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Alphonse Allais un homme a se tordre A la decouverte dun auteur a lhumour ravageur

Alphonse Allais un homme a se tordre A la decouverte dun auteur a lhumour ravageur

Alphonse Allais a su, en son temps, révolutionner avec humour le rébarbatif métier de pisse-copie et donner un coup de fouet à la chronique journalistique.

Alphonse Allais est, sans aucun doute, une incarnation parfaite de l’esprit parisien à la Belle Epoque. Né le 20 octobre 1854 à Honfleur (Calvados), sa date de naissance même est tout un symbole de cette fin de siècle : à quelques heures et quelques centaines de kilomètres de là vient au monde une autre figure marquante de la Belle Epoque et du monde littéraire, Arthur Rimbaud.

Le Destin fera que, par la suite, et cela sans jamais se rencontrer, ils partageront des connaissances, voire des amitiés communes (Charles Cros, André Gill, Paul Verlaine). Ils feront tous deux partie de « cette génération qui a connu la guerre franco-prussienne à 16 ans, la chute de l’Empire et la Commune », une jeunesse qui n’a connu que défaite et désillusion. Tous deux la représenteront, chacun à un extrême, Alphonse Allais choisissant le rire et la dérision. Il aura, lui aussi, une vie relativement courte (il meurt à 51 ans, d’une phlébite en 1905, à Paris), mais dans la couleur de cette fin de siècle.

Un enfant précoce au coeur d’une famille de pharmaciens

Alphonse Allais vient au monde dans une famille de pharmaciens, au centre de Honfleur, ce qui constituera d’ailleurs sa première vocation professionnelle et conditionnera certainement son goût prononcé pour la chimie et autres sciences expérimentales.

On se plaît régulièrement à citer ses inventions plus ou moins réalistes, souvent farfelues : la casserole carrée pour empêcher le lait de tourner, le coton noir pour les personnes en deuil, ou le célèbre aquarium en verre dépoli pour poisson timide. Mais ce serait vite oublier ses véritables aptitudes scientifiques. Il dépose, en effet, en 1881 le brevet du « Sucre-café soluble » et développe de très sérieux travaux sur l’étude de la chromatographie.

Selon les témoignages familiaux (de sa mère Alphonsine, de sa sœur aînée Jeanne Leroy Allais), Alphonse Allais est (malgré trois premières années presque inquiétantes pendant lesquelles il ne parle pas) très précoce, intelligent, cultivé et observateur; en un mot: il est doué. Il sera plusieurs fois primé lors de sa scolarité et obtiendra son baccalauréat ès Sciences. Il est cependant très tôt versé dans l’humour et nombre de ses camarades bénéficieront (ou souffriront) de ses plaisanteries; souvent pour la farce gratuite.

Le rire avant tout

Des plaisanteries qu’il reprendra souvent dans ses chroniques, comme dans « Souvenirs de jeunesse », par exemple, publiée dans le Journal en octobre 1897. Il y relate les farces qu’il faisait subir tant aux professeurs qu’aux élèves et parents d’élèves.

Mais le plus souvent, ces plaisanteries sont de véritables vengeances face à la bêtise de ses congénères. Alphonse Allais a d’ailleurs une affection particulière pour les employés des Postes. Jeanne Leroy Allais rapportera foule d’anecdotes familiales à ce propos (à noter que le père du journaliste se trouvait être très impliqué dans la vie politique de sa ville et qu’il avait pour habitude d’embrigader toute la famille).

Très tôt, Alphonse Allais aime à se moquer de l’ordre établi. Peut-être est-ce de là que lui viendra son plaisir à détourner un genre journalistique parfaitement codé : le fait divers.

Un parcours hésitant et hétéroclite

Bachelier ès Sciences à 16 ans (1870), il entame ce qui doit être sa carrière et devient stagiaire en pharmacie. Il pratique tout d’abord dans l’officine familiale, puis, à partir de 1872, à Paris. C’est là que commence sa vie d’étudiant dissipé du Quartier latin qu’il aime à dépeindre dans ses chroniques. C’est surtout là que débute sa carrière de journaliste, en 1875, à travers sa collaboration au journal Le Tintamarre, auquel il fournit surtout des combles, dont certains annoncent déjà un goût pour l’humour noir et le macabre.

En 1875, Alphonse Allais doit effectuer une première partie de son service militaire à Lisieux (un service morcelé sur vingt ans à l’époque). Là encore, il laisse libre court à son humour et à son goût de la dérision et de l’ironie. Toujours autobiographe, il aimera à retranscrire ses farces de soldat dans ses chroniques.

De retour à la vie civile en mai 1876, il entre véritablement dans la vie de distractions du Quartier Latin. De sorties en sorties, de cabarets en cafés, les rencontres se multiplient le long du boulevard Saint Michel (le « Boul’Mich ») et Alphonse Allais continue de collaborer à de petits journaux (Les Ecoles en 1878, journal estudiantin, Le Tintamarre).

Et, même s’il aime à poursuivre ses expériences chimiques, il s’éloigne inexorablement de la voie familiale et arrête définitivement ses études de pharmacie en 1879.

Une autre carrière s’ouvre alors à lui…

=> Voir aussi Alphonse Allais, l’homme de presse et Alphonse Allais, un nouveau journalisme

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