Musique et littérature

mai 31st, 2006

EDITO POUR LE LANCEMENT DU NUMERO 154 DE LA REVUE NOTRE LIBRAIRIE


Un champ d’études encore vaste…

Sujet faussement évident pour lequel l’intérêt critique reste pourtant lacunaire dans les études africaines, la question des liens entre musique et paroles, généralement écrites ou chantées, et particulièrement entre la musique et la littérature, est au cœur de ce numéro qui tente de dépasser la figure simple du griot, modèle suranné longtemps imposé aux créateurs du Sud, pour aller questionner des pratiques nouvelles, s’étonner de certaines lacunes.

bebey_7.jpgCertes, il y a l’exemple de l’écrivain et musicien camerounais Francis Bebey (photo ci-contre) abordé dans ce numéro, habitué aux allers-retours entre les thèmes de ses livres et ses compositions musicales. Néanmoins, ce cas, et quelques autres analysés ici n’induisent pas une pratique systématique de la modalisation musicale de l’écriture. Est-ce à dire que les écrivains se méfieraient du genre ou fuiraient, sans se l’avouer, cet horizon mythique dont parle Dethurens, celui où les mots, impuissants, peinent à fusionner avec les sons ?

La proximité de la poésie avec le chant aura même généré le mythe de la musicalité chez certains auteurs, comme si l’articulation des formes était évidente, dès lors qu’on pose le principe de la relation. Par conséquent, évoquer la question de la prégnance musicale sur la mise en ordre des idées à travers la littérature, l’architecture des métaphores, c’est assumer le risque des (re)lectures singulières. C’est ainsi que la prose serrée de Valentin Mudimbe semble emprunter son austérité à un chant monacal, que la musique vodou intervient dans le processus de création chez Olympe Bhêly-Quenum, et que la musicalité est véritablement inspirée du jazz chez un dramaturge comme Koffi Kwahulé (photo). kwahulé_1.jpgCes mêmes inspirations sont perçues chez des romanciers aussi dissemblables que Mongo Beti et Emmanuel Dongala, ainsi que l’influence des chants rituels dans les romans de l’écrivaine malgache Michèle Rakotoson. Autant de questions auxquelles le premier dossier, « Convergences », tente de répondre, en étudiant l’absence ou l’existence de liens pérennes entre les deux arts.

Partant de la littérature, le numéro progressivement élargit son champ de définition. Ainsi l’étude du « bassin congolais », un cas immense dans l’histoire littéraire et musicale du continent africain, prolonge-t-elle l’étude des intuitions contenues déjà dans la première partie, notamment dans l’article de Blaise Ndjehoya sur la « vérité » du chant, d’Alpha Blondy à la génération dite du « Rap Conscient ». Ici s’opère un renversement de perspective, en ce sens que la mise en musique des paroles montre toute la puissance de l’efficacité métaphorique du chant, du fait qu’il tente d’échapper aux limites du langage écrit tout en lui conservant son pouvoir d’expression, touchant par là-même, et peut-être sans le vouloir, à la poésie. Du chanteur Zao à l’écrivain Jean-Baptiste Tati-Loutard, en passant par les mémorables classiques de la rumba version Franco ou Seigneur Rochereau, pour en arriver à la modernité du rap de Passi, les exemples retenus illustrent cette étrange dissociation. L’exemple du Gabonais Pierre Akendengué dans la partie « Repères », pourrait être celui de la synthèse. Véritable Orphée, poète, musicien et chanteur qui privilégie le caractère du discours poétique en l’élevant au-dessus de la banale réalité, l’artiste réussit avec maestria l’alliance de la pensée et de la parole dans la fluidité du chant, abolissant du coup cette vieille peur mallarméenne d’une quelconque suprématie de la musique sur la littérature.

Les grilles de lecture choisies pour l’élaboration de ce numéro ne sont pas exclusives d’autres(1), d’autant plus que le concept de musique se décline facilement sur différents modes. Des arts performatifs aux traces sonores d’un film, les métamorphoses de l’infini musical déconstruisent autant qu’elles enrichissent la perception polyphonique des paroles, définissables elles-mêmes dans un sens plus élargi. Qu’elle produise, artificiellement ou spontanément, l’euphonie, la dissonance, ou chromatise le texte, la musique demeure le mythe indépassable de tout créateur, elle lui offre un espace problématique et totalisant, indispensable a priori à l’affirmation de ses possibilités artistiques. De ce point de vue, concernant les littératures africaines, le champ d’études est encore vaste…


beautyfulones_1.jpg(1) La problématique inverse serait intéressante à traiter: comment les musiciens du Sud ont-ils intégré ou pourraient-ils intégrer l’élément littéraire ou linguistique à leurs oeuvres, à l’instar d’un Branford Marsalis mettant en musique The beautyful ones are not yet born du romancier ghanéen Ayi Kwei Armah ?

