient «toujours voulu s’éloigner de tout ça», et ceux qui se trouvaient là sans savoir tout à fait comment ni pourquoi. Tous allèrent en Afrique et tous avaient un autre point commun: ils n’étaient vraiment pas des bâtisseurs d’empire et, pourtant, ils ont bâti des empires ». Romain Gary, « Les coloniaux » [1959], in L’Affaire Homme, Gallimard/Coll.Folio, 2005[1977].

misahoheruine_2.JPGLa vie continue. Nous n’avons pas attendu le gardien, mais plutôt rebroussé chemin, difficilement, mon cÅ“ur battant à se rompre dans la montée de la montagne, et mes pieds écrasant les mangues pourries éparpillées dans la végétation. Au retour du cimetière, nous faisons une rencontre intéressante, un jeune pasteur venu en évangélisation dans le coin, qui nous demande en quoi nous pouvons être utiles pour la restauration du site. Il nous emmène à l’étage faire la visite de la plus grande pièce réaménagée, et se lance dans des comparaisons entre l’œuvre de Jésus et celle des colons. Cela sent le prosélytisme à la ronde, mais la force et la conviction contenues dans les propos du pasteur ont de quoi toucher. Construire, prévoir et bâtir, dans le sang, la sueur, disait le Pasteur en se référant à Jésus, son maître ( autre porteur de glaive spirituel), celui qui sait faire cela ne peut que marquer les imaginaires, et le colon allemand a marqué les imaginaires au Togo, d’autant plus facilement que tous ceux qui lui ont succédé n’ont été, dixit le Pasteur, que de piètres bâtisseurs!

Et vers la fin, revient sa question : sommes-nous venus dans l’intention de les aider à transformer le site de Misahöhe en lieu touristique ? J’ai préféré botter en touche la question, même si je crois que sa demande est sensée. Un tel lieu pourrait servir de musée de l’histoire coloniale du Togo, mais j’ignore si un tel projet existe dans les cartons des Ministres de la Culture, du Tourisme voire de l’Éducation nationale du Togo. Dans dix ans, maximum, vu leur état de délabrement avancé, la plupart des ruines de Misahöhe auront disparu ou auront été transformés en habitations modernes si rien n’est fait pour les requalifier.

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25 Comments Add your own

  • 1. Abdon  |  juin 10th, 2006 at 22:26

    Ah, enfin, on va enfin savoir ce que ce tour du Togo t’a révélé, il était temps. La Côte-d’IVoire vient de perdre, tu imagines l’ambiance à Kin, je repasse ici!

  • 2. théo  |  juin 10th, 2006 at 23:05

    Tu m’épates, Kangni ; tu m’épates. Cela fait d’autant plus plaisir à lire que je revois les endroits. Toute cette riche matière restée si longtemps en jachère… Quelque chose est en train de naître, mine de rien ; et cela fait vraiment plaisir.

  • 3. K.A.  |  juin 11th, 2006 at 10:51

    Salut Théo, j’avais déjà remarqué, c’est vrai, quelques traces du même parcours que j’ai emprunté, dans ton roman LISAHOHE, et je me suis toujours demandé pourquoi tu écris Lissa au lieu de Missa. M’enfin… d’ailleurs, je n’ai pas pu avoir d’explication auprès de villageois sur le sens du nom Missahöhe, et j’ai évité soigneusement d’aller voir le Préfet, il m’aurait demandé mon “autorisation d’enquête”, ce que je n’avais pas, de bien entendu! Un tel parcours, ^pour avoir de l’intérêt, ne peut se faire qu’en dehors des circuits administratifs, tu comprendras quand j’arriverai à la narration de notre arrivée à Katchamba, épique et cocasse!

  • 4. Gaëtan  |  juin 11th, 2006 at 11:35

    Bon travail. Sous nos cieux, le travail de mémoire n’existe pratiquement pas ou est mal mené. Ces prémisses permettront d’interroger, de restituer, de transformer et de créer la base d’une réelle culture au Togo. Il faudrait que les ministres aient des projets. Or, on se retrouve dans ce que la presse togolaise appelle “Mangeoire”. Le problème de culture et de patrimoine culturel au togo est complexe. je crois que ce sont les gens de bonne volonté qui pourront tracer le chemin. Le pouvoir suivra un jour….On espère pour le bien de nos peuples

