OBSERVATIONS SUR LA NOUVELLE GENERATION D’ECRIVAINS AFRICAINS
octobre 27th, 2009
Dans un ouvrage collectif récent « Figures croisées d’intellectuels » (Karthala 2007) on rappelait l’objectif de la première génération d’intellectuels africains qui manifestaient « la volonté de sortir l’homme noir de l’oubli, du mépris, et de lui restituer sa dignité ».
Est-ce à l’échec de ce projet qu’il faut attribuer la rupture, ou plutôt la volonté de rupture des écrivains négro-africains « issus de l’émigration » d’avec les générations précédentes et notamment celles de la Négritude (de 1935 à 1980 pour aller vite), qui est régulièrement signalée dans les médias français, qu’ils se consacrent ou non à la littérature négro-africaine ?
Certes ce mouvement était largement amorcé par ce que nous avons appelé « les romanciers du chaos », mouvement illustré dès les années 85-2000 par les Labou Tansi, Moussa Konaté, Bernard Nanga, Alpha Diarra, Williams Sassine, Tierno Monénembo ; mais aussi Sylvain Bemba, Boris Diop, Oumar Kanté, Okumba Ngoke, Emmanuel Dongala, Werewere Liking et j’en passe.
Il est vrai que la majorité de ces écrivains demeuraient en Afrique. Il est vrai aussi que le mouvement actuel de rupture plus radicale se dessinait déjà chez des romanciers émigrés comme Kossi Efoui, Baenga Bolya, A. Wabéri.
Mais après 2000, avec peut-être la création des collections ad hoc chez Gallimard et Dapper et les titres par elles retenus, la dite rupture s’accentue, et apparaissent successivement des noms inconnus jusqu’ici, comme Sami Tchak (La place des fêtes), Kangni Alem (Coca cola Jazz), Alain Mabanckou (African psycho, Verre cassé), Patrice Nganang, (Temps de chien, et L’invention du beau regard) et Couao Zotti (L’homme dit fou…et Notre pain de chaque jour), G. Paul Effa (Le cri que tu pousses n’éveillera personne)
On constate alors quelques traits caractéristiques : ces auteurs s’exercent à une écriture « différente », et ce, même si au départ ils avaient écrit leurs premiers romans en une langue transparente et élégante. C’est le cas de Waberi, de Mabanckou, de G. P. Effa, que T. Monénembo rejoignit pour un temps dans cette adhésion au courant plus en vogue à Paris.
Désormais donc ces écrivains préfèrent mélanger les cartes d’un récit jugé trop intelligible, et, pour certains, ils suppriment toute ponctuation et tout paragraphe. De même la distinction entre narrateur, sujet, narrataire et autres acteurs du récit disparaît ou se brouille. Concernant le lexique, l’introduction très fréquente de l’argot ou des vocables africains locaux ajoute à l’opacité du texte ; cependant que la difficulté de lecture qui s’ensuit devrait être surmontée par des scènes d’extrême violence ou d’érotisme brûlant, qui désormais ont pour rôle d’épicer ces « nouveaux romans ». Si l’on aborde Kossi Efoui, Couao Zotti, Sami Tchak, Kagni Alem ou P. Nganang, pour ne citer qu’eux, on remarquera ces tendances à des degrés divers. Tendances auxquelles il faut ajouter « le refus de l’exclusivité du référent culturel » – non pas francophone –, mais africain au profit, constatons-le, des influences très françaises du nouveau roman (dépassé déjà en France) et du roman « hard » branché sur le sexuel et l’homosexuel. Je caricature un peu, mais si peu ! les alibis avancés sont « le refus des cloisonnements et des limites » et la volonté de « libération des contraintes identitaires ».
Retrouver ce langage chez des écrivains comme Kangni Alem, Couao Zotti, Kwahule, Sami Tchak, surprend ceux qui savent que ce sont là de savants professeurs de lettres, ou docteurs en sociologie. Pourquoi cette vulgarité qui ne leur est certainement pas naturelle ? Rien ne vieillit plus vite que l’argot.