Pour télécharger le numéro entier de la revue, http://www.adpf.asso.fr/librairie/derniers/154/texte154.htm

Entry Filed under: MUSIKA

27 Comments Add your own

  • 1. K.A  |  mai 31st, 2006 at 12:39

    Pour mon ami Franck, qui m’a révélé mon ignorance criarde de la scène contemporaine du jazz sud-africain, et qui m’a recommandé d’écouter FEYA FAKU, le jeune prodige du pays de Mandela, c’est fait, et j’y ai même ajouté, pour ne pas mourir idiot, Mzwadile Mbejeni & Township Connection, Jimmy Dlidlu, Concord Nkabinde et le soporifique Bheki Mseleku (bon, je suis un peu sévère sur l’album “Star Seeding”, je vais chercher à écouter un autre). Par contre, pour rester dans le sujet, Franck, il faut absoulument que tu lises le roman BABYFACE de l’Ivoirien Koffi Kwahulé (chez Gallimard, Continents Noirs), tu vas tomber raide, dommage qu’il ne soit pas un saxophoniste cet Elephant! C’est au sortir de la deuxième lecture de ce roman que j’ai décidé de publier sur le blog ce vieil édito, tu ne m’en voudras pas d’être un peu cuistre et pédant comme un mauvais prof de littérature qui rêvait d’être musicien “noir”. Bonne journée!

  • 2. Franck  |  mai 31st, 2006 at 13:59

    L’évocation de “The beatyful ones are not yet born” du controversé ou politiquement correct –c’est selon, Wyton Marsalis m’ont rappelé la nouvelle de Emmanuel Dongala A Love suprême (in Jazz et Vin de Palme). Ici il y a comme une sorte d’hommages croisés de musiciens à écrivains. Marsalis (musicien) à Ayi Kwei Armah (écrivain) d’une part ; et de l’autre Dongala à John Coltrane. Je te conseille de relire Dongala aussitôt après avoir réécouté Coltrane.
    Me vient également à l’esprit le titre à la Beethoven d’un court roman de Gide : la Symphonie Pastorale.
    Pour ce qui est du jazz sud-africain, je concède que Bheki Mseleku peut être soporifique mais je te conseille quand même de prêter une oreille à Home At Last, son dernier. Il es facile à trouver en Europe. Pour le reste du jazz sud-africain ce lien m’a été fort utile : http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=1949
    A+

  • 3. Timba Bema  |  mai 31st, 2006 at 15:45

    C’est trés rigolo le rapprochement entre L’écriture et le jazz. Le seul hic c’est que l’écriture est en fait une ré-écriture. L’écrivain travail et retravaille son texte ce qui l’éloigne donc de l’improvisation. Si d’aucuns sont tentés par de tels rapprochements ils n’ont qu’à relire les surréalistes.

    Par ailleurs, « la fausse note est non-sens en Jazz »(Lee Konitz). Je remarque A.M a succombé au charme de “Kind of Blue” l’une des plus intéressantes tentatives de repenser le Blues. Je me permets de vous conseiller “The blues and the abstract thruth” de Oliver Nelson(Impulse) pour ceux qui veulent explorer ces nouvelles voies du Blues. Un casting hors-pair avec :

    Oliver Nelson : Sax Alto et Ténor

    Bill Evans : Piano

    Freddie Hubbard : Trompette

    Roy Haynes : Batterie

    Paul Chambers : Bass

    George Barrow : Sax Baryton

    Eric Dolphy : Sax Alto et Flute

    Alors, qu’est ce qu’on attend les amis ?????

  • 4. K.A  |  mai 31st, 2006 at 16:45

    Branford, le frangin, pas Marsalis, le convenu mais parfois surprenant! J’ai un ami, le musicien de jazz tchadien Doro Dimanta, qui a fait un spectacle avec Jazz et vin de Palme en reprenant des thèmes de A Love Supreme, épatatnt!