  • 5. théo  |  juin 11th, 2006 at 12:12

    “Lisa” et non “Misa” parce que c’était sur fond de fiction et que je mélangeais les données, Nord et Sud, Togo et Centrafrique.
    Non, ce que je veux te dire : as-tu conscience qu’avec un récit complet de ton voyage à travers le Togo, tu peux créer un précédent ? Pourquoi imaginer une fiction ? Je suis sûr que la richesse de ce que tu as vu et entendu suffit. Regarder le réel sur fond de lectures judicieuses, comme tu sembles vouloir le faire. As-tu conscience que cela n’a pas encore été fait chez nous ? (Si je me trompe, corrige-moi ; je me flatte de ne pas être un ayatollah.) As-tu remarqué que cela est très peu fait en Afrique ? Mongo Béti, l’un des rares (“La France contre l’Afrique” chez La Découverte, 93. Très mauvais titre, hélas ! Réducteur pour ce travail admirable. Ah ! Mongo Béti !) C’est pas pour t’écraser, mais Tchekhov avec son voyage à Sakhaline, Gide lui-même allant voir de près les détails de l’asservissement colonial africain en 1925…
    Prends ton temps pour écrire, mais sache que tu me fais languir.

  • 6. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 12:45

    Missa, ça vient du latin, sens initial la table,
    d’où le messe des officiers.
    Par extension la messe dans le sens catholique du terme (missa luba)

    Höhe, si ma mémoire est bonne, ce sont les hauteurs en allemand, j’ai fait allemand 1ère langue, à cause de mon pater prisonnier pendant 5 ans en Allemagne mais pour l’instant je ne retrouve plus mon dico.
    Terme qu’on retrouve dans beaucoup de localités allemandes et plus à l’Est : dans les terres d’ancienne occupation germanique.

    Sinon Mis (avec accent aigu sur le s), c’est l’ours dans les langues slaves, plutôt le nounours d’ailleurs (pensez à l’ours Colargol) mais je ne pense pas que cela ait un rapport avec votre sujet.

    Les Germains et les Slaves ont aussi une histoire très imbriquée. Slave vient du mot « esclave ».
    Les premiers à avoir été envoyé au lieu de sinistre mémoire, Oswiecim, Auschwitz en allemand, ce sont des prêtres polonais !!!

  • 7. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 13:08

    Oui, je confirme, höhe, ce sont les hauteurs, puisque c’est escarpé, ça fait sens.
    Pour misa, je ne trouve rien dans le dico
    Soit c’est la reprise d’un toponyme ou détail géographique de la langue locale, soit c’est du germain altéré.
    Il faudrait demander à des germanistes.
    Je connais un endroit qui s’appelle Setal (avec une cédille sous le e) et ça vient de Süssen Thal : douce vallée ! (il y faisait moins 30 degrés certains hivers et 1 degré dans ma cuisine , tu parles d’une douce vallée!)

  • 8. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 13:19

    Si vous avez des copains alsaciens, vous pouvez leur demander aussi, ils peuvent vous être d’un précieux secours en terme de toponymie.

  • 9. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 14:14

    le messe des officiers dans la montagne, ça peut le faire, non ?
    un petit peu d’évangélisation avec la référence latine, la “mission colonisatrice” et le tour est joué …
    qu’est-ce que tu en dis ?

  • 10. théo  |  juin 11th, 2006 at 15:23

    Non, non, Sandrine. Misa (avec un seul “s”) est un prénom féminin ; l’officier allemand qui baptisa l’endroit rendait ainsi hommage à sa fiancée.

  • 11. Richard  |  juin 11th, 2006 at 15:45

    Huummm! C’est vrai ce mensonge? Missahöhe voudrait donc dire sur les hauteurs de la dame Missa? cet officier devait voir le monde assis ou couché, c’est selon, sur les hauteurs de sa fiancée. Et cette hauteur devait être impressionnante. Le veinard d’officier! Moi j’ai une autre théorie: Missa, c’était simplement le nom de la localité et comme c’est sur une montagne, les Allemands ont rajouté le mots hauteur. Ca se tient, non?