Bref ces « nouveautés » de l’écriture rapprochent sans doute nos écrivains émigrés de la littérature française actuelle et c’est efficace pour leur intégration, sans doute. Mais cela les éloigne en revanche et de leur public africain et d’une créativité propre, dans la mesure où ils récoltent les tics d’écriture de leurs confrères français.
Chez nos écrivains africains l’exhibitionnisme sexuel relève de la provocation, certes. Les scènes pornographiques sont à présent de rigueur dans les romans d’africains immigrés. De ce fait ils choisissent leur public, car cela ne pourrait plaire, certes, dans leur Togo ou leur Cameroun d’origine ! La critique occidentale a suffisamment taquiné les Africains pour leur pudeur verbale littéraire.
Que cherche donc Sami Tchak pour assaisonner son roman La place des fêtes (Gallimard 2000) de moultes scènes d’accouplements normaux…et paranormaux, dont il ne passe aucun détail ? Et Kangni Alem dans Coca cola jazz (Dapper 2003), croit-il vraiment que les amours de deux demi-sœurs gouines nous feront mieux apprécier son talent ? C’est en revanche bien dans le ton de Patrick Besson ou de Houellebecq.
Par ailleurs jusqu’ici tout ce mouvement était récupéré au bénéfice de la Francophonie, cela allait de soi. Or une dernière étape est franchie aujourd’hui, avec cet article du Monde paru juste avant le grand salon du livre à Paris – d’avril 2007 – et qui prétend projeter désormais cette littérature affranchie du souci identitaire dans les limbes du mondialisme et, plus précisément, dans ce qu’on appelle déjà la world littérature.
Cette nouvelle génération est en effet pourrie de talents et il est désolant de la voir ainsi déviée, dévoyée de son cri « de son vrai cri, celui qu’on sent sien, et lui seul » (Césaire, toujours).
Au risque d’avoir mis leur « africanité en question »14 ils ne sont pourtant pas entrés dans la mondialisation. Et ce n’est pas faute d’avoir été soutenus par les milieux littéraires français, contrairement à ce qu’affirme Christiane Albert (Figures croisés d’intellectuels, Karthala 2007).
Nos jeunes écrivains sont au contraire très en phase avec ce qui se fait en métropole, et gâtés par les sunlight. A charge pour eux de ne pas se laisser prendre à leur piège. Et, oserais-je le dire, de travailler davantage, se chercher davantage, plutôt que de produire un roman tous les ans… et qui ne pèse pas très lourd.
Par Lilyan KESTELOOT
Ethiopiques n° 78, er semestre 2007.
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21 Comments Add your own
1. Alex G | octobre 27th, 2009 at 20:49
Salut KA,
Quand le sexe est froissé, on dit qu’on n’aime pas la baise et certains vêtements…Passons. C’est mon père qui le disait. Kestelot a quel âge déjà ?
Je viens de lire ton interview sur tribune info. Je me demande si tu n.y a pas mélangé un peu les choses; Toi qui distinguais bien traite et esclavage. Adandozan s’opposerait à l’esclavage? non plus à la traite seulement ?
2. K.A. | octobre 28th, 2009 at 0:11
Cette interview… bof! Ne fais pas attention à cela, je distingue toujours, et puis le roman dit les choses mieux que ce que les journalistes croient entendre. Passons. Ton père m’intéresse, rires.
3. Maryse | octobre 28th, 2009 at 14:13
Super soirée. Vous avez été bavard, toi et Florent, dans le public beaucoup avaient lu le roman et auraient aimé poser des questions. Félicitations quand même.
4. Anatole | octobre 28th, 2009 at 14:14
« Les scènes pornographiques sont à présent de rigueur dans les romans d’africains immigrés. »
Ah bon? Et Kourouma? Les soleils des indépendances? Vraiment bizarre cette critique!