  • 5. K.A  |  mai 31st, 2006 at 16:53

    Timba, as-tu jamais écouté les différentes versions de “A Love Supreme” ou les improvisations de fDerek Bailey? On est toujours dans la réécriture, comme dans une représentation théâtrale, en cela d’ailleurs, la musique comme le théâtre ont cet avantage sur la littérature (le texte imprimé, daté, scellé) de n’être jamis des objets figés! Enfin, sans t’imposer mon point de vue!

  • 6. Zik  |  mai 31st, 2006 at 16:54

    Je pense qu’il a peut etre lieu de presiser que les auteurs/interpretes dont il est question dans ce texte, sont pour la plupart, des Chansonniers. Contrairement aux autres types de musiciens, les chansonniers se distinguent par un ideal social et un style de chansons et de presentation dont le depouillement et le caractere intimiste favorisent l’expression poetique. C’est ainsi que Bebey, Akendengue ou meme Lokoua Kanza etc… sont manifestement plus poetiques que les autres. J’aime bien le Camerounais Cyril Effala, dont la mort nous a fauche trop top de son talent. La caracteristique de ces gens est souvent des textes dont les preoccupations sont aussi esthetiques que sociales ou politiques. Faire danser n’est jamais plus important que faire penser.

    Juste une petite bemole (on parle de musique, n’est ce pas), pour dire que Branford Marsalis habite pas loin de chez moi (a mois de 2 kilometres), je le vois passer regulierement avec sa femme et leurs enfants. Il est aussi professeur de musique dans une universite du coin (pour revenir au theme academie-musique). Ce gars est un veritable encyclopediste. Je me demande comment il fait pour s’occuper de tant de choses et etre si productif. Il n’y a pas longtemps, il a produit un album dont le theme etait la peinture de Romare Bearden. Non seulement il met des romans en musique, mais il met aussi des images en musique.

  • 7. Franck  |  mai 31st, 2006 at 17:02

    Tu sais que Branford a repris A Love Suprême sur un de ces albums “Footsteps of Our Fathers” la critique britannique l’a trouvé super. J’étais d’avis contraire après l’avoir acheté et écouté : c’était insipide.

  • 8. Zik  |  mai 31st, 2006 at 17:07

    K.A.,

    Hmmmmm! meme le texte ecrit n’est pas obligatoirement fige. Il y a des interpretations variables d’un meme texte, selon les sensibilites. Le jazz aussi est ecrit, donc dans une certaine mesure, fige. Mais c’est l’interpretation personnelle du theme qui lui donne cette fraicheur improvisatrice. Quand je relis un roman, tres souvent, je n’ai pas les memes impressions que lors de la premiere lecture. Les images qui se forment dans ma tete peuvent changer et muter. Si le texte lui meme est fige, je soutients que son interpretation, comme en musique ou au theatre, est sujette a des changements qui peuvent meme etre radicaux.

  • 9. K.A  |  mai 31st, 2006 at 17:44

    Zik, tu peux me prendre un autographe, please, sur n’importe quel support, de préférence sur… non, je te laisse deviner! Tu parles d’effet de relecture à ce moment-là, soit. Un peu ce que j’ai ressenti en relisant Babyface de Kwahulé, ou ressentirais si je reprenais la Symphonie Pastorale. la dynamique d’un texte provient de la rencontre des voix du lecteur et de l’auteur, non?
    Frank, reconnais quand même, à la décharge de Branford, que reprendre la prière d’un converti sans religion (Coltrane) à son Dieu n’est pas une sinécure! Beaucoup s’y sont mordus les doigts, même la veuve de Coltrane ou sa fille n’osent.

  • 10. Timba Bema  |  mai 31st, 2006 at 18:58

    K.A; A mon avis la Musique est un Art du temps tandis que la Littérature est un Art de l’espace. Pour avoir un livre on réécrit son improvisation et le résultat final devient figé dans le temps. Tandis que la musique participe du temps et donc est unique chaque fois qu’on la produit. Cette ”ré-écriture” me semble donc de nature différente de celle dans la Littérature puisque son but n’est pas de produire une construction qui serait arrêtée dans le temps comme le fait l’écrivain.