  • 12. Bernard  |  juin 11th, 2006 at 16:48

    Alem,
    génial de pouvoir lire ainsi ces bribes relatant notre virée coloniale… et je suis moi-même en train de mettre en forme mes notes…. j’hésite beaucoup sur la forme et je me demande si la fiction – plutôt que le rapport scientifique – n’est pas le mode le plus pertinent… le problème est vieux comme le monde. Le problème est d’admettre que l’observateur créée la réalité qu’il étudie, mais il refuse généralement de l’admettre, ce qui aggrave son cas…Il ne faut donc pas partir du principe qu’il y aurait une réalité à dévoiler, mais à l’inverse, prendre acte du fait que la réalité humaine relève fondamentalement de la fable. Cela n’enlève rien à la valeur de la parole, mais il faut bien s’incliner devant le plus grand talent de l’ Homme qu’est sa capacité d’imagination et –corollairement – son incapacité à maîtriser pleinement cet exercice. Pour paraphraser je ne sais plus qui : « tous les Hommes sont des affabulateurs et c’est un Homme qui vous le dit… ». Je crois qu’au fond scientifiques et non-scientifiques pourraient d’ailleurs se retrouver sur ce terrain, tant il est vrai que le chercheur ne peut faire autrement que se laisser gentiment contaminer par la nature fabulante et fabuleuse de son objet, qu’il ne peut faire semblant de ne pas connaître, puisqu’il s’agit aussi pas mal de lui-même. D’où le principe « anti-méthode » que tu évoquais Alem en introduction… L’anthropologue français Marc Augé n’écrivait-il pas justement « dans toutes les situations que l’anthropologue est amené à décrire, il y a l’amorce de mille romans possibles » (Le Monde daté du vendredi 7 janvier 2005).
    Le choix du genre tient sans doute à la nature de la motivation qui m’a poussé dans ce périple… et j’ai franchement du mal à la qualifier d’anthropologique, si ce n’est au sens étymologique, de discours général sur l’homme, l’Homme avec une grande hache, bien entendu. Alors oui, je tente –nous tentons- de comprendre comment la colonisation a infléchi -qu’on le veuille ou non – un certain cours de l’histoire des Hommes, et notamment la mienne. Bref, je saurais ce que je cherche, quand j’aurais une idée de ce que j’ai trouvé, et il est encore trop tôt pour le dire (nous sommes rentré il y a trois semaines seulement). Tout cela nous ramène à la Grande Histoire, celle qui explique pourquoi les choses ont un nom et pas un autre. Pourquoi la localité de MISA-HÖHE a-t-elle donc été baptisée ainsi ? Figurez-vous que j’en ai découvert la raison dans le pli d’une archive (SEBALD, Peter, Togo 1884-1914. Eine Geschichte der deutschen Musterkolonie auf der Grundlage amtlicher Quellen. Berlin, Akademie-Verlag, 1988, page 87). « Höhe », c’est clair ; le terme renvoie à « hauteur » ou « colline », cela coule de source quand on y dérape sur des mangues trop mures. « Misa », non, le terme ne renvoie pas à « messe », bien que ces grenouilles de bénitier de colons auraient bien pu l’envisager de cette manière…la piste aurait pu être la bonne. Il ne s’agit pas non plus d’un toponyme en langue locale, non, ce n’est pas cela non plus. J’ai beaucoup aimé l’intrusion de l’ours de Sandrine… Alors ? Misa n’est autre que le nom de la fiancée de l’un des premiers administrateurs du Togoland, Jesco von Puttkamer (1855-1917). Elle s’appelait Misa von Esterhazy et ayant refusée sa main, le jeune Jesco serait allé pleurer son chagrin sous les tropiques ; ce qui a cette époque, vu la résistance des yovos au palu, pouvait s’avérer plus efficace que la roulette russe ! C’est donc en souvenir de cette idylle malheureuse que l’une des premières stations allemandes à l’intérieur du Togoland s’appellera Misa-höhe, la colline de Misa, la bien-aimée. Ah, ces romantiques allemands finiront toujours à nous avoir par les sentiments.

  • 13. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 20:24

    Savez-vous que “mis” nounours est utilisé entre amoureux comme un nom doux, un peu comme honey ? avec le vocatif, ça fait “misiu”
    un peu comme “michiou”

  • 14. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 20:35

    Geschichte der Station Misahöhe
    Misahöhe wurde 1890 auf Betreiben des Kaiserlichen Kommissars Jesko von Puttkamer in der damaligen deutschen Kolonie Togoland in Westafrika gegründet. Gleichzeitig war die Station einer der acht Bezirke, in die die Kolonie eingeteilt war. Von Puttkamer hatte die Station nach seiner ehemaligen Geliebten Misa von Esterhazy benannt.