5. Sulëman | octobre 28th, 2009 at 16:56
A défaut d’avoir lu ton livre que j’ai désormais plus qu’entamé, j’avais parcouru cette critique avant de venir à la discussion, hier soir… J’ai préféré éluder l’emprunt des passages les plus polémiques lors du jeu des questions/réponses.
Il est vrai que les goûts de Madame Kesteloot ne sont pas de « toute première jeunesse » littérairement parlant, en tout cas… Sa simple déclaration « rien ne vieillit plus vite que l’argot » est de mon point de vu d’écrivant – certes un brin tâcheron – tout simplement stupide. Mes séjours dans de nombreuses contrées de ce monde ont enrichit mon vocabulaire (et notamment argotique) plus qu’il ne l’ont restreint – et j’aime généralement la langue verte utilisée par tous les écrivains de ce monde.
Sans doute peut-on regretter en revanche qu’une nouvelle littérature africaine ou non africaine (puisque Madame Kesteloot fait référence à Besson ou Houellebeque) soit simplement branchée sur le cul pour le cul. Mais le cul peut aussi servir un propos, comme parler du tabou de l’homosexualité en Afrique, des relations tariffées, des mariages forcés ou… simplement d’amour…
Quant à la dernière accusation « que la littérature affranchie du souci identitaire » soit désormais projetée dans « les limbes du mondialisme » ou de ce qu’elle appelle la « world littérature », je n’en crois rien. Mais je laisse le soin aux quatre Mousquetaires incriminés (Kossi Efoui, Couao Zotti, Sami Tchak et Kogni Alem) le soin de férailler avec notre gardienne du Temple.
Conclusion : son panthéon sent certes le moisi, elle pose nénamoins quelques pistes de débats.
6. K.A. | octobre 29th, 2009 at 11:46
Salut Suleiman, discuter avec toi pendant et après la rencontre de Lomé fut un délice. Par contre, j’avais oublié de dire que Haïti a le même amour pour l’Afrique; les Amériques noires en général. Je dis cela pour corriger mon discours trop exclusif sur le Brésil, lequel a un peu agacé une amie haïtienne qui était dans la salle.
Pour le reste, je ne fais pas trop cas de la critique de L.K., au contraire, je l’analyse comme une preuve d’intérêt déguisé pour ce que nous faisons.
7. Um Nyobé | octobre 29th, 2009 at 11:54
Je ne suis pas d’accord avec vous K.A. D’abord parce que la critique est une opinion. En tant que telle, elle entend refléter ce qu’elle estime pertinent à partir d’un regard supposé.
Vous critiquez le regard ou, plus être plus précis la grille de lecture. Soit. Mais vous ne pouvez pas en inférer que l’on ne vous a pas compris. Cela est faux. La critique n’est pas là pour dire ce que vous êtes ou prétendez être; elle est là pour proposez une interprétation possible de ce que renvoient vos livres.
Et venons-y maintenant à vos livres. Je crois en ce sens que la méthode adoptée par KESTELOOT n’est pas très bonne: il est difficile d’amalgamer vos romans à ceux de Kouao Zotti, de SAMI TCHAK, Effoui et j’en passe… L’appréhension globale a en ce sens ses revers. J’en conviens. Je crois personnellement que chaque auteur à sa singularité.
Peut-on malgré tout risquer une généralité? Il me semble que oui. Le thème du sexe par exemple est commun à vous (dans votre Coca-Cola Jazz), à Kouao-Zotti, à Tchak et Mabanckou. Je n’ai pas lu Effoui donc je ne me permettrais pas de l’aborder.
Si je m’en tiens aux auteurs que je cite, force est de constater que le sexe apparaît de façon plus explicite que ce que l’on pouvait lire dans une certaine littérature de précédente (Kourouma par ex).
Savoir maintenant pourquoi un tel manque de pudeur est une autre question plus compliquée qui nécessite un travail à mon sens plus fin que celui de KESTELOOT… Quelles influences, quels contextes aboutissent à cette « rupture », c’est là un écueil qui ne se résout pas en quelques lignes j’en conviens.