  • 11. Sami  |  mai 31st, 2006 at 20:02

    Kangni, Kangni, hé, tu te trompes? Tu connais bien Bohumil Hrabal? Tu as lu à son sujet, toi aussi, ce qui suit? “Hrabal remet radicalement en question la notion de texte définitif. Difficile de s’y retrouver dans les différentes versions d’un même texte, souvent publié en concurrence. Ainsi, Une trop bruyante solitude existe en trois versions reconnues par l’auteur, à quoi s’ajoutent des variantes opportunistes opérées d’une édition à l’autre. Il peut s’agir d’une intervention massive, tel ce collage qui enchevêtre l’un dans l’autre Tendre Barbare et Une trop bruyante solitude, tout en les amputant des passages les plus critiques, en vue d’une publication “officielle” dans les années 1980. Ailleurs une modification plus limitée vient atténuer tel passage jugé trop choquant (…) Chez Hrabal les mots changent; c’est spontanément, de propos délibéré, qu’il produit des variations ou des collages: avec sa machine à écrire, les ciseaux deviennent pour lui un instrument d’écriture”.
    Tout ça pour te dire que même pour les romans, le texte n’a pas été figé pour tout le monde. On a l’exemple aussi de Sade qui, de son mince Justine ou les malheurs de la vertu a fait par la suite plusieurs tomes de plus de deux mille pages. Mais comme dit Timba, en littérature, théâtre ou autre, il s’agit de réécriture.

  • 12. Zik  |  mai 31st, 2006 at 20:34

    Sami,

    Si je comprends bien, ce que vous exprimez rejoint le concepte de l’adaptation musicale, ou l’epine dorsale du theme musical lui meme, ne change pas, mais seuls les arrangements sont modifies. Par exemple, on fait jouer les partitions claviers par les vents etc… On ajoute une percussion ici et la. Le theme est essentiellement le meme, mais les arrangements sont differents. Donc suivant les circonstances, un texte peut perdre ou gagner certains elements sans que son fond thematique ne soit profondement modifie. Voila une idee seduisante. C’est peut etre ce qui se produit lorsqu’on lit le meme ouvrage dans des langues differentes. J’ai par exemple lu “Le Parrain” de Mario Puzzo (je sais, c’est pas de la haute litterature, mais je vous implore le pardon) en Francais quand j’etait au Lycee a Libreville, puis en Anglais plus recemment. J’ai eu l’impression d’avoir lu deux livres differents. Il faut aussi compter le fait que je sois plus mature (je l’espere) aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

  • 13. Sami  |  mai 31st, 2006 at 20:56

    Oui, Zik, Hrabal donnait de ses romans des versions différentes, avec quand même parfois des changements qui modifient totalement la compréhension d’une intrigue quand il décide d’en modifier surtout la fin, une version où le héros se suicide, une autre où il ne se suicide pas. Même si les éléments essentiels du texte sont maintenus, la différence des fins changent tout. Et quand il colle un roman à un autre, c’est vraiment d’un nouveau roman qu’il s’agit. Si tu n’as pas encore lu cet auteur, découvre-le par Une trop bruyante solitude, 125 pages avec la préface, donc c’est un roman court, lis aussi Tendre Barbare. Rien à regretter quand on lit Hrabal.

  • 14. Zik  |  mai 31st, 2006 at 21:03

    Sami, je pense que ca vaut le detour. Je vais le faire. Merci.

  • 15. K.A  |  mai 31st, 2006 at 21:32

    On est dans l’expérimental avec Hrabal, ce que chacun a connu plusieurs fois en “bouclant” son texte, mais peu d’éditeurs osent suivre ce genre d’expérience et la tendance générale est plutôt au texte figé. On publierait même un texte avec plusieurs finales, des variantes sur les phrases en annexe ou appendice que le problème se poserait toujours. La vraie question ne pourrait-elle être celle-ci : à quel moment se produit la réécriture dans un texte littéraire, toujours en situant ma demande dans le champ, l’instance de la lecture et non de la répétition des variantes!?

  • 16. Sami  |  mai 31st, 2006 at 21:46

    Tu as raison, Kangni, de dire que peu d’éditeurs suivraient un auteur qui donne des variations de ses propres textes, mais il est clair qu’aucun éditeur ne se permettrait de refuser cela à un auteur de la trempe d’Hrabal. On peut se le permettre à ces sommets-là. Oui, ce fut un “expérimentateur” et cela a donné une oeuvre si originale.