    Die Station Misahöhe war offiziell eine Forschungsstation, die auch aus dem wissenschaftlichen Forschungszwecken dienenden “Afrikafonds” der Regierung des Deutschen Reiches finanziert wurde. Tatsächlich diente die Station kolonialpolitischen Zwecken. Misahöhe lag in einem damals zwischen Großbritannien und Deutschland umstrittenen Gebiet. Durch die Stationsgründung bekräftigten die Deutschen ihren kolonialen Anspruch. Weiterhin sollte von hier aus der Teil des innerafrikanische Fernhandels, der von der Stadt Kete Kratchie über einen nahegelegenen Paß am britischen Gebiet vorbei Richtung Lome auf deutsches Gebiet führte, kontrolliert und diese Route gefördert werden.

    de.wikipedia

  • 15. Sandrine  |  juin 11th, 2006 at 20:38

    Esterhazy, famille noble hongroise
    empire austo-hongrois

  • 16. Bernard  |  juin 11th, 2006 at 21:34

    Comtesse Misa Wydenbruck-Esterházy qui aurait ouvert les portes de l’aristocratie viennoise à l’écrivain et humoriste Mark Twain… qui déclara après avoir lu dans le journal la nécrologie le concernant : “la nouvelle de ma mort a été grandement exagérée”! Twain aurait écrit aussi : « La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb a été quelque chose de merveilleux. Ce qui aurait été plus merveilleux encore, c’est de la manquer ». Pourrait-on dire la même chose de l’Afrique?

  • 17. Sandrine  |  juin 12th, 2006 at 6:11

    Comme quoi l’Europe Centrale n’est pas loin dans le nom de cette localité
    L’intuition première avec un nom slave pas si aberrante, sauf qu’il faudra chercher ailleurs…
    Le nom sonne yiddish
    Quant au prénom, rare, il m’intrigue ?
    Prénom Misha. … Misha. Prénom féminin. Etymologie hébraïque : “Qui est comme Dieu”. Dates de Fête. 29 septembre
    Bon je vais laisser la dame tranquille
    Et continuer à vous lire tranquillement

  • 18. Sandrine  |  juin 12th, 2006 at 6:23

    L’ours “Misha”: mascotte des Jeux Olympiques d’été à Moscou 1980

  • 19. emmanuel  |  juin 12th, 2006 at 9:56

    Si j’ai bien compris ce que dit Bernard, Théo avait raison dès le départ : il s’agit bien de l’hommage d’un officier allemand à sa dulcinée. De plus, son roman “Lisahohe”, d’après l’échange avec Kangni, s’arrête un peu sur la question. Kangni (ou Théo lui-même) pourrait-il nous parler un peu plus de ce roman ?

  • 20. Sandrine  |  juin 12th, 2006 at 17:14

    Non le nom n’a rien de yiddish. L’utilisation de noms bibliques c’est courant dans certains milieux.
    Du reste Dreyfus a été attaqué par un Esterhazy
    Famille effectivement hyper connue en Hongrie.
    Je me demande ce qu’il en est de Sarkozy.

  • 21. Gaëtan  |  juin 15th, 2006 at 8:45

    J’ai demandé à une alsacienne l’explication de Missahohe. Elle m’a répondu : “La Mission du haut”. Donc, si Massahohe est située en hauteur, voilà, l’explication tient la route. mission située en hauteur. Voilà, ma modeste contribution

  • 22. Sandrine  |  juin 15th, 2006 at 18:55

    Bon finalement,
    - la dulcinée
    - misha ” : qui est comme Dieu” en hébreu,
    - “Mission du haut” selon l’alsacienne,
    en voilà une belle convergence.
    Bonne soirée à tous.

  • 23. Bernard  |  juin 15th, 2006 at 23:18

    Comme je l’écrivais l’autre jour : Misa n’est autre que le nom de la fiancée de l’un des premiers administrateurs du Togoland, Jesco von Puttkamer (1855-1917). Elle s’appelait Misa von Esterhazy ! C’est donc en souvenir de cette idylle apparement malheureuse que l’une des premières stations allemandes à l’intérieur du Togoland s’appellera Misa-höhe, la colline de Misa, la bien-aimée. Voilà.

  • 24. Ite Missa est  |  juin 16th, 2006 at 0:04

    La messe est dite! Missakpa, pourquoi pas?

  • 25. Richard  |  juin 16th, 2006 at 13:28

    Je remarque que Théo avait eu raison avant tout le monde. Comme quoi, il y avait de la poésie chez certains colons. Il ne faut jamais désespérer de l’être humain.

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