La critique se trompe aussi selon moi lorsqu’elle amalgame les revendications d’un Mabanckou qui prétend se réclamer d’un courant de « world litterature » (et que je pense pour ma part, reste assez isolé) des autres auteurs. Là encore, si la mondialisation a une influence, il faut savoir laquelle, ce qui nécessite un vrai travail préalable sur ce qu’il convient d’appeler « mondialisation ».
Quoi qu’il en soit et je m’arrêterai là , je crois que l’on ne peut balayer d’un revers de main le propos de KESTELOOT…
Pour ma part, je serai tenté de focaliser ses critiques sur le personnage de Mabanckou. Mais à lui seul, Mabanckou n’est pas toute la littérature nouvelle… L’erreur vient sans doute d’une hyper médiatisation qu’il entretien volontairement. Mais cela est un autre problème qui n’est pas sans affecter la représentation de la littérature africaine dans son ensemble…
8. K.A. | octobre 29th, 2009 at 11:58
Kesteloot n’a jamais produit une seule critique sérieuse d’aucun des auteurs qu’elle « attaque » sexuellement (rires), tu ne trouves pas cela curieux? Je ne balaie pas les critiques d’un revers de la main, c’est mal me connaître…
9. K.A. | octobre 29th, 2009 at 12:01
Et puis, juste pour le fun, je vais adresser une invitation à L.K. à m’accompagner dans boîte de strip-tease à Doala, peut-être verrait-elle enfin cette réalité qu’elle croit que bous inventons gratuitement. D’ailleurs, la sexualité gratuite n’existe pas, la sexualité reste un motif qui dit la mutation des mentalités sur le continent, même feutrée. Merci pour tes remarques qui ont du sens, cher Um Nyobé.
10. K.A. | octobre 29th, 2009 at 12:02
« une boîte de … » à DOUALA…
je suis mal réveillé, aaaaaaaaaaaaaaarrrrgggghh!
11. Timba Bema | octobre 29th, 2009 at 16:08
Liberté=log(Sexe)
12. Um Nyobé | octobre 29th, 2009 at 19:04
Cher K.A,
Je ne savais pas qu’il existait ce genre de boîtes de nuits à Douala (je parle franchement). Je pense (personnellement), que ton roman Coca Cola Jazz est très lubrique, trop même pour qu’il reflète une quelconque réalité.
Il est vrai cependant que la sexualité mute en Afrique. C’est un vrai sujet d’étude…
13. Timba Bema | octobre 29th, 2009 at 19:12
Um Nyobè voudrait qu’on lui communique l’adresse de ce lieu? On pourrait déjà lui chatouiller les neurones en lui disant que la fameuse est jetée en plein centre-ville.
14. Alceny B | octobre 29th, 2009 at 20:28
K.A: J’aime bien tous les auteurs que cite L.Kesteloot sauf Mabanckou ( excepté son Verre cassé) mais je constate aussi qu’il y a du sexe et de la violence dans vos oeuvres qui ne se justifient pas toujours( c’est mon avis). Quant à la langue, même avec l’argot; vous êtes tous de grands prosateurs et c’est à saluer. Au lieu de la vouer aux gémonies, peut être qu’il faut vous demander pourquoi vous êtes nombreux dans cette nouvelle génération à épicer vos romans de scènes hard et hot? Est-ce ce qu’attend le lectorat occidental ou est-ce un besoin des créateurs? Amicalement
15. Alex G | octobre 29th, 2009 at 21:46
LA VIE DEUX
La vie deux
Me revoici comète bleu -rouge et vert, jaune, vert et jaune
De nouveau dans la poussière asthmatique de ma cave
Regard posé sur le dégoût de la ligne de suie sur le blanc
Le blanc du blanc noir du col de ma Versace bleue
Comment ! Sont-ils encore là mes ancêtres morts-vivants
Riant dans la crasse d’une vie rythmée par la brûlure
Dans le carré non conditionné de l’air qui étouffe
Aux pieds d’un prince héritier d’un homme vodou
Où sont-ils mes prédécesseurs débarqués déjÃ
Et cette meute aux mille dents qui m’accompagne
Comme la conscience grelottante d’un nègre neuf
A l’heure indue dans les tenues du cérémonial
Les voilà dressés comme l’enflure capuchonnée
Gland savant habillé et chaussé de monocle écarlate,
Bananes pavloviennes de guenons darwiniennes. Nu
Phallique délice des courbes molles en cadence.