  • 17. Timba Bema  |  juin 1st, 2006 at 1:02

    A mon avis la ré-écriture n’est pas une contrainte éditoriale mais relève de la nature même de la Littérature en tant qu’Art de l’espace. La caractéristique d’un Art de l’espace (Peinture, Sculpture, etc…) est qu’il donne à voir un objet en le figeant dans le temps. C’est donc ce rapport à la matérialité qui constitue la contrainte essentielle d’un Art de l’espace. La ré-écriture dans ce sens consiste donc à faire voir l’idée de départ. Un écrivain ré-écrira son texte aussi longtemps qu’il ne donnera pas à voir l’idée qui sous-tend sa démarche.
    Ainsi, la ré-écriture est plutôt un travail a priori, avant l’objet final.

    Les tentatives comme celles de Hrabal semblent vouloir réconcilier l’espace et le temps et reproduire dans les Arts le continuum einsteinien. Un artiste peut toujours se permettre de rêver mais il n’en demeure pas moins que c’est en créant de nouveaux arts que cette tentative pourrait devenir effective. Ainsi, le cas de Hrabal semble ne pas reléver de la ré-écriture mais de la replication. Je m’explique: Les oeuvres de plusieurs auteurs tournent presque toujours autour d’un même univers qu’on a l’impression que, d’un livre à l’autre, ils repliquent le même thème. A partir de ce constat, Hrabal pressent que ce qu’on appelle Oeuvres n’est en fait que la replication d’un même thème remodélé à souhait d’où sa tentative, trés honnête, d’assumer cette fatalité de l’écrivain à n’écrire que la même chose. Cependant, chacune des répliques d’un thème nécessite, pour devenir un objet final, une ré-écriture.

    Dans les arts du temps, il n’y a de contrainte matérielle

  • 18. Timba Bema  |  juin 1st, 2006 at 1:09

    Par ailleurs, le génie du Jazz repose sur le fait que ses praticiens ont pris conscience que c’est un Art du temps donc qu’il n’ ”existe” qu’au moment où on le fait.

  • 19. Zik  |  juin 1st, 2006 at 1:58

    Timba,

    C’est dans cet esprit que Kind of Blue a ete enregistre. Il n’y a pas eu de repetitions, chaque musicien a recu les partitions en arrivant a la seance d’enregistrement et tous les enregistrements se sont fait en “live”, c’est a dire que tout le monde jouait en meme temps et l’enregistrement se faisait en une seule prise. C’est peut etre pourquoi cet album reste frais et intemporel.

  • 20. Bonne lecture  |  juin 1st, 2006 at 13:46

    Une interview intéressante de Kofi Kwahule dans le très sérieux Jazz Magazine:
    http://www.jazzmagazine.com/Interviews/Dauj/KKwahule/Kwahule.htm
    Bonne lecture

  • 21. Zik  |  juin 1st, 2006 at 15:52

    Quelques reflexions inspirees par la lecture de l’interview de Koffi Kwahule

    1. Je pense que les specialistes s’accordent sur le fait que ce soit plutot le Blues qui soit la musique diable et non le Jazz, tant bien meme le Blues est le precurseur du Jazz et la transitivite veut que si le Blues est “diabolique”, alors son fils le Jazz l’est aussi forcement. Mais si on veut etre rigoureux, la musique du diable est le Blues. La liaison du diable et de la musique Afro-Americaine prend son origine dans le Mississippi, et avec le tres immense Robert Johnson, qui est considere comme le pere du Blues moderne (la transition du spiritual au Blues). La legende veut que Robert Johnson ait vendu son ame au diable en echange du don de musicien hors pair.

    2. Koffi cite comme inspiration Scorcese et Coppola, deux realisateurs Italo-Americains issue d’une immigration plutot recente, qui eux revendiquent pleinement leur Italianite, et font des films qui explorent souvent le devenir des immigres Italiens aux USA (The godfather, Goodfellas, Mean streets, Raging Bull etc…), et utilisent souvent des acteurs Italo-Americains (Leonardo DiCaprio, Nicholas Cage, Annabella Sciora, Ray Liotta, Chazz Palminteri, Robert de Niro, Joe Mantegna, Al Pacino, Joe Pesci etc…).

    3. Monk, le moins “pianiste” de tous les grands (au sens technique), qui utilisait une technique peu orthodoxe qui indiquait qu’il n’avait pas pris de “lecons”. Mais dieu qu’il etait original et sublime.

    4. Les deux derniers paragraphes nous offrent un paradoxe. Il dit ne pas ecrire un theatre “Africain”. OK, sa definition et approche se veulent personnelle. Mais dans le paragraphe suivant, il parle sans sourciller de Theatre “Europeen”. Doit on comprendre, une fois encore, qu’il y ait negation de theatre Africain et affirmation de l’Europeen? Le theatre, qu’il soit Africain ou europeen n’est-il pas toujours une demarche personnelle? Shakespeare et Moliere sont-ils plus Europeens qu’universels?

  • 22. Jacques  |  juin 1st, 2006 at 20:40

    Le théâtre africain n’existe pas, sur ce point Kwahulé, sa compagne Sylvie Chalaye ne se rejoignent-ils pas un peu?

  • 23. K.A.  |  juin 1st, 2006 at 22:17

    Sans vouloir défendre le Sphinx (je l’ai surnommé ainsi) Kwahulé, je ne suis pas certain qu’on puisse dire qu’il pense toujours la même chose que sa compagne qui, c’est vrai, à beaucoup contribué à la critique du théâtre de Kwahulé.

  • 24. capucino  |  juin 2nd, 2006 at 17:42

    un livre choral étonnant ce Babyface, j’avais déjà craqué pour Bintou, mais là j’avoue, si sa femme le critique dans le bon sens et lui permet d’élever son niveau d’écriture pour un pareil théâtre qui fuse dans tous les sens de la contradiction humaine là je dis bravo, Les Bonnes ne critiquent-elles pas Madame…

  • 25. Dimanta  |  juin 25th, 2006 at 21:25

    “Franche écriture” exposition de 40 panneaux sur la littérature en Afrique noire francophone prêtée par la Médiathèque départementale de Valence. Cette exposition sera installée à la bibliothèque de Saillans et dans les vitrines du village du samedi 8 juillet au samedi 29 juillet.Une causerie sur Léopold Sédar Senghor sera assurée par ABOU FALL de la Cie Madior le 22/07/06. “Franche Ecriture” est un partenariat Les Amis de la Lecture et LAFIA compagnie.

    Un samedi, en famille, avec des artistes à Saillans. Pour cette première édition, la parole des aînés est à l’honneur. Les artistes désirent leur rendre hommage. Ce festival mêlera les continents et les arts

    La francophonie et surtout la littérature s’invite dans la Drôme à Saillans village de 800 âmes.A quand une résidence d’écriture d’un écrivain anglo-franco-togolo dans la France profonde?
    Connais-tu cette étude des années 70 de deux ethnologues africains dans les bistrots ? Je la cherche

  • 26. Tiako Toko Ali  |  juillet 25th, 2006 at 22:33

    je ne ferais pas un commentaire mais plutot une doleance car je suis poete moi aussi mais le probleme que je rencontre c’set que mes oeuvres sont non exploites.
    J’ecris des poemes sur des themes divers donc l’amour,la negritude,la condition humaine,l’Afrique etc.
    Mes textes sont rimes et sont pour les plus courts de 12 vers de 4 versets.
    Je voudrais soit les faire transformer en chansons francaises et executees par un interprete professionnel soit simplement les editer et publier mais je n’ai jusqu’a ce jour aucune ouverture.
    Je tiens un repertoire de pres de 300 poemes a ce jour et je n’ai pas arrete d’ecrire.
    Je tiens beaucoups a voir valoriser ces oeuvres qui pour la plupart m’ont etes inspires dans des moments inoubliables de mon existance.
    Si vous avez une fenetre a me proposer j’y lorgnerais volontier.
    T T A.

  • 27. Tiako Toko Ali  |  juillet 25th, 2006 at 22:36

    je ne ferais pas un commentaire mais plutot une doleance car je suis poete moi aussi mais le probleme que je rencontre c’set que mes oeuvres sont non exploites.
    J’ecris des poemes sur des themes divers donc l’amour,la negritude,la condition humaine,l’Afrique etc.
    Mes textes sont rimes et sont pour les plus courts de 12 vers de 4 versets.
    Je voudrais soit les faire transformer en chansons francaises et executees par un interprete professionnel soit simplement les editer et publier mais je n’ai jusqu’a ce jour aucune ouverture.
    Je tiens un repertoire de pres de 300 poemes a ce jour et je n’ai pas arrete d’ecrire.
    Je tiens beaucoups a voir valoriser ces oeuvres qui pour la plupart m’ont etes inspires dans des moments inoubliables de mon existance.
    Si vous avez une fenetre a me proposer j’y lorgnerais Mon e-mail:alitextes@yahoo.com.
    T T A.

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