Me revoici parmi les dits miens pour m’amuïr en eux
Tracer le pont sonore qui unit dans l’universel dessein noir
Ma langue d’esclave à la langue à rallonge du maître
Au creux de notre française souveraineté grippée
Par ce matin froid j’ai tombé ma robe de copiage
Devant la candeur d’un corps liquide, ligne et brillant.
La source verticale montait vers ma capuche joyeuse,
Fier margouillat interrogatif à son mur suspendu
Nu comme une pensée débarrassée de ses scories
Vide de moi ; plein du vide qui appelle les enjambées
Mou vide dans ma nouvelle culotte large et tombante
Je surpris le soleil, portais encore ma chaude nudité.
Je vous tends la main dans l’ingratitude sévère
Révélée par l’odeur ivre de la mer que porte la femme
Dans la parure musquée qui aspire et réchauffe nos glaives
Pour rebâtir dans le futur, l’Afrique de nos présences.
16. Alex G | octobre 29th, 2009 at 22:06
Salut Tous !
J’ignore la raison de cette présence mais en regardant autour de nous, eh bien la chose nous interpelle; Les jeunes femmes sont presque nues dans les rues et pour qui aime zieuter en dessous, c’est une foire permanente. Les filles assises ne savent ou ne veulent plus croiser les jambes et les gaillards mettent la chose bien en vue de côté ou le pantalon à mi- chemin..;
Si vous voyez une femme en jean, ceinture relâchée (la mode) se courber pour ramasser un objet, n’approchez pas de trop près si vous êtes pudiques. Elles fléchissent plus les jambes comme Mémé, mais vous découvre un beau strigle dentellé et debout, remonte toutes ces choses sans sourciller, sans pitié pour les yeux balladeurs. ça c’est le vécu.
De quoi parle un roman ? l’auto censure ? Et puis qui se réclame de tel ou tel genre puis que depuis on parle déjà de ces choses -là ailleurs(?)
K. A pourquoi vous parlez de ces choses là , hein ?
17. K.A. | octobre 30th, 2009 at 0:02
Alceny, ha, la réalité!?
Um, mon Dieu, à Douala, derrière l’hôtel Akwa, il s’en passe des choses, gogo dance et strip-tease. Tu n’en as jamais entendu parler? Fais-y un tour? Je crois que si la plupart des gens de notre génération sortaient régulièrement dans la nuit en Arique, il relativiseraient leurs jugements. En tout cas, à chacun sa réalité. Comme dirait Sami T., témoin avec moi de tant de choses, si on raconte la moitié de certaines choses, on nous traiterait de lubrique.
Allez, ce n’est pas dans mes habitudes de forcer les gens à croire les mêmes choses que moi. Alceny, Alceny, si tu savais…
18. K.A. | octobre 30th, 2009 at 0:03
Trop de coquilles, il est presque minuit, la journée a été longue, j’arrête.
19. Cé dans l'air du temps? | octobre 30th, 2009 at 13:24
Et pk ce marto?
http://www.congoblog.net/quand-musique-et-sexe-se-melent/
20. Et pk ce marto? | octobre 30th, 2009 at 13:26
http://www.congoblog.net/quand-musique-et-sexe-se-melent/
21. Et pk ce marto? | octobre 30th, 2009 at 14:09
L’imaginaire est réel, la fiction dit le monde.
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